Né d'aucune femme

Couverture du livre « Né d'aucune femme » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de... Voir plus

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ».
- Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Demandais-je.
- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
- De quoi parlez-vous ?
- Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d'aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l'âme humaine.

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Avis(9)

  • J'ai aimé tous les livres de cet auteur : "Glaise", "Plateau", "Grossir le ciel" et son dernier est sur ma PAL

    J'ai aimé tous les livres de cet auteur : "Glaise", "Plateau", "Grossir le ciel" et son dernier est sur ma PAL

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  • Né d’aucune femme est un ouvrage absolument formidable, proche de la perfection littéraire. Franck Bouysse remet dès lors un roman choral dont l’humanité écorchée se glisse dans les interstices des bas-fonds les plus cruels. Le·a lecteur·rice découvre un univers silencieux au coeur d’une nature...
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    Né d’aucune femme est un ouvrage absolument formidable, proche de la perfection littéraire. Franck Bouysse remet dès lors un roman choral dont l’humanité écorchée se glisse dans les interstices des bas-fonds les plus cruels. Le·a lecteur·rice découvre un univers silencieux au coeur d’une nature prolifique et dans une temporalité dissimulée par l’auteur mais qui semble selon toute apparence se dérouler à la fin du XIXème siècle. Ce·tte premier·ère fait l’appréhension d’une fresque de quidams marginalisés parmi lesquels iel fait la rencontre de Rose, gamine bousculée malgré elle dans un gouffre hostile et féroce, à l’acharnement proche de la malédiction. Dans un ultime instinct de survie et par le biais d’une écriture pulsionnelle, elle lègue dans des cahiers son héritage trop longtemps dissimulé, pour raconter l’ineffable, l’abominable. L’histoire est un cri polyphonique, celui du corps bafoué, méprisé, et porte l’aboi des anonymes oublié·e·s, issu·e·s des classes pauvres et paysannes, ces « traînes-misères » que l’on a bâillonné·e·s et déchu·e·s. Ce roman tellurique fait alors le portrait des vulnérables à qui l’auteur restitue la parole, au moyen d’une oralité captivante. La plume, rugueuse, est formidablement maîtrisée et sculptée à l’égard de chaque narrateur·rice favorisant l’éclosion d’un archétype social d’une grande justesse. Au diapason d’une sublime couverture, ce livre sensoriel est un écrin à la fois caustique et délicat qui éprouve le motif de la figure universelle de la mère, assimilée selon toute vraisemblance à la madone, corollaire d’un impératif, celui de perpétuer une lignée familiale à n’importe quel prix, jusqu’à abdiquer sa dernière once de probité. Il se fait également la voix d’une certaine image de la masculinité et vient alors égratigner l’injonction à la virilité au gré d’une prose gracieuse et charnelle. En définitive, ce roman noir et social, construit à l’image d’un conte, est une véritable fracture poétique, intime et bestiale qui célèbre l’écriture comme secours et sauvegarde face aux déflagrations, à travers un magnifique néologisme clamé par Rose, révélant tout le génie et la trempe littéraire de Franck Bouysse. « Écrier » : il s’agirait ainsi de soigner les maux par les mots, un recours indispensable à la langue qui lècherait les plaies. À l’orée d’une douce folie, Franck Bouysse et Rose délivrent un chef-d’oeuvre épidermique, une bombe dans l’histoire de la littérature. Essentiel.

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  • C'est le genre de lecture dont on ne sort pas indemne. On se demande tout au long si l'horreur va cesser, on appelle de tous ses vœux une accalmie dans ces destins tragiques, qu'on puisse reprendre un tant soit peu de souffle.
    Pour la première fois, je ne saurai dire avec précision si j'ai...
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    C'est le genre de lecture dont on ne sort pas indemne. On se demande tout au long si l'horreur va cesser, on appelle de tous ses vœux une accalmie dans ces destins tragiques, qu'on puisse reprendre un tant soit peu de souffle.
    Pour la première fois, je ne saurai dire avec précision si j'ai aimé. Je pense d'ailleurs qu'il ne s'agit pas d'aimer ou non, ce que provoque ce récit va bien au-delà de cela. Ce que je sais en revanche, c’est que je n'ai pas pu décrocher de cette lecture. J'ai été piquée, droguée dès la première page, par ce destin qui n'en finissait pas de souffrir, ce mal qui ne finissait pas de grandir, allant jusqu’à s’exorciser des pages pour aller trouver écho dans les tripes du lecteur. Longtemps j'ai été poursuivie par l’ombre de l'héroïne, ses souffrances, son enfance volée, ses amours contrariées. Ma raison me sommait pourtant de me distancier du récit, arguant dans un coin rationnel que tant de tragédies s'abattant sur une seule personne ne favorisait que le sensationnel et que béatement je m'y engouffrais. Une défense pour ne pas vouloir croire que tant de silence peut s’abattre sur une seule et unique personne ? sur une famille ? sur un microcosme ? Je n'en sais rien. Mais si le succès d'un livre, en dépit de toute logique, et au-delà de toute raison, se mesure au frisson qu’il fait bouger dans nos entrailles, à ce qu’il laisse comme creux dans notre ventre, alors ce roman est définitivement une réussite.

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  • Pourquoi je vis, pourquoi je meurs
    Pourquoi je lis, pourquoi je pleure ...

    ... assurément pour de tels livres, les vibrants, les telluriques, ceux que tu n'oublies pas une fois refermés et achevés, ces mots qui continuent à tournoyer dans ta tête de façon obsédante.

    Né d'aucune femme est...
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    Pourquoi je vis, pourquoi je meurs
    Pourquoi je lis, pourquoi je pleure ...

    ... assurément pour de tels livres, les vibrants, les telluriques, ceux que tu n'oublies pas une fois refermés et achevés, ces mots qui continuent à tournoyer dans ta tête de façon obsédante.

    Né d'aucune femme est de ce calibre-là. Sombre mais jamais obscur, profondément romanesque mais si humain. Rose, ma petite Rose, si digne dans l'insoutenable cruauté de la vie, sauvée par les mots.

    « Les mots , nous dit-elle dans l'intimité des chapitres qui lui sont consacrés, j'ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je ne comprends pas toujours et que j'aime quand même, juste capable de m'emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu'il sont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle les mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, (... ) et tellement d'autres que j'ai retenus sans effort, pourtant sans connaître leur sens. Ils me semblent plus légers à porter que ceux qui disent. Ils sont de la nourriture pour ce qui s'envolera de mon corps quand je serai morte, ma musique à moi. C'est peut-être ce qu'on appelle une âme. »

    Edmond et ses épaules émouvantes qui avoue : « toute ma vie j'ai failli être un homme », qui le deviendra peut-être après le mot « fin ». Gabriel, le prêtre empathique qui sait porter la souffrance des hommes, et l'entendre pour faire bouger le destin et apporter l'espoir. Tous les personnages sont formidablement campés, c'était comme si je pouvais tous les voir à porter de mots, leur visage, leur âme même.

    Franck Bouysse est un grand, un grand conteur qui construit admirablement son roman pour faire naître les émotions dans les révélations qui distillent au moment juste ; un grand styliste, une écriture à l'os. Combien de phrases, de passages j'ai relus, uniquement pour m'en enivrer tellement ils sont beaux, puissants, brillants sans jamais tomber dans la démonstration vide de sens.


    Et cette formidable couverture, au diapason de la perfection de ce roman. Cette sublime Madone allaitante, forte et attentive, en écho à Rose, à sa mère et ses « trois filles arrachées au néant, au motif qu'un homme et une femme se doivent de fabriquer un peu plus qu'eux-mêmes pour échapper au temps, sans penser ni même imaginer qu'un seul instant les malheurs à venir et le cadeau empoisonné que peut devenir une vie. Parce que sortir un petit être du néant d'avant pour lui offrir celui d'après est une immense responsabilité, une pure folie. »

    Parce que j'en ai encore les larmes aux yeux, parce que je tremble encore un peu.

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