Marins tatoués

Couverture du livre « Marins tatoués » de Jerome Pierrat et Eric Guillon aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

Le 11 avril 1769, l'Endeavour de Cook jette l'ancre à Tahiti. Les fêtes se succèdent en l'honneur des invités étrangers. Un jour, les marins assistent à l'étrange cérémonie du "tatau" qui consiste à décorer le corps de marques bleutées en injectant de l'encre sous la peau. Envoûtés, les marins... Voir plus

Le 11 avril 1769, l'Endeavour de Cook jette l'ancre à Tahiti. Les fêtes se succèdent en l'honneur des invités étrangers. Un jour, les marins assistent à l'étrange cérémonie du "tatau" qui consiste à décorer le corps de marques bleutées en injectant de l'encre sous la peau. Envoûtés, les marins succombent à leur tour à la coutume locale. Ainsi naît le "tattow", du polynésien "tatau" (tatahou), issu de "ta", qui signifie "heurter". Au retour, ils décrivent avec enthousiasme et nostalgie cette vie paradisiaque. L'attrait pour le tatouage est né, définitivement accolé à l'exotisme et à l'érotisme. Les exhibitions de marins tatoués obtiennent un immense succès. Dans les villes portuaires s'ouvrent les premiers studios. De l'Angleterre à l'Allemagne, le phénomène se propage et touche aussi bien la classe ouvrière que les marins, c'est la "rage du tatouage". Le plus souvent, le tatouage a lieu à bord, en dehors des heures de service, et surtout quand les matelots sont punis. Le matelot se sert aussi de sa peau comme d'un agenda où il inscrit les principaux épisodes de sa vie. Aux côtés des classiques trois mâts, on rencontre des coeurs enflammés percés d'une flèche, des sirènes, souvent une ancre ou une rose des vents. Un cochon et un coq sur le dessus des pieds protègent le marin de la noyade : ces animaux de ferme ne sachant pas nager, ils le porteraient à terre rapidement. Un dragon indique une escale en Chine... En France, nombre de tatoueurs apprennent leur métier derrière les barreaux de la prison de Toulon ou dans les cages de l'Hercule, un pénitencier flottant amarré à Brest. Jusqu'aux années 80, ils continuent d'orner l'épidémie boucané des marins de tous les pavillons à Lorient, Brest le Havre, Saint Malo, Saint-Nazaire ou Toulon.

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