Les Islandais

Couverture du livre « Les Islandais » de Veronique Sales aux éditions Pierre-guillaume De Roux
Résumé:

C'est une histoire qui se répète inéluctablement. C'est l'expérience de l'éloignement et de l'abandon qui se poursuit, au fil d'une généalogie insidieuse. Apollinaire Hartog, témoin de cette malédiction, la voit s'inscrire dans l'histoire de ses parents et de ses grands-parents, à travers la... Voir plus

C'est une histoire qui se répète inéluctablement. C'est l'expérience de l'éloignement et de l'abandon qui se poursuit, au fil d'une généalogie insidieuse. Apollinaire Hartog, témoin de cette malédiction, la voit s'inscrire dans l'histoire de ses parents et de ses grands-parents, à travers la désolation de deux grandes guerres, dans une maison du nord de la France où l'on n'est protégé ni des fantômes ni de sa propre étrangeté sur terre. Expérience de l'abandon et de la séparation qu'il fera à nouveau autour du rêve brisé de Sagas, la revue d'études scandinaves qui réunit un microcosme étrange, soudé dans l'amour des contes et des légendes de l'Islande. Des personnages absorbés dans une conversation incantatoire avec les absents et les esprits, ceux qui arpentent des paysages entièrement dévolus au froid et à la neige. C'est cette chronique d'une glaciation annoncée, du renoncement et de l'ensauvagement, que retrace Véronique Sales dans ce récit qui célèbre à la fois l'opacité des individus et la toute-puissance de la littérature.

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Le courrier des auteurs

Véronique Sales répond à nos questions ! (25/06/2011)

1) Qui êtes-vous ? ! Il m'a fallu deux ans pour fonder les éditions Pierre-Guillaume de Roux. Au cours des 26 années qui ont précédé, j'ai traîné mes guêtres de directeur littéraire ou éditorial au sein de grandes maisons : La Table ronde, Julliard, Critérion, Bartillat, les Syrtes - dont je suis le cofondateur - ou le Rocher. J'avais débuté comme stagiaire chez Christian Bourgois avant de devenir co-producteur à France Culture. 2) Quel est le thème central de ce livre ? Il s'agit de la dilution irrépressible des liens les plus précieux à l'aune d'une débâcle historique très marquée. C'est une sorte de roman généalogique, doublée d'une chronique du Nord de la France en proie à la désolation de la Grande guerre avec ici et là des trous qui apparaissent dans la mémoire affective d'Apollinaire Hartog, héros du roman : sa mère n'a jamais retrouvé ses parents perdus de vue au moment des combats, son père n'a jamais connu le sien propre et pour cause, il n'est jamais revenu de la guerre. Voilà des pertes, des manques qui vont contribuer à faire naître chez Apollinaire une sorte de hantise et de nostalgie d'un ailleurs qui lui apparaît sous forme de lacs gelés, dans une lumière froide, presque sidérale aux confins du monde. Il trouvera tout naturellement refuge dans la littérature, celle de l'Islande avec ses mythes et ses légendes. Puis son histoire redémarre au sein de la revue Sagas qui abrite un véritable microcosme de déracinés à son image, peut-être enfin le monde qui lui convient. A un moment, l'espoir de maîtriser leur destin va les submerger quand la revue devient la propriété des salariés. Hélas, il s'agit d'une illusion. Car tous ces déracinés sont des monstres froids, incapables de se relier les uns aux autres. Inconsolables et étrangers. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? "Quand cela s'était-il produit, quand s'était-il senti investi de cette puissance, pour la première fois ? A Wambrechies, sans doute, au fond du jardin minuscule où Gabrielle s'acharnait à faire venir, comme elle disait, du jasmin et des saxifrages. Aristide allait et venait derrière la fenêtre, impatient. Le crépuscule s'était installé au-dehors. Où sont les enfants ? demandait-il, indéfiniment. A cette époque, déjà, Apollinaire avait prononcé un voeu de pauvreté. Des sentiments, il y avait longtemps qu'il n'en avait plus ; ce qu'il avait lu avait pris toute la place." 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Je songe au Clavier bien tempéré de Bach, témoignant d'une conversation entre étrangers qui revient tout le temps mais ne se résout jamais. Ne débouche jamais sur un accord mais approche au contraire de la solitude du grand Nord (comme Glenn Gould l'interprétait lui-même). 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Une écriture, un style exceptionnel. Véronique Sales joue d'un phrasé incomparable à la Henry James pour nous entraîner au fond de l'énigme la plus radicale des êtres. Au même moment, elle nous hante, elle nous grise en nous attirant sur les cimes de visions splendides : faisant surgir en pleine ville ces lacs gelés, ces soleils de fin du monde et ces cratères qui respirent l'inaccessible mais aussi le surnaturel. C'est le septième livre de Véronique Sales. Il n'est que temps de découvrir l'un des grands écrivains français contemporains.

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