Mélo

Couverture du livre « Mélo » de Frederic Ciriez aux éditions Verticales
  • Date de parution :
  • Editeur : Verticales
  • EAN : 9782070139798
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Le roman s'ouvre sur la découverte du cadavre d'un homme qui vient de se suicider la veille du 1er mai 2013, et qui git au volant de sa Xantia garée devant l'entrée d'une fourrière, non loin de l'usine d'incinération de Saint-Ouen. Par bribes, on reconstitue l'existence de ce quadra célibataire,... Voir plus

Le roman s'ouvre sur la découverte du cadavre d'un homme qui vient de se suicider la veille du 1er mai 2013, et qui git au volant de sa Xantia garée devant l'entrée d'une fourrière, non loin de l'usine d'incinération de Saint-Ouen. Par bribes, on reconstitue l'existence de ce quadra célibataire, sa routine de permanent syndical, sa solitude de provincial déraciné, son syndrome d'échec sentimental. Une tragédie ordinaire sous ses airs de roman noir, qui s'égrène selon le compte à rebours d'une mort annoncée, aux confins d'une friche industrielle. Dans un deuxième temps, on fait la connaissance d'un éboueur-rippeur natif de Brazzaville, en tournée avec son camion poubelle dans le Xe arrondissement. On ne tarde pas à découvrir l'identité secrète de ce nettoyeur municipal qui s'apprête cette même nuit à participer à un concours de Sape, sous le nom de « Parfait de Paris ». Dès lors commence l'autoportrait d'un personnage en totale métamorphose, dont on suit le moindre préparatif vestimentaire avant de l'accompagner dans une folle soirée qui le consacrera l'homme le plus élégant de Paris. La dernière partie met en scène Barbara, jeune Chinoise campée sur ses rollers qui vend, au détour de la Porte Saint-Denis, mini ventilateurs et autres gadgets. On la suit au ras du bitume, dans sa tournée sportive et fort lucrative : sous le masque d'une petite vendeuse à la sauvette au français approximatif se cache une brillante étudiante en master « force de ventes », qui met en application dans ce job provisoire les techniques de son école de commerce. Mais la fragilité du personnage se laisse peu à peu percevoir : pas facile pour elle d'assumer son homosexualité, surtout quand on aime une fille des beaux quartiers. Ces destins parallèles ont aussi des liens directs et symboliques : Parfait de Paris est un des rares amis du suicidé, et il chérit par-dessus tout l'image projetée par le briquet que lui a vendu la petite Chinoise. Le Suicidé / le Sapeur /la Vendeuse : trois figures d'une invisibilité sociale qui échappe même aux plus naturalistes des romanciers d'aujourd'hui. Avec sa langue incarnée, inventive et généreuse, Frédéric Ciriez s'impose comme un témoin de l'infra quotidien, des antihéros qui peuplent les angles morts de notre réalité.

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  • J'ai du mal à donner un avis très prononcé pour ce livre. Je ne peux pas affirmer que je l'ai aimé mais je ne peux pas dire le contraire. Pour reprendre le titre de ce livre le livre fait vraiment "méli-mélo", tout est mélangé. L'auteur a essayé de donner un lien entre les différent personnages...
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    J'ai du mal à donner un avis très prononcé pour ce livre. Je ne peux pas affirmer que je l'ai aimé mais je ne peux pas dire le contraire. Pour reprendre le titre de ce livre le livre fait vraiment "méli-mélo", tout est mélangé. L'auteur a essayé de donner un lien entre les différent personnages mais, pour moi, c'est sans grand effet. Les personnages sont caricaturaux.

    Je ne recommanderais pas particulièrement ce livre et je ne l'aurais pas acheté moi-même si je l'avais vu dans une boutique.

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  • Paris, 30 avril 2013. Un homme roule dans la ville, prend le périph, arrive en banlieue et trouve une rue tranquille, à Saint-Ouen, tout près de la déchetterie et de la fourrière. C'est cet endroit qu'il a choisi pour garer sa Xantia et mettre fin à ses jours en se plantant dans le coeur le...
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    Paris, 30 avril 2013. Un homme roule dans la ville, prend le périph, arrive en banlieue et trouve une rue tranquille, à Saint-Ouen, tout près de la déchetterie et de la fourrière. C'est cet endroit qu'il a choisi pour garer sa Xantia et mettre fin à ses jours en se plantant dans le coeur le couteau qu'il vient d'acheter. Il a choisi la veille des défilés du 1er mai, où en tant que syndicaliste il aurait figuré en bonne place, pour en finir avec une vie qui ne lui convenait plus. Pourtant, il n'était pas seul, il avait des amis. La preuve : sur son portable les SMS affluent, on l'invite à des fêtes, on s'inquiète de savoir ce qu'il fait, on déplore son silence.
    Ce même jour, Parfait sillonne le Xè arrondissement de Paris au volant de son camion-poubelle. Il a hâte que s'achève cette journée de travail et s'impatiente de la lenteur de ses "ripeurs". Ce soir, il sera Montrouge dans la salle du Chic Club et connaîtra son heure de gloire. Il a tout prévu, une tenue inédite et hors du commun, des accessoires plus que parfaits, dont un boy blanc qui tiendra une ombrelle au-dessus de sa tête et une arrivée en Rolls! C'est sûr, il va vaincre et réduire à néant les efforts de tous les autres sapeurs de la soirée. Il aimerait que son pote syndicaliste soit là pour voir ça mais ses SMS restent sans réponse...
    Pour Barbara, la journée est longue aussi. Sur ses rollers, elle parcourt la capitale pour écouler le contenu de son "gloryfier", un panier d'ouvreuse de cinéma qu'elle porte autour de la taille et qui contient des souvenirs de Paris en tout genre, gadgets, briquets, lingettes désinfectantes, crèmes solaires, etc. Entre un aller-retour à Aubervilliers pour refaire le plein de marchandises, une conférence à la prestigieuse ESCP (Ecole Supérieure de Commerce de Paris), Barbara patine et vend en rêvant d'un brillant avenir, une franchise à son nom et des équipes de vendeurs en rollers dans toutes les rues de la capitale. Elle réussira, c'est certain, et elle ne sera pas seule, son amoureuse, future réalisatrice, sera à ses côtés et elles formeront un couple riche et heureux. En attendant, les affaires marchent bien, son gloryfier se vide et quand certains clients la prennent de haut parce qu'elle est chinoise, elle s'en amuse, comme ce frimeur de chauffeur de camion-poubelle black qui lui a acheté un briquet érotique et qu'elle a gentiment insulté dans sa langue maternelle.

    Une journée particulière dans la vie de trois personnages qu'on a l'habitude de croiser sans vraiment les voir, un syndicaliste déprimé, un éboueur congolais et une vendeuse ambulante chinoise. Une écriture brillante, poétique, imagée qui donne l'impression de visionner trois court-métrages. Terrassé par la vie comme le premier ou conquérants comme les deux autres, on les suit dans un Paris accablé de chaleur pour un voyage au coeur de leurs pensées.
    Frédéric Ciriez manie la plume avec brio et ne recule devant aucun détail pour nous mener dans l'intimité de ses personnages. En Xantia, en camion-poubelle, en Rolls, à rollers ou en bus, on découvre un Paris magnifié par une écriture moderne et nerveuse et ce sont des mondes inconnus qui s'ouvrent à nous : les errances du syndicaliste, inspecteur du travail, conseiller en insertion, malheureux avec les femmes; les sapeurs congolais qui vivent et respirent pour le Vêtement, se rencontrent lors de soirées prévues pour se mesurer, se défier, par le costume et par les mots; les vendeurs ambulants, la fatigue, les meilleurs coins, les clients difficiles, les techniques de vente.
    Un roman saisissant, surprenant et tendre, à lire.

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