Né d'aucune femme

Couverture du livre « Né d'aucune femme » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de... Voir plus

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d'aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l'âme humaine.

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  • Franck Bouysse est un conteur. Un raconteur d'histoires aussi sombres d'un ciel d'orage et lumineuses comme ces toutes petites étoiles apparaissant dans la nuit naissante.

    Celle de Rose ne fait pas exception, elle est même terrifiante de réalisme. Elle nous parle d'enfance brisée, de rêves...
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    Franck Bouysse est un conteur. Un raconteur d'histoires aussi sombres d'un ciel d'orage et lumineuses comme ces toutes petites étoiles apparaissant dans la nuit naissante.

    Celle de Rose ne fait pas exception, elle est même terrifiante de réalisme. Elle nous parle d'enfance brisée, de rêves piétinés, d'âme pure souillée par la folie ou la lâcheté des hommes. Les hommes en tant que mâles. de ceux qui ont toujours pensé qu'il pouvaient dominer les femmes parce que physiquement plus forts.De ceux qui, par faiblesse, crainte ou cupidité se laissent acheter.

    Tous les personnages de ce drame sont liés. Tous nous parlent, se confient. Rose, Onésime,Edmond, le père Gabriel. Au fil de leurs mots se noue l'indicible, l'inimaginable, jusqu'au dénouement, crevant toute cette noirceur d'une lueur ténue, minuscule, mais nous permet à nous lecteur, de reprendre un peu de cet air qui nous a manqué , suffoquant chapitre après chapitre.

    Les histoires de Franck Bouysse me touchent, ses mots me parlent et restent dans ma mémoire. Peu d'auteurs me font cet effet et je me réjouie que cFranck Bouysse en fasse parti.

    Livre offert par lecteurs.com que je remercie .

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  • « À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
    Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
    Ça faisait longtemps que je ne me racontais plus d’histoires.
    Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se...
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    « À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
    Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
    Ça faisait longtemps que je ne me racontais plus d’histoires.
    Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se raconte. Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde. 
    J’avais renoncé à partir… Pour aller où, d’abord? 
    Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ. Que l’on s’en aille ou que l’on revienne, de gré ou bien de force, on est lourd des deux. 
    Le soleil était en train de chasser la gelée blanche. 
    Le soleil-monstre suinte, duplique les formes qu’il frappe en traître, traçant les contours de grandes cathédrales d’ombre sans matière. C’est la saison qui veut ça. 
    Je le voyais pas. Comment j’aurais pu deviner?
    Il connaît cet endroit autrement qu’en souvenir. Quelque chose parle dans sa chair, une langue qu’il ne comprend pas encore. 
    Comment j’aurais pu imaginer qui il était? 
    Il est grand temps que les ombres passent aux aveux. »
    Depuis Grossir le ciel en 2014, Franck Bouysse n’a cessé d’élargir son cercle de fans. Après «Plateau» et «Glaise» voici donc «Né d’aucune femme» dans lequel la corrézien réussit à se mettre dans la peau de Rose, une enfant à la destinée tragique.
    Le roman s’ouvre sur les tractations de son père avec un châtelain. En échange d’une bourse, il s’empare de la fillette de quatorze ans et la met à son service sous la surveillance de sa mère, sorte de Folcoche hallucinée dont l’occupation principale consistera à ne se satisfaire d’aucune tâche accomplie par Rose. Dans une pièce inaccessible du château l’épouse du châtelain est soignée d’une grave maladie.
    L’enfant souffre, mais trouve en Edmond un soutien. Après l’avoir mise en garde, il va essayer de la distraire en la faisant grimper sur le cheval dont il s’occupe. Un moment de grâce auquel assiste Onésime, son père venu la reprendre. Après s’être mépris sur les sentiments de son enfant, il sera brutalement éconduit. Sachant toutefois qu’il ne peut rentrer chez lui sans Rose, il va effectuer une nouvelle tentative qui lui sera fatale.
    Pour Rose, la descente aux enfers ne fait que commencer. Le plan diabolique conçu par le châtelain et sa mère consiste à l’engrosser pour offrir une descendance. Elle n’a pas quinze ans quand elle subit son premier viol. Après une tentative de fuite, elle va vivre quasiment recluse, à la merci des assauts du «maître». Quand le docteur – complice muet de ce scénario diabolique – confirme qu’elle est enceinte, l’objectif est alors de préserver l’enfant.
    Parmi les nombreuses trouvailles de Franck Bouysse, il y a celle de confier cette histoire à Gabriel, un prêtre. Dans un asile, il va trouver les carnets de Rose et nous offrir cette histoire, accompagnés des tourments de son âme. Avec lui, nous allons mener l’enquête et essayer de savoir ce qu’est devenue la recluse.
    Nous allons entendre autres voix, celles des témoins qui, pour la plupart, assistent sidérés au drame qui se joue et qui détiennent une part de vérité. Qu’est devenue Rose? Qu’est-il advenu de son enfant?
    Le puzzle se reconstitue pièce par pièce, avec une tension dramatique qui jamais ne s’étiole, avec des rebondissements et un final à la hauteur de cette splendide quête.
    Avec Né d’aucune femme, Franck Bouysse nous offre le plus puissant, le plus noir et le plus abouti des romans de cette rentrée. Je prends le pari que si vous décidez de le lire, vous aurez une peine extrême à le lâcher. Et qu’il vous accompagnera longtemps après l’avoir fini.
    https://urlz.fr/96Od

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  • Il y a des auteurs que j’aime suivre quel que soit le sujet parce que dès ma première rencontre il y eut le coup de foudre littéraire. Franck Bouysse est l’un de ces rares. Il y eut d’abord Grossir le ciel, puis, comme une évidence presque immédiatement Plateau ; Glaise m’attend…Je ne pouvais...
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    Il y a des auteurs que j’aime suivre quel que soit le sujet parce que dès ma première rencontre il y eut le coup de foudre littéraire. Franck Bouysse est l’un de ces rares. Il y eut d’abord Grossir le ciel, puis, comme une évidence presque immédiatement Plateau ; Glaise m’attend…Je ne pouvais faire patienter son dernier opus qui comme ses ainés m’a scotché.
    Dans la campagne landaise, à une époque indéterminée, mais visiblement ancienne, il y a Rose, fleur encore en bouton, fraiche et belle comme le jour, mais ainée de 4 filles d’un couple de paysans pauvres comme job, trop pour les nourrir toutes. Il ne fait pas bon être fille dans ce milieu et à cette époque.

    Rose est vendue au châtelain du coin, cruel et monstrueux, par Onésime, son propre père faute de moyen. Le piège se referme sur elle.

    Cette histoire, c’est principalement Rose qui nous la raconte grâce à ce qu’elle a consigné sur papier alors qu’elle est à l’asile. Les carnets de Rose ont été miraculeusement et clandestinement récupérés par le curé témoin malgré lui de son histoire.
    D’autres personnages prennent la parole, mais de manière plus anecdotique dans ce roman choral rural.

    Franck Bouysse ne ménage pas son lecteur dans cette histoire qu’il distille avec parcimonie au fil des pages dans une écriture âpre, belle, subtile et crue à la fois. Il évoque avec justesse la cruauté humaine, la folie, l’hypocrisie, les silences, le secret, et le regard complice des notables.

    L’ouvrage est assurément un grand roman qui se lit le cœur et le ventre vrillés ; presque d’une traite.
    Conte d’un autre temps, ce livre n’en est pas moins évocateur de ce qui se passe dans nos sociétés, dans nos villes et nos beaux quartiers : l’esclavage moderne.

    Coup de cœur ? coup de poing ? Les deux sans aucun doute !

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  • C’est l’histoire d’une femme nommée Rose, une héroïne d’un autre temps. Son existence a irrémédiablement basculé à 14 ans, lorsque son père, paysan, l’a vendue comme servante afin de pouvoir nourrir le reste de la famille.

    Dans des cahiers, Rose confesse l’indicible, la domination qui...
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    C’est l’histoire d’une femme nommée Rose, une héroïne d’un autre temps. Son existence a irrémédiablement basculé à 14 ans, lorsque son père, paysan, l’a vendue comme servante afin de pouvoir nourrir le reste de la famille.

    Dans des cahiers, Rose confesse l’indicible, la domination qui engendre la terreur, la misère, la perte et la souffrance. Elle rencontrera le Mal mais une infime lueur d’espoir subsistera malgré tout.

    Dans ce récit d’une profonde noirceur, les points de vue des différents personnages se croisent : il y a Rose bien sûr, mais il y a aussi Gabriel le curé qui découvre ses carnets dans un asile, ou encore Onésime le père de la jeune femme, accablé de remords. L’auteur fait corps avec ses protagonistes de manière époustouflante.

    Une plume envoûtante, d’une grande sensibilité. Et, il y a cette odeur de terre et de mousse qui nous envahit tout au long de cette lecture.

    Première rencontre avec les mots de Franck Bouysse, premier coup de foudre. Je suis ressortie de cette lecture hébétée, chamboulée, subjuguée. Un livre qu’on dévore le souffle coupé. Un destin de femme bouleversant, dramatique, tout simplement inoubliable. Une des lectures incontournables de cette rentrée.

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