Les mal-aimés

Couverture du livre « Les mal-aimés » de Jean-Christophe Tixier aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226436726
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d'éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers. Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d'événements étranges... Voir plus

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d'éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers. Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d'événements étranges se produit, chacun se met d'abord à soupçonner son voisin. On s'accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s'égrènent...
Jusqu'à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : "ce sont les enfants qui reviennent". Comme si le bâtiment tant redouté continuait de hanter les mémoires.

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Avis(8)

  • Le sujet est sombre à l’image de la couverture de ce roman et de ce titre qui sont vraiment un reflet de cette histoire.
    Tout tourne autour de la « terre », pas celle qui tourne autour du soleil, elle tournerait même le dos au soleil écrasant qui ponctue cette histoire. Une terre qui façonne...
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    Le sujet est sombre à l’image de la couverture de ce roman et de ce titre qui sont vraiment un reflet de cette histoire.
    Tout tourne autour de la « terre », pas celle qui tourne autour du soleil, elle tournerait même le dos au soleil écrasant qui ponctue cette histoire. Une terre qui façonne l’Homme. Une terre gorgée de misère et de sang. Les superstitions et les croyances à ce tournant de fin de siècle ont la main mise sur les consciences. On découvre les ravages de la misère et l’alcoolisme n’est pas la meilleure échappatoire.
    Je ne connaissais pas ces bagnes pour enfant qui étaient de véritables couloirs de la mort, l’enfer sur terre. Une lecture en entrainant une autre… cette histoire fait écho au roman « île aux enfants » d’Ariane Bois qui nous raconte une autre exploitation des enfants en milieu rural plus de 70 ans après.
    Jean-Christophe Tixier nous entraîne dans un enchaînement de vies et de morts. Dès la naissance, certains êtres sont voués à souffrir, à payer les fautes des parents.
    La terre nourri et la terre reprend, le fameux tu es poussière et tu redeviendras poussière ! Mais même pour être enterré il y a des différences, tous ne sont pas acceptés au même endroit. On sent les tensions entre l’obscurantisme religieux et la nouvelle pensée qui conduira à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
    Jean-Christophe nous dépeint les personnages clés de ces villages. Le curé, le docteur et l’instituteur… Ici il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Leur âme à l’air comme souillé par leurs actions et c’est comme si ce bagne avait répandu son malheur autour du village. On découvre que certains ont su et savent tirer profit du malheur des autres. Tout semble perverti, corrompu. Parfois il y a des consciences qui ne laissent pas tranquille.
    Les propriétaires terriens ne sont pas mieux lotis, l’avidité, la cupidité et l’instinct animal font ressurgir la monstruosité ordinaire.
    Ce n’est déjà pas très reluisant pour les hommes alors imaginez pour les femmes et les enfants !
    Ce roman n’a rien de misérabiliste, il n’est pas fait pour faire pleurer dans les chaumières, il n’y a pas de pathos. C’est un roman noir qui montre les bas instincts de l’homme dans un environnement délétère où l’on vit en vase clôt.
    Tout au long de la lecture on se demande : Que ressortira t-il de tout cela ? Est-ce qu’une fois que l’orage éclatera une petite lueur d’espoir apparaîtra ? Je vous laisse le découvrir.
    Chaque chapitre à pour incipit un extrait de documents officiels (réels) informant de cas d’enfant condamné au bagne et à chaque fois la conclusion est un décès. Cela donne un rythme avec une sentence qui tombe comme un couperet. Cela augmente la tension de ce qui se déroule au présent. Il y a comme un effet de miroir déformant. Les condamnations de ces enfants sont disproportionnés par rapport au délit, d’autant qu’on assiste à des scènes hautement plus condamnables qui ne sont pas jugées.

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  • Avec ce titre prometteur et cette belle couverture intrigante, j'ai été ravie de recevoir ce roman via ma participation en tant qu'Exploratrice du polar sur Lecteurs.com que je remercie.

    Il m'avait tapé dans l’œil en lisant la quatrième couverture et j'avais très envie de le...
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    Avec ce titre prometteur et cette belle couverture intrigante, j'ai été ravie de recevoir ce roman via ma participation en tant qu'Exploratrice du polar sur Lecteurs.com que je remercie.

    Il m'avait tapé dans l’œil en lisant la quatrième couverture et j'avais très envie de le découvrir.

    Dans ce polar où il est question de sujets forts comme les bagnes, les abus, la violence...

    Un univers nébuleux et mystérieux où se côtoient les superstitions, les vengeances, les secrets et les non-dits.

    Un début d'histoire qui m'a emballée, des personnages attachants comme Blanche, Etienne ou encore Géraud.

    Ces trois jeunes gens au passé très difficile, subissant des brimades, m'ont beaucoup touchée.

    J'ai été sensible par leurs parcours chaotiques, désirant en savoir plus, en poursuivant ma lecture.

    C'est une histoire sombre et à la fois énigmatique qui donne une atmosphère inquiétante et trouble. Une promesse d'une lecture addictive.

    Seulement, en enchaînant les chapitres, j'ai été gênée par la lenteur de l'histoire.

    Un texte qui manque pour ma part, de nervosité et de rebondissements dont j'ai besoin dans cette catégorie.

    Ce n'est évidemment que mon ressenti, je n'ai pas été autant séduite que je l'aurai souhaité, mais je suis sûre que ce polar plaira a bien d'autres lecteurs.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2019/05/les-mal-aimes.html

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  • Quelle ne fut pas ma surprise lors de la réception du roman de Jean-Christophe Tixier il y a de ça quelques semaines ! Ce livre je l'avais repéré, caressé au détour d'un rayon, fait de l’œil à chaque passage...pour le retrouver par magie dans ma boite aux lettres. Miracle ! Sélectionnée en tant...
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    Quelle ne fut pas ma surprise lors de la réception du roman de Jean-Christophe Tixier il y a de ça quelques semaines ! Ce livre je l'avais repéré, caressé au détour d'un rayon, fait de l’œil à chaque passage...pour le retrouver par magie dans ma boite aux lettres. Miracle ! Sélectionnée en tant qu'Exploratrice du polar sur Lecteurs.com, ma mission était donc de partir à l'assaut de l'étrange roman, gnark, gnark, gnark... Et pour l'étrangeté, on est servi. Ici point de meurtres spectaculaires, d'effusions de sang ou encore d'enquête mené par un moustachu, mais une ambiance noire, poisseuse. Que s'est-il passé dans ce village des Cévennes, marqué par la fermeture du bagne pour enfants en 1884 ? Dix-sept ans plus tard, une série de catastrophes fait remonter le souvenir du spectre de la "maison d'éducation" aux habitants pour qui, Dieu et Diable, régissent leur quotidien. Malgré des thèmes puissants, je n'ai malheureusement pas, ou peu, été sensible à cette lecture en dépit d'un enthousiasme débordant. Personne n'est parfait !

    Sombre et rural, "Les mal-aimés" est avant tout le témoin d'une époque et d'une certaine façon de vivre dans une France encore engluée dans la religion. A la veille de la loi de 1905 séparant l'Eglise et l'état, c'est tout un village et ses superstitions qui illustre parfaitement la dualité qui les anime. Ingénieux !

    De cette atmosphère lourde et électrique, cette communauté de paysans évolue au son des cloches de l'église et la crainte de Dieu avec pour scène de fond la libération des enfants bagnards dix-sept ans plus tôt. Par de maigres flash-back, l'auteur recontextualise les faits et lève le voile sur les mauvais traitements infligés aux enfants, mais aussi sur la complicité des habitants. Qu'ils aient travaillé au bagne ou simplement détournés le regard, le mutisme fait son oeuvre...

    En débutant chaque chapitre par un extrait des registres d'écrou d'une maison d'éducation de l'Hérault et par d'habiles suggestions, le romancier évoque les sévices, mais surtout les conséquences de tels actes qui ont été cautionnés et, même encouragés. Car sous l'accumulation d'étranges phénomènes qui saisissent la bourgade, se conjugue culpabilité et misère sociale.

    Vous l'aurez compris, ici point d'actions démesurées, mais un égrènement du temps assez lent où les actions passé se rappellent aux hommes et aux femmes. Alors pourquoi ce rendez-vous manqué me direz-vous ? Le rythme ! Trop linéaire pour moi, j'avoue m'être ennuyé malgré une plume riche et un intérêt certain. Ma déception tient surtout du fait que je m'étais fait une idée assez précise du roman qui ne correspond pas du tout à la lecture. La faute à mon imagination débordante ? Certainement ! Merci encore à Lecteurs.com d'ouvrir mon champ littéraire. :)

    http://bookncook.over-blog.com/2019/05/les-mal-aimes-jean-christophe-tixier.html

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  • Sur ce plateau perdu des Cévennes, ils sont une poignée, en ce tout début de 20e siècle, à s’échiner jour après jour, jusqu’à l’usure, contre la terre et le climat, pour une maigre et bien incertaine subsistance. Cela fait dix-sept ans que le bagne pour enfants qui domine le bourg a fermé, après...
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    Sur ce plateau perdu des Cévennes, ils sont une poignée, en ce tout début de 20e siècle, à s’échiner jour après jour, jusqu’à l’usure, contre la terre et le climat, pour une maigre et bien incertaine subsistance. Cela fait dix-sept ans que le bagne pour enfants qui domine le bourg a fermé, après une enquête sanitaire. Autant de revenus perdus, car bon nombre des paysans, hommes ou femmes, y prêtaient main forte, comme lingère, cantinière ou gardiens. L’austère bâtiment abandonné n’en finit plus de projeter l’ombre du passé sur le village : lorsque le malheur commence à frapper et que se mettent à s’enchaîner les catastrophes, la peur ne tarde pas à échauffer les esprits et à faire resurgir les mauvaises consciences et les souvenirs.

    Comme au son d'un glas, chaque chapitre s’ouvre sur un extrait des registres d’écrou de la maison d’éducation surveillée de Vailhauquès, dans l’Hérault : sinistre égrenage des entrées et des sorties, ces dernières toutes en direction du cimetière qui hante tant les villageois. C’est quasiment le seul mais lancinant élément descriptif de cette prison : le reste nous parvient au travers de la mémoire des hommes qui y travaillèrent et se firent complices des atrocités commises.

    A vrai dire, ce n’est pas tant le remords qui semble torturer cette communauté où chacun a contribué à sa manière au sort des petits détenus : y compris l’instituteur qui fit office de pourvoyeur ; le curé, convaincu de l’irrécupérable perversion de ces enfants, pour la plupart illégitimes ou abandonnés ; et même le médecin de passage, diligenté pour enquête sur dénonciation, et qui n’a rien signalé dans son rapport. Ce sont plutôt les superstitions et la crainte du châtiment divin, plus précisément l’effroi de devoir rendre compte au Diable, qui, pour sûr, a maintenant jeté son dévolu sur ce bout de terre, preuves en sont les mauvaises récoltes, la maladie des bêtes et les accidents mortels. Le spectre de la sorcellerie n’est guère loin. Et les hantises de ce genre ne font qu’engendrer de nouvelles violences.

    Finalement, les conditions du bagne, aussi choquantes soient-elles, n’étaient, en quelque sorte, que le reflet de celles de l’extérieur : était-elle vraiment plus enviable la vie de ces petits commis de ferme, exploités et battus, à peine nourris, moins bien traités que les animaux dont ils s’occupaient ? C’est tout un ordre social qui a engendré le bagne, comme le résument les propos et les attitudes du curé de ce récit.

    La force de ce roman noir et éprouvant est de faire toucher du doigt les conditions sociales et les mécanismes humains qui permirent l’existence des bagnes : tout en sortant de l’oubli le sort dramatique de tous ces enfants rejetés au ban de la société, il plonge le lecteur au fond du désespoir et de la misère, dans les méandres de l’âme humaine dont il explore avec justesse les dilemmes et les lâchetés.

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