Mayacumbra

Couverture du livre « Mayacumbra » de Alain Cadeo aux éditions La Trace
  • Date de parution :
  • Editeur : La Trace
  • EAN : 9791097515218
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

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Avis(5)

  • Je tiens à remercier Alain et Martine Cadéo pour l’envoi de cet ouvrage. Publié en septembre dernier aux éditions La Trace, » Mayacumbra « est le dernier roman d’Alain Cadéo. J’ai découvert cet auteur par son roman publié au début de cette même année » Comme un enfant qui joue tout seul «...
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    Je tiens à remercier Alain et Martine Cadéo pour l’envoi de cet ouvrage. Publié en septembre dernier aux éditions La Trace, » Mayacumbra « est le dernier roman d’Alain Cadéo. J’ai découvert cet auteur par son roman publié au début de cette même année » Comme un enfant qui joue tout seul « .
    Théo, âgé seulement de vingt-sept ans, a décidé de tout quitter pour s’installer sur les hauteurs du volcan La Corne de Dieu. Il y a construit sa propre cabane, loin de tout matérialisme. Ses journées sont rythmées par des tâches très pragmatiques et par l’écriture. Son âne Ferdinand ne le quitte jamais. Une douce complicité relie l’homme à l’animal, comme si la vie de l’un dépendait de l’autre et inversement.
    p. 12 : » J’ai ainsi un jour quitté les grandes villes lourdes, affairées, grouillantes et puantes, sans vraiment savoir où j’allais. J’ai plaqué mes amis, ma douce et tendre famille, sans but et plein de colère. Sans raison particulière, mais précipitamment. Comme une charge de hussard, comme on fuit l’ombre de ses habitudes. «
    Au pied de celui-ci, dans un village isolé de tout, Mayacumbra accueille quelques irréductibles, des écorchés de la vie, des âmes perdues. Tous se retrouvent au Kokinos, le bar-auberge tenu par un couple d’épiciers atypiques. Solstice, le garagiste du coin et meilleur ami de Théo tient néanmoins à le mettre en garde. Ici, tous ont des secrets. Et son petit manège attire l’attention, la suspicion.
    p. 38 : » S’ils te foutent la paix c’est qu’ils ont peur du volcan… Tous. Je suis le seul à savoir que tu n’est qu’un pauvre dingue. Je suis le seul à savoir que t’écris et que tu lis tes pages à ton âne. Mais pour les autres, tu cherches de l’or, des diamants, un trésor. Pour eux, t’es un cachottier. C’est ton installation de légende qui te vaut un brin de considération. Mais veille bien petit frère à l’entretenir ta légende… «
    Mais Théo vit d’amour et d’eau fraîche. Lita. Mais elle est mariée à Moreno, et bien qu’amoureuse de Théo, elle est bien trop loyale pour quitter son mari. Elle lui doit beaucoup, elle le sait. Alors, comme un accord tacite, elle rejoint son amant là-haut, tout près du volcan, pour quelques heures de passion et de tendresse.
    p. 122 : » Lita, c’est tout un corps de charme et de sortilège, c’est un nuage d’ouragan, c’est un frisson de chair, c’est une toison de chèvre rouge se faufilant dans des buissons de jujubiers. C’est aussi une immense volonté, toute une ardeur en mouvement. «
    Il souffre parfois de la solitude et se questionne sur sa fuite, sur sa capacité à vivre auprès des siens, dans un monde qui lui correspond si peu.
    p. 66 : » Combien de temps encore allait-il s’imposer cet arrêt forcé si loin de ses racines ? «
    Mais ici, loin de tout, c’est le volcan qui domine tel un géant minéral. Il règne ici en maître et rythme chacune des vies de Mayacumbra. Il est à la fois mémoire et destin.
    p. 159 : » On ne dure pas si longtemps, sans être imprégné de tout ce qui se passe dans le Monde. Les pierres sont réceptrices et se transmettent entre elles la plus infime information. Elles sont mémoires d’univers. «
    L’arrivée d’un étranger muet va insuffler une tension de plus en plus palpable, révélant le meilleur et le pire chez chacun des habitants, au rythme du volcan en éveil.
    J’ai retrouvé dans ce roman toute la poésie d’Alain Cadéo. Ce choix des mots, subtil et onirique, permet au lecteur de voguer à sa guise, sans contrainte, à travers ce roman initiatique. Dépourvu de chapitre, il est dépaysement et refuge, loin de nos quotidiens ultra rythmés. Je reconnais ne pas avoir ressenti le même enchantement à cette lecture que pour son précédent roman. Peut-être des sujets nous touchent-ils tout simplement plus que d’autres… cela n’enlève en rien tout le talent d’Alain Cadéo, que je continuerai de suivre et de lire, car à chacune de ses lectures il se passe quelque chose au fond de soi-même, bien délicat à définir, mais présent.
    p. 276 : » Un moment qui n’est pas plein de lui même est un moment perdu. «

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  • Retrouver la plume d'Alain Cadéo est toujours un cadeau, cet orfèvre des mots, magicien de la langue se mérite. Il nous propose ici un grand voyage, celui de Théo qui a tout quitté, sa famille, es habitudes pour errer sur la route et enfin se poser ici à Mayacumbra il y a trois...
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    Retrouver la plume d'Alain Cadéo est toujours un cadeau, cet orfèvre des mots, magicien de la langue se mérite. Il nous propose ici un grand voyage, celui de Théo qui a tout quitté, sa famille, es habitudes pour errer sur la route et enfin se poser ici à Mayacumbra il y a trois ans.

    Mayacumbra, un village insitué entouré de forêts, de brume au pied d'un grand volcan assoupi, La Corne de Dieu. Quelques habitations de fortune que je visualise en bidonvilles d'Amérique du Sud autour du Kokinos, genre de grande épicerie générale, là où l'on se retrouve pour boire un verre, manger un morceau, là où on peut louer une chambre, chez Cyrus et la mère Talloche.

    Un village triste, où la boue, la gange , les nuages bas, brumes et brouillard sont légion. Mayacumbra c'est un hameau loin de tout à la fin de pistes difficiles où l'homme vient se cacher, se terrer, se perdre.

    Cadéo nous dépeint une sacrée galerie de personnages. Chaque habitant du village vivant là a emmené avec lui ses secrets, cherchant sans doute à se faire oublier du monde. Il y a Raymond Sovignac, un drôle de curé, Giacomino, l'errant à la valise jaune, Solstice le garagiste, trafiquant à ses heures et ami de Théo, Rolombus le Manouche, le vieux Biribine, Arnosen le flic un peu dérangé obsédé par les oiseaux, Moreno et surtout Lita. Lita mariée trop jeune à Moreno, un mélange du peuple des bois vivant au village, l'amoureuse de Théo, une de ses raisons de vivre.

    Théo, lui, il a choisi le volcan, la Corne de Dieu , cet endroit que tout le monde craint au village, sauf Lita qui l'y rejoint de temps à autre en secret. C'est qu'après la source et le chemin tortueux, tout en haut du volcan, Théo a trouvé son hâvre de paix.

    Il y a construit une cabane et y vit avec son compagnon, son âne Ferdinand. Ensemble ils affrontent le Capitan, les éléments.

    Là, loin du monde, il se sent fort, c'est le volcan qui lui donne sa force. Sa raison d'être c'est Lita mais aussi les mots, les livres et l'écriture vitale pour lui. Au village on le surnomme Loco, le fou mais peu importe car c'est ici qu'il s'est trouvé.

    C'est dans un monde onirique que nous conduit la plume de Cadéo, un conte initiatique, philosophique, poétique. La quête de Théo est la recherche de lui-même, sa solitude, sa vie en partie d'ermite lui donne la paix, sa raison d'être. Il puise son énergie dans le volcan, dans la nature et la beauté des lieux.

    Cet équilibre tient à peu de choses et tout basculera peu à peu lorsque son ami Solstice viendra se cacher deux jours près de lui et lui annoncer l'arrivée d'un étranger , un muet au village. Le mal n'est jamais très loin, un changement progressif se met alors en marche, le volcan aussi donnera des signes.

    Cadéo manie la langue avec beaucoup d'adresse, la beauté des mots, l'accord des sons, procurent un tourbillon d'émotions. Il crée des expressions, joue avec la langue. C'est beau. Le chemin de la vie est parfois tortueux, l'auteur dépeint à merveille la nature, la beauté de celle-ci mais aussi l'âme humaine. Il faut cependant prendre garde de ne pas réveiller le volcan qui sommeille en chacun de nous.

    Un roman à déguster, prendre le temps de se laisser porter et de laisser retomber les mots au plus profond de soi.


    Les jolies phrases

    Le plus pénible est d'être un nénuphar, car, aussi beau et éclatant soit-il, il est fermement tenu dans la boue par ses racines. Il donne l'impression de voguer comme une île, alors qu'il fait des ronds dans l'eau. La soi-disant "liberté" est, quoi que l'on fasse, où que l'on aille, toujours soumis à un mouvement pendulaire relié à un cordon ombilical plus ou moins long. Et même celui qui s'affranchit par la distance de son point de naissance, ne fait que tournoyer autour de son nombril.

    Quel est le con qui pourrait dire que les mots ne sont rien ?

    Le grand désir a cela de parfait : il ouvre l'infini. Et rien n'est comparable à ce saut dans le vide.

    Tout ce que je sais, c'est que nos vies, où qu'elles soient, sont faites de détails et qu'on y tient à ces détails. Après, il y a les grands événements, les joies, les secousses, les drames. Mais ce qui nous sert de condiments, qui refait toujours surface, de sont ces battements de cils, des riens qui sont nos habitudes, nos rites, dont on aime parfois jusqu'au goût un peu rance, un peu éventé, mais qui ont la saveur des choses familières.

    L'homme qui a faim de compagnie n'est plus en mesure de juger. Il suit, il assiste, justifie, va même essayer de comprendre ce qui anime les faits et gestes du souffrant, du tordu, du malade. Pire, il devient l'autre.

    Il n'y a guère que le poisson rouge, idiot ou triste philosophe, pour ne jamais quitter la bulle qui lui sert d'océan. L'idiot tourne en rond et s'imagine qu'il est au coeur du monde. Le philosophe lui aussi tourne en rond, mais lui, prétentieux, il s'imagine qu'il maîtrise le Monde.

    La pensée est une incorrigible errante, une sublime vagabonde. C'est plus fort qu'elle, il faut toujours qu'elle se barre dans tous les sens. Je m'étais pourtant juré de la dompter. Rien à faire, cette bohémienne n'en fait qu'à sa tête.

    Mais au fond, toute vie n'est-elle pas un entassement d'images, un trésor que nous feuilletons mentalement, avec l'idée toujours tenace que l'une d'entre elles, qui nous échappe en permanence, contient toutes les autres par sa perfection?

    https://nathavh49.blogspot.com/2019/11/mayacumbra-alain-cadeo.html

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  • "Mayacumbra", dernière page, dernier mot, clap de fin, livre refermé, silence… Un silence fait de mots, les mots d’Alain Cadéo. Ils continuent de résonner, de courir, de sautiller. Dans ce dernier roman de l’auteur, j’ai retrouvé toute la poésie de ses précédents écrits et plus encore, un roman...
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    "Mayacumbra", dernière page, dernier mot, clap de fin, livre refermé, silence… Un silence fait de mots, les mots d’Alain Cadéo. Ils continuent de résonner, de courir, de sautiller. Dans ce dernier roman de l’auteur, j’ai retrouvé toute la poésie de ses précédents écrits et plus encore, un roman aux allures de conte initiatique.

    Comme dans un conte, en effet, le héros, Théo vingt-sept ans, semble mener une quête. D’où vient-il ? De loin. Où va-t-il ? Très haut. "Ailleurs", "là-bas", étaient mes deux credo, mon moulin à prières, ma grinçante crécelle faisant trembler, grincer les dents de la maisonnée." Que fuit-il ? Que souhaite-t-il ? Sur son chemin semé d’embûches, il rencontre des personnages pour le moins marginaux, aussi originaux que les noms dont ils sont affublés : Solstice,Cyrus, Lorino, Biribine, Rolombus… Il tombe amoureux d’une femme, jolie mais déjà mariée, au prénom qui chante et sent le bonheur : Lita. Tous sont là, près de lui, dans sa recherche d’on ne sait quoi. Et le volcan endormi, à l’abri duquel il a installé sa cabane, veille : "Théo est enfin sûr d’avoir gagné la confiance de la Corne de Dieu. Cette énorme masse minérale vit et respire au même rythme qu’eux… C’est une complicité. Ils n’ont plus de secrets, aucune zone d’ombre. L’homme, l’animal, la pierre, la chair, ne font qu’un. Théo est fier d’être l’ami, le familier, le camarade d’un géant." Et son âne Ferdinand, compagnon de grimpette, est là aussi "… avec ses flancs qui battent comme une cornemuse…"

    Lire un roman d’Alain Cadéo, c’est se noyer dans un tourbillon d’expressions finement choisies, s’immerger dans un dédale de phrases ondulantes, se laisser couler au milieu de personnages lunaires, traverser des paysages paradisiaques, écouter un volcan gronder. Ses mots sont une berceuse, ses digressions loin de gêner transcendent le texte et mêmes les quelques grossièretés parfois utilisées ajoutent quelques aspérités vivantes à la poésie de la langue. Lire un roman d’Alain Cadéo c’est accepter de dévaler ses écrits au rythme de sentiers cabossés, de boire à une source d’eau fraîche sur le chemin, c’est tout oublier pour suivre son tempo, c’est côtoyer des êtres blessés qu’il ausculte au plus profond de l’âme, c’est se fondre dans l’irréel d’une histoire aux accents d’authenticité.

    "Un livre… c’est comme un dessert… ou mieux une tablette de chocolat… S’il est bon tu peux le goûter n’importe où… il t’emporte… T’es même pas obligé de le finir… Un bon livre, ça se croque tout seul, par petits bouts, le reste se devine… Et toi, tu salives, tu anticipes, tu cours derrière tes images." Mais moi, "Mayacumbra", je l’ai fini. Je l'ai goûté, je l'ai croqué, j’ai salivé. Mais j’ai refusé d’anticiper, j’ai refusé de deviner, je suis allée au bout. Je n’ai pu m’arrêter, emportée par le rythme, le chant des mots, les odeurs du plateau. Et je n'ai pas regretté. Comment imaginer le fabuleux bouquet final de ce feu d’artifice qu’est "Mayacumbra" ?

    Un véritable coup de foudre, un bijou préservé dans un écrin aux couleurs d’améthyste – décidément, j’aime beaucoup les couvertures des Editions La Trace – et sublimé par la très belle préface de Sylvie Le Bihan.

    https://memo-emoi.fr

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  • L’absence de chapitres voulue par l’auteur, donne d’emblée un rythme particulier, ressemblant à l’horizon qui s’étire devant les yeux de Théo.
    Le Capitan, ce vent au nom de personnage fanfaron et pleutre des comédies à l’ancienne en est le Maestro et donne une dimension presque mystique à cette...
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    L’absence de chapitres voulue par l’auteur, donne d’emblée un rythme particulier, ressemblant à l’horizon qui s’étire devant les yeux de Théo.
    Le Capitan, ce vent au nom de personnage fanfaron et pleutre des comédies à l’ancienne en est le Maestro et donne une dimension presque mystique à cette histoire.
    C’est dans ce décor que Théo a décidé de s’installer :
    « Alors cesser de fuir. Le Monde est une partie de cache-cache jouée d’avance. Le planqué, retranché, encaverné, immobile, tout comme celui qui sort, qui court, s’évertue à se perdre, seront tous les deux bien vite nus, tétanisés sous l’œil rond de la Terre et des Lunes qui ne nous lâchent pas. »
    Il n’a que 27 ans et il s’invente une vie dans une quête de sens, de cohérence.
    Mayacumbra c’est où vous avez décidé quand vous le voulez, nous avons tous un Mayacumbra.
    S’éloigner du monde c’est souvent mieux le retrouver.
    Il s’est construit une cabane très habitable à flanc de volcan. Il a tout fait lui-même, de ses mains, avec pour aide son fidèle compagnon l’âne Ferdinand.
    Plus bas se côtoient le peuple de la forêt et un village fait de bric et de broc autour d’une épicerie générale comme cela se faisait au Canada avec les pionniers.
    Ces villageois sont bigarrés, ils ont tous un passé, des secrets…
    Raymond un curé déjanté, Giacomino l’errant, Cyrus et la mère Talloche les épiciers, Solstice le garagiste et ami de Théo, Balthazar le manchot et Lita femme de Moreno et maîtresse de Théo.
    C’est une peinture haute en couleurs bien incarnée, que nous dessine l’auteur.
    Portraits où alterne la caricature et la finesse. Souvent drôles mais surtout attachants.
    Tous vivent là, dans un paysage de rêve malgré ou grâce à la rudesse des lieux.
    C’est un paysage de tous les possibles, c’est un horizon qui s’ouvre…
    Il ne faut pas croire que laisser tomber la pelisse du passé se fait avec simplicité et facilité.
    Les angoisses sont là ; la proximité du volcan est comme les battements du cœur, un mystère, un essentiel.
    Les petites phrases qui lui signifiaient qu’il n’était jamais au bon endroit, au bon moment sont les antiennes du cauchemar.
    Il faut se réinventer.
    Ici, dire que la nature est un personnage à part entière n’est pas une métaphore.
    J’ai aimé ses couleurs, les sautes d’humeur, ses soubresauts, sa beauté comme sa cruauté, car la vie est tout cela.
    L’amour omniprésent, prégnant comme une évidence, simple et compliqué.
    Une philosophie ?
    Et soudain, la nature change avertit celui qui est attentif.
    Lita le sent, elle qui vient de la forêt et vit au village.
    L’histoire bascule.
    Alain Cadéo joue avec ses mots de contrebande pour notre plaisir de lecteurs.
    Car tous font sens qu’ils vous invitent à la poésie ou à la philosophie, vous y trouverez la vie, celle où l’humain a de l’importance.
    L’auteur est allé encore plus loin dans sa singularité, faisant de son écriture une empreinte, trace profonde et durable dans l’esprit de ses lecteurs.
    Lire sa prose c’est voyager dans un ailleurs aussi lointain que proche car c’est en nous que sont les clefs de l’énigme.
    Western à la française, la conquête s’ouvre sur de vastes horizons et creuse les profondeurs de l’âme.
    De belles observations sur le langage qui est mouvant, sur la littérature et ce qu’elle a à offrir.
    C’est dans ces creux que se bâtit la réflexion vagabonde du lecteur.
    Un beau roman d’aventure mâtiné de poésie avec pour destrier JJ Rousseau.
    Le but ne serait-il pas de nous faire connaître : « La joie, ce n’est pourtant rien d’autre que de suivre, d’accompagner le Monde, ce maître aquarelliste. Ce n’est rien d’autre que, libres et ivres de couleurs, légers, nous laisser imprégner de toute sa palette. Sans l’ombre d’une défense, sans un soupçon d’a priori, sans l’idée même de profit. C’est être au cœur conscient de la lumière, là où vibre, tremble, bouge, danse, oscille, vit , meurt, apparaît, disparaît. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 7 novembre 2019.

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  • Ouvrir « Mayacumbra » pressentir la solennité, bien au-delà d’une première de couverture, plénitude des cimes. « A l’origine dans l’aube mouvante, quelques troncs noirs étranglent encore la lumière fade de la vallée. » L’incipit est un accueil chatoyant. Boucles verdoyantes, poétiques, liturgie...
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    Ouvrir « Mayacumbra » pressentir la solennité, bien au-delà d’une première de couverture, plénitude des cimes. « A l’origine dans l’aube mouvante, quelques troncs noirs étranglent encore la lumière fade de la vallée. » L’incipit est un accueil chatoyant. Boucles verdoyantes, poétiques, liturgie du verbe. Alain Cadéo est cette entité universelle. Offrant à l’hôte de ses pages l’opportunité rare d’un voyage initiatique. Les mots rentrent en scène, en alliance avec l’auteur qui, subrepticement, à pas veloutés devient le guide du minéral, du régénérant. Il dépose, habile et sage, les gouttes de cette rosée grammaticale, épiphanie des grandeurs. La beauté est déjà là. Majuscule d’un pictural, révérence pour Giono, Pagnol, Bosco, à ces observateurs du frémissement existentiel. Alain Cadéo est un pèlerin. Délivrant son aura de Babel, posant cette pierre mémorielle, en gestuelle d’humilité. Le don d’écriture est salvateur. Le lecteur prend son bâton, marche vers le hameau « Mayacumbra » Idiosyncrasie d’une micro société. Les habitants sont des paravents contre les affres du vrai monde consumériste et superficiel. Dans cet espace où se côtoie les fardeaux lourds d’un passé renié, les espérances et les solidarités. La philosophie s’élève cosmopolite, hédoniste, cynique. On aime plus que tout le subtil des noms des protagonistes : Théo, Solstice… qui gravitent dans cette histoire. Des clins d’œil malicieux, petits cailloux semés, éclats de rire intenses. La tonalité de la trame veloutée, épicurienne est une boîte de crayons de couleurs. « Sa foi est illimitée. Il a même construit une petite chapelle en pierres, table ronde, dans laquelle il se love comme un loir. « Mayacumbra » est un refuge parabolique. Un antre où tous sont une farandole, un feu de St Jean. Un lieu vivifiant où le liant est cet apôtre contrant l’énigmatique volcan « La Corne de Dieu » et ses sauts d’humeur. Les soudés d’un même destin s’observent, s’entraident. « Un seul être suffit à mettre tout en place. Pierre angulaire de ce nouveau monde. Lita justifie tout. » La voici la belle enfant, l’amoureuse de Théo, celle qui déploie son magnétisme, emportant la palme de la pureté jusqu’au plus extrême des chemins. Théo, 27 ans, dont l’âge est un secret, est le fil rouge de cette histoire. Cet homme fuyant ses démons, le mercantilisme, vivant seul, au plus près de « La Corne de Dieu » avec son âne Ferdinand, ses mystères et son amour fou pour Lita. Les pages s’accrochent aux étoiles, à l’authenticité, à la beauté d’un volcan imprévisible. Le summum est là. « Celui qui ne connaît pas cette joie de veilleur, caché de tous, retenant sa respiration, identifiant le moindre bruit, dans de très longues nuits d’amour à la lisière des mondes, ne sait rien de la joie cristalline que l’on peut éprouver à rester puissamment attentif, sous l’acupuncture glacée des étoiles. Théo construit sa maison. « Il veut que chaque bloc autonome soit à lui seul une vivifiante architecture. Ce qu’il cherche à obtenir c’est cet assemblage de force… Un point d’orgue, un centre de gravité… » Macrocosme, refuge alloué à l’ex-voto emblématique. Tout est beau dans cet entre monde, dans cet aller-retour entre les personnages que l’on aime de toutes ses forces. « Ainsi chacun avec ses propres mains a le pouvoir de mettre au monde ce qui le hante le plus… Le crâne humain est un chantier en friche, un mortier d’alchimiste. » Ce récit est transcendant. Ecoutez l’attentive délicatesse des regards qui se croisent, les bruissements des feuillages sentimentaux. L’éclatante ferveur d’un volcan, symbiose d’un travail à polir pour s’affranchir. L’honnêteté du verbe placé dans son axe le plus juste, aux voix de « Mayacumbra » prières laïques, encre d’une lave qui se donne en oraison. Dire à Alain Cadéo le pouvoir ésotérique de son écriture de lin et de saveurs. Combien cet éclat de lumière est une mappemonde humaniste, sociologique et sentimentale. Les voix de ses seigneurs sont un écho vibrant pour le lecteur qui défie le chimérique et se prend à vouloir atteindre lui aussi ce lieu de transhumance intérieure. Ce récit est un secret à garder pour les jours sans. Son pouvoir de séduction est magistral, tout se passe en invisibilité. « Mayacumbra » est un baume au cœur. Publié par les Editions La Trace qui nous prouvent une nouvelle fois leur haute qualité éditoriale. Edifiant, rare, culte.

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