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Nos mères

Couverture du livre « Nos mères » de Antoine Wauters aux éditions Verdier
  • Date de parution :
  • Editeur : Verdier
  • EAN : 9782864327455
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d'emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l'un contre l'autre, s'aimer et se le dire, mais tandis que l'une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l'autre,... Voir plus

Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d'emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l'un contre l'autre, s'aimer et se le dire, mais tandis que l'une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l'autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots.
Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d'Europe où une autre mère l'attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l'être de lumière qu'elle pourra choyer et qui l'aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d'un enfant qui, à l'étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C'est ce dur apprentissage, fait d'intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées.

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Avis (2)

  • Coup de coeur absolu, un premier roman dont l'écriture moderne, originale, poétique m'a énormément touchée.


    Enfant, quand je faisais référence à toi dans les histoires que j'inventais pour me tenir compagnie, je ne disais jamais maman, ni ma mère, mais bien plutôt nos mères. Comme si...
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    Coup de coeur absolu, un premier roman dont l'écriture moderne, originale, poétique m'a énormément touchée.


    Enfant, quand je faisais référence à toi dans les histoires que j'inventais pour me tenir compagnie, je ne disais jamais maman, ni ma mère, mais bien plutôt nos mères. Comme si j'étais plusieurs enfants et toi plusieurs mères à la fois, et comme si tout ce que je souhaitais finalement c'était ça : diluer nos souffrances en fragmentant nos vies. Jean Charbel

    L'introduction de ce premier roman de mon compatriote Antoine Wauters vous plante le décor.

    Ce récit se divise en 3 parties.

    Première partie :

    Nous sommes dans un pays du Moyen Orient déchiré par une guerre civile, au bord de la Méditerranée. Jean Charbel est enfant, il a perdu son père lors des combats. Il vit avec sa mère et son vieux grand-père , cloîtré au second étage de leur maison jaune. Sa mère doit travailler pour les faire vivre et elle protège son fils comme elle peut, en l'enfermant pour lui cacher les horreurs de la guerre et sa tristesse.
    Ils se mentent. Elle l'aime, le couvre de baisers, l'étouffe de son amour et l'enferme à nouveau pour cacher sa détresse. C'est un paradoxe mais c'est ainsi en apparence, tout va bien, l'un prend soin de l'autre à sa façon.

    Jean pour survivre dans cette solitude, dans cet enfermement va s'inventer des personnages imaginaires, une fratrie, une amoureuse afin de pouvoir tenir, s'évader. Il sourira pour dire que tout va bien c'est sa façon d'aider sa mère à supporter le deuil de son mari, la situation difficile, sa dépression. Son imaginaire va le sauver.

    Seconde partie :

    Contraste énorme , Jean arrive dans un pays d'Europe, une contrée boisée où tout est calme en apparence. Une apparence relative car il fera la rencontre d'une nouvelle mère - Sophie , sa mère adoptive. Sophie est en proie avec une guerre intérieure, elle porte une douleur, un mal être en elle. Elle aimerait tant aimer Jean autrement.

    Troisième partie :

    Jean a vieilli, il est écrivain aujourd'hui et il va essayer d'expliquer les raisons qui ont rendus sa mère comme cela.

    Un magnifique roman sur la résilience, un merveilleux témoignage d'amour ou comment au delà de ses propres problèmes, si l'on s'intéresse à l'autre, comment on peut soit même aller mieux et même trouver la paix, prendre confiance en soi.

    Un somptueux roman sur l'écriture et son pouvoir salvateur.

    Une écriture magnifique, tonique, dure et magnifique à la fois. C'est parfois cruel mais tellement rempli d'amour. On ne sort pas vraiment indemne de ce livre, il nous rend certainement plus fort. Il y a beaucoup de poésie et de sensualité dans l'écriture. Beaucoup d'images dans ce récit lumineux rempli d'espoir.

    A lire sans modération au plus vite.

    Gros coup de coeur.


    D'autres avis Anne Argali
    LES JOLIES PHRASES

    Ne voulant pas nous voir souffrir, ni nous montrer qu'elle souffrent, elles nous retirent ni plus ni moins du monde, nos mères, elles nous coupent l'horizon.

    Ou nous faisons diversion, ou nous mourons. Ou nous parlons de tout et n'importe quoi comme nous en avons l'habitude, ou nous mourons encore.

    Et elles marchent dans les rues pleines de monde du quartier d'Achrafieh, rebâties avec les moyens du bord pour oublier le plus vite possible ce qui s'y est passé,et, selon les règles du premier sport national - je n'ai rien vu/tu n'as rien vu/personne n'a rien vu -, continuer à vivre.

    Les enfants sont dans leurs coeurs tout le temps.

    Du reste, pas une seule seconde elles ne se doutent que nous cachons mille choses au fond de nous, totalement dérobées à leur regard, dans une sorte de caisson fragile scellé par un cadenas qui est notre coeur.

    Et pour nous convaincre, elles n'ont de cesse de nous répéter que le cristal se griffe facilement, par la topaze et par le quarts et maintenant, supplient-elles, maintenant devient comme eux, Jean, comme le quartz et comme la topaze, deviens dur comme de la pierre.

    Et nous les aimons, et nous les haïssons, et elles nous aiment, non, elles nous adorent. Elles nous protègent des blessures du monde. C'est tout.

    Mais il en est toujours ainsi chez nous : on nous cache les horreurs du monde, rien ne s'est jamais passé et personne personne n'a jamais rien vu.

    Vraiment pense-t-on alors pour la toute première fois, ces femmes sont irrécupérables. Et plus elles parlent, plus on se dit qu'elles sont séparées en deux, carrément, avec d'un côté l'amour qu'elle ont pour nous et de l'autre, le désespoir;

    La page 121 est magnifique.


    http://nathavh49.blogspot.be/2014/02/nos-meres-antoine-wauters.html

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  • Lechoixdeslibraires.com

    Anne Martelle recommande ce livre au micro d'Augustin Trapenard, dans Le Carnet du libraire, sur France Culture, en partenariat avec Lechoixdeslibraires.com

    Anne Martelle recommande ce livre au micro d'Augustin Trapenard, dans Le Carnet du libraire, sur France Culture, en partenariat avec Lechoixdeslibraires.com

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