Même le silence a une fin

Couverture du livre « Même le silence a une fin » de Ingrid Betancourt aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070126644
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Peu à peu, je prenais le chemin du détachement des petites et des grandes choses, pour ne pas être assujettie à mes désirs ou à mes besoins, car n'ayant plus le contrôle de leur assouvissement, je ne devenais que plus prisonnière entre les mains de mes geôliers. » Le 23 février 2002, Ingrid... Voir plus

« Peu à peu, je prenais le chemin du détachement des petites et des grandes choses, pour ne pas être assujettie à mes désirs ou à mes besoins, car n'ayant plus le contrôle de leur assouvissement, je ne devenais que plus prisonnière entre les mains de mes geôliers. » Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt est enlevée par les FARC. Un calvaire commence, qui prendra fin six ans et demi plus tard, le 2 juillet 2008.
Ingrid Betancourt décrit avec précision sa captivité aux mains des FARC. Le récit débute par une impressionnante scène, décrivant l'une de ses cinq tentatives d'évasion. Le lecteur est ainsi fixé à la fois sur la détermination de la prisonnière, et sur la dureté de ses conditions de détention. On revient ensuite au début de l'histoire, qui suivra dès lors le fil chronologique, à commencer par la journée du 23 février 2002.

De cette litanie de journées semblables, Ingrid Betancourt parvient à faire un récit captivant de bout en bout. Elle nous plonge dans la vie quotidienne de la jungle, rendant presque palpables l'attente et l'angoisse, décrivant de façon très nuancée ses geôliers, qui pour la plupart ont l'âge de ses propres enfants. Elle raconte les évasions ratées, les humiliations permanentes dues à la promiscuité et à la cruauté de certains gardes ou commandants de camps successifs, les conditions de vie épouvantables, la fuite permanente, les malaises et les maladies, les périodes de découragement. Chaque tentative d'évasion entraîne des traitements toujours plus violents, mais aussi les reproches de ses codétenus, qui la rendent responsable de l'aggravation immédiate de leurs conditions. Il y a aussi des moments inattendus de joie (la confection de ceintures tressées en fil de nylon, la broderie, la lecture de la Bible ou de Harry Potter, le gâteau confectionné pour la date d'anniversaire de la fille d'Ingrid.) et puis des amitiés fortes qui contre toute attente naissent dans ce monde cruel.
Le lecteur est introduit dans l'intimité de ce petit monde en loques, errant sous les pluies diluviennes dans une jungle peuplée d'insectes monstrueux, ravagée par les maladies, où les humains sont placés dans un redoutable face à face avec eux-mêmes, leurs faiblesses, leurs mesquineries, leurs terreurs, mais aussi leurs convictions et leurs espoirs. Une amitié très forte liera Ingrid à Lucho, l'un de ses codétenus, avec qui elle s'évadera : cinq jours hallucinants dans une forêt sans fin, avant d'être repris par des geôliers qui ne tarderont pas à se transformer en bourreaux. Cercle après cercle, nous sommes conviés à un voyage infernal où l'humanité pourrait se perdre, et où elle puise au contraire les raisons essentielles de s'affirmer.

Même le silence a une fin restera sans doute comme un des grands textes de la littérature concentrationnaire. Il ne s'agit pas simplement d'un récit-choc, mais d'un vrai livre, profond et beau. Il décrit une aventure humaine qui reste palpitante malgré son caractère atroce, et un itinéraire spirituel qui force le respect.

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  • Tout a été dit et écrit sur Ingrid Betancourt. En l’espace de quelques mois, au sortir de sa captivité, elle est passée dans les médias français, de l’icône vénérée à la femme vénale décriée. Et puis, voici son livre, dans lequel elle égrène les différentes étapes qui ont jalonné sa captivité du...
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    Tout a été dit et écrit sur Ingrid Betancourt. En l’espace de quelques mois, au sortir de sa captivité, elle est passée dans les médias français, de l’icône vénérée à la femme vénale décriée. Et puis, voici son livre, dans lequel elle égrène les différentes étapes qui ont jalonné sa captivité du 23 février 2002 au 2 juillet 2008. Plus de six années aux mains des FRAC, à subir ses geôliers et l’enfer moite de l’épaisseur de la jungle amazonienne où ils se cachaient.
    Le premier chapitre débute par le récit de sa quatrième tentative d’évasion avortée en décembre 2002 et des représailles que sa fuite a engendré. Les quatre-vingts chapitres qui suivent décrivent sa terrible aventure, selon un fil plus chronologique, démarrant au jour de l’enlèvement et s’achevant par sa descente de l’avion, à l’instant même où elle tomba à genoux pour embrasser le sable du tarmac de Bogota.
    Ingrid Betancourt, franco-colombienne, a choisi d’écrire ses douloureux souvenirs en français, langue qu’elle manie avec une réelle finesse qui mérite d’être signalée au passage. Elle s’explique en conclusion de son livre sur ce choix, dans une « Note de l’auteur », avant un bref remerciement fait à Susanna Lea pour son soutien dans l’écriture et deux cartes pour illustrer ses propos. Ce n’est toutefois pas tant la préférence accordée au français, mais bien quelque chose de plus diffus qui a retenu mon attention. En effet, j’ai été troublée par le fait que son récit soit si clair dans ces descriptions, qu’elle puisse raconter si précisément ses journées, ses rapports avec ses gardiens et ses codétenus et parallèlement garder cette distance émotionnelle et digne face à ces sinistres souvenirs.
    Après chaque chapitre lu, chaque page tournée, une question lancinante n’a cessé de me tarauder « Et moi ? Qu’aurais-je fait, comment aurais-je résisté ? Aurais-je survécu aussi longtemps, à cet infernal environnement? »
    Quoique nous en pensions, le récit d’Ingrid Betancourt restera un texte tout particulier, que j’ai parcouru avec le même respect ressenti pour Florence Aubenas, lors de sa conférence de presse du mardi 14 juin 2005, à son retour en France, suite à sa libération.
    Un livre à lire, non pas pour chercher la vérité, mais bien pour comprendre ce à quoi peut se raccrocher, pendant tant de jours, une femme privée de liberté dans des conditions effrayantes et que des ravisseurs cruels et incultes ont tenté de réduire à l’état de simple numéro.

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