Même les monstres

Couverture du livre « Même les monstres » de Thierry Illouz aux éditions L'iconoclaste
  • Date de parution :
  • Editeur : L'iconoclaste
  • EAN : 9782378800260
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Enfant des cités, fils de Français d'Algérie devenu avocat pénaliste, Thierry Illouz plonge au coeur de lui-même et pose la question inhérente à son métier : comment peut-on défendre des « monstres » ? C'est qu'il vient lui aussi de ce pays-là. Un sujet d'actualité porté par un récit puissant et... Voir plus

Enfant des cités, fils de Français d'Algérie devenu avocat pénaliste, Thierry Illouz plonge au coeur de lui-même et pose la question inhérente à son métier : comment peut-on défendre des « monstres » ? C'est qu'il vient lui aussi de ce pays-là. Un sujet d'actualité porté par un récit puissant et émouvant.

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  • « Je voudrais défendre autrement. Je voudrais sortir des prétoires, sortir des salles d’audience. Je voudrais m’installer une tribune de fortune sur les places publiques comme certains illuminés le font parfois et appeler à la clémence, à la considération, appeler au doute, appeler à...
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    « Je voudrais défendre autrement. Je voudrais sortir des prétoires, sortir des salles d’audience. Je voudrais m’installer une tribune de fortune sur les places publiques comme certains illuminés le font parfois et appeler à la clémence, à la considération, appeler au doute, appeler à comprendre. Je voudrais qu’on dise e que vivent les gens. Je voudrais qu’on raconte les immeubles, les caves, les couloirs, qu’on raconte l’argent et le plaisir qui manquent, la reconnaissance qui manque. .. Et surtout , je voudrais parler hors des tribunaux, je voudrais quitter cette robe dont je sens qu’elle réprouve soudain cette confession »

    Thierry Illouz est avocat. Un avocat iconoclaste (tiens donc ! ) . Il met en effet son talent au service de ceux que l’on retrouve dans le box des accusés, ceux livrés à la vindicte populaire, ceux que l’on nomme « monstres ».

    « Le mot monstre ne nomme pas, ne désigne pas, le mot criminel nomme, le mot meurtrier nomme, le mot assassin nomme, le mot fou nomme, mais le mot monstre, lui, ne nomme pas »

    L’auteur raconte. Son propre déracinement. Ce besoin de creuser les mots, les sentiments, les actes, les âmes. Ce besoin aussi de dire. De dénoncer. Dénoncer la violence sociétale, qui engendre ces mêmes êtres humains dont il va, un jour, croiser le chemin, les Misérables, ceux qui effraient, ceux que l’on condamne. La parole de l’accusé, du présumé coupable, est indissociable de celle de la victime et permet à celle-ci d’être reconnue en tant que telle. Il ne s’agit bien sûr pas d’excuser, mais d’expliquer De décortiquer. L’acte et ses racines. Ses racines profondes. Il dit le bruit effroyable des clés en prison, ce lieu « secret et terrible ». Il dit les fossés, les douves , les silences.

    « Défendre, ce n’est pas épouser le mal, ni la faute, ni le crime. Défendre, c’est ôter au mal une chance d’être le mal, c’est –à-dire une idée réfractaire à toute compréhension, à toute histoire. Défendre, c’est épuiser l’idée du mal »

    Thierry Illouz présente une vision de la Justice que je trouve belle. Oui, belle. Et humaine. J’aime son regard sur les cités ghettos, les banlieues oubliées, les écoles délaissées, les mots qui stigmatisent, les racines qu’il faut taire, les déracinements qui font mal. J’aime cette idée qu’il est urgent de regarder l’autre.

    Même les monstres est un essai-uppercut, l’un de ceux qui vous font réfléchir, forcément, sur votre propre regard sur le monde qui vous entoure, sur votre capacité à « juger » peut-être un peu trop vite. C’est également un sublime hommage à la littérature, aux bibliothèques, aux auteurs qui se sont levés et ont dénoncé.

    « J’ai entre les mains ce livre, les Misérables. Je tremble. Ces mots, leur force, leur précision. Ces personnages si réels, si palpables : Cosette, Gavroche, Jean Valjean, et les Thénardier, et les rues de Paris. Je les absorbe, ils font partie de moi. Et quand je regarde alors mon quartier, mes amis, mes camarades de classe, je ne peux à aucun moment considérer cette histoire interminable des Misérables comme l’élucubration d’un vieux poète »

    C’est une plaidoirie magistrale. En faveur de l’humanité des hommes. C’est pour moi un énorme, énorme coup de cœur !

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