Les vestiges du jour

Couverture du livre « Les vestiges du jour » de Kazuo Ishiguro aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070416707
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

" Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants.
Ils portent leur professionnalisme... Voir plus

" Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants.
Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C'est, je l'ai dit, une question de "dignité". " Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l'influent Lord Darlington puis d'un riche Américain. Les temps ont changé et il n'est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu'à ce qu'il parte en voyage vers Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qu'il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés...

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Avis (7)

  • Disons-le immédiatement, il ne faut pas s'attendre avec ce roman à une action trépidante. Certains pourront même considérer qu'il ne se passe rien. Et pourtant il s'y passe mille choses qui relèvent souvent de la posture et des non-dits.

    Stevens est majordome, un grand majordome probablement,...
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    Disons-le immédiatement, il ne faut pas s'attendre avec ce roman à une action trépidante. Certains pourront même considérer qu'il ne se passe rien. Et pourtant il s'y passe mille choses qui relèvent souvent de la posture et des non-dits.

    Stevens est majordome, un grand majordome probablement, resté au service de Lord Darlington pendant des années puis de Monsieur Farraday, un riche américain qui rachète Darlington Hall après le décès de ce dernier. Monsieur Farraday propose à Stevens de profiter de quelques jours de vacances. Celui-ci décide alors de visiter la campagne anglaise et de rendre visite à Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qui a quitté Darlington Hall il y a des années pour se marier.

    A l'occasion de ce voyage, qui donnera lieu à de nombreux imbroglios puisque Stevens conduit la luxueuse voiture de son maître, Stevens remonte le fil de ses souvenirs, lorsque Darlington Hall était, dans les années 20, à son apogée et que Lord Darlington était un personnage influent qui faisait venir chez lui les plus grands de ce monde. Stevens nous raconte sa vie de majordome, à servir les autres quitte à s'oublier lui-même. Pour lui, un grand majordome fait preuve de dignité, c'est à dire cette capacité à toujours rester dans son rôle quoiqu'il arrive, que des jeunes servantes au service de Darlington Hall soient renvoyées uniquement parce qu'elles sont juives ou que Miss Kenton, dont il est très proche, quitte le domaine pour se marier. Stevens fait preuve d'un professionnalisme et d'une abnégation à toute épreuve sans jamais exprimer ses propres sentiments. Et du fait de cette position, on se demande, à l'instar de Miss Kenton qui s'interroge sur son propre cas, si Stevens n'est pas passé à côté de sa vie…

    Il n'y a pas de regret dans les propos de Stevens mais on sent une certaine nostalgie de cette période glorieuse où les plus grands hommes politiques affluaient à Darlington Hall et où il partageait le chocolat chaud du soir avec Miss Kenton. Et dans une tentative désespérée de faire revivre cette époque bénie, Stevens entreprend son voyage dans l'espoir de faire revenir Miss Kenton à Darlington Hall. A travers son récit, Stevens essaye également de réhabiliter Lord Darlington qui joue un rôle flou auprès des Allemands tant après la première guerre mondiale qu'au moment du nazisme. Il y a de l'humour également dans ces "Vestiges du jour", de l'humour anglais pince-sans-rire, notamment lorsque Stevens s'interroge véritablement sur son peu de répartie face à Monsieur Farraday ou lors de ses rencontres avec les "locaux de l'étape".

    Je n'ai pas vu le film avec Anthony Hopkins et Emma Thompson mais je suis curieuse de savoir comment le réalisateur a réussi à sauter d'une époque à l'autre, des années 20 aux années 50 pendant lesquelles Stevens entreprend son voyage. En tout cas il ne faut définitivement pas passer à côté du livre qui est une merveille…

    La critique complète sur : https://riennesopposealalecture.blogspot.com/2018/12/les-vestiges-du-jour-de-kazuo-ishiguro.html

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  • Un livre tout en nuances et en retenue, à l’image du héros du livre, Mr Stevens, un majordome dans la plus pure tradition britannique, attaché depuis plus de 30 ans au domaine de Darlington Hall.
    On comprend très vite que les changements ne sont pas les bienvenus dans sa vie et que les remises...
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    Un livre tout en nuances et en retenue, à l’image du héros du livre, Mr Stevens, un majordome dans la plus pure tradition britannique, attaché depuis plus de 30 ans au domaine de Darlington Hall.
    On comprend très vite que les changements ne sont pas les bienvenus dans sa vie et que les remises en question ne sont pas son fort.
    Sérieux, méticuleux et rigide, ce sont ses traits de caractère. D’ailleurs, il met un soin infini à nous expliquer ce que représente la grandeur et la dignité de sa fonction et son manque d’appétence pour le badinage. Mr Stevens doit à présent jongler avec le manque de personnel, un nouveau propriétaire américain qui semble très exotique à notre flegmatique majordome britannique et une société nouvelle où les Lords disparaissent.
    Parti sur les routes anglaises pour retrouver Mrs Kenton, ancienne intendante du domaine, et lui proposer de reprendre ses fonctions, Mr Stevens déroule les souvenirs de sa vie à Darlington Hall.
    Et on comprend petit à petit qu’il n’est peut-être pas si tranquille et froid qu’il aimerait le faire croire et que la présence de Mrs Kenton a été pour lui une source de perturbation qu’il a du mal à définir.
    Ce que j’ai aimé dans ce livre : l’écriture extrêmement élégante qui colle tout à fait au style du personnage de Mr Stevens. Les petites touches d’ironie qui montre les failles du majordome. Les échanges entre Mrs Kenton et Mr Stevens et la description pleine de sous-entendus de l’évolution de leur relation. La mélancolie qui se dégage de ce texte et de cette histoire d’amour manquée. La fin, bouleversante où Mr Stevens semble enfin faire tomber le masque.
    Ce que j’ai moins aimé : rien, j’ai vécu un moment de lecture délicieux de bout en bout.

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  • Proche de la fin de sa vie professionnelle, Mr. Stevens, majordome, part en voyage pour retrouver une ancienne gouvernante, Miss kenton, qu'il aimerait voir revenir dans son équipe.
    Ces quelques jours de vacances seront pour lui l'occasion de revenir sur sa vie professionnelle depuis les années...
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    Proche de la fin de sa vie professionnelle, Mr. Stevens, majordome, part en voyage pour retrouver une ancienne gouvernante, Miss kenton, qu'il aimerait voir revenir dans son équipe.
    Ces quelques jours de vacances seront pour lui l'occasion de revenir sur sa vie professionnelle depuis les années 1920, au service de Lord Darlington, qui par humanisme et volonté de préserver la paix, s'était un peu trop rapproché du régime hitlérien. Le rachat de la propriété par un riche américain, Stevens "faisant partie du lot", constitue une rupture ; le majordome n'est plus certain de donner totale satisfaction.

    L'occasion d'une réflexion sur le "don de soi" à son employeur, le refus de le critiquer, quoi qu'il fasse, la volonté d'appliquer ses directives, aussi contestables qu'elle soit (comme le licenciement de deux employées au motif qu'elles sont juives). A aucun moment Stevens ne remet en cause cette attitude, même lorsqu'il constate qu'elle a éloigné de lui la femme qui l'aimait en secret, et vers laquelle il revient trop tard.
    L'occasion également de revenir, même si ce n'est pas le thème central du roman, sur l'attitude ambiguë d'une partie de l'intelligentsia anglaise envers l'Allemagne d'Hitler avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale.

    L'écriture de Kasuo Ishiguro est lumineuse et limpide. Elle emporte le lecteur dans une lecture fluide qui ne tombe jamais dans la facilité. Un roman profond qui se dévore presque comme un polar !

    Un véritable chef d'oeuvre de la littérature moderne.

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  • Un moment de lecture succulent.
    Stevens, majordome anglais en fin de carrière, va effectuer un long trajet en vieille Ford. Les paysages anglais et leurs habitants sont illustrés par une plume exceptionnelle. Hormis quelques jours de congé proposés par son nouveau maître, le but de Stevens est...
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    Un moment de lecture succulent.
    Stevens, majordome anglais en fin de carrière, va effectuer un long trajet en vieille Ford. Les paysages anglais et leurs habitants sont illustrés par une plume exceptionnelle. Hormis quelques jours de congé proposés par son nouveau maître, le but de Stevens est de rejoindre une intendante avec qui il a travaillé dans le passé, en nourrissant le secret espoir de la faire revenir à Darlington Hall, sa maison. Maison qui, à la mort de Lord Darlington, a été achetée, incluant son personnel dont Stevens lui-même, par un riche Américain aux us et coutumes fort différentes de « sa seigneurie » décédé. Lors de ce voyage, Stevens va se remémorer des souvenirs et nous faire découvrir la vie d’un grand majordome, à coups de zooms, passé et présent. L’auteur va profiter de ces réminiscences pour braquer le projecteur sur d’autres sujets de réflexion tels : la noblesse, la dignité, la loyauté, le mérite, la toute-puissance des seigneurs et maitres mais aussi les préjugés, les jugements trop définis, l’obéissance aveugle, et comment les perceptions peuvent être trompeuses.
    Kazuo Ishiguro en faisant parler ce vieux majordome anglais, en profite pour poser des questions telles « Qu’est-ce qu’être « un grand » dans son domaine professionnel ? » et « Qu’est-ce qu’une bonne maison ? » Sujets sur lesquels tout travailleur et tout patron peuvent méditer.
    Comme un oiseau qui sort de sa cage dorée pour la première fois de sa vie, Stevens va découvrir une Angleterre de Darlington Hall à Weymouth, autre que celle de l’aristocratie et son servage. Il va prendre conscience en chemin que, enfermé dans une tour d’ivoire et totalement dévoué à un Lord, il est certainement passé à côté de sa propre vie, a manqué la connaissance des voyages, raté l’amour évidemment, n’aura pas fondé de famille bien entendu et n’a pas vu le monde évoluer.
    Pourtant, comme un serin en captivité, il retournera dans sa cage car là, a été toute sa vie même s’il a perçu le sentiment inquiétant qu’elle va être différente et que l’avenir va se révéler incertain car M. Farraday, le nouveau propriétaire américain n’a rien d’un vieil aristocrate anglais. Stevens sait qu’il faudra faire des efforts pour s’adapter et il a déjà repéré celui d’apprendre l’art du badinage face à l’humour du nouveau maitre. L’avenir s’annonce sombre aussi car ces maisons de maître tendent à disparaitre peu à peu du paysage britannique… C’est tout en délicatesse qu’Ishiguro annonce de façon très estompée, un malheur à venir, dû aux nouveaux modes de vie des jeunes générations…
    Par la simple expression du langage, on glisse dans la peau d’un domestique rigide, discipliné, formaté, servile, obéissant à l’aveuglement, rétrograde, obtus mais l’auteur va savoir griffer jusqu’au cœur de son personnage et y faire jaillir des sentiments profondément enfouis mais bien présents.
    Hormis tout cela, Ishiguro respecte le fameux « Comment cela va-t-il finir ? », car n’oublions pas que Stevens va à la rencontre de Miss Kenton devenue Mrs Brenn qui, dans un courrier semblait lui faire part d’un mariage malheureux et de ce fait suscita de la part du majordome, une interprétation peut-être erronée de la lettre reçue. Et, ce dénouement-là, c’est tout à la fin du roman… Et c’est sublime !
    L’écriture est un pur délice. Il aura fallu ce Prix Nobel 2017 pour faire réparation à une de mes lacunes littéraires majeures !! Quel écrivain d’exception ! Coup de cœur absolu.
    (Edité en 1989 – Actuellement en poche Folio)

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  • Une merveille une ecriture superbe, des émotions parfaitement retraduites une pudeur à lire, un moment exceptionnel

    Une merveille une ecriture superbe, des émotions parfaitement retraduites une pudeur à lire, un moment exceptionnel

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  • Oublier sa propre vie pour la mettre au service des autres, n'est-ce pas la qualité essentielle d'un majordome ? Voici l'histoire de M. Stevens, majordome anglais de père en fils, qui au cours d'un voyage sera amené à faire un point sur sa vie.
    Sa quête de la dignité, son ambition, ne l'ont-ils...
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    Oublier sa propre vie pour la mettre au service des autres, n'est-ce pas la qualité essentielle d'un majordome ? Voici l'histoire de M. Stevens, majordome anglais de père en fils, qui au cours d'un voyage sera amené à faire un point sur sa vie.
    Sa quête de la dignité, son ambition, ne l'ont-ils pas privé d'un tout autre destin, d'une histoire d'amour aussi ?
    Un très bon livre qui porte sur l'auto-analyse d'un homme et nous entraîne au coeur des émotions et des regrets d'un brave majordome..

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  • Ce livre est de ceux que l'on garde en mémoire! Derrière le masque de professionnalisme de Stevens, ses doutes et ses pensées nous accaparent, et nous emplissent d'une empathie réelle. Comme toujours, Ishiguro démontre un talent inégalé pour décrire des scènes du quotidien, rapporter des...
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    Ce livre est de ceux que l'on garde en mémoire! Derrière le masque de professionnalisme de Stevens, ses doutes et ses pensées nous accaparent, et nous emplissent d'une empathie réelle. Comme toujours, Ishiguro démontre un talent inégalé pour décrire des scènes du quotidien, rapporter des anecdotes qui nous plongent dans la vie de ses protagonistes, et nous y attachent.

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