Maria

Couverture du livre « Maria » de Angelique Villeneuve aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

Dans le coeur de Maria, il y a d'abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L'arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d'un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure... Voir plus

Dans le coeur de Maria, il y a d'abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L'arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d'un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure où Maria travaille et la résidence modeste où elle vit avec un homme qu'elle ne regarde plus vraiment.
Cette naissance cristallise les tensions familiales. L'éducation de Marcus faisait déjà grincer les dents : il joue avec des jeux de fille comme de garçon, porte des robes, décide de changer son prénom en « Pomme »... Cette fois un cap est franchi. La fille de Maria et son compagnon sont inflexibles : nul ne connaîtra le sexe du nouveau-né. « C'est un bébé » annonce-t-on laconiquement à Maria. Ni fille, ni garçon, ni « il », ni « elle », Noun sera l'un des premiers humains délivré des diktats de genre. Le choc est terrible. Comment aimer quand on ne peut nommer ?
Abasourdie, abandonnée de tous, Maria se débat auprès de l'enfant interdit pour trouver sa place et ses mots. Rejetée, perdue, elle perd son emploi, s'isole. Reste l'éblouissement de sa tendresse pour Marcus, restent les oiseaux qui les réunissent. Modestement, à la seule force de son amour, Maria va tenter de se reconstruire et de retisser les liens perdus.

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  • Maria et Marcus. La grand-mère et son petit-fils de 3 ans. Ces deux-là se sont inventés une bulle d'amour et de complicité. Un lieu à eux seuls, qu'ils continuent d'inventer et d'enrichir à chaque retrouvaille en y conviant les oiseaux comme pour partager la grâce d'un envol. Ces deux-là...
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    Maria et Marcus. La grand-mère et son petit-fils de 3 ans. Ces deux-là se sont inventés une bulle d'amour et de complicité. Un lieu à eux seuls, qu'ils continuent d'inventer et d'enrichir à chaque retrouvaille en y conviant les oiseaux comme pour partager la grâce d'un envol. Ces deux-là s'aiment de gestes tendres et d'histoires chuchotées. S'aiment d'évidence. Et qu'importe à Marie que Marcus soit vêtu d'une robe, soit coiffé de tresses, navigue avec bonheur entre fille et garçon ? Qu'importe si elle ne comprend pas toujours les choix radicaux de sa fille et de son gendre, parents de Marcus ?

    Le deuxième enfant à naître, Marie l'attend avec ce même amour émerveillé prêt à offrir, prêt à s'offrir. Mais la décision impérieuse des parents de ne pas divulguer le sexe de cet enfant dresse un mur implacable auquel Marie se cogne désespérément. Brutalement empêchée d'amour.

    Avec ses mots de tendresse limpide, Angélique Villeneuve pose les êtres et les choses au creux et dans les creux du monde. Il ne s'agit pas là de statuer sur une quelconque théorie du genre. Parce que Maria est à l'opposé de toutes les théories. Ses attitudes, ses réactions, ses pensées sont d'abord irriguées par les mouvements du coeur. La réflexion est là mais comme subordonnée à sa faculté d'aimer.

    Un coeur pas si simple par lequel l'auteure nous amène à nous recentrer sur l'essentiel : fille ou garçon, fille et garçon, qu'importe ! C'est l'enfant, c'est la personne, c'est l'être qu'il faut aimer absolument, pleinement et profondément. Comme Maria nous apprend à le faire dans ce formidable roman.

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  • Maria va être grand-mère pour la seconde fois. Avec Marcus, trois ans, son petit-fils ils s'installent sur le balcon pour examiner le ciel et guetter les oiseaux, plus tard Marcus saura voler, c'est un enfant du ciel. Marcus aime porter une robe et mettre de la couleur sur ses ongles ce qui...
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    Maria va être grand-mère pour la seconde fois. Avec Marcus, trois ans, son petit-fils ils s'installent sur le balcon pour examiner le ciel et guetter les oiseaux, plus tard Marcus saura voler, c'est un enfant du ciel. Marcus aime porter une robe et mettre de la couleur sur ses ongles ce qui énerve, William son grand-père.

    Quand Thomas le gendre téléphone pour annoncer la naissance, il dit c'est un bébé, ni le papa, ni la maman ne sont disposés à révéler le sexe de l'enfant, il s'agit d'un être humain qui un jour, le plus tard possible ou jamais, décidera du genre qu'il souhaite habiter. Comme on choisit d'habiter une maison, une région ou un pays. le bébé s'appelle Noun, un prénom universel, ni masculin, ni féminin. William ne supporte pas, c'est trop difficile, il claque la porte du domicile.

    Petit à petit, Maria va évoluer. Les petites filles ont droit aux petites voitures et aux pistolets et les garçons aux poupées et aux dinettes. Maria a la sensation d'avancer. Mais Maria a changé la couche du bébé, elle a trahi, elle est démasquée, c'est fini, tout se referme, on lui tourne le dos, dorénavant, elle ne fera plus qu'apercevoir les enfants au loin dans le square.

    Un sujet difficile à aborder, l'histoire de parents militants qui ne veulent pas cantonner leur enfant à n'être que celui ou celle que leur sexe leur impose depuis la nuit des temps, et une grand-mère désemparée, qui essaye de comprendre, mais qui n'a que ses bras à offrir que son coeur à donner, elle rêve de s'envoler avec ses petits-enfants. Une écriture poétique qui nous éblouit dès les premières pages. Un récit tout en finesse et en émotions porté par un personnage attachant qui ne peut que nous émouvoir.

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  • Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/05/maria-de-angelique-villeneuve.html

    Tout en finesse, sans aucun jugement, Angélique Villeneuve soulève la question des choix de vie que l’on ne comprend pas toujours. La question du genre. Du sexe. De ce qui le compose, le définit au-delà de ce...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/05/maria-de-angelique-villeneuve.html

    Tout en finesse, sans aucun jugement, Angélique Villeneuve soulève la question des choix de vie que l’on ne comprend pas toujours. La question du genre. Du sexe. De ce qui le compose, le définit au-delà de ce que le corps humain laisse transparaître. Notre besoin de tout mettre dans des cases. De ce que la société impose ou ce que nous imposons à la société. Parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps ou presque en Occident. Alors qui sont ces gens qui veulent tout changer, tout révolutionner ? Et pourquoi d’ailleurs ? Le sexe a-t-il une quelconque importance pour aimer ? Le libre arbitre selon Angélique Villeneuve donne à réfléchir sur tout cela et à ouvrir nos esprits.
    Mais c’est aussi le lien du sang qui prédomine dans ce roman. Maria, bourrée d’amour envers les siens, silencieuse, va tenter de les comprendre ces choix, de les appréhender. Même si cela signifie faire face à la cruauté et l’agressivité des autres. D’un revers de la main, elle balaye les idées préconçues pour sa famille, pour Céline, pour Marcus, pour Pomme, pour Noun. Pour elle. Elle se bat par amour. Et sa force est belle. Ne vous fiez pas à son silence, les combats sont parfois intérieurs. Et on s’attache à elle, comme on s’attache à l’importance des propos tenus par tous dans ce roman. Et on s’émeut pour Maria. Avec elle.
    J’avais envie, moi aussi, de regarder les oiseaux avec elle. J’avais envie, moi aussi, de poser ma main sur son visage. Le caresser. Oui, j’ai aimé cette femme silencieuse, parfois passive. Je l’ai aimé, probablement parce que dans beaucoup de ses traits, je la connais. Je la reconnais cette femme, cette jeune grand-mère.

    En refermant Maria, on se dit qu’il y a tant de chemin à parcourir pour faire bouger les lignes de nos sociétés conservatrices, de nos mentalités étriquées. Et si les choses sont loin d’être gagnées, le roman d’Angélique Villeneuve a au moins le mérite de s’y intéresser et peut-être, je l’espère, de donner matière à réfléchir et faire évoluer un peu les choses.

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  • Maria est une jeune grand-mère de cinquante ans, sans histoire, guidée par l'amour des siens et plus particulièrement de son petit-fils de trois ans Marcus. Elle se métamorphose à son contact. Ainsi quand Marcus décide de s'appeler " Pomme " et de porter des robes et les cheveux longs avec...
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    Maria est une jeune grand-mère de cinquante ans, sans histoire, guidée par l'amour des siens et plus particulièrement de son petit-fils de trois ans Marcus. Elle se métamorphose à son contact. Ainsi quand Marcus décide de s'appeler " Pomme " et de porter des robes et les cheveux longs avec l'aval de ses parents, Maria décide de ne pas réagir et d'accepter cette décision. Elle veut rester ouverte. Toutefois, elle est mise à l'épreuve avec l'arrivée du nouveau bébé de sa fille unique Céline. Cette dernière décide avec son compagnon Thomas de ne pas donner de genre au nouveau-né ni d'influer sur une " éducation fille " ou " éducation garçon ". Il choisira quand il sera plus âgé, pour l'heure il s’appellera Noun. Et pour éviter toute interférence, Maria est écartée.
    Tout en délicatesse, Angélique Villeneuve nous invite dans la vie intérieure de Maria qui doit lutter entre les décisions de sa fille, l'abandon de son compagnon, dépassé par la situation, et ses propres interrogations. Elle ouvre la porte sur des questions d'actualité autour des choix d'identité et de liberté et nous invite à la réflexion. Des thèmes abordés avec beaucoup de légèreté sans en perdre pour autant leur caractère sombre.
    Un texte très beau qui ne manque pas de musicalité pour nous entraîner dans la danse tourbillonnante d'un personnage profond et émouvant.
    Un véritable coup de cœur que je recommande fortement.
    https://lamadeleinedelivres.blogspot.fr/

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  • http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2018/04/04/36290347.html

    Maria est une veuve d’une cinquantaine d’années. Elle est coiffeuse est vit paisiblement avec son compagnon William. Le grand plaisir de sa vie réside dans les moments qu’elle partage avec Marcus, son petit-fils. Il est sa...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2018/04/04/36290347.html

    Maria est une veuve d’une cinquantaine d’années. Elle est coiffeuse est vit paisiblement avec son compagnon William. Le grand plaisir de sa vie réside dans les moments qu’elle partage avec Marcus, son petit-fils. Il est sa chair, son sang, son amour, son vert splendide de la « soupe de cresson saturée de crème ». La vie somme toute banale d’une grand-mère. Mais les choses se compliquent avec sa fille Céline et son gendre Thomas. Ils sont adeptes d’une parentalité alternative au point que Maria se retrouve un beau jour avec une robe pour habiller Marcus. Il se fait appeler Pomme. Céline, à nouveau enceinte, décide de ne pas révéler le sexe de son prochain enfant. Il s’appellera Noun et Maria ne pourra pas l’approcher sans ses parents à proximité. Maria encaisse sans broncher ces changements et le regard des autres : cela lui coûte son couple, son emploi mais l’important est de vivre les moments avec Marcus et Noun. Jusqu’au jour où la curiosité va l’emporter sur le reste…

    J’étais un peu sceptique en lisant la quatrième de couverture et au final j’ai lu un bien merveilleux roman qui a su évoquer des thèmes assez universels, l’amour filial, les préjugés, tout en apportant une modernité avec la question du genre tellement d’actualité. L’ensemble pouvait pourtant être un désastre mais nous avons affaire ici à un bon écrivain qui sait traiter ces sujets avec délicatesse, avec finesse, en évitant tous les écueils. Il en ressort une histoire sans jugement, sans parti-pris où l’héroïne est profondément touchante. Elle pourrait être agaçante à être dans l’immobilisme, dans l’acceptation sans broncher mais elle n’est qu’amour envers les siens. Alors oui elle se sent parfois en décalage, oui le regard des autres lui pèse parfois mais elle revient toujours aux essentiels. Et puis comment ne pas se sentir proche de sa fille quand soi-même on voit la vie différemment des autres, avec des couleurs pour chaque chose et chaque personne ? Une belle ode à l’amour et au respect de ses choix et de ceux des autres.

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  • J'ai été très touchée par le personnage de Maria, grand-mère complètement folle de son petit-fils Marcus, nouant avec lui des liens très forts : ensemble ils jouent, se font mille câlins, observent les oiseaux, collectionnent les plumes, respirent l'odeur des plantes et admirent les couleurs des...
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    J'ai été très touchée par le personnage de Maria, grand-mère complètement folle de son petit-fils Marcus, nouant avec lui des liens très forts : ensemble ils jouent, se font mille câlins, observent les oiseaux, collectionnent les plumes, respirent l'odeur des plantes et admirent les couleurs des arbres et du ciel… Tout est bonheur de vivre, explosion de joie, de tendresse, d'amour.
    Pourtant, une ombre vient mettre un bémol à ce tableau idyllique : Marcus arrive parfois chez ses grands-parents les cheveux un peu longs, les ongles vernis, une robe roulée dans son petit sac à dos. Maria observe sans rien dire mais William, le grand-père (compagnon de Maria depuis qu'elle est veuve) supporte mal. Il ne comprend pas pourquoi, dorénavant, Marcus a le droit de s 'appeler Pomme s'il le désire ni pourquoi Céline et Thomas, les parents de Marcus-Pomme, à la naissance de leur deuxième enfant, refusent de révéler au monde le sexe du petit frère ou de la petite sœur. Un bébé est né, point barre. Il s'appelle Noun. Les grands-parents, Maria et William, n'en sauront pas davantage.
    Pourquoi me direz-vous ? Parce que Céline et Thomas refusent d'enfermer leurs enfants dans un genre, dans une « éducation fille » ou une « éducation garçon ». Mais ça va plus loin : c'est l'enfant qui décidera plus tard de son sexe, s'il se sent plutôt fille ou plutôt garçon. Il ne sera pas contraint, la société ne lui imposera aucun schéma. Il sera libre.
    « On est autorisé à dire le bébé, comme au premier soir, mais à aucun moment ne seront risqués ni accord ni pronom. Le pronom ne se prononce pas, fanfaronne Thomas. Vers cinq, six ans ou plus tard encore, Noun choisira le plus adapté. Il ou elle. Celui qui lui plaira. Il sera même envisageable que Noun en change de temps en temps. Elle ou il. Marcus suivra le pas s'il le souhaite. On verra bien. L'aventure s'annonce passionnante, prévoit Céline… Un enfant, une enfant, le mot lui-même n'est pas genré, poursuit Thomas. Les gens ont tendance à l'oublier. Noun est libre et attendra le plus longtemps possible avant d'être genré(e). Genré. Maria n'arrive pas à se faire à cet adjectif.»
    Pour William, le grand-père, toute cette histoire est difficile à avaler. Quant à Maria, ce qu'elle comprend tout de suite, c'est qu'elle ne gardera jamais le bébé. Le garder reviendrait à connaître la vérité, avoir la possibilité de découvrir le sexe de l'enfant. Les parents refusent. Maria devra donc s'éloigner de ses petits-enfants. A peine pensable pour elle...
    J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur s'empare de ce sujet d'actualité : le genre. Sujet épineux à ne pas aborder lors d'un repas de famille transgénérationnel...
    Le couple évoqué dans Maria est assez radical dans ses choix puisqu'il va jusqu'à refuser de révéler le sexe de l' enfant. Le roman d'Angélique Villeneuve nous pousse à nous interroger, à nous poser des questions essentielles auxquelles il est bien difficile de répondre…
    Dans tous les cas, son roman n'impose aucun point de vue mais plutôt apparaît comme une invitation à considérer l'autre quelles que soient nos convictions de départ et notre sensibilité, à tenter de comprendre sa façon de concevoir la vie, la liberté, le bonheur… On échappe ici à toute vision manichéenne qui serait très réductrice : il n'y a pas, dans cette histoire, ceux qui ont tort ou ceux qui ont raison ou alors, ceux qui ont tort sont les êtres qui se ferment comme des huîtres et se révèlent incapables de s'ouvrir à l'autre (risque encouru aussi bien par les enfants que par les parents.)
    L'écriture poétique et sensuelle d'Angélique Villeneuve exprime magnifiquement la relation fascinante entre Maria et ses petits-enfants, relation qui a quelque chose d'animal. Elle les sent, les caresse, les cajole, les étreint, les couvre, les nourrit, se donne complètement à eux et cette complicité est vraiment très touchante et m'a beaucoup émue. Maria est une vraie grand-mère poule et l'on imagine aisément son désarroi lorsqu'elle se sent coupée, écartée de ses petits…
    Un texte magnifique tout en délicatesse et en retenue, un superbe portrait d'une femme qui, malgré l'hostilité de son ami, la raideur de sa fille et de son gendre et les critiques de la société, poursuit coûte que coûte son chemin vers ceux qu'elle aime, quels que soient leur sexe, leur genre, leur nom et leur tenue vestimentaire, comprenant qu'au fond, tout cela est loin d'être l'essentiel...
    Parce qu'au fond, ce qui compte, c'est bien l'amour, n'est-ce pas ?

    LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • Une fois de plus Angélique Villeneuve m'a touché en plein coeur, bouleversé, parce qu'elle sait y faire avec sa plume légère, elle connaît les mots, elle sait les phrases, qui troublent, émeuvent, enchantent, c'est une artiste, elle cisèle , elle sculpte, elle peint. Ses romans sont des...
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    Une fois de plus Angélique Villeneuve m'a touché en plein coeur, bouleversé, parce qu'elle sait y faire avec sa plume légère, elle connaît les mots, elle sait les phrases, qui troublent, émeuvent, enchantent, c'est une artiste, elle cisèle , elle sculpte, elle peint. Ses romans sont des tableaux, des natures, des portraits, des ombres et des lumières. Elle y met des joies, des peines, des sourires et des larmes.
    Dans Maria, Angélique nous parle, une fois de plus, de femmes, elle sait si bien le faire.
    Maria, veuve, la cinquantaine, shampouineuse, vit depuis une vingtaine d'années avec William. Elle a une fille, Céline, mariée à Thomas, ils ont un fils de 3 ans, Marcus et attendent un heureux événement.
    L'arrivée du bébé va perturber l'équilibre déjà fragile, du monde de Maria.
    Portrait de deux mondes qui s'affrontent. Maria, mamie gâteau et compagne amoureuse, perd pied et fait tout pour retrouver le bonheur perdu avec l'arrivée de Noun...
    Noun, drôle de prénom me direz-vous ? Mais dans notre société, devons-nous encore nous étonner ?
    Céline a fait un choix. Un choix de vie. Quitte à rompre avec ses proches et à se retrouver en marge de la société.
    Comportement étrange. L'accepterions-nous de nos propres enfants ?
    Un vrai plaisir de lecture, tout simplement.
    J'adore l'écriture de cette auteure qui m'avait déjà bouleversé avec Les fleurs d'hiver et Nuit de septembre. Je vais donc continuer à la découvrir et je sais que l'émotion sera encore au rendez-vous...

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  • Angélique Villeneuve que je découvre à travers ce court roman m’a totalement envoutée par la délicatesse de sa plume pour évoquer une histoire étrange et dérangeante.
    Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, de l’amour que Maria éprouve pour Marcus, son petit-fils.
    Tout commence comme une...
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    Angélique Villeneuve que je découvre à travers ce court roman m’a totalement envoutée par la délicatesse de sa plume pour évoquer une histoire étrange et dérangeante.
    Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, de l’amour que Maria éprouve pour Marcus, son petit-fils.
    Tout commence comme une histoire heureuse de tendresse et de partage entre l’enfant et sa grand-mère. Ils aiment observer les oiseaux et leur parler.
    Lorsque le petit garçon arrive vêtu d’une robe avec les ongles peints en rose, et affirme que désormais il s’appelle Pomme, Maria accepte sans poser de question.

    Lorsque sa fille donne naissance à un nouveau bébé et refuse d’en dévoiler le sexe, la grand-mère ne comprend pas.
    Elle est malheureuse face à cet enfant dont elle ignore le sexe et ne sait pas comment lui dire son amour.
    Il y a un très beau passage lorsqu’elle se retrouve seule avec le nourrisson, elle se pose des questions, il serait si simple de regarder.

    Il est difficile de ne pas avoir de tendresse pour Maria, obligée de faire le dos rond face à des parents pour le moins originaux.
    Face à la pression sociale, aux réflexions des voisins, à l’intransigeance de son compagnon et de sa fille, elle continue son chemin d’amour vers ses petits-enfants.

    L’écriture est magnifique, l’auteur ne prend pas partie, ne juge pas, elle expose les faits en laissant au lecteur le soin de se faire une opinion.

    Une très belle lecture pour laquelle je remercie les Editions Grasset et le site NetGalley.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/02/maria-dangelique-villeneuve.html

    Maria a cinquante-huit ans. Deux ans plus tôt, son deuxième petit-enfant est né, mais sa fille Céline et son gendre Thomas ont fait un choix de vie radical. Céline pratique l'école à la maison et intervient dans une...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/02/maria-dangelique-villeneuve.html

    Maria a cinquante-huit ans. Deux ans plus tôt, son deuxième petit-enfant est né, mais sa fille Céline et son gendre Thomas ont fait un choix de vie radical. Céline pratique l'école à la maison et intervient dans une association de parentalité nouvelle où elle conseille les parents qui veulent repenser leur façon d'élever leurs enfants. Fidèles à leur philosophie de vie, ils ont décidé de ne pas révéler le sexe de leur bébé qui portera un prénom non genré "Noun", Céline répond sereinement aux gens qui l'interrogent "c'est un bébé qui s'appelle Noun.". Ils considèrent que c'est l'enfant qui décidera lui-même plus tard le genre qu'il veut habiter. De la même façon Céline et Thomas ont autorisé leur fils ainé de trois ans, Marcus, à changer de prénom, il s'appelle désormais Pomme, porte des robes et affectionne le vernis à ongles.

    Un bel amour fait de complicité et d'amour pour les oiseaux et les fleurs a toujours uni Maria et Marcus mais peu à peu Maria se retrouve évincée de la vie de sa fille, une distance s'installe insidieusement entre elles, elle se sent mise à l'écart depuis la naissance de Noun, sa fille ne la laisse jamais seule avec le bébé. Confrontée aux rumeurs et ragots, Maria voit sa vie se déliter avec le départ de William, son compagnon depuis des années, qui ne supporte pas la situation et son horizon se rétrécir encore plus lorsqu'elle perd son travail. " De quoi les mères sont-elles coupables ? Céline et Thomas avec leurs enfants pour otages légitimes, forment désormais un monde séparé du sien. Une île autonome."

    Angélique Villeneuve met en scène une héroïne inoubliable qui va se battre seule contre tous, mais qui va aussi tenter de comprendre sa fille, s'interroger sur les stéréotypes de genre, repenser à l'éducation qu'elle a reçue très différente de celle de son frère... Elle est plus dans la nuance que William " qui voulait cantonner les gens à n'être que celui ou celle que leur sexe leur imposait d'être depuis la nuit des temps".

    Angélique Villeneuve reste toujours au plus près des sentiments de Maria, cette femme qui a toujours fait preuve de patience, de tolérance et de résignation, qui a su rentrer son dépit et sa colère mais qui va peut-être finir par changer...

    " Car à force de Céline, à force de vie, Maria a mûri "

    J'ai retrouvé dans ce roman l'écriture sensible et poétique d'Angélique Villeneuve, j'ai aimé la façon dont elle décrit avec une infinie délicatesse le moment où Maria, pour la première fois seule avec Noun, fait sa connaissance. J'ai aimé la personnalité qu'elle prête à Maria, une femme hypersensible aux couleurs et aux odeurs qui fait chanter les oiseaux et les couleurs.
    Plus qu'un livre sur le genre j'ai vu ce roman comme le combat d'une femme rejetée par sa fille unique et mise à l'écart de ses petits-enfants, un livre sur l'amour absolu d'une grand mère pour ses petits enfants et sa fille par delà les conflits familiaux. Il est impossible de ne pas se mettre à la place de Maria, de se demander quelle attitude on aurait adoptée dans une telle situation de rupture familiale quelle qu'en soit la cause.
    La question du genre et les positions extrémistes prises par Céline et Thomas servent de contexte pour justifier le délitement de la relation mère/fille mais ce contexte nous pousse aussi bien entendu à la réflexion sur la question du genre qui est ici traitée avec une infinie subtilité. J'ai aimé la poésie dont Angélique Villeneuve imprègne ce roman et la sublime fin qu'elle a imaginée.
    Ce roman est un condensé d'émotions que j'ai lu d'une traite, parfois le cœur serré, un texte que je suis certaine de relire un jour. Un roman qui, selon moi, va compter dans cette rentrée littéraire.

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  • https://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2018/02/maria-angelique-villeneuve.html
    Maria est une grand-mère heureuse. Avec Marcus, ce sont des moments de partage rien qu’entre eux : les oiseaux, les plumes, les histoires. Maria a son travail de shampouineuse, certes, mais elle a surtout...
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    https://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2018/02/maria-angelique-villeneuve.html
    Maria est une grand-mère heureuse. Avec Marcus, ce sont des moments de partage rien qu’entre eux : les oiseaux, les plumes, les histoires. Maria a son travail de shampouineuse, certes, mais elle a surtout Marcus.
    Sa fille Céline et son gendre s’apprêtent à accueillir leur deuxième enfant ; ni fille, ni garçon, il sera le bébé ! Pas de genre ; il choisira plus tard.
    Céline et Thomas sont pour le moins des originaux ; des hors norme ;pas vraiment dangereux pour la santé de leur enfant ( mais qui sait sur leur développement psychique, et la construction de leur identité sexuelle… y a-t-on pensé à cela ?) Marcus est un garçon, mais ne l’élèvent pas vraiment comme un garçon. Cette fois ils ont donc décidé, et fermement décidé de donner une éducation différente à leur « bébé ».

    Pauvre Maria qui se sent de plus en plus éloignée de sa fille et de ses petits- enfants, subissant les intransigeances de sa fille et la lassitude d’un compagnon qui ne comprend rien à tout cela. Pauvre Maria qui est d’une autre génération, qui ne fonctionne pas du tout comme sa fille et ne comprend pas ses idées loufoques, et ses méthodes éducatives originales…

    Certes Maria n’est pas la mère, et par conséquent, ce n’est pas elle qui décide. Mais au nom de quoi Céline se permet de remettre en question le genre ?

    Comment laisser libre cours à ses idées, permettre d’exprimer ses sensibilités quand elles sortent du cadre normatif ou sociétal tout en maintenant malgré tout un certain ordre social qui nous cadre et nous formate, qu’on le veuille ou non ? Comment permettre à chaque membre d’une famille de trouver sa place quand on ne vit pas de la même manière ?

    Angélique Villeneuve pose plus de questions qu’elle ne donne de réponse (ce n'est pas un reproche). Avec infiniment de sensibilité et de poésie, elle brosse des portraits touchants ; et même si je ne partage pas forcément les idées des uns ou des autres, tous m’ont à leur façon inspiré empathie, compréhensions, et affection.

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