Murène

Couverture du livre « Murène » de Valentine Goby aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330125363
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Bien au-delà de l'effroi, ce livre puissant raconte le combat de ce garçon, sa force et ses difficultés pour réintégrer non pas sa vie, mais une autre vie. Jusqu'au jour où, par-delà la vitre d'un aquarium, une murène lui... Voir plus

Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Bien au-delà de l'effroi, ce livre puissant raconte le combat de ce garçon, sa force et ses difficultés pour réintégrer non pas sa vie, mais une autre vie. Jusqu'au jour où, par-delà la vitre d'un aquarium, une murène lui réinvente un avenir et va lui ouvrir les portes d'une aventure singulière : les balbutiements du handisport.  

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Avis (28)

  • François Sandre a 22 ans, il vit à Paris, a une fiancée Nine, une soeur sur laquelle il veille, un père couturier, sa mère est anglaise. Il a 22 ans, à l’hiver 1956, un corps d’athlète et l’insouciance de la jeunesse. Il a la vie devant lui… jusqu’à ce jour d’hiver au froid mordant. Son camion...
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    François Sandre a 22 ans, il vit à Paris, a une fiancée Nine, une soeur sur laquelle il veille, un père couturier, sa mère est anglaise. Il a 22 ans, à l’hiver 1956, un corps d’athlète et l’insouciance de la jeunesse. Il a la vie devant lui… jusqu’à ce jour d’hiver au froid mordant. Son camion tombe en panne dans les Ardennes. Pour trouver le village le plus proche, il grimpe sur un wagon qui semble désaffecté et ses bras touchent le caténaire. Le choc est terrible et le laisse gravement brûlé au sol. Hospitalisé pendant de longs mois, il surmontera la douleur des traitements. Mais il devra affronter désormais la vie sans ses bras que les chirurgiens n’ont pu sauver.

    Le retour à la vie « normale » est une épreuve tout aussi insurmontable Au delà de la douleur physique, des membres fantômes, il faut accepter de vivre à nouveau. Il lui faut surmonter le regard des autres, la pitié, l’incompréhension car nul ne peut imaginer ce que vit François. Il faut réinventer chaque geste, se faire à nouveau confiance, accepter la dépendance. Il faut aussi composer sans les souvenirs qui se sont effacés et trouver la force pour recommencer une nouvelle ligne de vie, de nouveaux projets.

    Ce roman m’a intéressé du fait de la précision « parfois chirurgicale » apportée aux thèmes qui y sont traités. Le premier est la médecine et les soins apportés aux grands brûlés. Vient ensuite, le handicap qui est abordé sans pitié, sans condescendance. La reconstruction de François se fait à travers le handisport et en particulier la natation (« murène ») pour nous entrainer jusqu’au jeux Paralympiques de Tokyo en 1964.

    J’ai aussi apprécié la plume de l’auteure qui peint le caractère de chaque personnage avec finesse, délicatesse et bienveillance. Je pense par exemple à la maman anglaise de François, qui patiente pendant des jours dans la salle d’attente des familles sans pouvoir voir son fils, au père qui refuse d’accepter, à la soeur de François, au collègue de travail Joao qui finit par croire lui aussi à ses rêves ou encore à Nadine, la soignante dont les sentiments sont complexes et contradictoires… Murène est un roman d’amour et de tendresse .

    J’ai trouvé ce récit particulièrement puissant. Je pense que cela vient du fait que nous vivons le roman à travers le regard de François sur sa vie. C’est la force poignante de ce récit. Nous suffoquons lors de l’accident et lorsque les chirurgiens s’affairent autour du corps. Nous reprenons notre souffle après chaque petite victoire de François et ressentons la morsure de chaque nouvelle déception. J’ai ressenti l’impression d’être « en lui ».

    J’ai enfin aimé le fait que ce roman soit un hymne saisissant à l’homme qui est capable de résilience pour survivre. Quelle intelligence de survie ! Quelle volonté! François parvient à renaitre de sa faiblesse, à s’approprier son handicap, sa nouvelle condition, se métamorphoser pour renaitre plus beau et plus fort… et plus heureux?

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  • Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Valentine Goby s’empare une nouvelle fois de ce fait malheureusement courant pour décrire à travers son personnage principal un représentant emblématique pour l’appropriation du handicap. Ce livre puissant raconte le combat de...
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    Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Valentine Goby s’empare une nouvelle fois de ce fait malheureusement courant pour décrire à travers son personnage principal un représentant emblématique pour l’appropriation du handicap. Ce livre puissant raconte le combat de ce garçon, sa force et ses difficultés pour se créer un autre vie. Le désespoir de François est finement retranscrit à travers ses dialogues intérieurs, l’expression de ses émotions et de ses sensations et fait savourer cette rédemption trouvée. En effet vient le jour où, par-delà la vitre d'un aquarium, une murène lui réinvente un avenir et va lui ouvrir les portes d'une aventure singulière : les balbutiements du handisport.

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  • Explorateurs de la rentrée 2019

    On ne sort pas indemne de cette lecture : suivre le parcours de François est un véritable parcours du combattant. Certes je l’avais pressenti : ce personnage est fort, mais il fait ressentir au lecteur ses moments de doute, ses angoisses, l’absurdité d’une vie...
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    Explorateurs de la rentrée 2019

    On ne sort pas indemne de cette lecture : suivre le parcours de François est un véritable parcours du combattant. Certes je l’avais pressenti : ce personnage est fort, mais il fait ressentir au lecteur ses moments de doute, ses angoisses, l’absurdité d’une vie lorsqu’on est dépossédé de son corps.
    En effet un accident effroyable, que le jeune homme a oublié, distillé en petits bouts par les témoins et participants de cet accident, un accident aux conséquences irréversibles et horribles, va transformer le corps de François, le privant des deux membres supérieurs. François va survivre, et devoir réinventer sa vie avec ce lourd handicap.
    Les émotions m’ont submergée : l’espoir de le voir vivre, le doute de le voir en vie, mais tronqué d’une partie de lui et de sa vie d’avant, la pitié face à ce corps et à la réduction au rang d’objet, la déception face à ses tentatives vaines, la déception face à ce que la société de l’époque (les années 60) propose comme appareillage, encore tâtonnant. Après l’acceptation ou l’obligation de faire avec ce corps, les luttes quotidiennes, il faut au personnage encore subir les douleurs de l’âme, accepter le regard des autres. Je n’ai pu qu’admirer la force vitale de cet homme, et finalement de tous les handicapés.
    « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » a dit Térence, et c’est exactement ce qu’on ne peut s’empêcher de penser. D’autant que l’expérience vécue par François tend à l’universel et va dessiner l’historique de ce qu’on n’appelle pas encore le handisport. L’auteure l’avoue elle-même, ce roman est un travail sur « le pari de vivre, les métamorphoses qu’il engendre ».
    C’est un roman éprouvant qui interroge sur nos capacités, sur la reconstruction de soi, sur le dépassement de soi, et le sport permet au héros et aux personnes handicapées, de guerre ou civils, dans un premier temps une rééducation puis d’atteindre des performances, voire d’égaler les valides.
    C’est un combat multiple auquel nous convie cette lecture : celui de ce personnage François pour sa vie, celui de tous les handicapés présents dans le roman quel que soit le handicap (amputé tibial, fémoral, paraplégique, polio…) et celui de la pratique, de la reconnaissance du sport pour les handicapés. Ce roman est un magnifique exemple de courage et je le conseille vivement à ceux qui s’intéressent à la résilience.

    / Avis des 100 pages.
    Comment ne pas entrer dans ce récit poussé par la curiosité de cette ambiance mystérieuse et tendue ? Le début du récit flotte dans une sensation pesante : les verbes sont au futur mais à la négative. On sent poindre un drame autour de ce jeune homme François de 22 ans, toujours en mouvement.
    Puis le drame arrive : un accident effroyable, que le jeune homme a oublié, distillé en petits bouts par les témoins et participants de cet accident, un accident aux conséquences irréversibles et horribles.
    La curiosité et la pitié m’ont poussée à lire pour savoir,( comme un badaud )ce qui était arrivé à ce jeune François qui va oublier des parties de sa vie. J’ai suivi, anxieuse, aux côtés de sa mère et de sa sœur Sylvia, l’après accident, le récit de la survie après « le jour de Bayle » comme l’appelle la famille.
    100 pages de lecture, pour 52 jours de survie : j’ai suivi avec inquiétude et soulagement les progrès physiques de ce jeune homme dépossédé de sa vie, dépossédé de son corps qui ne lui obéit plus.
    Et comme François lui-même, la victime, je me suis demandé si dans ces conditions, il ne valait pas mieux mourir ? C’est une lecture poignante, oppressante.
    Au vu du restant de pages, je sens que François sera fort et je veux l’accompagner dans sa renaissance.

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  • Lu dans le cadre des Explorateurs de la rentrée littéraire 2019 :

    Dès l’incipit, le ton est donné. Il remonte le fil de l’eau, le fil du temps.
    Hiver 1956, François Sandre, un beau jeune homme de vingt-trois ans, est victime d’un grave accident en grimpant sur un wagon dans une gare...
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    Lu dans le cadre des Explorateurs de la rentrée littéraire 2019 :

    Dès l’incipit, le ton est donné. Il remonte le fil de l’eau, le fil du temps.
    Hiver 1956, François Sandre, un beau jeune homme de vingt-trois ans, est victime d’un grave accident en grimpant sur un wagon dans une gare désaffectée enfouie dans la neige des Ardennes. Un bruit détonne comme un coup de tonnerre, c’est le drame. Nous sommes les seuls témoins.
    Comme un kaléidoscope, l’auteure zoome sur cette vie, ses membres, ses mains, ses doigts, et les précieux souvenirs : son amour fou pour Nine qui l’obsède, leur rencontre digne d’un film de Truffaut, ses parents, leur atelier de couture. Et la nostalgie déjà fugace de ce qui est, et ne sera plus.
    François sera amputé de ses deux bras. Terrifiant, j’appréhendais son réveil. Un cauchemar éveillé, le pathos brille de par son absence dans cette écriture qui s’illumine au fil des pages.
    Comme dans une résurrection, François sera valeureux en domptant son quotidien en le greffant d’ingéniosité et d’imagination, cette force va désormais habiller et habiter ce jeune homme dans son destin qu’il devra écrire autrement, la vie devant lui… Un mutant. Un mutant qui croise une murène inspirante à la porte Dorée peut réécrire un destin. La porte Dorée sera la clé, l’issue de secours vers cette nouvelle destinée: la natation. La natation salvatrice, ses évasions, et ses rencontres.

    Je n’ai pu m’empêcher de penser à Boris Cyrulnik, forcément, ou encore à la philosophe Annie Leclerc qui, dans son éloge sur la nage, citait « l’infinie jouissance qu’on éprouve en se sentant portée, bercée, déliée, aspirée, consolée, avalée, soudain légère et fluide, pleine de pensées agiles et douces qui ressemblent à des rêves tant elles pèsent peu » et que l’on retrouve en regardant non, en lisant François à la piscine.
    Ce livre hyper touchant, et bouleversant, prend aux tripes. Il a remué beaucoup de choses en moi. Valentine Goby met le doigt là où ça fait mal, sur la beauté, l’esthétique, la différence, les métamorphoses physiques, la souffrance abyssale, et le cruel regard de l’autre… Les métaphores transcendent la souffrance, et une pointe d’humour réussit à s’immiscer avec grâce entre les maux, avec des personnages touchants et atypiques.
    Ce fut une lecture éprouvante pour moi, un haut-le-cœur surtout dans les premières pages. Puis, d’une belle plume incarnée, l’auteure nous livre un roman puissant, captivant, avec ce souffle qui m’a fait réfléchir sur le quotidien, et cette chance inouï de se réveiller le matin en bonne santé. Rien, rien n’est vraiment noir ou figé.
    La résilience de François ce mutant, un valeureux battant force l’admiration. C’est un sublime et fabuleux message d’espoir, le malheur n'est pas une destinée, rien n'est irrémédiablement définitif, on peut toujours s'en sortir. Un pied-de-nez à la fatalité. A lire en apnée forcément…

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    Avis 100 premières pages - Explorateurs de la rentrée littéraire 2019.

    Cette lecture ne laissera personne indifférent.
    François 22 ans survit à un violent accident. Dans une précision monacale, Valentine Goby l’auteure s’attache à dénombrer toutes ces blessures, en dépeignant, l’abîme qui étreint désormais le corps de François. Je suffoque tout en lisant en apnée ce qui se trame entre les murs de cet hôpital où le bras gauche de François est amputé, puis le bras droit. C’est terrible. Je devine les prémices des souffrances à venir, son réveil et sa vie future. Je ferme le livre avant de poursuivre cette lecture difficile pour moi. Je suis à ce moment fatidique, la page 100 : où le père va découvrir son fils métamorphosé.
    L’auteure m’a complètement remuée et ébranlée. Tout dépendra de la suite…Et du degré de résilience de François.

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