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L'été froid

Couverture du livre « L'été froid » de Gianrico Carofiglio aux éditions Slatkine Et Cie
Résumé:

Nous sommes en 1992, entre mai et juillet. A Bari, comme ailleurs, tirs embuscade et meurtres sont monnaie courante. Quand la nouvelle arrive qu'un enfant, fils d'un chef de clan, a été enlevé, le maréchal Pietro Fenoglio se rend compte que le point de non-retour a été atteint. Maintenant, tout... Voir plus

Nous sommes en 1992, entre mai et juillet. A Bari, comme ailleurs, tirs embuscade et meurtres sont monnaie courante. Quand la nouvelle arrive qu'un enfant, fils d'un chef de clan, a été enlevé, le maréchal Pietro Fenoglio se rend compte que le point de non-retour a été atteint. Maintenant, tout peut arriver. Puis, alors que personne ne s'y attendait,, le jeune patron qui a déclenché la guerre, et que tout le monde soupçonne de l'enlèvement, décide de collaborer avec la justice. Dans la longue confession qu'il délivre au magistrat, l'homme retrace sa propre aventure criminelle dans un conte hypnotique animé par une force vivante. Presque diabolique. Mais les déclarations du repentant ne suffiront pas à faire la lumière sur la disparition de l'enfant. Pour découvrir la vérité, Fenoglio sera contraint de pénétrer dans ce territoire ambigu où il est plus difficile de distinguer le bien du mal.

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Avis (3)

  • Impressionnant, « L’été froid » est une destinée. Une plongée fabuleuse dans le microcosme de la Mafia (contemporaine) en plein été, celui de 1992. Ne vous attendez pas à un roman noir dépaysant. Ici, c’est l’autre versant. Une histoire vraisemblable. L’auteur Gianrico Carofiglio est procureur,...
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    Impressionnant, « L’été froid » est une destinée. Une plongée fabuleuse dans le microcosme de la Mafia (contemporaine) en plein été, celui de 1992. Ne vous attendez pas à un roman noir dépaysant. Ici, c’est l’autre versant. Une histoire vraisemblable. L’auteur Gianrico Carofiglio est procureur, conseiller du Comité anti-mafia au Parlement italien, sénateur de 2008 à 2013. Le récit est apprenant, surdoué, piédestal d’une connaissance extrême de ce milieu aux rites bien établis. Bari, ville intestine soulève ses diktats mafieux, ses ruelles sombres et de surprises. Les clans vont se mener une guerre titanesque jusqu’au paroxysme. L’enlèvement d’un petit garçon, fils de Grimaldi l’un des parrains les machiavéliques de Bari. Malgré la rançon donnée, l’enfant n’est pas rendu à sa famille. Que se passe-t-il ? Le maréchal Pietro Fenoglio mène l’enquête. Il pousse les portes, fin limier, intuitif et pragmatique. Intelligent, son calme est l’as de cœur, sa détermination l’as de pique. Les clans vont s’affronter. Lopez Vito dit Le Boucher chef d’un clan rival se rend à la police. Il ne veut pas être pris pour cible, ce n’est pas lui. « Il est un mort qui marche. » Et là, le récit est une conférence à ciel ouvert. Lopez conte la Mafia. L’intronisation, les rituels, la hiérarchie mafieuse etc. Lopez se dévoile, collabore, justicier exemplaire. « Conformément à une règle qui, à quelques nuances près, est valable dans toutes les Pouilles : Picciotteria, Camorra, Sgarro, Santa, Vangelo, Trequartino et Diritto di Médagliones. »
    « Mon affiliation est passée « comme nouveauté » auprès de tous les autres affiliés, c’est-à-dire ceux en liberté et ceux en prison. »
    « Passer comme nouveauté » veut dire dans le jargon mafieux, communiquer.
    « Répartir » ça veut dire offrir des pâtisseries ou des cigarettes pour célébrer l’entrée du nouvel affilié. Je précise qu’on offre aux affiliés en liberté les pâtisseries, et aux détenus les cigarettes – plus précisément, on leur offre des Malboros rouges. »
    Le jeu narratif est posé. Pierre après pierre s’élève l’idiosyncrasie mafieuse. Le récit est une double-lecture. La fiction, le documentaire, en pleine lumière : les connaissances perfectionnistes de Gianrico Carofiglio. Ce dernier est tour à tour romancier et maître des Cérémonies, guidant le lecteur dans les tréfonds d’un méconnu pour lui. Captivant, l’adrénaline fois mille en perfusion dans les pages, « L’été froid » est exceptionnel.
    « Dehors il faisait noir et la pluie tombait à un rythme automnal. -Été froid… Et c’était vrai. Cet été serait vraiment très difficile à oublier. »
    Je ne peux dire pour l’enfant. Ici, il est aussi un symbole.
    « L’été froid » est un grand roman. Une certitude de découverte placée au plus juste d’un raisonnement, celui d’un Procureur (l’auteur) qui lève le voile sur les torpeurs intestines, mafieuses qui plombent une Italie, qui, malgré les risques anéantira jusqu’au dernier de ses loups gris. Brillant ! Traduit de l’italien par Elsa Damien. Publié par les majeures Éditions Slatkine & Cie.

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  • Ce roman nous offre une plongée radicale dans les arcanes de la mafia italienne et plus particulièrement celle basée à Bari ,au Sud de l'Italie ,dans la région des Pouilles en ce printemps 1992.
    Il est vrai qu'en tant que procureur et conseiller anti-mafia au Parlement italien , Giancarlo...
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    Ce roman nous offre une plongée radicale dans les arcanes de la mafia italienne et plus particulièrement celle basée à Bari ,au Sud de l'Italie ,dans la région des Pouilles en ce printemps 1992.
    Il est vrai qu'en tant que procureur et conseiller anti-mafia au Parlement italien , Giancarlo Carofiglio est bien placé pour connaître certains de ses rouages et comme certains de ses membres .
    Nous faisons la connaissance du maréchal Fenoglio . le sous-officier des carabiniers fait partie de la Division des Affaires criminelles dirigée par le capitaine Valence qui vient juste de prendre le poste . Ce dernier compte beaucoup sur l'expérience du maréchal dans « le milieu » de la criminalité de la ville pour l'aider à comprendre les forces en présence . Et justement l'un des clans qui tient la ville , celui Nicola Grimaldi , voit plusieurs de ses lieutenants se faire assassiner . Ces tueries sont peut-être dues à une scission interne du gang , dont un certain Vito Lopez et ses sbires seraient la branche dissidente .Une guerre ouverte qui ne semble pas vouloir s'arrêter alors même que le fils de Nicola Grimaldi a disparu . Probablement un enlèvement dont tout porte à croire qu'il est l'oeuvre du groupe Lopez .
    Les carabiniers vont-ils se contenter de compter les points et les morts ou la soudaine reddition de Lopez va t-il permettre de voir sous un jour nouveau les rapports complexes qui unit les différents membres de la Societa Nostra et mettre en lumière leurs terribles faits d'armes ?

    Pour ceux qui découvriront avec ce roman l'organisation des différents groupuscules mafieux , vous allez être comme moi , surpris .
    L'auteur nous dresse ici une société hiérarchisée , entre membres à part entière , chacun ayant une « qualité » définissant son niveau dans le clan et des sympathisants qui aident occasionnellement ou régulièrement les membres dans leurs actions illégales . Des actions dont le « terrain de jeu » est très vaste : trafics en tous genres , extorsions, prostitution, jeux clandestins, corruption à tous les niveaux de la société italienne et en particulier dans les partis politiques et la Police .
    En face d'eux on découvre un membre des forces de l'ordre atypique : lettré , amoureux de musique classique et profondément humaniste mais souffrant de solitude depuis que sa femme lui a demandé de faire une pause dans leur relation .
    Pour lui ce métier est un sacerdoce qui doit se faire dans les règles de l'art tout en respectant le droit des délinquants . Car pour lui chaque être humain doit avoir une seconde chance sauf si il a tué un enfant , un acte impardonnable pour lui .
    L'auteur nous montre toute l'étendue de l'immoralité des membres de cette mafia et , sans aucun filtre, les pires de leurs crimes . La vengeance est pour eux une nécessité comme celle de se faire respecter quitte à rendre pour cela un innocent handicapé à vie ou rayer de la terre un potentiel futur ennemi .
    Ce roman , grâce à une écriture dynamique et efficace , ne nous cache rien de leur cruauté même si le portrait de Fenoglio ,en total contrepoint avec les criminels qu'il pourchasse , une belle âme au milieu des requins , nous donne quelque espoir de croire encore en l'humanité .
    Comme tout bon polar qui se respecte, il vous réservera également un rebondissement d'une sacrée ampleur dans sa dernière partie .
    Je ne peux que recommander .

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  • Nous sommes en mai 1992. Pietro Fenoglio est maréchal des carabiniers à Bari (dans les Pouilles). Il est mélomane et adore l’opéra. Pietro Fenoglio a le coeur tendre pour les petits mafrats pratiquement inoffensifs mais demeure implacable devant les grands criminels. Pietro Fenoglio parle tout...
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    Nous sommes en mai 1992. Pietro Fenoglio est maréchal des carabiniers à Bari (dans les Pouilles). Il est mélomane et adore l’opéra. Pietro Fenoglio a le coeur tendre pour les petits mafrats pratiquement inoffensifs mais demeure implacable devant les grands criminels. Pietro Fenoglio parle tout seul quand il pensa à Serena, sa compagne qui a pris ses distances depuis deux mois pour « faire le point » … Pietro Fenoglio part avec un gros handicap : il est stérile …

    Quand le fils de Nicola Grimaldi – alias Nico le Blond – un chef de la mafia de Bari est enlevé, la situation risque fort de devenir explosive ! Les parents de l’enfant n’ont pas l’intention de collaborer (la gendarmerie l’a appris pratiquement par hasard …) Chez « la Societa Nostra », on lave son linge sale en famille … C’est grâce à une voyante consultée par la mère de l’enfant que Pietro Fenoglio sera informé de la rançon (deux cent millions) réclamée aux parents du petit Damiano. Et quand Vito Lopez accepte de coopérer avec la justice en tant que « repenti » afin de sauver sa peau, ses aveux font vraiment froid dans le dos ! En découlera une grosse opération, du nom de code : « Été froid » … Le danger rôde à tout instant. Les membres de la mafia ne sont pas des enfants de coeur, ni même de simples criminels … Ce sont de véritables terroristes qui ne reculent devant rien pour imposer leur loi !

    J’avais lu du même auteur : « Trois heures du matin » (un roman sur un tout autre registre, édité également chez Slatkine & Cie) il y a tout juste un an et je l’avais beaucoup aimé ! Je récidive et – ma foi – bien m’en a pris. Ce nouveau livre est terriblement efficace et plutôt impressionnant … Dans la vie, Gianrico Carofiglio a une double casquette de Procureur-écrivain. Comme je l’avais précédemment constaté chez Nicolas Feuz (Procureur-écrivain suisse) les magistrats auteurs de polars ont une expérience professionnelle tout à fait propice à ce type de littérature. Une compétence qui donne naissance à une écriture percutante et à des récits particulièrement pertinents, voire carrément passionnants !

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