Mercy, Mary, Patty

Couverture du livre « Mercy, Mary, Patty » de Lola Lafon aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330081782
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon  par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause. Un  événement mémorable dont la résonance va également "kidnapper" l'existence de trois... Voir plus

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon  par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause. Un  événement mémorable dont la résonance va également "kidnapper" l'existence de trois femmes de générations différentes : une Américaine et deux Françaises tour à tour attachées à comprendre et reconfigurer cet épisode. Par ce roman sur l'influence décisive de leur rencontre éphémère, par sa relecture de l'affaire Hearst et de son impact médiatique et politique, Lola Lafon s'empare d'une icône paradoxale de la "story" américaine,  de son rayonnement dans l'espace public et du chavirement qu'elle a  engendré dans le destin de ses héroïnes.   

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  • A grands renforts de publicités, ce roman français (même si le titre ne l’indique pas) était une des pointures attendues lors de la rentrée littéraire de septembre 2017. Malgré l’attrait dû par le départ de l’histoire, je suis ressortie avec un goût de trop peu de sa lecture.

    Le 4 février...
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    A grands renforts de publicités, ce roman français (même si le titre ne l’indique pas) était une des pointures attendues lors de la rentrée littéraire de septembre 2017. Malgré l’attrait dû par le départ de l’histoire, je suis ressortie avec un goût de trop peu de sa lecture.

    Le 4 février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du magnat de la presse William Randolph Hearst est enlevée par l’ALS (Armée de Libération Symbionaise). Ce groupuscule d’extrême gauche exige pour rançon que 70 dollars de nourriture soit versé à chaque « pauvre » de Californie. Autre fait marquant : la « victime » embrasse la cause et devient l’une des plus célèbres cas du syndrome de Stockholm. Un procès retentissant eut lieu et condamna Patricia Hearst à sept ans de prison pour le braquage d’une banque (sa peine fut réduite à deux années par le président Jimmy Carter).

    On quitte la réalité pour se plonger dans l’imaginaire avec l’histoire de l’américaine, Gene Nevada, professeure d’université de passage dans les Landes et mandatée par la défense de Patricia Hearst pour prouver le lavage de cerveau dont elle aurait été victime lors de sa séquestration. Gene s’allie à une étudiante timide, Violaine qui doit se charger de tout lire, tout écouter ce qui a été fait sur cet enlèvement mais qui, au fil des jours, en vient à douter de l’ « innocence » de Patty. La narration se fait par une troisième personne (Lola Lafon elle-même ou un alias ?).

    Alors que les chapitres sont courts, tout comme le roman (238 pages), je n’ai pas su lire ce livre d’une traite. L’écriture à la deuxième personne du pluriel (pour le vouvoiement de l’une des héroïnes) est singulière et m’a empêchée de m’y plonger totalement. J’ai l’impression de ne pas avoir pu m’attacher aux personnages. Même si cela part d’un fait divers, le romancé prend toute la place.

    Avec également les vies de Mercy et Mary (filles de colons américains, enlevées par des indiens), deux siècles plus tôt que Patty, on découvre les histoires des ces femmes qui de part leurs enlèvements, ont pu s’affranchir de leur vie qui était déjà toute tracée dans des limites tracées par la Société et leur famille. Malgré tout, je reste avec un goût d’inachevé, peut-être par la difficile accessibilité au récit ; dommage… Peut-être à relire dans quelques mois ou quelques années.


    http://musemaniasbooks.blogspot.be/2018/04/mercy-mary-patty-de-lola-lafon-roman.html

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  • Heureux de retrouver Lola Lafon après La petite communiste qui ne souriait jamais, j’ai trouvé qu’elle s’était lancée dans une tâche redoutable, choisissant d’écrire une fiction autour de l’enlèvement de Patricia Hearst, le 4 février 1974. Elle s’attache au problème des otages choisissant de...
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    Heureux de retrouver Lola Lafon après La petite communiste qui ne souriait jamais, j’ai trouvé qu’elle s’était lancée dans une tâche redoutable, choisissant d’écrire une fiction autour de l’enlèvement de Patricia Hearst, le 4 février 1974. Elle s’attache au problème des otages choisissant de rester avec leurs ravisseurs. Cela va plus loin que le syndrome de Stockholm et c’est d’ailleurs bien traité par l’auteure. Mercy, Mary, Patty sont les diminutifs des prénoms de trois femmes, dont Patricia, ayant refusé de quitter la vie qui leur avait été imposée alors qu’elles en avaient la possibilité.

    L’action se passe dans les Landes, au bord de l’océan, et la narratrice s’adresse à Gene Neveva, professeure d’université aux États-Unis, invitée pour un an à enseigner en France. Elle est chargée par la défense de Patricia Hearst de rédiger un rapport afin de l’innocenter lors de son procès.
    Elle recrute une jeune fille, Violette qui se fait appeler Violaine. Elle parle bien l’anglais et Neveva lui confie tous les documents en sa possession. Ce sont les cassettes des enregistrements des déclarations de la fille du célèbre magnat de la presse qui sont les plus étudiées, comme l’a fait le FBI.
    Cela donne un roman assez décousu, difficile à suivre avec un retour régulier indispensable sur les événements de 1974. C’est d’ailleurs le plus intéressant mais Lola Lafon croit bon de mêler à cette histoire celle de villageoises prises en otage, en 1704, par des Amérindiens.
    Le travail de Violaine s’étale sur dix-sept jours et l’on apprend que le père de Patricia a été obligé de distribuer de la nourriture aux plus nécessiteux à la demande de la SLA (l’Armée Symbionaise de Libération) qui détient Patricia. Celle-ci a ainsi découvert que plus de quatre millions de personnes n’avaient rien à manger, en Californie !
    Autre constat sans concession, la narratrice déclare : « Vos États-Unis sont brinquebalants, ils ont de venimeux grincements de guerre, on y ferme des usines, on y fait la guerre pour de l’essence, les éditorialistes n’hésitent pas à déclarer que le pays est pris en otage par les Arabes. » Ce tableau réaliste est complété par une question : pas de racisme en France ?
    Quand Violaine dit à Neveva que les hommes la dévorent des yeux, elle réagit : « le jour où les femmes arrêteront de confondre désir sexuel et masochisme, elles pourront enfin profiter du sexe sans craindre d’être dévorées et digérées. »
    Patricia choisit de s’appeler Tania et déclare, le 3 avril 1974 : « J’ai appris que la classe dominante ne recule devant rien pour étendre son pouvoir sur les autres, même si cela inclut de sacrifier un des leurs. »

    Un assaut des forces de l’ordre causera d’énormes dégâts humains et matériels pour tuer les membres de la SLA mais Patricia ne sera libérée que vingt-et-un mois après. Lola Lafon, avant de revenir aux Amérindiens, croit bon de nous emmener à Smith College, à Northampton, dans les cours de Neveva mais c’était inutile car ce roman sur l’émancipation des femmes aurait mérité davantage de simplicité ce qui l’aurait rendu plus efficace.

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  • Je suis Lola Lafon dans sa réécriture de l'histoire depuis la petite communiste qui ne souriait jamais.
    J'aime son choix d'intrigues qui parlent à tous mais dans une langue qui nous surprend toujours. J'avoue que cette utilisation du ''vous'' m'a pas mal.secouée.
    C'est qui, c'est vrai? C'est...
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    Je suis Lola Lafon dans sa réécriture de l'histoire depuis la petite communiste qui ne souriait jamais.
    J'aime son choix d'intrigues qui parlent à tous mais dans une langue qui nous surprend toujours. J'avoue que cette utilisation du ''vous'' m'a pas mal.secouée.
    C'est qui, c'est vrai? C'est où? C'est maintenant ou en 1975? L'effet de style aurait presque pu me perdre et me faire oublier me sujet du livre mais heureusement la parlure m'a accrochée jusqu'à la fin. Il ne s'agit pas d'un simple enlèvement mais de liberté à l'état pur. Comment devenir une femme dans les seventies américaines bercées par des révoltes qui restent circonstanciées à une crise d'adolescence que l'on oublie vite pour ensuite rentrer dans le rang...
    J'ai sans doute doublé le temps de ma lecture car j'ai pas résisté à la vérification de la vérité... C'est ça aussi Lola Lafon une capacité de tisser des histoires dans l'Histoire...

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  • Des difficultés à me laisser importer par le récit durant toute la première partie du roman. Mais la magie de la "page 100" a opéré. Dès lors, beaucoup plus d'attrait pour le caractère des personnages : leurs failles, leurs revendications, leurs fragilités ou encore leur force de caractère. Des...
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    Des difficultés à me laisser importer par le récit durant toute la première partie du roman. Mais la magie de la "page 100" a opéré. Dès lors, beaucoup plus d'attrait pour le caractère des personnages : leurs failles, leurs revendications, leurs fragilités ou encore leur force de caractère. Des parcours de femmes qui portent toutes en leur for intérieur la volonté d’œuvrer pour la liberté individuelle et le courage d'être soi .... mais de manières bien diverses et non sans en payer un certain prix : provocation et militantisme pour certaines, rudesse ou discrétion excessive pour d'autres.
    Tout au long de cette lecture, en leitmotiv s'inscrivait à mon esprit la célèbre expression "On ne naît pas femme, on le devient" de Simone de Beauvoir.
    De plus, s'il venait à être adapté au cinéma, il me semble que cet ouvrage pourrait dégager la même tension dramatique que le film "Au nom du père" de Jim Sheridan

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  • Allons à l'essentiel : l'affaire Patricia Hearst m'a passionnée.
    Février 1974, cette jeune fille, issue d'une famille richissime, est enlevée par un groupuscule révolutionnaire : le SLA (Armée de Libération Symbionaise) , une bande de gamins idéalistes (ils ont entre 23 et 29 ans) qui veulent...
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    Allons à l'essentiel : l'affaire Patricia Hearst m'a passionnée.
    Février 1974, cette jeune fille, issue d'une famille richissime, est enlevée par un groupuscule révolutionnaire : le SLA (Armée de Libération Symbionaise) , une bande de gamins idéalistes (ils ont entre 23 et 29 ans) qui veulent que les gens aient à manger.
    C'est tout simple.
    Ils demandent au père de Patricia de fournir des repas à ceux qui ont faim. Le père s'y colle. Mais pas assez selon sa fille qui le lui reproche : tu peux faire mieux, espèce de gros lard, tu as plein de fric. Bon, c'est moi qui traduis ses paroles mais en substance, c'est ça. On le voit, Patricia dite Patty partage les revendications de sa bande de ravisseurs à peine plus âgés qu'elle. Elle les a faites siennes et attend une promesse : « que chacun... soit toujours sûr d'être nourri, soigné, logé, instruit et vêtu… » CQFD.
    Que lui est-il arrivé ? L'a-t-on droguée ? Lui a-t-on fait un lavage de cerveau ? Est-elle devenue folle ? Ou alors, prenons les choses dans l'autre sens : s'est-elle sentie ENFIN libre, libre de penser, d'exister, de VIVRE même, de faire autre chose que d'être la petite mijaurée soumise qui se la ferme, bientôt épouse et mère de famille empêtrée dans sa petite vie irrespirable ? Et si cet enlèvement était la bonne occase pour se barrer, respirer, prendre son destin en main, revendiquer, lutter, exister ? Elle est ravie dans tous les sens du terme, celle qui crie haut et fort à la face d'une Amérique médusée : « Je suis VIVANTE! »,
    Il y en a eu d'autres, des comme elles, des qui n'ont pas voulu rentrer parce qu'enfin la vie devenait intéressante : Mercy Short et Mary Jamison, enlevées toutes les deux par des tribus indiennes en 1690 et en 1753 et qui n'ont jamais voulu retrouver le bercail : elles ont préféré à leur petite vie pépère et mortelle aller là où la route était moins lisse et leur destin moins étriqué. Elles ont fait un choix et ont pris soudain le chemin de traverse.
    Que répond Patricia lorsqu'à son procès on lui demande pourquoi elle n'a pas profité des occasions qu'elle a eues de fuir, que répond-elle ? « Et je serais allée où ? » Tout est là, dans ces trois mots : quel autre lieu que celui où je suis me donnera le droit d'exister, le droit d'être ce que je suis vraiment, le droit de donner un semblant de sens à ma vie ?
    Je me laisse aller à imaginer le nombre de femmes comme cela qui, si l'occasion se présentait, même une minuscule occasion, fausseraient bien gentiment compagnie à leur petite famille pour aller voir du pays. Ciao les gars, à un des ces jours si j'y pense... Heureusement pour notre société, pour l'ordre des choses, (comme dirait l'autre dont il faut que je me procure rapidement le livre), ça n'arrive pas tous les jours ! En tout cas, ça laisse rêveur. Une petite étincelle et BOUM, c'est la métamorphose : je troque mon petit gilet gris, mes perlouzes et mes chaussures vernies contre une veste treillis, des rangers et un fusil semi-automatique. Je pose mon livre, ma tasse de thé et ma raquette de tennis et j'attaque une banque. Qui suis-je ? Qui est-on, au fond ? Vertigineux…
    J'ai beaucoup aimé dans le livre de Lola Lafon l'évocation de ces femmes « qui, le soir, depuis leur chambre d'enfant, rêvent aux échappées victorieuses, elles monteront à bord d'autocars brinquebalants, de trains et de voitures d'inconnus, elles fuiront la route pour la rocaille » - pour la racaille?!! - , j'ai adoré le portrait qui est fait de Patricia Hearst, son évolution, ses fascinantes bandes-audio (sont-ce les vraies???), l'évocation de son procès. Tout ça m'a vraiment passionnée.
    EN REVANCHE… je n'ai rien compris au choix narratif que j'ai trouvé tout simplement catastrophique : je m'explique – si j'y arrive parce que j'avoue que là, j'ai un peu ramé ! Donc, Lola Lafon (l'auteur – re ou trice, je ne sais plus...) imagine qu'une jeune universitaire américaine féministe, Gene Neveva, arrive en 1974 dans le Sud-Ouest de la France pour enseigner au collège des Dunes. Elle a travaillé sur ces femmes qui ont décidé de rester vivre avec leurs ravisseurs. Elle recherche une secrétaire car elle est chargée d'intervenir dans le procès de la jeune Hearst et doit constituer tout un dossier en sa faveur. Elle recrute donc une jeune fille, Violaine, qui l'aide à décortiquer toute la doc qu'elle a accumulée. Évidemment, elle va éveiller la naïve Violaine, lui ouvrir les yeux sur les réalités de ce monde et lui apprendre à penser - comme elle, bien sûr !.
    Le livre de Lola Lafon s'ouvre sur un « VOUS » qui s'adresse visiblement à l'Américaine. Mais qui parle ? Qui est la narratrice ? En fait, tenez-vous bien : c'est une voisine de Violaine - Lola ? - qui plus tard, raconte ce qui s'est passé dans ce village des Landes et ce que sont devenues la prof de fac (l'Américaine) et Violaine… Ouf !
    Quel intérêt ? Pourquoi cette complexité inutile, cette construction doublement impossible ? Qu'est ce que ça apporte au récit ? Montrer des mises en abyme ? Comment Violaine devient l'héritière de Patty Hearst et de Gene Neveva ? Comment se transmettent les idées, naissent les révoltes et les révolutions ? Mais toutes les adolescentes américaines de l'époque étaient devenues des Patty, non ? A quoi bon cette démonstration un peu pesante ? Il suffit de lire l'histoire de Patty, de découvrir les transcriptions des incroyables bandes enregistrées qu'elle envoyait à ses parents pour avoir envie de se lever et de marcher sur ses pas ! En pensée… au moins (je rassure ma famille!)
    Et ce VOUS qui nous colle aux bottes, je l'ai trouvé vraiment insupportable ! Qui « vous » ? Moi ? Mais qui parle ? Difficile d'y voir clair. Dommage. Non je n'ai pas trouvé ce procédé de narration judicieux. Mais bon, le reste, je l'ai avalé cul sec. Et puis, j'aime bien aussi l'écriture de Lola Lafon, elle est dynamique, vivante, très punchy.
    Allez, tout ça se lit bien quand même, regardons la moitié pleine du verre !

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • Un peu décontenancée par le choix narratif,J'ai tardé à entrer dans le vif du sujet qui pourtant est puissant. Le fait qu'on coupe les liens avec son milieu d'origine et qu'on épouse la cause qui nous semble juste . On est clairement dans le poids des obligations et le choc que peut déclencher...
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    Un peu décontenancée par le choix narratif,J'ai tardé à entrer dans le vif du sujet qui pourtant est puissant. Le fait qu'on coupe les liens avec son milieu d'origine et qu'on épouse la cause qui nous semble juste . On est clairement dans le poids des obligations et le choc que peut déclencher le déni de son éducation. Pourtant,les faits et les évidences sont là .Le message a plusieurs visages et plusieurs destins. Il ne s'agit pas que de simple crise de rébellion mais de crise identitaire porté par des symboles différents et dans différentes périodes
    Le style de l'écrivain est maîtrisé et le message final ne nous échappe que pour entrer dans une dimension universelle. Lola laffon marque les esprits par cette pudeur talentueuse à défendre un principe de non évidence sur ce qu'on croit savoir et sur ce qui est vraiment.

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  • Octobre 1975, Neveva Gene, universitaire déplacée en France pour un an, doit rendre un mémo pour la défense de Patricia Hearth.
    Le 4 février 1974, elle est enlevée par l'Armée de libération symbionaise (ALS). Après le refus d'un échange contre la libération de membres emprisonnés appartenant...
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    Octobre 1975, Neveva Gene, universitaire déplacée en France pour un an, doit rendre un mémo pour la défense de Patricia Hearth.
    Le 4 février 1974, elle est enlevée par l'Armée de libération symbionaise (ALS). Après le refus d'un échange contre la libération de membres emprisonnés appartenant au groupe, l'ALS, au lieu d'une rançon, réclame que le père de Patricia fournisse les quartiers pauvres de Los Angeles en nourriture. Après plusieurs jours d'hésitation, la famille Hearst décide de verser la somme nécessaire. Mais l'organisation est désastreuse, et la nourriture est mal partagée : les camions censés distribuer les denrées repartent souvent avec le plus gros de la marchandise. L'Armée de libération symbionaise réclame alors qu'en conséquence, le double soit donné aux plus démunis. La famille de Patricia Hearst leur fait alors savoir qu'elle ne dispose pas de moyens suffisants.
    L'inefficacité du FBI profite au groupe terroriste, lequel quitte Los Angeles. Patricia Hearst, sous le pseudonyme de « Tania », va à travers plusieurs messages audio, critiquer le caractère « bourgeois » de ses parents, et participer à des braquages à main armée. Le FBI va finalement mettre fin à leurs raids de façon sap^=$nglante. Patricia s’en sort indemne.
    La famille de Patricia est prête à tout pour la sortir des griffes de la justice.
    Elle fait appel à cette universitaire libertaire, car elle rédige une thèse sur un raid amérindien en 1704 où des villageoises ont été prises en otage. Certaines se sont évadées, d’autres refusent de quitter leur famille d’adoption. La thèse porte sur ces jeunes filles qui choisissent de rester avec leur kidnappeur.
    Elle fait appel à une jeune adolescente, Violaine, pour l’aider à trier les différents documents qui doivent lui servir à écrire un texte pour prouver l’incapacité de Patricia Hearts à réfléchir par elle-même. En effet, elle a besoin d’un œil neuf et de sa capacité à s'enthousiasmer pour des idéaux.
    C’est un roman dense : Violaine devient le padawan de Neveva Gene qui l’entraîne à exercer son esprit critique sur tout, à ne rien prendre pour argent comptant.
    C’est aussi une critique de la société américaine (dans les années 70, les protestations contre la guerre du Vietnam s’amplifient.) : « ma génération est malade d’avoir compris que nos parents sont les rouages les mieux huilés de la machine de mort américaine. Des employés modèles qui font comme si de rien n’était, du moment que la guerre n’éclabousse pas leur pelouse. Que ceux qui n’ont pas été conviés à la grande fête du rêve américain aillent crever loin de leurs regards. »
    L’aspect qui m’a le plus intéressé est cette jeune fille riche qui adopte le point de vue de ces ravisseurs. Est-ce qu’il s’agit du syndrome de Stockholm, qui représente un concept réducteur de la capacité de réflexion d’un être humain.
    « Le lavage de cerveau fait référence à l’expérience humaine la plus universelle qui soit : l’influence d’une personne sur une autre. On réserve l’accusation de lavage de cerveau aux influences qu’on désapprouve. »
    Nous sommes tous le produit de notre classe sociale. Nous réfléchissons, agissons en fonction d’un habitus. Que se passe-t-il si nous rentrons en contact avec d’autres habitus ?

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  • Nous sommes en 1974. Patricia 19 ans, fille d’une famille très riche, est kidnappée par le SLA,l'Armée de libération symbionaise, dont l'objectif est de détruire la société capitaliste et son système de valeurs,mais les kidnappeurs font la plus extraordinaire demande de rançon jamais formulée:...
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    Nous sommes en 1974. Patricia 19 ans, fille d’une famille très riche, est kidnappée par le SLA,l'Armée de libération symbionaise, dont l'objectif est de détruire la société capitaliste et son système de valeurs,mais les kidnappeurs font la plus extraordinaire demande de rançon jamais formulée: la famille Hearst doit verser pour 70 dollars de nourriture à chaque indigent de la côte du Pacifique. Deux mois après son enlèvement, elle est identifié à côté de ses ravisseurs, mais un fusil à la main, lors de l’attaque d’une banque. Après un assaut, retransmis par toutes les télévisions, véritable tuerie, presque tous les ravisseurs sont tués. Patricia sera arrêtée quelques mois plus tard. Elle risque une bonne trentaine d’années de prison.

    Cherche étudiante, très bon niveau anglais. Job temps plein, durée 15 jours. Elles sont trois à avoir répondu à l’annonce dont Violaine, surnommée "la vierge" par ses camarades, elle boit pas, elle fume pas, elle baise pas. Elle souffre d’anorexie mentale.

    Gene Neveva, universitaire américaine, sorte de Mary Poppins rock’n’roll totalement libérée, apprend à ses étudiants à penser sous tous les angles, elle enseigne en France lorsqu’elle est sollicitée par les parents de Patricia pour prouver lors de son procès qu’elle a été victime d’un lavage de cerveau idéologique et ne peut être tenue responsable de ses actes.

    Gene va prendre Violaine comme assistante, car elle ignore tout du dossier, elle va pouvoir en avoir une lecture vierge. Ensemble elle vont relire tous les documents, écouter tous les messages que Patricia adressent à son père, pour décrypter cet enlèvement et tenter de répondre à cette question : qui est vraiment Patricia Hearst.

    Lola Lafon nous entraîne dans l’envers de l’Amérique, celle des crèves la faim de Californie, des manifestations contre la guerre du Vietnam, de l’influence de groupuscules sur une jeunesse fragilisée. Une écriture vive qui donne un rythme rapide à ce roman entre fiction et documentaire, une réflexion sur la société et la famille qui nous enferment dans un chemin tracé d’avance. Portrait de trois femmes, Gene, Violaine et Patricia qui revendiquent leur liberté. Lola Lafon ne porte aucun jugement et c’est là que se trouve la force de ce livre.

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  • Voici un livre qui m'a déplu ! Je n'ai pas aimé le style ...L'utilisation du "vous" pour présenter le personnage principal est incongru ...L'auteur l'interpelle à la seconde personne du pluriel...Vous par ci vous par là ...Complétement déroutant.. On compatit en silence pour la pauvre stagiaire...
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    Voici un livre qui m'a déplu ! Je n'ai pas aimé le style ...L'utilisation du "vous" pour présenter le personnage principal est incongru ...L'auteur l'interpelle à la seconde personne du pluriel...Vous par ci vous par là ...Complétement déroutant.. On compatit en silence pour la pauvre stagiaire que madame "vous" emploie pour 15 jours pour travailler sur le fait divers un peu oublié de cette riche américaine kidnappée dans les années 70 et qui finalement a pris parti pour ses ravisseurs...Non vraiment aucun élément de l'histoire n'a réussi à capter mon intérêt ! Mais j'ai poursuivi ma lecture jusqu'à la dernière page ! Ouf...

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  • Oui, qui est le personnage principal de ce roman ?

    Est-ce Patty, née Patricia Hearst puis renommée par elle-même Tania ? Est-ce la jeune enseignante-chercheuse Gene Neveva qui tente de cerner Patty pour sa défense lors de son procès ? Est-ce Violaine, qui se rebaptise telle, chargée d’aider...
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    Oui, qui est le personnage principal de ce roman ?

    Est-ce Patty, née Patricia Hearst puis renommée par elle-même Tania ? Est-ce la jeune enseignante-chercheuse Gene Neveva qui tente de cerner Patty pour sa défense lors de son procès ? Est-ce Violaine, qui se rebaptise telle, chargée d’aider Gene dans ses recherches avec son regard neuf ?

    Sont-ce les deux autres jeunes filles du titre : Mercy et Mary dont il est si peu question dans les pages de ce roman ? Enlevées elles aussi, elles apparaissent en creux tout au long du récit.

    Est-ce le roman éponyme écrit par Gene dont nous sont cités certains passages ?

    Est-ce la liberté de choix, sujet au coeur du roman et qui fait l’ambiguïté de Patty ?

    Est-ce la rébellion qui habite Gene et Patty/Tania ?

    Oui, je me suis posée toutes ces questions lors de ma lecture et même maintenant à l’heure d’écrire mon billet.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des vieux journaux et enregistrements que doit décortiquer Violaine.

    http://alexmotamots.fr/mercy-mary-patty-lola-lafon/

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