• « Ma dévotion » est la confession d’Helen, à la fin de sa vie, à l’occasion de sa rencontre fortuite avec Franck, alors qu’ils sont tous deux octogénaires. Cette confession, elle la fait face à Franck, en s’adressant à lui directement à la deuxième personne du singulier, alors qu’ils ne se sont pas revus depuis 23 ans.
    Helen relate sa vie et la relation qui l’a unie à, Franck, l’homme qui a le plus compté pour elle, avec lequel elle a vécu la plus grande partie de sa vie et qui a phagocyté son existence. Il n’était pour elle ni un frère, ni un mari, ni un amant mais tout cela à la fois et bien plus encore. C’est celui auquel elle s’est vouée depuis leur rencontre en Italie alors qu’ils étaient adolescents, enfants de diplomates, qui rejetaient ce monde factice et les mensonges au sein de leur famille respective.
    Helen a été le roc contre lequel s’est appuyé Franck ; Helen l’a protégé, hébergé, soutenu, fait naître sa vocation de peintre, élevé son enfant, supporté ses frasques ; Franck et elle sont indéfectiblement liés et ils reviennent toujours l’un vers l’autre même quand Helen se marie et met un océan entre eux en allant vivre à Boston.
    Le lien qui les unit ne peut être défini : est-ce une amitié qui défie le temps, un amour qui ne dit pas son nom, chacun est-il la moitié parfaite qu’on recherche toute sa vie comme Platon l’a laissé entendre ?
    Cette dévotion d’Helen se double d’une dévotion pour la littérature qui la prend, elle aussi, à l’adolescence, qui ne la quittera plus et qui sera un refuge quand elle ira mal.
    Helen est forte grâce à ces deux piliers : son amour pour Franck et pour les mots. Elle est si forte qu’elle s’efface volontairement derrière Franck pour qu’il puisse briller sans qu’elle lui fasse une quelconque ombre. Elle en oublie de vivre et lorsque cette situation lui devient intolérable à la cinquantaine, éclate le drame qui séparera définitivement Helen et Franck.
    Cette confession, objet du roman, la libère, les mots non pas écrits qu’elle aime tant mais les mots parlés la libèrent enfin.
    Beau moment d’émotion de par la description de sentiments forts, absolus mais aussi de par le style de Julia Kerninon, au plus près des émotions, ciselé, tendu. Un roman que je garderai encore longtemps en moi.

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