Nos richesses

Couverture du livre « Nos richesses » de Kaouther Adimi aux éditions Points
  • Date de parution :
  • Editeur : Points
  • EAN : 9782757871652
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et rêve de créer une librairie-maison d'édition à Alger. Il imagine un espace dédié à la littérature, l'amitié et la Méditerranée. Albert Camus lui offre son premier texte, Jean Giono un nom : Les Vraies Richesses. En 2017, Ryad, étudiant parisien, est recruté... Voir plus

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et rêve de créer une librairie-maison d'édition à Alger. Il imagine un espace dédié à la littérature, l'amitié et la Méditerranée. Albert Camus lui offre son premier texte, Jean Giono un nom : Les Vraies Richesses. En 2017, Ryad, étudiant parisien, est recruté pour fermer la librairie algéroise sous le regard vigilant d'Abdallah, le dernier gardien des lieux.

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Avis(38)

  • Nos richesses, c'est à la fois le titre du livre de Kaouther Adimi, son propos et sa matière. Des richesses qui ne restent vivantes que par la transmission d'une génération à l'autre, d'un pays à l'autre, entre deux rives, entre deux continents, par une Histoire faite d'amour et de haine mêlées...
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    Nos richesses, c'est à la fois le titre du livre de Kaouther Adimi, son propos et sa matière. Des richesses qui ne restent vivantes que par la transmission d'une génération à l'autre, d'un pays à l'autre, entre deux rives, entre deux continents, par une Histoire faite d'amour et de haine mêlées jusqu'à colorer de sang l'eau des fleuves. L'aventure de la librairie-bibliothèque-maison d'édition Les Vraies Richesses au 2 bis de la rue Hamani (ex rue Charras) à Alger porte en elle ces mêmes richesses d'amitié, d'intelligence, de générosité et d'humanisme qui font la force et la fragilité des projets fous.

    Tout commence en 1936 par le rêve d'un très jeune homme, Edmond Charlot. Inspiré par la librairie parisienne d'Adrienne Monnier, il se lance dans la création d'une librairie qui serait lieu de rencontres et de partages, maison d'édition de jeunes auteurs encore inconnus, bibliothèque de prêt pour les étudiants et ouvriers désargentés. Le projet prend forme grâce au soutien d'amis tels que Giono, Camus, Amrouche, Roblès... Les premiers textes de Camus, de Jules Roy, de Temple et de bien d'autres sont publiés et rencontrent un public fasciné.
    Mais la guerre. Mais la pénurie de papier et d'encre. Mais les tiraillements entre membres fondateurs. Mais les difficultés financières malgré le succès incontestable des publications. Mais l'OAS. Le rêve d'une maison d'édition indépendante s'évanouit dans les attentats qui détruisent les locaux, le fonds et les archives de la librairie.

    Cette histoire extraordinaire c'est la voix d'Edmond Charlot qui la prend en charge par le biais des extraits de son Journal, alors qu'un "nous" collectif évoque le contexte historique dans lequel s'enracinent les valeurs défendues par Edmond Charlot et ses amis. Le récit des horreurs de la guerre d'indépendance, Charonne, Paris, 1961, les attentats, les humiliations, le sang qui recouvre les pavés algérois et parisiens, passe par une écriture vibrante, viscérale, qui fait jaillir l'émotion et la honte. J'en garde encore une boule de chagrin coincée entre le cœur et la gorge en même temps qu'une admiration infinie pour Kaouther Adimi qui sait exprimer l'inexprimable par la mouvance de son écriture.

    En imaginant l'arrivée, en 2017, du jeune Ryad, chargé de débarrasser la librairie et de la repeindre avant qu'elle ne soit transformée en échoppe de beignets, l'auteur place véritablement son roman en continuité avec le projet de Charlot. Ryad n'aime pas lire, connaît peu les livres, n'a jamais entendu parler de cette librairie qu'il doit vider afin de gagner quelques sous pour poursuivre ses études d'ingénierie. Attaché aux richesses matérielles, il ignore les vraies richesses. Celles des textes, celles de la solidarité des habitants de la rue Hamani, celles de l'âme d'Alger, celles d'Abdallah, le vieux libraire/bibliothécaire, véritable mémoire des lieux. Comme un veilleur, comme un passeur, celui-ci transmet le trésor accumulé entre les murs étroits de la librairie mythique. Mais, en 2017, le temps est-il encore à la quête des vraies richesses ? Les livres finalement déposés sur le trottoir en offrande aux passants sont délaissés au profit des caisses qui les contenaient. Dérisoire image de la fin d'un monde, adoucie par celle de Ryad, emportant vers sa fiancée quelques-uns des ouvrages abandonnés, comme une mémoire qui continue de se transmettre.

    La construction narrative entre faits réels, extraits de journal intime et pure fiction donne une profondeur incroyable au roman de Kaouther Adimi. Par la magie d'une écriture superbe, qui sait se faire précise, envoûtante, sensuelle ou factuelle, l'histoire de la librairie d'Edmond Charlot conduit à une réflexion sur la place de la littérature dans un système qui place au rang de valeurs la réussite économique et financière. C'est aussi une ode à Alger, à ses couleurs, à ses parfums, à ses gens et à son histoire. Mais je n'en finirais pas de dire tout ce que porte et apporte ce roman magnifique qui m'a saisi le cœur, l'esprit et le corps par sa beauté, sa pureté et sa puissance.
    Oui, Kaouther Adimi, un jour je viendrai au 2 bis de la rue Hamani. Un jour, j'irai aux Vraies Richesses et, assise sur la marche, à côté de la plante, j'attendrai le gardien des lieux en relisant votre roman.

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  • Rentrée littéraire 2017 : Parution le 17 août 2017 aux Éditions Seuil.

    A l’origine était Edmond Charlot en 1935. Il décide d’ouvrir une librairie à Alger, entouré d’une bande d’amis qui croient en son idée : elle portera le nom « Les vraies richesses », joli clin d’œil à Mr Giono. Son...
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    Rentrée littéraire 2017 : Parution le 17 août 2017 aux Éditions Seuil.

    A l’origine était Edmond Charlot en 1935. Il décide d’ouvrir une librairie à Alger, entouré d’une bande d’amis qui croient en son idée : elle portera le nom « Les vraies richesses », joli clin d’œil à Mr Giono. Son objectif majeur : mettre en lumière de nouveaux auteurs inconnus. Inconnus, ils ne le seront qu’un temps… Albert Camus y viendra faire publier son tout premier texte, et bien d’autres.
    L’atmosphère est lourde, veille de seconde guerre mondiale, la révolte algérienne est bien présente, rien ne facilite la mise en œuvre de cette belle aventure. Vivre de la passion des livres n’est pas aisé, Edmond Charlot est confronté aux contraintes qu’implique son nouveau métier de libraire éditeur : les factures qui s’accumulent, les manuscrits qui s’empilent, la pénurie de papier…
    En 2017, Ryad arrive en Algérie, en stage. Sa mission : vider la librairie « Les vraies richesses » et la repeindre, pour sa future transformation en magasin de beignets. Lorsqu’il arrive dans ces lieux, ces étagères couvertes de livres ne le touchent pas ; la littérature ne l’intéresse absolument pas. Il déambule dans ce local, y fait la rencontre du portrait de son propriétaire, qui le regarde, l’observe. Un autre le surveille aussi, dehors, de son trottoir, c’est Abdallah. Il y est attaché, lui à ce lieu, il y a travaillé, il les aime, ces livres, ces histoires…
    Dès le départ on sent déjà l’atmosphère, l’environnement dans lequel nous allons déambuler. Dès les premiers mots, les premières lignes, on s’aperçoit que notre voyage, paysager et littéraire, sera beau, passionné, touchant, la guerre et la révolution en trame de fond, lourde, chargée d’histoire et de ressenti.
    Un Ryad sauveur de livres, bien malgré lui, sans compter sur la fin, un cri intérieur, une larme à l’œil…
    Kaouther Adimi déroule un magnifique tapis rouge, pour les amoureux des livres et passionnés de lecture, que la destruction de cette librairie brisera le cœur. Ce fut un véritable plaisir à lire, à découvrir… avec aussi l’envie de s’ouvrir à d’autres auteurs, comme le défend si bien Edmond Charlot.
    Un vrai coup de cœur de cette rentrée littéraire !
    Je remercie les éditions Seuil de m’avoir donné la chance de faire connaissance avec Kaouther Adimi, à qui j’envoie un immense merci, pour nos échanges (et «oui, Kaouther, j’ai vraiment adoré votre texte »), pour cette formidable histoire, j’aime les livres qui parlent des livres, qui nous les racontent, et c’est ce que vous nous avez magistralement conté avec cette œuvre. Si un jour j’en ai l’occasion, le 2 bis de la rue Hamani fera partie de mon pèlerinage.

    Quelques jolies phrases :
    « Donne-les, garde-les, peu importe mais ne mets pas des livres à la poubelle ».
    « Un livre, ça se touche, ça se sent. Il ne faut pas hésiter à corner les pages, à l’abandonner, à y revenir, à le cacher sous l’oreiller… ».
    Petite anecdote :
    Fervente lectrice des transports en commun, je m’installe dans le métro, ligne 8 station Madeleine. J’essaie toujours de trouver une place où quelqu’un lit… En pleine lecture, dernière ligne droite de « Nos richesses » de Kaouther Adimi, je lève le nez de mon livre et constate que mon voisin de voyage lit « Le Mas Théotime » de Henri Bosco. Et c’est là que l’expression « Le monde est petit » prend tout son sens… et que les frissons traversent mes bras…
    Vous voulez comprendre pourquoi ? Lisez « Nos richesses »….

    Coup de coeur #RL2017 ! Amoureux des livres et des librairies, ceci est pour vous... https://littelecture.wordpress.com/2017/08/17/nos-richesses-de-kaouther-adimi-2/

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  • L'avis de la page 100 :

    Je suis d'ores et déjà emportée par cette histoire de la librairie-maison d'édition-bibliothèque du 2 bis de la rue Hamani. Kaouther Adimi a l'art de nous transporter à Alger et de nous tenir en haleine - grâce à un habile jeu sur les narrations et les temporalités -...
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    L'avis de la page 100 :

    Je suis d'ores et déjà emportée par cette histoire de la librairie-maison d'édition-bibliothèque du 2 bis de la rue Hamani. Kaouther Adimi a l'art de nous transporter à Alger et de nous tenir en haleine - grâce à un habile jeu sur les narrations et les temporalités - sur le devenir de cette librairie atypique. J'ai hâte de connaître la suite des événements qui ont jalonné l'histoire des « Vraies richesses » et de découvrir le sort de cette librairie atypique, et des hommes qui l'ont façonnée.

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    La chronique complète :

    C'est l'histoire d'une librairie-maison d'édition-galerie d'art-bibliothèque. Une librairie située au 2 bis de la rue Charras à Alger. Une librairie ouverte en 1935 par le jeune Edmond Charlot, qui accueillera et accompagnera de grands écrivains. En 2017, Ryad vient vider ces "Vraies richesses" et permettre à ses futurs propriétaires d'y ouvrir une boutique de beignets. Au lecteur alors de plonger dans le passé et le présent de cette librairie, de ce quartier, de ce pays.

    Dès la première page l'auteure nous prend la main et nous emmène à la porte de la librairie. Par un usage habile des narrations, j'ai été immédiatement transportée dans l'Alger de 2017, celui de Ryad et de son émouvante et savoureuse rencontre avec Abdallah, puis dans les années 1935-1960 par le journal de bord d'Edmond Charlot qui nous fait partager effervescences littéraires, difficultés d'approvisionnement et économiques. Par le biais d'une écriture douce et précise j'ai fait connaissance avec ce grand éditeur du XXème siècle.

    J'ai ainsi lu l'histoire d'une librairie, d'un pays, mais surtout, en creux, celles d'hommes singuliers. D'illustres écrivains et de grands inconnus.

    C'est subtil, fort et beau à la fois. Ce roman est une très belle découverte qui me procure l'envie de me laisser emporter par les précédents – et les prochains - romans de Kaouther Adimi.

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  • C’est l’histoire d’une librairie pas comme les autres.
    Elle est née à Alger sous le beau nom de Les vraies richesses. Son créateur Edmond Charlot mettra toute sa passion pour diffuser et éditer les textes qu’il aime.
    Bien des années plus tard, Ryad arrive à Alger pour vider et repeindre...
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    C’est l’histoire d’une librairie pas comme les autres.
    Elle est née à Alger sous le beau nom de Les vraies richesses. Son créateur Edmond Charlot mettra toute sa passion pour diffuser et éditer les textes qu’il aime.
    Bien des années plus tard, Ryad arrive à Alger pour vider et repeindre l’ancienne librairie laissée en désuétude. Il y rencontrera Abdallah, qui a était son gardien durant de nombreuses années, et découvrira que sa mission n’est pas aussi simple que ce qu’elle en avait l’air.
    C’est l’histoire d’une librairie et à travers elle du destin des hommes qui l’ont habitée.

    Avec ce roman, j’ai découvert l’incroyable aventure d’Edmond Charlot. Ce jeune étudiant, féru de littérature est alors l’ami d’un jeune inconnu Albert Camus. Il réussira à ouvrir sa librairie-bibliothèque et à créer sa propre maison d’édition grâce à sa passion, son enthousiasme et ses amis. Il sera le premier à publier Camus et sa librairie, comme sa maison d’édition, seront un lieu de résistance littéraire.

    Pour l’amoureuse des livres que je suis, cela a été un grand plaisir de pénétrer dans l’arrière-cour du monde littéraire pendant la deuxième guerre mondiale et de saisir le rôle de l’Algérie, devenant un refuge pour beaucoup d’auteurs. C’est une véritable entrée par la porte secrète qui s’ ouvre à nous, simple lecteur.

    L’écriture est brillante, elle entremêle des archives avec les carnets d’Edmond Charlot et le romanesque. J’ai aimé cette alternance des époques et de la forme narrative, mais aussi l’évocation de l’histoire d’un pays à travers l’histoire d’une librairie.

    Dans les carnets d’Edmond Charlot, on aperçoit Soupault, on croise Gide ou bien Saint Exupéry avec son unique exemplaire du Petit Prince édité aux Etats-Unis. Et l’on découvre pantois, qu’il a existé un tirage multicolore du Silence de la mer de Vercors.

    «21 octobre 1943
    Emmanuel sort à l’instant des Vraies Richesses. Il a collecté tout le papier qu’il a pu trouver de toutes les couleurs et de tous les styles possibles. Il en a assez pour tirer 20 000 exemplaires du Silence de la mer ! Ce sera un tirage multicolore sur papier vert, jaune, rose... mais ce sera lisible! Nous lançons immédiatement l’impression.»

    Le personnage d’Abdallah m’a particulièrement touchée, c’est un vieux sage, énigmatique et rassurant.

    «Des gouttes frappent les livres avec un bruit sec, militaire. Abdallah pense qu’on n’habite pas vraiment les lieux, que ce sont eux qui nous habitent.»


    Ce livre m’a donné envie d’aller errer dans les rues d’Alger en lisant Camus et en découvrant les livres de Vercors. D’autant plus qu’après Le loup pour l’homme de Brigitte Giraud, c’est le deuxième livre de cette rentrée littéraire qui m’amène à Alger, et je sais déjà que je vais y retourner avec Alice Zeniter !


    L'avis de la page 100:

    J’ai plongé dans ce roman avec délice, car ici il est question d’une librairie «Les vraies richesses» et à travers elle de l’histoire de trois hommes qui l’ont habité. Je découvre ce merveilleux éditeur que fut Edmond Charlot et l’arrière-cours de la littérature à Alger durant les années de la Seconde Guerre mondiale. L’écriture de Kaouther Adimi me tient en haleine.

    Un bonheur ! J’y retourne.

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