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Nino dans la nuit

Couverture du livre « Nino dans la nuit » de Simon Johannin et Capucine Johannin aux éditions Allia
  • Date de parution :
  • Editeur : Allia
  • EAN : 9791030410112
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Nino, 19 ans, raconte son quotidien de jeune sans le sou à Paris, entre petits boulots, trafics en tout genre et fêtes. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il lutte avec obstination. Mêlant des dialogues truculents aux observations et réflexions du... Voir plus

Nino, 19 ans, raconte son quotidien de jeune sans le sou à Paris, entre petits boulots, trafics en tout genre et fêtes. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il lutte avec obstination. Mêlant des dialogues truculents aux observations et réflexions du personnage, ce roman esquisse le portrait d'une génération sans avenir.

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Avis (10)

  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/01/nino-dans-la-nuit-de-capucine-et-simon.html

    Le début de l'histoire se déroule de nos jours dans un centre de recrutement de la Légion étrangère dans la région parisienne. Nino, un jeune homme d'une vingtaine d'années, tente sa chance pour...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/01/nino-dans-la-nuit-de-capucine-et-simon.html

    Le début de l'histoire se déroule de nos jours dans un centre de recrutement de la Légion étrangère dans la région parisienne. Nino, un jeune homme d'une vingtaine d'années, tente sa chance pour incorporer la légion. Venu ici pour toucher une solde qui lui permette de survivre, le jeune homme se retrouve face aux hurlements du sergent recruteur et, malgré son souci de ne pas se faire remarquer, il échoue aux tests et se retrouve dans la rue enchaînant les petits boulots précaires et les galères.

    Il rencontre Lale, une jeune fille qui a fui la Turquie. Ensemble ils vont tenter de survivre dans un appartement de l'autre côté du périphérique en enchaînant petits boulots et petits trafics et en trouvant refuge dans les soirées de fête, l'alcool et la drogue.

    Ce roman est original par sa conception en duo par deux auteurs qui sont mari et femme. L'écriture est dure, puissante, c'est une écriture coup de poing avec un langage parfaitement adapté aux personnages, avec des mots qui restituent très bien l’ambiance dans laquelle vivent les personnages. Mais j'ai trouvé que le texte tournait vite en rond avec répétition des mêmes situations, des mêmes expressions. Ce roman sur le quotidien désenchanté d'un couple de jeunes en marge est incontestablement fort, violent et noir mais j'ai trouvé sa lecture très éprouvante. Il n'était pas pour moi mais je suis certaine qu'il trouvera son public.

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  • «Paradis? Nino Paradis? Bordel c’est qui ta mère, Amélie Poulain? Qu’est-ce que tu viens chercher ici Nino, tu veux en finir avec ton nom? 
    Le mec lève pas la tête de mon passeport et comme je dis rien, il recommence. 
    – Qu’est-ce que tu viens faire ici? 
    – Je veux servir mon pays, je veux...
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    «Paradis? Nino Paradis? Bordel c’est qui ta mère, Amélie Poulain? Qu’est-ce que tu viens chercher ici Nino, tu veux en finir avec ton nom? 
    Le mec lève pas la tête de mon passeport et comme je dis rien, il recommence. 
    – Qu’est-ce que tu viens faire ici? 
    – Je veux servir mon pays, je veux être utile en cas d’attentat. 
    – Si on veut être utile et jouer au boy-scout, on entre dans la police. Si t’es ici, c’est soit que tu crèves la dalle, soit que t’en as marre de ta vie, soit que tu te planques mais autant que tu le saches tout de suite, ça sert à rien. C’est pas parce qu’on donne personne aux autorités civiles qu’on règle pas les problèmes nous-mêmes. Et toi, t’as une tronche à problèmes.» Nous sommes dans un centre de recrutement de la légion. Nino vient tenter l’aventure, même s’il n’a pas précisément le profil du candidat idéal. On apprendra plus tard qu’il s’agit pour lui de fuir une nouvelle galère, après avoir refait le portrait d’un homme qui entendait profiter de l’état semi-comateux d’une jeune fille pour la violer. Mais malgré sa docilité et son souci de ne pas se faire spécialement remarquer, il va finir par se trouver à nouveau dans la rue et dans la dèche.
    « je fais le tour de l’appartement pour voir s’il reste des trucs que je pourrais vendre. J’ai les outils trouvés avant de partir au fort de la Légion, une perceuse, une disqueuse et des tournevis. Je vais garder les tournevis et je vais vendre le reste, ça fera quelques billets. Mais je vais pas tenir longtemps avec ce genre de magouille. Il faut que je trouve un travail, un truc valable avec un salaire, des heures, quelque chose de normal.»
    De galère en galère, on le retrouve parmi ces anonymes à la quête d’un moyen de subsistance et qui se font exploiter pour dix euros de l’heure à la condition qu’ils ferment leur gueule: «Je transite sans encombre dans la masse de tous ceux qui sont debout avant l’heure de leur corps, et ça se lit sur les visages. J’ai autour de moi la preuve que le meilleur moyen d’attraper une sale gueule c’est de se lever tous les jours trop tôt pour aller bosser. Ça craint. Plus personne se tient droit…»
    Son coin de ciel bleu s’appelle Lale. Arrivée de Turquie chez son oncle en France, à l’instigation de sa mère, la jeune fille a pris la fuite après avoir été battue par ce dernier et trouver refuge chez Nino. Deux solitudes, deux «misérables» qui essaient tant bien que mal de conjurer le sort.
    «Je sais que tu m’aimes. Ce que je sais pas c’est vers quoi on va tous les deux. Comment ça va se passer, avec quoi on va vivre. Toi non plus t’en sais rien, mais pour l’instant c’est la nuit, alors on le fait. Parce que ça fait longtemps, parce que baiser nous permet de pas trop penser au reste, parce qu’ici on est que nous la peau dans la peau.»
    Entre petits arrangements et gros ennuis, entre trafics illicites et alcools forts, ils tentent de sortir la tête de l’eau. Ou de s’enfoncer dans les paradis artificiels. Des barres de shit, on passe à la poudre, du joyeux délire à la nuit la plus noire. Au pays de la défonce, il n’y a guère de lendemains qui chantent.
    «Je tremble comme un putain de camé et tout en moi me dit plus jamais ça mais je sais déjà que c’est pas vrai, qu’un jour ou l’autre je vais me jeter sur le délicieux croche-patte qui me fera retomber au pays des gogoles.»
    Cependant les auteurs ouvrent la porte vers une solution. Nino est invité à participer à un casting, à gagner en un jour davantage que durant toute une année… «C’est fini de patauger dans la boue pour lever les perdrix, quelqu’un a un jour vu que ma tête à moi qui sort d’un costume chic pouvait servir à vendre sur toute la planète ledit costume. Je suis passé de la chasse dans la brume au concours de belles bêtes, et putain c’est tant mieux.» Mais on le sait, une hirondelle ne fait pas le printemps.
    Nés en 1991 et 1993, Capucine et Simon Johannin ont trouvé la langue qui sied à leur personnages. Ils rendent à merveille les ambiances et le vécu de cette jeunesse qui reste à la marge malgré des efforts monstrueux, de cette vie qui joue les montagnes russes. Beau dans la violence, saisissant dans la souffrance, étouffant dans la noirceur.
    https://urlz.fr/8P9o

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