Les mains de Louis Braille

Couverture du livre « Les mains de Louis Braille » de Helene Jousse aux éditions Lattes
  • Date de parution :
  • Editeur : Lattes
  • EAN : 9782709661560
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Veuve depuis peu, Constance, la quarantaine, auteur de théâtre à succès, se voit confier l'écriture d'un biopic sur Louis Braille par son producteur et ami Thomas. Assistée d'Aurélien, mystérieux et truculent étudiant en histoire, elle se lance à coeur perdu dans une enquête sur ce génie oublié,... Voir plus

Veuve depuis peu, Constance, la quarantaine, auteur de théâtre à succès, se voit confier l'écriture d'un biopic sur Louis Braille par son producteur et ami Thomas. Assistée d'Aurélien, mystérieux et truculent étudiant en histoire, elle se lance à coeur perdu dans une enquête sur ce génie oublié, dont tout le monde connaît le nom mais si peu la vie.
Elle retrace les premières années de Louis Braille, au tout début du XIXe siècle, ce garçon trop vif qui perd la vue à l'âge de trois ans à la suite d'un accident. Déterminé à apprendre à lire, il intègre l'Institution royale des jeunes aveugles. Mais dans ce bâtiment austère et vétuste, où les petits pensionnaires sont élevés à la dure, nul n'entend leur enseigner la lecture. Et pour cause : il n'existe aucune méthode. Constance découvre le combat de Louis pour imaginer la lecture au bout des doigts, jusqu'à l'invention, à même pas dix-huit ans, du système qui a révolutionné depuis la vie de tous les aveugles.
Dans ce roman, hommage à ce garçon dont le génie n'avait d'égale que la modestie, Hélène Jousse entremêle les vies et les époques et explore la force de l'amour, sous toutes ses formes. Avec une question qui affleure : qu'est-ce qu'un destin, sinon une vie qui fait basculer celle des autres ?

Donner votre avis

Avis(8)

  • « Les mains de Louis Braille » est une évocation de l’inventeur de l’alphabet du même nom, qui permet aux non et mal-voyants de lire avec leurs doigts et qui sert partout dans le monde.
    Le XIXe siècle qui l’a vu naître est montré dans toute sa rudesse vis-à-vis des personnes handicapées,...
    Voir plus

    « Les mains de Louis Braille » est une évocation de l’inventeur de l’alphabet du même nom, qui permet aux non et mal-voyants de lire avec leurs doigts et qui sert partout dans le monde.
    Le XIXe siècle qui l’a vu naître est montré dans toute sa rudesse vis-à-vis des personnes handicapées, l’institution où vit le jeune garçon est un labyrinthe insalubre où les enfants ne sont pas encouragés, plutôt abandonnés à leur triste sort ; en ces temps où la fatalité tient lieu de philosophie et où sortir de sa condition est une gageure (condition physique comme condition sociale), la plupart des adultes ne comprend pas pourquoi Louis veut apprendre à lire alors qu’il est non-voyant et aider celles et ceux qui lui ressemblent. J’ai beaucoup aimé l’humanité avec laquelle l’auteure dépeint ce petit garçon avide de savoir, bon et généreux, et qui le restera toute sa vie durant.
    Et je me suis réjouie de savoir que cet homme modeste et simple repose au Panthéon, parmi les grands hommes où il a toute sa place.
    L’auteure excelle également à montrer les relations d’amour qui lient Louis à ses parents, son père si pudique, sa mère si fine et perspicace (quand elle comprend qu’il va perdre la vue, elle l’emmène dans les champs pour qu’il emplisse sa mémoire de la beauté de la nature). De très belles pages aussi sur l’amitié entre copains de classe (ou plutôt de galère dans le cas présent), ou celle partagée avec un adulte à la vie qui fut difficile...
    Je suis plus réservée sur tout ce qui entoure l’écriture de la vie de Louis Braille et qui me semble souvent tiré par les cheveux : l’histoire d’amour entre la narratrice et le producteur de cinéma qui lui commande un scénario, la mort du mari qui a précisément perdu la vue dans les derniers mois de sa vie, la grossesse-surprise... Tout cela me semble au final inutile et encombrant, la vie de cet homme exceptionnel qu’était Louis Braille n’ayant pas besoin d’artifices et d’ajouts scénaristiques pour être, en soi, le matériau d’une biographie formidable.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Louis a quatre ans quand sa vie bascule. Il est seul dans l'atelier de son père, bourrelier à Coupvray, debout sur un tabouret, quand il perd l'équilibre et se plante un poinçon dans l'oeil. Très vite pris en charge, Louis n'échappera pas à l'infection qui suivra, atteindra l'autre oeil et lui...
    Voir plus

    Louis a quatre ans quand sa vie bascule. Il est seul dans l'atelier de son père, bourrelier à Coupvray, debout sur un tabouret, quand il perd l'équilibre et se plante un poinçon dans l'oeil. Très vite pris en charge, Louis n'échappera pas à l'infection qui suivra, atteindra l'autre oeil et lui fera perdre la vue. Entouré par l'amour de ses parents, soutenu par leur force et leur foi, Louis va croire en son destin, combattre ce coup du sort et mettre sa vie au service des autres...

    Hélène Jousse signe ici un très beau premier roman. Je ne sais pas qui de sa passion pour la sculpture ou son admiration pour le personnage lui permettent de nous immerger dans la vie de Louis Braille, mais on pourrait très bien imaginer nos mains toucher doucement le visage de ce garçon hors du commun.

    Mais si Hélène Jousse nous fait découvrir ce personnage malheureusement très peu connu, elle réussit habilement à mélanger les époques et à rythmer le récit avec Constance, cette jeune veuve qui se voit confier la lourde tâche d'écrire un scénario pour un futur film sur le jeune aveugle.

    Le roman prend une autre dimension et on peut sentir la force et la volonté de Louis quand il comprend qu'il peut inventer une méthode pour lire et écrire. On le ressent car Constance, dont la perte douloureuse de son époux la laisse vide et triste, renaît doucement à la vie aux côtés de Louis.
    L'amour, la foi et la générosité de cet homme, va l'aider à revenir parmi les vivants, accepter le vide de l'absence et croire encore en l'avenir...

    Merci à NetGalley et aux Éditions J-C Lattès pour leur confiance, ainsi qu'aux 68 premières fois pour la découverte...

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • «Les Mains de Louis Braille, voilà Aurélien le titre du film, et la pierre d’angle de notre récit! Tout repose sur les mains de Louis, ce sont des mains qui voient, ce furent les premières mains à lire, c’est un morceau de corps glorieux qu’on s’arrache, c’est la nuit qu’on traverse. Elles ne...
    Voir plus

    «Les Mains de Louis Braille, voilà Aurélien le titre du film, et la pierre d’angle de notre récit! Tout repose sur les mains de Louis, ce sont des mains qui voient, ce furent les premières mains à lire, c’est un morceau de corps glorieux qu’on s’arrache, c’est la nuit qu’on traverse. Elles ne lui appartiennent plus dès lors qu’elles deviennent un symbole.» Je ne m’arrêtais plus. J’étais enflammée. «Les mains de Louis Braille ne sont pas des mains, elles sont la prunelle des yeux du monde aveugle!» J’exultais. Moi aussi je me les appropriais, d’emblée, d’instinct.»
    En confiant à une scénariste le rôle de narratrice, Hélène Jousse nous offre d'emblée plusieurs portes d’entrée à son roman, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Il y a d’abord celle qui nous fait découvrir Constance, la narratrice. La vie ne l’a pas épargnée puisqu’elle se retrouve désormais seule après le décès de son mari et va tenter d’apaiser sa douleur dans le travail. Une situation particulière qui va lui permettre, presque inconsciemment, de développer une sensibilité très particulière pour le sujet du film qu’elle prépare, un biopic consacré à Louis Braille, l’inventeur du système d’écriture pour aveugles qui porte aujourd’hui son nom. Et dont Thomas, le réalisateur, va profiter.
    Car Constance est scénariste. En la suivant, on va pouvoir découvrir comment se construit un film, comment un scénario s’étoffe, quel travail de repérage est nécessaire et comment on tente de remplir les lacunes d’une biographie. Aurélien, jeune recherchiste, va ici s’avérer d’un précieux secours. C’est notamment lui qui va apprendre à Constance le curieux marché passé entre l’État et la commune natale de Louis Braille: son corps est au Panthéon, ses mains sont à Coupvray.
    Hélène Jousse a eu la bonne idée de nous offrir un roman dans le roman. Il nous ramène au tout début du XIXe siècle, à ce jour funeste où le petit Louis s’amuse dans l’atelier de bourrelier de son père et se crève un œil avec un poinçon. Une blessure si vive qu’elle va entraîner la perte de son œil et, quelques jours plus tard, la perte de sa vue. Mais Louis est un garçon curieux, avide de savoir et à six ans, au fond de la classe, son instituteur ébahi découvre qu’il a enregistré les fondamentaux de l’arithmétique, de la grammaire, de l’histoire et de la géographie. Avec l’aide du curé, puis d’un nobliau de province, il est accepté à Paris, dans le seul établissement accueillant les jeunes aveugles. En fait, il s’agit d’un endroit insalubre où les élèves tombent comme des mouches. Mais là encore, Louis résiste aux difficiles conditions de vie et à la cruauté de l’équipe dirigeante.
    Il trouve d’une part du soutien auprès de Gabriel, un collègue avec lequel il s’entend à merveille – «Les deux forment un tandem incroyablement performant. Ils se sont trouvés.» – et d’autre part auprès du concierge qui brave le règlement et sa hiérarchie pour venir en aide aux pensionnaires. Il s’arrange par exemple pour donner de l’argile à Louis lorsqu’il est mis au cachot pour qu’il puisse passer le temps en façonnant la Terre (quand on sait qu’Hélène Jousse est aussi sculptrice, on imagine le plaisir qu’elle a dû éprouver en imaginant cette scène). Mais ces petites lueurs d’espoir ne peuvent enrayer l’inexorable déclin d’une institution si mal gérée. Le miracle va se produire en 1821, avec l’arrivée d’un nouveau directeur.
    Ce dernier va transformer le système éducatif en place et notamment proposer à Charles Barbier de La Serre de faire un exposé sur son système de codage par points mis au point pour l’armée.
    Gabriel et Louis s’enthousiasment, mais doivent bien vite se rendre à l’évidence: «celui qui voit ne peut avoir la moindre idée de l’île noire dans laquelle ils vivent, ni des passerelles nécessaires pour rejoindre le continent des voyants.» Quelques mois plus tard le «procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l’usage des aveugles et disposés pour eux» est créé.
    Constance parviendra-t-elle à vendre son histoire? Le film Les Mains de Louis Braille verra-t-il le jour? Je vous laisse le découvrir, tout comme le destin réservé à Louis Braille à la suite de son invention. Attendez-vous à quelques surprises!
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2019/04/09/les-mains-de-louis-braille/

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Merci à Hélène Jousse de m’avoir fait rencontrer ce petit Louis.
    Qui ne connait pas le nom de Louis Braille? Mais que sait-on de lui, si ce n’est sa formidable invention qui a révolutionné la vie des aveugles? Véritable génie, c’est entre 12 et 16 ans que Louis conçoit ce fabuleux système de...
    Voir plus

    Merci à Hélène Jousse de m’avoir fait rencontrer ce petit Louis.
    Qui ne connait pas le nom de Louis Braille? Mais que sait-on de lui, si ce n’est sa formidable invention qui a révolutionné la vie des aveugles? Véritable génie, c’est entre 12 et 16 ans que Louis conçoit ce fabuleux système de lecture et d’écriture à partir d’une écriture syllabique créée pour l ‘armée. Ensuite il y aura bien évidemment des petites modifications mais tout avait été pensé par un adolescent plein d’humilité.
    L’auteur a eu l’originalité de juxtaposer deux époques dans ce roman. Constance qui vit mal son veuvage se raconte pendant l’écriture du scénario d’un film sur Louis Braille. Les scènes du film alternent avec les notes de Constance sur son quotidien et ses difficultés d’écriture, la naissance d’un scénario ayant ses impératifs. Peu importe la vérité, pour le producteur, il faut capter l’attention du spectateur, le divertir, ne pas l’ennuyer et inventer au besoin. Mais Constance s’est attachée à Louis et ne veut pas trahir un si beau personnage. Les scènes de son scénario sont émouvantes et recréent avec beaucoup de sensibilité l’ambiance de l’Institution Royale des Jeunes Aveugles et les tâtonnements de Louis avant la réussite.
    Hélène Jousse, elle aussi, a certainement beaucoup inventé et brodé mais c’est le Louis Braille qu’elle m’a fait découvrir auquel je veux croire, même si le vrai Louis avait peut-être moins de qualités.
    Quel magnifique roman dévoré en 2 petites journées!
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2019/04/06/les-mains-de-louis-braille-de-helene-jousse/

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions