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Marguerite

Couverture du livre « Marguerite » de Jacky Durand aux éditions Carnets Nord
Résumé:

« Marguerite ne sourit pas, Marguerite ne pleure pas non plus. Elle fixe juste l'objectif du photographe. Un regard qui vous transperce comme un surin d'Apache. Deux yeux noirs et ronds comme des boutons de bottines avec des pupilles qui brillent qu'on les dirait lustrées avec des crachats de... Voir plus

« Marguerite ne sourit pas, Marguerite ne pleure pas non plus. Elle fixe juste l'objectif du photographe. Un regard qui vous transperce comme un surin d'Apache. Deux yeux noirs et ronds comme des boutons de bottines avec des pupilles qui brillent qu'on les dirait lustrées avec des crachats de haine. Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C'est écrit en gros sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais. L'une des branches de la croix gammée peinte sur son front déborde sur le sommet de son crâne mis à nu et désormais ourlé d'un minuscule duvet. C'est qu'on l'a tondue Marguerite. Comme une brebis lourde, un bat' d'af, un balafré, un bagnard, un pouilleux. » Marguerite n'est mariée que depuis un mois avec son amour de jeunesse, Pierre, quand ce dernier est mobilisé en septembre 1939. Commence alors pour la jeune femme une vie d'attente et de solitude tournée vers les souvenirs des moments heureux partagés avec Pierre et remplie des petits gestes du quotidien dans une France en guerre et bientôt occupée.
Mais, peu à peu, Marguerite découvre aussi l'indépendance qu'elle n'a jamais eue, au contact de sa nouvelle amie Raymonde, femme libre et hostile aux conventions sociales, de ses collègues femmes à l'usine, d'André le jeune Gitan et de Franz, un soldat allemand pas comme les autres...

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Articles (1)

Avis (24)

  • La vie d'une femme pendant la guerre...et les difficultés de vivre, survivre à l'absence pendant 5 ans.

    La vie d'une femme pendant la guerre...et les difficultés de vivre, survivre à l'absence pendant 5 ans.

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  • Ce roman débute par la tonte des femmes coupables de pactisation avec l’ennemi et se poursuit avec le déroulé de l’histoire d’une femme qui a abouti à cette humiliation.
    Ce roman est en quelque sorte un bel hommage aux femmes qui se sont battues pour survivre pendant la guerre autant d’un point...
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    Ce roman débute par la tonte des femmes coupables de pactisation avec l’ennemi et se poursuit avec le déroulé de l’histoire d’une femme qui a abouti à cette humiliation.
    Ce roman est en quelque sorte un bel hommage aux femmes qui se sont battues pour survivre pendant la guerre autant d’un point de vue financier que pour leur dignité. Et on peut se poser la question du comportement des « compatriotes » aux lendemains de la guerre et notamment ceux qui ont été les résistants de la dernière heure et ceux qui, grâce à la guerre, ont fait fortune.

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  • Marguerite, c’est l’histoire d’une femme qui va s’émanciper dans une société suspicieuse, dans une époque violente.
    Marguerite et Pierre se marient en juillet 1939. Et très vite la guerre éclate, Pierre est mobilisé et ne reviendra que bien des années plus tard.
    Seule, Marguerite doit...
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    Marguerite, c’est l’histoire d’une femme qui va s’émanciper dans une société suspicieuse, dans une époque violente.
    Marguerite et Pierre se marient en juillet 1939. Et très vite la guerre éclate, Pierre est mobilisé et ne reviendra que bien des années plus tard.
    Seule, Marguerite doit apprendre à survivre, puis à vivre et enfin à exister.
    C’est cette renaissance que nous allons suivre durant toute l’histoire. Une renaissance dans la douleur, dans la détermination. Une renaissance assumée, revendiquée. Pourtant l’Occupation a été une époque où le conformisme était la règle, où devenir invisible était crucial, où épier son voisin était présenté comme un devoir patriotique.
    Quelle belle femme que cette Marguerite ! Après s’être éteinte dans l’attente, dans les soucis quotidiens, elle va peu à peu émerger pour devenir libre de ses choix, en conscience. Et quand la vindicte populaire fera d’elle l’opprobre du village à la Libération, Marguerite souffrira mais ne sera pas anéantie : elle sait que c’est elle qui est la plus forte, la plus vivante, et qu’aucun de ses tortionnaires n’a le droit de la juger. Elle est au-dessus d’eux.
    Jacky Durand, dans un style sans apprêt, a une écriture sensuelle qui donne à Marguerite une existence tangible, qui en fait un être de désir et de souffrance, de renoncement et de combativité. Un être droit.

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  • Ce premier roman écrit par Jacky Durand est le beau portrait d’une femme, Marguerite. Pas de suspense dans ce texte puisque le premier chapitre décrit une scène d’août 1944. Marguerite est tondue avec autour du cou un carton « collaboratrice horizontale ». Aucune concession dans ce premier...
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    Ce premier roman écrit par Jacky Durand est le beau portrait d’une femme, Marguerite. Pas de suspense dans ce texte puisque le premier chapitre décrit une scène d’août 1944. Marguerite est tondue avec autour du cou un carton « collaboratrice horizontale ». Aucune concession dans ce premier chapitre qui décrit la violence de la Libération. Puis l’auteur va nous raconter la vie de Marguerite, jeune femme qui se marie en 1939 avec Pierre. Mais celui-ci est envoyé à la guerre. L’auteur va alors nous raconter la vie des femmes pendant cette période de guerre, et pendant cette occupation. Il va nous décrire des personnages touchants, humains, simples. Il y a bien sûr Marguerite, mais aussi Raymonde, la postière résistante, Germaine, la vieille voisine de Marguerite, André, le petit gitan qui est venu vendre un panier d’osier à Marguerite, Franz, un allemand occupant. Il y a aussi la description d’une petite ville, pendant la guerre, la description du travail à l’usine, les hommes étant à la guerre. Mais surtout le portrait d’une femme, simple, qui n’est pas une héroïne mais une simple femme. Elle a quitté sa famille pour vivre avec un gentil mari, mais la guerre est arrivée et elle se retrouve seule à l’attendre. Elle va faire quelques heures de ménage à la Poste, elle va cultiver son jardin, prendre un emploi à l’usine et attendre le retour de son Pierre. L’auteur décrit le quotidien de cette jeune femme et ses doutes, ses questionnements. Paradoxalement, Marguerite va découvrir une sorte de liberté et d’indépendance dans cette vie pendant la guerre et l’occupation. Sans aucun pathos, l’auteur nous décrit la vie quotidienne pendant la guerre et il y a de belles pages de la nature, de la vie simple et quotidienne dans un petit village français. Quelques uns sont des héros, quelques uns laissent simplement la vie. Il y a des rencontres et chacun n’est ni blanc ni noir. Un premier roman qui se lit et on s’attache au fil des pages à cette Marguerite. Un livre coup de cœur de cette sélection des 68premièresfois, un portrait d’une femme écrit par un homme ( !!).

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  • Marguerite, c'est le prénom d'une femme qui est bannie par la société. Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C'est écrit sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais. Et puis on lui a tracé aussi une...
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    Marguerite, c'est le prénom d'une femme qui est bannie par la société. Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C'est écrit sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais. Et puis on lui a tracé aussi une moustache d'officier d'opérette qui lui donne un air de Mardi Gras.

    Nous sommes en août 1944, le débarquement a eu lieu, la France est libérée de l'occupant, l'heure est au règlement de comptes entre Français.

    Mais qu'était la vie de Marguerite avant d'être humiliée devant ses concitoyens ?

    Jacky DURAND nous propose de dérouler le fil de son existence et de repartir 5 ans en arrière. Nous sommes en août 1939, elle vit le parfait amour avec Pierre. Elle l'épouse avant qu'il ne soit appelé au Front. Il y aura bien ce Noël 1939 avec des moments de bonheur intenses mais fugaces, mais surtout ces longues années pendant lesquelles Marguerite va se battre pour survivre en rêvant de à amour improbable.

    J'ai été profondément séduite par le portrait de femme que dresse Jacky DURAND, une femme courageuse qui luttera de toutes ses forces pour préserver sa liberté, son indépendance. Alors, quand elle se retrouve seule, son énergie, elle la voue à surmonter les épreuves de la vie où le froid est omniprésent, comme si la nature elle-même était en quête d'une place dans ce conflit.

    Son chemin est semé d'embûches. Les hommes restés au village deviennent les plus grands prédateurs. Quand ils ne collaborent pas avec l'occupant, ils revendiquent leurs droits de mâle.

    Ce roman concourt, à sa mesure, à la mémoire de ces femmes qui ont pris la place des hommes et ont relevé le défi de permettre à leur nation de survivre.

    Marguerite, c'est aussi une femme qui a choisi le silence comme meilleur allié.

    Marguerite s'est accommodée de la solitude et choisit les êtres qui méritent sa confiance. J'ai été profondément émue devant les relations établies avec la famille d'André, ce gitan repoussé avec sa roulotte aux confins de la forêt. Quant à ces moments partagés avec Germaine, la vieille voisine, ils sont juste d'une profonde humanité.

    C'est un très beau roman, empreint d'une grande sensibilité.

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/04/marguerite-de-jacky-durand.html

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  • http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/marguerite.html

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/03/marguerite-de-jacky-durand.html

    Nous faisons connaissance avec Marguerite en août 1944 alors que le visage enduit de goudron en forme de croix gammées, elle est tondue devant une foule déchaînée sous les insultes et les rires. On découvre tout de...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/03/marguerite-de-jacky-durand.html

    Nous faisons connaissance avec Marguerite en août 1944 alors que le visage enduit de goudron en forme de croix gammées, elle est tondue devant une foule déchaînée sous les insultes et les rires. On découvre tout de suite une femme à la forte personnalité qui en impose avec son regard hautain.
    Flash back sur ses années de guerre. Pierre, son mari, un homme solide et bon, est mobilisé après seulement quatre semaines de vie commune, Marguerite et Pierre se sont mariés en août 1939.

    Après quelques heures volées avec son homme à la veille de Noël 39 lors de la drôle de guerre, elle reste des mois sans nouvelles de Pierre, plus tard elle apprend qu'il a été fait prisonnier.
    Pour Marguerite, après le choc du départ de Pierre, la vie s'organise dans la solitude, le froid et la faim, elle doit apprendre les gestes de son homme, bêcher, fendre le bois... Déterminée et calme, elle vaque à ses occupations, nourrit ses poules et ses lapins et fait preuve d'assurance, de crânerie et de courage mais elle découvre également le plaisir d'être une femme indépendante aussi forte qu'un homme et une liberté inédite qui l'inquiète mais la grise aussi.
    En juin 40 elle refuse de se joindre à l'exode des réfugiés, elle voit ceux qui fuient comme le "troupeau de la débâcle". Elle se lie avec Raymonde la postière, une femme forte et engagée, entretient des relations avec sa voisine Germaine, une femme résignée dont elle ne veut absolument pas suivre le destin, et protège Paul, un jeune gitan.
    Elle parle à son homme en accomplissant les gestes du quotidien dans l'attente permanente de son retour jusqu'au jour où, près de trois ans après son départ, elle commence à se résigner, Pierre devient de plus un étranger pour elle, elle se sent soudain libérée d'un poids. Un jour arrive où elle ne relit plus chaque jour ses lettres "La solitude a chassé le besoin de l'autre." Ces années de guerre et d'occupation l'ont changée...

    Ce livre dresse un beau portrait de femme qui découvre, par la solitude forcée que lui impose la guerre, que les femmes peuvent accomplir les mêmes choses que les hommes. Elle découvre aussi la sensation grisante de la liberté. Une forte personnalité qui refuse toujours de courber l'échine, qui refuse d'avoir la vie résignée de sa mère. J'ai trouvé ce roman assez intéressant dans ce qu'il nous donne à comprendre de l'évolution de Marguerite mais j'ai été déçue par le côté assez convenu de l'histoire et par une écriture assez banale.

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  • Lien : http://livresselitteraire.blogspot.fr/2017/04/marguerite-de-jacky-durand.html

    En ouvrant les premières pages de Marguerite, attendez-vous à être immédiatement happé.
    Nous sommes en août 1944, la guerre est terminée depuis peu et c’est la chasse aux boches, aux collabos au sens que...
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    Lien : http://livresselitteraire.blogspot.fr/2017/04/marguerite-de-jacky-durand.html

    En ouvrant les premières pages de Marguerite, attendez-vous à être immédiatement happé.
    Nous sommes en août 1944, la guerre est terminée depuis peu et c’est la chasse aux boches, aux collabos au sens que l’on connait et aux « collaboratrices horizontales », celles qui ont noué une relation intime avec l’ennemi. L’Histoire nous la connaissons tous, ils sont humiliés : crâne rasé, corps maculé de goudron… Marguerite fait partie de cette vague d'inhumanité.
    Alors que Josette, l’autre femme arrêtée pour avoir aimé un allemand, pleure, Marguerite elle reste impassible, elle balaye la foule du regard, forte, droite, téméraire.
    Qu’a-t-il bien pu se passer pour que cette femme se retrouve ainsi humiliée par tout un peuple ?

    A la suite de cette scène aussi dramatique que dérangeante, Jacky Durand reprend le récit au début, avant et pendant la guerre pour amener le lecteur à comprendre.

    Marguerite est une jeune mariée lorsque la guerre se profile. Pierre, son amour de jeunesse, est appelé défendre sur la Ligne Maginot. Alors en attendant que son bien-aimé revienne, parce que la guerre ne durera pas, Marguerite cultive ses plants de légumes et élève ses volailles. Et puis le premier Noël arrive, les suivants aussi et Marguerite apprend que Pierre est prisonnier. Les années passent, les lettres se font de plus en plus rares. L’absence d’abord insoutenable devient peu à peu habituelle, le désir se dissout dans la monotonie de sa vie de célibataire. La vie du village se féminise : à l’usine, à la maison où il faut apprendre à couper le bois, dans les terres où il faut remplacer les hommes. Au fil du temps, Marguerite est ainsi capable de se passer d’un homme pour les travaux du quotidien. Heureusement pour ne pas perdre totalement pied, Marguerite rencontrera quelques âmes bienveillantes.

    D’abord lancinant, le récit se focalise sur la mélancolie qui habite Marguerite depuis le départ de Pierre. Jacky Durand, minutieux, dépeint les souvenirs d’amour tendre et charnel qui unissaient les jeunes mariés avant que la guerre ne frappe. Ce qui maintient la tête de Marguerite hors de l’eau ce sont Raymonde, sa patronne durant un temps, une femme grande, élégante et masculine à la fois ; André, ce petit gitan qui vit dans une roulotte, caché dans la forêt avec sa famille pour échapper aux allemands et qui rend visite chaque dimanche à Madame Marguerite ; Germaine, sa voisine envahissante mais pour qui elle éprouve de la tendresse tant leur solitude est comparable. Puis peu à peu l’histoire s’accélère, les chapitres se font plus courts à mesure que Marguerite prend goût à cette liberté et cette indépendance apprivoisées. Jusqu'au jour où un homme dénommé Franz viendra bousculer son quotidien …

    Jacky Durand offre au lecteur un premier roman composé de beaucoup d’humanité et de bonté où il évolue à travers le regard de Marguerite, méfiante, abattue et pourtant doté d’une force et d’une détermination admirable. Il nous emporte dans le tourbillon d’une vie où la guerre chambarde tout et malgré cela il le fait sans jugement aucun. Ici tous les occupés ne sont pas les victimes, et tous les occupants ne sont pas des ennemis. Le tout est de savoir ouvrir les yeux, ouvrir son cœur pour ne pas laisser la haine le consumer.
    En résumé, Marguerite est sans hésitation aucune un joli roman résolument émouvant et sensible sur le destin d’une jeune femme ô combien courageuse mais aussi un roman avec une pointe de féminisme ô combien délicieuse.

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