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Mon frère ennemi

Couverture du livre « Mon frère ennemi » de Djilali Bencheikh aux éditions Elyzad
  • Date de parution :
  • Editeur : Elyzad
  • EAN : 9789973580559
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Un douar de l'Ouest algérien au tout début des années cinquante.
Salim a sept ans. Sa relation avec son frère est chargée de discorde. Il en a assez de passer pour une « fillette » ou un « bébé ». Il attend avec angoisse et impatience le couteau de la circoncision qui l'élèvera enfin au rang de... Voir plus

Un douar de l'Ouest algérien au tout début des années cinquante.
Salim a sept ans. Sa relation avec son frère est chargée de discorde. Il en a assez de passer pour une « fillette » ou un « bébé ». Il attend avec angoisse et impatience le couteau de la circoncision qui l'élèvera enfin au rang de mâle accompli.
Cérémonial inéluctable, sa purification est pourtant remise indéfiniment. Un handicap terrible qu'il lui faut taire et supporter alors que s'ouvrent à lui les portes de l'école française où l'attendent de nouvelles inquiétudes, de nouvelles interrogations.
Chronique tendre et subtile, parfois cruelle, ce roman initiatique fait surgir une Algérie inattendue. De Mouloud Feraoun à Marcel Pagnol. Un souffle épique où se profilent les rumeurs de la guerre qui commence.

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Avis (1)

  • « J’ai ouvert les yeux au monde dans une grande maison claire aux épais murs de pierre. »

    Ainsi débute le récit autobiographique de ce petit garçon né dans un Douar de l’Algérie coloniale dans les années 50.

    D’une écriture faussement naïve mais réellement harmonieuse, chaleureuse et...
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    « J’ai ouvert les yeux au monde dans une grande maison claire aux épais murs de pierre. »

    Ainsi débute le récit autobiographique de ce petit garçon né dans un Douar de l’Algérie coloniale dans les années 50.

    D’une écriture faussement naïve mais réellement harmonieuse, chaleureuse et drôle, Djilali Bencheikh nous raconte son enfance pauvre et heureuse, « Autour de la cour rectangulaire s’agençaient une demi-douzaine d’alvéoles où cohabitaient les bêtes et les humains. La khaïma, protégée par des sarments prometteurs, était la pièce essentielle de la maisonnée. Baptisée ainsi en réminiscence d’un ancien destin de nomades, elle abrite depuis toujours tous les actes de la vie quotidienne. »

    Avec lui, nous découvrons les « Roumis », « peuple » détesté mais admiré quelque fois copié,

    Ah, les Roumis ! « On leur prêtait des mœurs barbares, comme celles de manger de la chair animale non égorgée, de s’adonner à des libations et des beuveries qui les rendaient insensés et grossiers. Ils en venaient à ressembler à leurs cochons, ces sangliers domestiques dont ils affectionnaient les tripes. »


    Ah les siestes trop longues en compagnie du frère-ennemi à faire un massacre de mouches !!! Ce frère-ennemi tant détesté et cette grande sœur Zahra, tant aimée, que l’on donne en pâture mariage à un citadin. « On est bel et bien entrain de vendre ma sœur. Pour un simple paquet de friandises. » La cérémonie du mariage où, tout est là pour ne pas décevoir la belle-famille qui arrive en « tomobiles » « Encadrés par les cavaliers, les deux engins foncent vers nous, et soulèvent un tourbillon de paille et de poussière en déclenchant une tonitruante complainte de sirènes. « Tomobiles, klaxouns », crient avec une frénésie de primates les plus avertis de la tribu. »


    Que de questionnements sur cette fameuse « niqua ». R’nia, petite bergère bédouine saura lui faire quelques « leçons de chose » sur la « chose » en lui permettant de découvrir « sa figue ». Heureusement, le berger Hamel est également là pour lui donner des informations vitales et quelles informations !!! « Dans ce trou de forme évasée nommé soua, le mâle introduit chaque nuit son zeb dressé pour honorer sa femelle. Cette copulation ou niqua procure beaucoup de plaisir à l’homme. Pendant sa jouissance, il éjecte un liquide crémeux, une sorte de pipi doucereux nommé h’laoua. Ce liquide est versé dans le ventre de la femelle qui le conserve par-devers elle. Lorsqu’au bout d’une année son ventre est suffisamment plein de cette douceur, cela produit un bébé qui est pondu comme un veau ou un poulain. ». Et encore d’autres explications toutes aussi fleuries.

    De par son jeune âge et jusqu’à la circoncision, l’enfant vit dans les jupes des femmes, surprend quelques poses lascives, s’enivre de leurs parfums, de leurs rires. Du côté des mâles, on ne rit pas, on parle politique, agriculture….


    N’allez pas croire que c’est un petit roman comme tant d’autres sur l’enfance vue et interprétée par son auteur. Non, ce livre est plus profond. A travers cette balade dans l’enfance de l’auteur, j’ai découvert la vie au bled, la vie dans l’Algérie « profonde », les prémices de ce que nos politiques qualifieront « d’évènements ». C’est un condensé sur la culture maghrébine, « Cette identité tranquillement vécue en dépit du mépris roumi s’élargissait aux nues célestes du sacré. » comme peut la comprendre un petit garçon, à travers les dires d’un berger ignare. Petit enfant vif et doué, le « midicoule » saura l’apprivoiser.


    Ce livre n’est pas sans me rappeler La compagnie des Tripolitaines de Kamal Ben Hameda. J’y ai trouvé la même douceur, la même chaleur, la même sensualité.

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