Né d'aucune femme

Couverture du livre « Né d'aucune femme » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de... Voir plus

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d'aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l'âme humaine.

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Articles (5)

Avis (72)

  • Quand le prêtre du village reçoit en confession une paroissienne qui lui demande de venir bénir le corps d'une femme décédée à l'asile et surtout de " prendre " les cahiers cachés sous les jupes de la morte pour les mettre en lieu sûr il ne sait que faire.
    Doit-il commettre ce " vol " ? Dieu...
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    Quand le prêtre du village reçoit en confession une paroissienne qui lui demande de venir bénir le corps d'une femme décédée à l'asile et surtout de " prendre " les cahiers cachés sous les jupes de la morte pour les mettre en lieu sûr il ne sait que faire.
    Doit-il commettre ce " vol " ? Dieu lui pardonnera t-il ?
    Mais quelle n'est pas sa surprise quand il découvre la vie de Rose dans ce carnet ....... Rose vendue à l'âge de 14 ans par son père pour subvenir aux besoins de la famille - ses 3 autres filles et sa femme -
    Rose qui va se retrouver dans un manoir sous les ordres de la vieille, devant accepter les brimades et qui va découvrir dans cette demeure l'horreur.
    Ah si seulement elle avait écouté Edmond quand celui-ci lui disait de ne pas rester ...... elle ne comprenait pas et elle espérait une vie meilleure.
    Un magnifique roman d'un auteur que je ne connaissais pas.

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  • Un conte cruel d’une noirceur infinie et d’une immense force émotionnelle

    C’est la vie de Rose, jeune paysanne vendue comme bonne à tout faire à un maître des forges par
    son père, la mort dans l’âme, que Franck Bouysse narre d’une plume magistrale.

    Rose, une jeune fille prise dans les...
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    Un conte cruel d’une noirceur infinie et d’une immense force émotionnelle

    C’est la vie de Rose, jeune paysanne vendue comme bonne à tout faire à un maître des forges par
    son père, la mort dans l’âme, que Franck Bouysse narre d’une plume magistrale.

    Rose, une jeune fille prise dans les rets d’un ogre et d’une marâtre, le Maître et la Vieille. Deux êtres
    faits de ce qu’il y a de plus abject dans la nature humaine et qui vont lui faire subir l’inimaginable.
    Rose victime d’une conspiration machiavélique qui trouve un peu de réconfort auprès d’Edmond le
    palefrenier et jardinier du château. Auprès des mots surtout, qu’elle apprend en subtilisant le journal
    en cachette, des mots dont elle saisit la musique, la magie, qui lui permettent de rêver de liberté et
    de témoigner de son enfer quotidien.

    Elle écrit sa vie dans ses carnets, sa vie cauchemardesque, ses émotions, ses sensations, la beauté de la nature, la beauté d’Artémis la jument, ses rêves. Rose, arrachée à l’enfance, courageuse, qui face au mal absolu, jamais ne se soumet.

    C’est Gabriel un jeune curé venu bénir le corps d’une femme à l’asile qui trouvera les carnets dissimulés sous la jupe de la défunte sur les indications d’une inconnue venue en confession et qui l’a imploré de les lire. Une vie va enfin sortir de l’ombre.

    Dans ce roman choral résonnent les voix de Rose forte et révoltée malgré ses souffrances, de son père Onésime rongé par la culpabilité et les remords, de sa mère d’une grande dignité dans sa douleur, d’Edmond introverti et soumis, de l’enfant gueule d’ange à la peau fragile, de Gabriel opiniâtre et humain.

    Franck Bouysse, de ses propres dires, a pris le parti « de creuser l’obscurité ». Formidable conteur, il donne à lire un récit sombre et inquiétant mais plein d’espoir, éclairé par la lumière des mots, ceux de Rose.

    Une lecture dont on sort « émotionnée » comme Génie l’infirmière de l’asile à laquelle se confie Rose. Un récit romanesque dans lequel le pouvoir de la langue avec ses mots, ses silences, sa musique mène à la rédemption. Éblouissant !

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  • Ce roman, il vous captive d'abord par la beauté de la première de couverture. De couleur sépia, elle fait apparaître une femme qui donne le sein à son bébé, ce portrait de la maternité est juste magnifique. Quand vous y regardez de plus près, vous réalisez que la photographie est en réalité un...
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    Ce roman, il vous captive d'abord par la beauté de la première de couverture. De couleur sépia, elle fait apparaître une femme qui donne le sein à son bébé, ce portrait de la maternité est juste magnifique. Quand vous y regardez de plus près, vous réalisez que la photographie est en réalité un montage, qu'un découpage est intervenu et qu'une pièce du "puzzle" est décalée, à l'image de ce que faisait Picasso avec ses croquis. Ce qui peut paraître une ombre dans le tableau n'est rien à côté de ce qui vous attend, ce roman est une lecture coup de poing, un roman noir... mais aussi tellement lumineux, je vous explique !

    Ce roman est noir, je vous l'ai dit. Il m'a beaucoup rappelé mes lectures d'il y a une trentaine d'années, ces livres qui brossent le portrait de la maltraitance, que dis-je, la torture en milieu rural. Rose est accueillie par des rustres dans une campagne profonde, là où le rapport dominant/dominé relève plus de l'esclavage que de la relation humaine, là où les hommes se comportent comme des bourreaux, se gaussant de martyriser plus faible que soi, là où le maître des lieux décide de la vie ou de la mort de ceux qu'il emploie, là où les sévices corporels condamnent au silence.

    Franck BOUYSSE imagine une histoire absolument démoniaque, un scénario morbide dont je n'ose pas imaginer les images portées au cinéma.

    Si la première partie est empreinte de sauvagerie, j'ai beaucoup aimé la seconde dans ce qu'elle a de plus fort. Rose incarne le personnage d'une jeune femme révoltée, pleine de courage, que rien ne saurait abattre, pas même l'indicible, impossible à vous dévoiler. Rose va trouver le moyen de s'extraire de toute cette violence, elle va puiser la force dans son âme pour surmonter tout ce qu'elle endure physiquement, elle va trouver la voie des mots.

    Ce roman est un hymne à l'écriture. Nul besoin de vouloir être écrivain pour se plier à l'exercie, le seul fait de coucher les mots sur le papier peut délivrer du poids qui vous assaille. Franck BOUYSSE fait preuve d'énormément de poésie à leur égard.

    Parfaitement structuré dans un roman choral, le propos est servi par une plume éminemment belle. La chute est juste magistrale.

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2019/04/ne-d-aucune-femme-de-franck-bouysse.html

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  • Rare sont les livres ou il est nécessaire de reprendre son souffle tant le récit est poignant et brutal.
    On avale les chapitres, porté par une langue magnifiée, bouleversante, poétique et tellement littéraire.
    Un conte moderne magistral. Chef d'œuvre.

    Rare sont les livres ou il est nécessaire de reprendre son souffle tant le récit est poignant et brutal.
    On avale les chapitres, porté par une langue magnifiée, bouleversante, poétique et tellement littéraire.
    Un conte moderne magistral. Chef d'œuvre.

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  • Mon premier livre de cet auteur. Un peu déroutant dans la manière dont il est écrit et composé, mais l'histoire m'a totalement emballée.
    Je me suis laissée prendre par Rose, ses mésaventures (un mot bien léger au vu de tout ce qu'elle subit), sa force, ses envies de mourir, d'amour, de survie...
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    Mon premier livre de cet auteur. Un peu déroutant dans la manière dont il est écrit et composé, mais l'histoire m'a totalement emballée.
    Je me suis laissée prendre par Rose, ses mésaventures (un mot bien léger au vu de tout ce qu'elle subit), sa force, ses envies de mourir, d'amour, de survie qui s'enchevêtrent.
    J'ai sincèrement adoré et été émue par quelques passages durs (notamment lorsque le père se confronte au maître). Ce livre est une bombe, littéralement.

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  • Magnifique, une écriture superbe, émouvant. Une fois la première page ouverte, impossible à lâcher !

    Magnifique, une écriture superbe, émouvant. Une fois la première page ouverte, impossible à lâcher !

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  • Après ‘Grossir le ciel’, ‘Glaise’ et ‘Plateau’ la plume romanesque de Franck Bouysse vient encore de s’imposer dans le savoir-faire d’une narration noire mais toutefois captivante. ‘Né d’aucune femme’ est un thriller page-turner bien trash dépeignant de façon très réaliste un cauchemar vivant...
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    Après ‘Grossir le ciel’, ‘Glaise’ et ‘Plateau’ la plume romanesque de Franck Bouysse vient encore de s’imposer dans le savoir-faire d’une narration noire mais toutefois captivante. ‘Né d’aucune femme’ est un thriller page-turner bien trash dépeignant de façon très réaliste un cauchemar vivant bien qu’il me manque la dose enrichissante de nourriture culturelle que j’aime retrouver dans mes lectures même si elles sont classées thriller ou polar. A mi-parcours, je dois avouer avoir fait une overdose d’abominations. J’ai même pensé que Karine Giebel pouvait allait se faire rhabiller ! C’est pour dire…

    Après avoir été vendue à l’âge de 14 ans à un couple de bourgeois cupides, psychopathes et meurtriers, Rose est marquée au fer rouge, attachée au pied d’un établi forcée à regarder son maître, maître de forge, brûler le corps de son père dans l’âtre de la forge et voir les os de son corps calciné réduits en poussière à coups de marteau. Ensuite, dans la maison à l’atmosphère hyper glauque, (un cadavre de femme est enfermé dans une chambre), la jeune adolescente se voit menottée à son lit et y subit des viols (fort bien décrits en terme de violence…) à répétition puis, chaînes aux pieds, elle doit trimer dur toute la journée sous la houlette de la vieille maîtresse de maison habitée par une cruauté sans borne. Ouf…. Il y a aussi un homme à tout faire, Edmond, qui pourrait intervenir vu sa carrure mais laisse faire les choses. Lui-même a vu sa femme tuer leur bébé handicapé à la naissance, ce, à coups de marteau… Elle a fini à l’asile où la rejoint Rose après quelque 200 pages. Asile dirigé par un docteur marron en cheville avec le couple de vieux tortionnaires. Rose est enceinte. Elle accouche et son bébé lui est enlevé après 6 jours d’allaitement. La mère de Rose et ses 3 sœurs restent dans le noir concernant la disparition du père et abandonnées à leur triste sort de pauvresses. Ce qui va tirer le fil de l’histoire vers le haut sont deux bonnes âmes, l’une dans la peau d’une infirmière et l’autre dans la peau d’un curé. Moral quand tu me tiens…

    Franck Bouysse va natter tous ces destins avec le talent d’un écrivain qui nous donne envie de tourner les pages malgré tout et ce, jusqu’au bout.

    Autre chose va sauver cette pauvre Rose captive de la disgrâce, c’est l’écriture. Les mots ! Les mots que Franck Bouysse sait si bien choisir pour en façonner des phrases descriptives talentueuses. Il va aussi maltraiter la grammaire à bon escient et entre autre laisser tomber les « ne » et « n’ », des phrases négatives dans la bouche de Rose ou Edmond, ce qui renforce le trait d’un ton donné au réalisme d’un parler populaire bien accentué.

    « Les mots, j’ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je comprends pas toujours et que j’aime bien quand même, juste parce qu’ils sonnent bien. La musique qui en sort souvent est capable de m’emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu’ils ont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle les mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, méridien, pyracantha, mausolée, billevesée, iota, ire, parangon, godelureau, mauresque, jurisprudence, confiteor et tellement d’autres que j’ai retenus sans effort, pourtant sans connaître leur sens. Ils me semblent plus légers à porter que ceux qui disent. Ils sont de la nourriture pour ce qui s’envolera de mon corps quand je serai morte, ma musique à moi. »

    « La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier. (…) Je les respire les mots monstres et tous les autres. »

    Franck Bouysse cite Kafka en épigraphe : « Si encore il s’agissait de mots, s’il suffisait de jeter un mot sur le papier et qu’on pût s’en détourner, dans la calme certitude d’avoir entièrement empli ce mot avec soi-même. »

    Toutefois, ce roman nous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps en France, (Zola), les enfants de familles trop pauvres étaient placés bon an mal an qui dans les mines, qui dans les fermes et que malheureusement cela est toujours monnaie courante dans bien des pays. On a tous entendu parler de l’esclavage en Lybie et bien ailleurs… « La nature ne fait pas rimer ses enfants. » Emerson.

    L'auteur ne le mentionne pas mais pas si loin de notre temps, sous l’ancien régime, pour nettoyer les rues de ses vagabonds, prostitués et mendiants, on enfermait dans les asiles de pauvres bougres et bougresses pas fous du tout et qui, à trop rechigner de ces injustes et barbares traitements, se retrouvaient à vie dans des camisoles de force… Ce n’est qu’en 1807 qu’est décidé de retirer les chaines aux pieds et carcans de toutes sortes aux malades… Encore au début du XXe siècle, mieux valait ne pas être repéré(e) comme bipolaire ou trop colérique… L'auteur ne mentionne pas la date à laquelle se déroule son récit. Cela peut être fin 1800, début 1900.

    Alors ma dose de culture dans ce livre est que Franck Bouysse, assez taiseux sur la société de l’époque, distille malgré tout, l’horreur (certes à un paroxysme exagéré de noirceur) qu’ont pu vivre des très pauvres familles dans nos campagnes, assujetties aux maîtres, par le biais de l’histoire de cette pauvre gamine martyrisée à l’abri des regards.

    Je lis et j’aime lire Franck Bouysse mais pour ce roman, à cause de la répétition excessive des scènes de violence insoutenables et sans apport véritable à l’intérêt du texte sinon surcharger la narration, et qui plus est, semble s’offrir comme une surenchère de croustillants passages destinés au lecteur, je retiens une étoile à la part de mon enthousiasme, malgré mon goût pour la très remarquable plume de l’auteur.

    "Ce n'est pas devant toi que je me suis prosterné, mais devant toute la douleur humaine." Dostoïevski

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  • Peu d’indices sur le lieu : une brève mention d’Espalion et de la Vézère indique la Corrèze. Quand à l’époque, ce pourrait être il y a plus ou moins une centaine d’années. Un prêtre se voit confier les cahiers rédigés clandestinement par une femme internée dans un asile psychiatrique. La...
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    Peu d’indices sur le lieu : une brève mention d’Espalion et de la Vézère indique la Corrèze. Quand à l’époque, ce pourrait être il y a plus ou moins une centaine d’années. Un prêtre se voit confier les cahiers rédigés clandestinement par une femme internée dans un asile psychiatrique. La malheureuse y relate sa vie, une effroyable descente aux enfers depuis son adolescence, qui aboutit à sa réclusion forcée quand elle n’avait pas vingt ans.

    Ce drame rural est d’une intensité et d’une noirceur telles que, plusieurs fois, au bord du malaise, il m’a fallu interrompre la lecture pour reprendre mon souffle. Véritable secousse tellurique, ce livre est de ceux qui vous aspirent, vous matraquent et vous obsèdent, ne vous laissant pas indemne et vous poursuivant longtemps après la dernière page.

    Franck Bouysse écrit merveilleusement bien et c’est avec un profond plaisir que je me suis mise très souvent à relire certains passages plusieurs fois, impressionnée par la beauté de l’écriture et du style, la justesse des mots et des images. Cette histoire sombre et cruelle, mais profondément humaine, est saisissante de réalisme : les personnages y sont croqués dans toute leur vérité avec une acuité et une précision d’orfèvre, leurs paroles frappent par leur justesse de ton et d’émotion.

    Rares sont les livres qui allient aussi bien la force d’une histoire, la vérité de ses personnages et la beauté de la langue. Né d’aucune femme est une œuvre magnifique et bouleversante, une lecture d’exception à ne surtout pas manquer.
    Franck Bouysse joue dans la cour des Grands écrivains, en tout cas dans celle de mes auteurs de prédilection.

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