Les heures rouges

Couverture du livre « Les heures rouges » de Leni Zumas aux éditions Presses De La Cite
  • Nombre de pages : 400
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : (non disponible)
  • Thème : Littérature Anglo-Saxonne
  • Prix littéraire(s) : (non disponible)
Résumé:

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l'être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l'aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans,... Voir plus

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l'être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l'aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d'écrire la biographie d'Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer - de son renoncement à une carrière d'avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n'a pas peur de l'avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l'arrière d'une voiture... Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu'elle a voulu aider les femmes.

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  • Sélection de janvier 2019 du Grand Prix Elle
    A propos de ce livre j’entends les mots dystopie : récit de fiction d’un monde utopique ou uchronie : récit événements fictifs à partir d’un point de départ historique. Pour ma part je crois que l’auteur décrit un monde qui existe déjà, si nous...
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    Sélection de janvier 2019 du Grand Prix Elle
    A propos de ce livre j’entends les mots dystopie : récit de fiction d’un monde utopique ou uchronie : récit événements fictifs à partir d’un point de départ historique. Pour ma part je crois que l’auteur décrit un monde qui existe déjà, si nous rassemblons à travers les pays, les différents interdits faits aux femmes et l’interdiction de vivre différemment même dans nos démocraties, il me semble que nous en sommes là. Cela n’est pas exposé en vitrine, mais cela pointe du nez dangereusement.
    D’emblée le lecteur est confronté à une écriture âpre, râpeuse et à des descriptions dures, découpées au scalpel. Femme je suis et me suis toujours battue pour vivre le plus libre possible, et j’ai eu mal au ventre de multiples fois pendant ma lecture.
    De quoi s’agit-il, à travers le portrait de quatre femmes :
    — Ro, 42 ans, professeur et biographe d’une exploratrice islandaise du XIXème siècle. Elle souhaite avoir un enfant et pour cela se prête à de multiples procédés pour être enceinte. Un véritable parcours du combattant.
    « Il faut que ça marche cette fois-ci. Elle se tiendra assise à son bureau pendant les cours, veillant à ne pas bouger un seul muscle, soucieuse d’éviter tout mouvement intempestif du bassin ; les ovules flotteront alors en toute liberté dans les fluides des trompes, sans croiser le moindre obstacle ; et un ovule touché par le sperme accueillera un unique spermatozoïde envahisseur, prêt à fusionner et à se fragmenter. »
    —Susan, mère au foyer, ne supporte plus le ronron de sa vie ou plutôt le chaos quotidien, où elle ne s’épanouie pas.
    « Au cours de l'heure écoulée, les enfants : se sont roulés par terre en se tapant dessus ; ont mangé un reste de pop-corn mélangé à du yaourt au citron ; demandé à l'épouse s'ils pouvaient regarder encore la télé ; vu leur demande rejetée ;
    navigué et joué avec leurs peluches : renversé le lampadaire ; perdu un cil ; demandé à l'épouse pourquoi son anus flotte dans l'espace alors qu'il devrait être dans son derrière ; frappé et palpé ;
    demandé à l'épouse ce qu'il y avait pour le dîner ; appris qu'il y aurait des spaghettis ; demandé à l'épouse quelle est à son avis la meilleure sauce pour des spaghettis à la fesse. »
    — Mattie, meilleure élève de Ro, 16 ans génie des mathématiques et enceinte dès sa première fois.
    « Pourvu qu’il soit souillé de sang. D’un flot de glaires noires, rouges striés de noir. Elle baisse son slip. Blanc comme neige. »
    — Gin, marginale, guérisseuse, surtout femme blessée, malmenée, qui a dû abandonner sa fille. Dire si elle guette, si elle s’évertue à aider les femmes afin qu’elles ne subissent pas ce qu’elle vit.
    « Elle a été déçue d'apprendre le nom de la fille - un prénom si convenable. Le sien n'est pas mieux. Au fil des années, les gens lui ont demandé : C'est Virginie ? Jennifer ? Non, Gin tout court. Le nom d'une parente ? Non, d'un alcool. Ah ! très drôle, mais en fait, ça vient d'où ? En vérité, c'était bien le gin, l'alcool préféré de sa mère. »
    La construction du livre est déstructurée comme notre monde, chacune est plus souvent désignée par sa fonction que par son prénom, le livre est brutal et j’ai souvent pensé à ses manifestants contre la GPA, l’IVG et toutes ses progrès qui sont des possibilités de maîtriser sa vie, oui des « libertés » que je mets entre guillemets car le parcours à faire et les conséquences sont lourds à porter.
    En filigrane, Ro nous offre son travail de biographe sur cette exploratrice islandaise, femme libre mais qui finalement exerce sa liberté à son seul profit.
    J’aurais aimé que cette partie soit plus développer dans ses comparaisons et que le concept de liberté soit mis en exergue de façon plus radicale.
    Un livre qui est un signal d’alerte et qui montre que les libertés des femmes doivent être en permanence sous surveillance afin qu’elles ne disparaissent.
    Un monde qui apparaît robotisé et lobotomisé pour moi ce n’est pas une fiction.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 27 novembre 2018.

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  • « Les heures rouges » est une dystopie féministe et engagée. Les États-Unis viennent d'adopter une loi qui vise à interdire l'avortement ainsi que la PMA et l'adoption aux femmes seules, dans un avenir très proche.
    Ce livre est une fiction mais c'est une situation qui pourrait arriver car le...
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    « Les heures rouges » est une dystopie féministe et engagée. Les États-Unis viennent d'adopter une loi qui vise à interdire l'avortement ainsi que la PMA et l'adoption aux femmes seules, dans un avenir très proche.
    Ce livre est une fiction mais c'est une situation qui pourrait arriver car le droit à l'avortement n'est jamais acquis ; preuve en est : Trump s'est attaqué à ce droit en interdisant le financement d'ONG qui soutiennent l'avortement ainsi que les subventions aux plannings familiaux qui pratiquent les IVG. C'est pour cette raison que cela en fait un livre choc et fort, qui ne peut laisser insensible car il faut se battre pour conserver ce droit qui n'est pas acquis.

    L'auteure fait le choix d'utiliser plusieurs voix. Nous suivons le destin de plusieurs femmes qui habitent dans l'Oregon près de Salem. Elles sont courageuses et bouleversantes, à travers des parcours de vie très différents les uns des autres :
    Une enseignante quadragénaire, célibataire souhaite avoir un enfant en ayant recours à la PMA et qui en parallèle rédige la biographie d'une pionnière Eivor Minervudottir, une exploratrice islandaise du 19ème siècle dont nous suivons aussi le destin.
    Une jeune adolescente se retrouve enceinte et veut avorter en passant au Canada.
    Une femme en couple qui a deux enfants et désire changer de vie
    Une femme avec des talents de guérisseuse, qualifiée de sorcière car elle vit isolée dans les bois en marge de la société, fait le choix d'aider les femmes en leur prescrivant des potions qu'elle réalise avec des plantes.

    « Les heures rouges » est un ouvrage qui amène à la réflexion et qui rappelle que dans une société patriarcale, les droits des femmes peuvent reculer et ne sont jamais totalement acquis.
    C'est un roman d'actualité résolument engagé et poétique qui m'a beaucoup plu. J'ai trouvé la construction du livre très intéressante.
    L'auteure nous fait suivre des femmes différentes et nous permet de nous rendre compte des difficultés que doivent affronter chacune d'elles.

    J'ai beaucoup aimé la solidarité entre ces femmes qui est mis en avant, à travers le récit.
    Je me suis beaucoup attachée au personnage de la guérisseuse pour qui j'ai ressenti de l'empathie de par son enfance, sa solitude et son envie d'aider les autres.
    J'ai eu un gros coup de coup de cœur pour ce livre passionnant et humain dont l'auteure a su aborder le droit des femmes dans une fiction avec beaucoup d'intelligence et d'émotion.

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  • Quatre femmes, quatre vies, quatre passés, quatre avenirs plus une cinquième qui vécut au 19ème siècle, voilà ce dont nous parle Leni Zumas.

    Après l’élection d’un nouveau président (tiens tiens, ne serait-il pas fait allusion au 45ème) une nouvelle loi est promulguée : sous 10 jours ,...
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    Quatre femmes, quatre vies, quatre passés, quatre avenirs plus une cinquième qui vécut au 19ème siècle, voilà ce dont nous parle Leni Zumas.

    Après l’élection d’un nouveau président (tiens tiens, ne serait-il pas fait allusion au 45ème) une nouvelle loi est promulguée : sous 10 jours , l’avortement, la procréation assistée et l’adoption seront possible que pour les couples (un père et une mère pour tous) pour les autres cela relèvera du délit, les femmes vont devoir trouver des solutions, imaginer des stratagèmes pour résoudre leurs problèmes. Car il s’agit bien d’une affaire de femmes, en voyant la couverture on se doute du climat de ce roman.

    En utilisant la dystopie pour nous parler de la maternité sous des formes différentes, on ne peut s’empêcher de penser à La Servante Ecarlate de Margaret Atwood …. bien sûr mais j’ai trouvé que l’auteure, en prenant quatre femmes à notre époque, quatre vies et âges différents et quatre situations que peuvent connaître (tout du moins pour trois) qu’elles peuvent connaître ou avoir connues, abordait la féminité, la place dans la société et la maternité sous des angles différents.

    Roberta (Ro) , professeur d’histoire qui rédige une biographie sur Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle mais qui enchaîne PMA sur PMA sans succès, qui ne veut qu’être mère, seule, Susan, la femme au foyer qui ne supporte plus la vie qu’elle mène entre son mari Didier, collègue de Ro,et ses deux enfants, qui devient un robot sans âme, Mattie, l’adolescente, brillante élève de Ro qui est enceinte d’un « infiltré » dans son corps dont elle veut se débarrasser à tout prix et Gin, la guérisseuse, celle qui vit loin de la civilisation mais dont la civilisation a besoin pour résoudre les questions insolvables, celle que l’on montre du doigt, celle dont on se méfie parce qu’elle peut vous ensorceler mais qui a en sa possession les médecines ancestrales.

    Elle peut simplement se sentir en harmonie avec elle-même sans expliquer pourquoi, ni s’en excuser, sans concocter un plaidoyer pour démonter l’argument qui voudrait qu’elle ne soit pas vraiment heureuse et se leurre pour se protéger. (p37)

    En prenant certaines références comme le choix de la ville de Salem, célèbre pour son procès de sorcières au 17 siècle, l’auteure installe un climat de tension ets’attaque à la condition féminine et à une régression de ses droits par une société puritaine.

    J’étais un peu perdue au début de ma lecture : une exploratrice islandaise du XIXème siècle sans tête de chapitres, des textes courts avec des ratures, les quatre femmes n’étant évoquées que par leur fonction : la jeune fille, la guérisseuse, la biographe, l’épouse, les réduisant à une fonction m’a d’abord interrogées. Des bribes d’information mais c’est assez vague, on ne comprend pas tout de suite le lien entre toutes ces femmes.

    Mais au fil des pages on comprend que cette exploratrice dont Ro rédige la biographie, dont on suit la dernière expédition, va guider notre lecture dans les méandres d’un monde qui replonge dans l’obscurantisme.

    Il est question de maternité, de stérilité, d’avortement

    Elle plante les deux pouces dans son centre, où réside l’infiltré, cette chose. Pourvu qu’ils ne la laissent pas traîner au fond d’un seau. (p315)

    mais aussi de condition féminine, de violence, de chasses aux sorcières, dans un monde où la femme peine à trouver une place, sa place, à disposer de sa vie, de son corps, où la société juge sans chercher à comprendre, où les lois sont le plus souvent faites par des hommes.

    Les hommes n’ont d’ailleurs que peu de place dans ce roman, aucun rôle sauf celui peut être d’avoir érigés les lois. Un monde d’hommes pour des lois qui concernent principalement les femmes.

    Le parallèle entre la vie de Eivor, cette exploratrice qui ira jusqu’au bout de sa quête et les vies de ces femmes qui cherchent à donner un sens à leur vie, le sens qu’elle souhaite elle-même y donner est très judicieux car au lieu de penser que le monde évolue avec le temps, on se rend compte qu’il régresse plus qu’il n’avance. Il apporte un souffle de poésie, on voit à quel point le choix des mots est important pour sa rédactrice.

    Chaque personnage est particulièrement attachant : Roberta et Gin, les plus fortes, déterminées, Susan dans sa décision à mettre fin à une situation qui la mine mais ne trouve pas les mots ni le moment propice, Mattie, jeune fille qui réalise mal ce qui lui arrive. Elle sont fascinantes car fortes ou faibles, elles sont déterminées.

    Une fois compris la démarche de l’auteure quant aux personnages et la construction du récit, j’ai beaucoup aimé et me suis impliquée dans la démarche de ces quatre femmes et en tant que femme on ne peut que comprendre le ressenti de chacune, la révolte, même celui de Gin, qui détient bien des secrets, qui a été initiée par sa tante, Temple, guérisseuse elle-même et qui reste très présente…..

    Chacune a des douleurs, des secrets qui sont habilement distillés au fur et à mesure du récit, qui nous éclaire sur leurs caractères, leurs pensées et leurs décisions.

    J’ai évoqué les thèmes abordés mais il y a également la solitude, le choix, les hasards de la vie qui font que parfois on se trouve d’un côté ou de l’autre de la décision.

    C’est une évocation forte et belle de la condition féminine, avec ses peurs, ses craintes, ses doutes, ses luttes.

    N’être ni l’une ni l’autre

    Elle ne veut pas limiter sa vie à « en avoir un »

    Ni à « ne pas en avoir un »

    Cesser de réduire la vie à une case à cocher, à une case de calendrier

    Cesser de secouer la tête

    Aller à la manifestation en mai

    Faire plus que de participer à une manifestation

    Accepter de ne pas savoir

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  • Voilà un roman que je n’aurais très vraisemblablement pas remarqué si le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions PRESSES DE LA CITE ne m’avaient proposé un apéro littéraire avec l’auteur. Grand bien leur en a pris car j’ai découvert un roman engagé et féministe qui m’a interrogée et dont l’auteur...
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    Voilà un roman que je n’aurais très vraisemblablement pas remarqué si le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions PRESSES DE LA CITE ne m’avaient proposé un apéro littéraire avec l’auteur. Grand bien leur en a pris car j’ai découvert un roman engagé et féministe qui m’a interrogée et dont l’auteur a éclairé ma lecture lors de notre sympathique soirée dans le cadre du Festival AMERICA.

    Dans un futur proche aux ETATS UNIS, l’avortement est interdit, les femmes seules sont menacées à court terme de ne plus pouvoir avoir recours à la procréation médicalement assistée ni à l’adoption. A OREGON, village de pécheurs un peu retiré, quatre femmes se voient confrontées à ces nouvelles lois, elles prennent conscience, de manière encore plus violente, de leur condition de femme. Ro, célibataire quadragénaire est professeur d’histoire à l’université, elle écrit parallèlement la biographie de EIVOR, exploratrice islandaise du XIX ème siècle, femme extraordinaire mais peu célébrée. Elle rêve de devenir mère et ce rêve est sérieusement compromis par ces nouvelles lois. Mattie est l’élève de RO. Brillante, elle aspire à un bel avenir mais ses rêves sont brisés par son aventure sans lendemain avec le beau gosse du coin. Se rendant compte rapidement qu’elle est enceinte, elle tente par tous les moyens illégaux d’avorter. Susan est mère au foyer, elle ne supporte plus son mari, elle aime se retrouver seule sans enfant à prendre en charge, elle regrette d’avoir abandonné ses prometteuses études d’avocat et se sent enfermer dans sa vie. Enfin, Gin est une guérisseuse qui vient en aide aux femmes avec ses potions et ses concoctions. Ces agissements et ces remèdes dérangent, les hommes l’emprisonnent et l’accusent de sorcellerie.

    Les portraits de ces femmes que dressent Leni ZUMAS parleront à chacune des lectrices qui auront la curiosité de lire ce très beau roman. Elles se reconnaitront un peu dans chacune des héroïnes, ressentiront certainement de l’empathie pour chacune d’elles et auront vraisemblablement l’impression d’être l’une d’elles ou de l’avoir été à un moment de leur vie. Car en fait, Ro, Susan, Mattie ou Gin sont universelles et se battent ou se débattent avec un quotidien, des problèmes et des envies qui sont ceux de toutes les femmes. Les combats de celles-ci paraissent dépassés ou galvaudés alors qu’ils sont malheureusement encore d’actualité comme nous le prouvent les manifestations récentes ou les discours de certains politiques. Si parfois les épreuves que traversent les héroïnes du livre paraissent d’une autre époque, leurs luttes sont encore aujourd’hui à mener.

    Leni ZUMAS a réveillé en moi des souvenirs, des impressions et des douleurs qui sont encore vives, elle a su me murmurer à l’oreille qu’être femme hier, aujourd’hui ou demain est en fait un combat de tous les jours, de toutes les époques, que rien n’est acquis et qu’il faut lutter inlassablement. Les hommes qui liront ce roman se trouveront peut-être un peu exclus voire caricaturés en lisant certains passages mais en fait, ces postures mettent en évidence la souffrance des femmes, leur destinée, leur situation. Leni ZUMAS vous dira qu’elle a rencontré de tels médecins ou de tels maris, ils sont fictionnels mais aussi tellement réels.

    J’ai été captivée par ces destins de femmes, par le récit visionnaire de Leni ZUMAS et j’avoue avoir reposé ce roman avec une conscience encore plus aigue des menaces qui pèsent sur les femmes et leurs droits. Il est à noter que la vision alarmiste que nous livre Leni ZUMAS est déjà (ou toujours) une réalité dans certains pays et qu’il est important et urgent de rester vigilant face à certains mouvements réactionnaires !

    Un roman à lire, faire lire et qui fait réfléchir…

    MYMY
    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2018/10/01/36749328.html

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  • Roberta est le personnage principale de ce roman, elle as 40 ans et elle est célibataire, et elle est professeure et écrit la biographie d'une exploratrice polaire Eivior Minervudottir, mais son rêve le plus fou, porter un enfant dans ses entrailles, mais une loi va arriver qu'il interdit aux...
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    Roberta est le personnage principale de ce roman, elle as 40 ans et elle est célibataire, et elle est professeure et écrit la biographie d'une exploratrice polaire Eivior Minervudottir, mais son rêve le plus fou, porter un enfant dans ses entrailles, mais une loi va arriver qu'il interdit aux couples non mariées et aux personnes célibataires, ne pas adopter.

    Elle rencontre une de ses plus bonne élève : Maddie, elle est enceinte, et pleines d'ambitions, elle veut vraiment avorter, car elle veut faire des études, Roberta malgré sa douleur l'as soutient.

    Il y aussi Susan, mariée, deux enfants, mais elle en peux plus de cette vie, elle veut tout larguer pour se réaliser dans sa vie professionnelle, elle en as marre de ce role de maman u foyer, on sens sa détermination et son courage, je suis vraiment admiratif.

    Et puis il y a une guérisseuse, Gin, qui aides les femme comme elle peut, mais elle est arrêtée pour sorcellerie, elle est pris dans un engrenage, se sacrifie par amour.

    Très jolie livre, très émouvant, j'ai adorer les histoires de ces femmes qui s'entrechoquent, on sens dans chaque histoire de la ténacité, et ça nous fait penser de ne jamais oublier que des femmes avant nous se sont battues pour nos droits, et on doit toujours leur rendre hommage, ou sinon, nos vies aurait pu ressembler a ces femmes, est ce qu'on aurait eu autant de courage ?

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  • Rentrée littéraire, quand tu nous tiens ! Qui dit rentrée, dit découverte, et en voici une bien intéressante placée sous le signe de la politique et du féminisme. Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, mais rassurez-vous Leni Zumas, loin d'être moralisatrice, utilise avec pertinence sa plume...
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    Rentrée littéraire, quand tu nous tiens ! Qui dit rentrée, dit découverte, et en voici une bien intéressante placée sous le signe de la politique et du féminisme. Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, mais rassurez-vous Leni Zumas, loin d'être moralisatrice, utilise avec pertinence sa plume pour dépeindre un pays victime d'une vague conservatrice dans lequel quatre portraits de femmes se font écho. Légèrement d'anticipation, ce récit pourrait être celui de demain et c'est bien cela qui le rend aussi convaincant. Car imaginez un seul instant que l'avortement soit absolument interdit. Que les célibataires n'ai plus droit ni à la procréation in vitro ni à l'adoption, uniquement réservée  aux couples. Que l'image de la femme célibataire soit associée à un caprice ou à la marginalité. C'est ainsi que la romancière à travers la voix de Ro, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes au parcours et aspirations différentes, tente de nous alarmer sur la remise en cause des acquis de droits fondamentaux. Il y a du Margaret Atwood dans ce roman, mais il y a surtout une furieuse envie de pointer du doigt les oppresseurs d'hier, surtout d'aujourd'hui et peut-être de demain... 

    Dans les Etats-Unis de demain, l'avortement est depuis maintenant deux ans strictement interdit. L'adoption et la PMA en passe de l'être également pour les femmes célibataires. A Newville, dans l'Oregon, le destin de quatre femmes vont être intrinsèquement lié face à l'oppression publique. Il y a tout d'abord Ro, quarante-deux ans, prof d'histoire "aux ovaires déficients", qui tente d'écrire la biographie d'Eivor, une exploratrice islandaise du XIXe s. éprise de liberté. Puis il y a Susan, femme de Didier et femme au foyer, reléguée au rang de mère, épouse et femme de ménage, n'aspirant qu'a profiter d'un peu de solitude. Mattie, meilleure élève de Ro, promise à un brillant avenir dans le domaine scientifique qui se laisse dépuceler à l'arrière d'une voiture. Et enfin Gin, guérisseuse et herboriste, marginalisée et accusée de sorcellerie pour venir en aide aux femmes. Celles-ci vont se croiser, s'entraider et parfois se juger, mais toujours faire preuve de détermination.

    Avec un style intimiste qui peut parfois étonner, Leni Zumas met les pieds dans le plat ! En ne désignant pas le gouvernement actuel, elle ne fait que renforcer l'image qu'elle a de lui. Au bord du gouffre social, elle dénonce l'utilisation et la non-disposition des corps féminins dans un monde de plus en plus conservateur.  

    Sans détour, la romancière montre l'impact de cette mentalité régressive sur le quotidien de ces femmes dont le courage est égal à leur détermination. Avec subtilité, elle suggère, propose, donne des pistes de réflexions au travers de ces quatre personnages, plus un avec Eivor, non seulement par l'écriture, mais aussi le visuel qui couvre la couverture du roman. De celle-ci, aux différentes nuances de rouge qui évoquent le sang, mais aussi l'anatomie féminine, j'y vois aussi le combat. Le combat d'une génération passée et future pour des droits ignorés et bafoués.

    J'ai aimé les protagonistes, leurs différences, leur évolution comme leurs relations contradictoires. De l'amertume des unes, d'autres trouvent la force, la force de dire non, de prendre leur destin en main. Chacune définit sa propre féminité et chacune en est la victime.

    Des mots jutes, il m'a fallu un petit temps d'adaptation face à la prose parfois déconcertante de l'auteure. Alors que rien n'est laissé au hasard, on se surprend à espérer, trembler et suffoquer auprès d'elles. Ro, va-t-elle réussir à procréer ? Susan arrivera-t-elle à s'imposer ? La vie de Mattie sera-t-elle réduite à une erreur, et Gin sera-t-elle jugé coupable de sorcellerie ? Autant de questions que de réponses, et plus dans ce très bon roman écrit dans l'urgence d'une situation problématique.

    http://bookncook.over-blog.com/2018/09/les-heures-rouges-leni-zumas.html

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  • Il m’a fallu un peu de temps pour digérer ma lecture… Non que je n’aie pas aimé, bien au contraire, mais c’est une lecture dense en émotion et en qualité.

    L’auteure nous propulse dans un futur proche… Parfois on le sent tellement proche que cela en est effrayant, dans lequel les puritains...
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    Il m’a fallu un peu de temps pour digérer ma lecture… Non que je n’aie pas aimé, bien au contraire, mais c’est une lecture dense en émotion et en qualité.

    L’auteure nous propulse dans un futur proche… Parfois on le sent tellement proche que cela en est effrayant, dans lequel les puritains s’imposent aux Etats-Unis avec de nouvelles réglementations sur l’avortement, l’adoption et la procréation médicalement assistées…

    Vous pensez que c’est du déjà vu ? Vous pensez bien ! L’avortement est interdit, l’adoption et les PMA sont réservés aux couples mariés.

    L’auteure n’a pas eu à inventer un univers pour présenter le sien, il lui a suffi de se pencher sur ce qu’elle a glanée, que ce soit dans les médias, dans les discours politiques et aussi dans l’obscurantisme de certaines personnes…

    Quatre femmes, quatre portraits qui vivent une féminité et une maternité différente, sans qu’aucune ne soit pointée comme la bonne. Ro (la biographe), Susan (l’épouse), Mattie (la fille) et Gin (la guérisseuse). L’auteure, sans jugement, dépeint ce que ces femmes ressentent, ce qu’elles appréhendent et chaque lectrice se retrouvera dans un des portraits.

    Même si les personnages sont bien construits avec une entité propre, on ne peut s’empêcher de penser que malgré la densité, l’auteure n’a fait qu’effleurer le haut de l’iceberg. Au lecteur de faire travailler ses méninges pour y trouver son compte. Une belle réflexion sur le possible devenir des droits des femmes.

    Un bond en arrière, tout en étant dans ce futur glauque à souhait, puisque l’avortement devient illégal aux Etats-Unis. Les peines que ces femmes encourent lorsqu’elles décident de braver les interdits, mais aussi les risques que cela comporte d’avorter dans des cliniques secrètes, sans hygiène. Les femmes célibataires ne pouvant plus adopter, ni accéder aux PMA…

    Avec une plume froide, parfois ironique, d’une violence qui peut déranger, l’auteure présente son intrigue comme un documentaire romancé, mais qui nous pousse à nous interroger sur certains choix politiques. Une plume distancée, comme un médecin qui pose son diagnostic, clinique, comme pour décortiquer, exposer les possibles travers du conservatisme. Chaque personnage, malgré des trajectoires, des vies et des envies différentes est piégé dans un imbroglio dont la porte de sortie laissera une emprunte destructrice.

    Pendant ma lecture, j’ai beaucoup pensé à cette phrase de Simone de Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. ».

    J’ai également pensé à cette fragilité des droits acquis depuis tellement peu, au regard des siècles de soumission au le pater familias qui est ici représenté par le gouvernement conservateur.

    Une dystopie qui a tout d’un signal d’alarme où la plume de l’auteure a parfois des envolées lyriques au service de la femme et de ses droits à disposer d’elle-même. Un roman fort, engagé où la femme est la pièce maitresse contre l’obscurantisme et le conservatisme.

    https://julitlesmots.com/2018/09/14/les-heures-rouges-de-leni-zumas/

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  • Newville est une petite bourgade de l'Oregon, au Nord-ouest des Etats-Unis. C'est dans ce coin de l'Amérique profonde que Leni Zumas a situé son nouveau roman et a choisi de nous retracer le combat de quatre femmes très différentes et pourtant reliées par un lien aussi invisible que fort. Gin,...
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    Newville est une petite bourgade de l'Oregon, au Nord-ouest des Etats-Unis. C'est dans ce coin de l'Amérique profonde que Leni Zumas a situé son nouveau roman et a choisi de nous retracer le combat de quatre femmes très différentes et pourtant reliées par un lien aussi invisible que fort. Gin, aussi appelée la guérisseuse, est une marginale, que l'on vient consulter parce que l'on craint les médecins et surtout le qu'en-dira-t-on, est peut-être en fin de compte la plus censée et la plus libre de toutes.
    Car dans la bourgade les tensions s’exacerbent, en raison d’un amendement voté par le Congrès sur l’identité de la personne qui décrète le droit à la vie dès la conception, ce qui rend notamment l’avortement illégal et pose de graves problèmes s’agissant de PMA et de dons d’ovule et de sperme, le transfert d’embryons dans l’utérus étant désormais interdit.
    Bien entendu, il s’agit d’une dystopie, mais on sait que dans les Etats-Unis de Trump une large fraction de la population se bat pour ce type de régression qui entend faire de la seule cellule familiale traditionnelle le seul et unique modèle acceptable.
    Mais revenons à nos quatre femmes. Si Gin est une observatrice attentive du microcosme qui gravite autour d’elle, Roberta est directement concernée par la nouvelle législation. Cette prof d’histoire a en effet décidé de faire un bébé toute seule. À 42 ans son horloge biologique tourne et elle se dit que la prochaine fécondation in vitro sera sans doute la dernière. Tout en décrivant sa peine, son mal-être et son combat, Leni Zumas a eu la bonne idée d’entrecouper le récit avec des extraits de la biographie sur laquelle Roberta travaille et qui retrace la vie de l’exploratrice polaire Eivør Mínervudottír au XIXe siècle. Cette islandaise intrépide a aussi été victime de l’ostracisme et de la misogynie.
    L’une des plus brillantes élèves de Roberta est Mattie. Quinze ans à peine et elle aussi en proie à un terrible dilemme. Sa première expérience sexuelle tourne au drame. Elle se retrouve enceinte et va éprouver toutes les peines du monde à avorter, le Canada ayant érigé un «mur rose» pour empêcher les Américaines de franchir la frontière pour avoir recours à une IVG.
    Reste Susan, la mère de famille qui n’a, à priori, pas à se préoccuper de ces questions. Mais Leni Zumas est bien trop habile pour ne pas ajouter à ce panorama une femme bien sous tous rapports. Susan est mariée, mère de deux enfants qu’elle a choisi d’élever en mettant entre parenthèses sa carrière d’avocate. Mais le bilan est bien amer. Entre un mari et des enfants qui la délaissent, elle sombre dans la déprime et envisage le divorce et même le suicide.
    Il faut d’abord lire ce beau roman comme un avertissement face à la montée d’un néo conservatisme qui viendrait mettre à mal les conquêtes si fragiles résultant d’années de luttes. La peur et la douleur qu’expriment ces femmes doit résonner auprès de tous les lecteurs comme un signal d’alarme.
    Parce que c’est sans doute ce manque de vigilance qui a piégé toutes les femmes qui, comme Roberta, ont cru à « une comédie politique, une surenchère de la Chambre des représentants et du Sénat ligués avec le nouveau président amoureux des fœtus». Jusqu’au jour où la loi est passée…
    http://urlz.fr/7BXe

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  • L'auteure conjugue ici sa vision d'un récent passé avec son imagination d'un proche avenir pour nous livrer une intrigue aussi puissante qu'inquiétante pour être d'une redoutable crédibilité. Dans une Amérique tristement régressive, la femme voit ainsi les droits qu'elle a mis tant de temps et...
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    L'auteure conjugue ici sa vision d'un récent passé avec son imagination d'un proche avenir pour nous livrer une intrigue aussi puissante qu'inquiétante pour être d'une redoutable crédibilité. Dans une Amérique tristement régressive, la femme voit ainsi les droits qu'elle a mis tant de temps et d'acharnement à obtenir réduits à néant à grands coups d'idées particulièrement rétrogrades et archaïques.

    Et au milieu de ce chaos, c'est plus précisément le destin de quatre femmes qui s'en trouve bouleversé et nous bouleverse à notre tour... Chacune voit ses espoirs, ses ambitions, ses rêves remis en question pour de mâles considérations, chacune résonne et raisonne en nous, tant leur histoire peut faire écho en nous.

    Au-delà de cette couverture et son titre qui prennent tout leur sens au fil de la lecture, l'intrigue se voit servie par une plume forte, soignée, ciselée, un style à la fois simple et soigné, brut et élégant, faisant de ce roman un moment de lecture intense, puissant, prenant, à l'instar des thèmes particulièrement forts ici abordés.

    Chronique complète : http://deslivresetmoi7.blogspot.com/2018/08/chroniques-2018-les-heures-rouges-de.html

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  • Belle surprise que ce roman criant de réalisme et lucide. Et pourtant il s’agit d’une dystopie – dont je ne suis pas friande habituellement
    Le texte est habile car il n’assène pas de pseudos vérités et ne se place pas sur la plan de la morale, simplement il explore les dérives possibles d’une...
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    Belle surprise que ce roman criant de réalisme et lucide. Et pourtant il s’agit d’une dystopie – dont je ne suis pas friande habituellement
    Le texte est habile car il n’assène pas de pseudos vérités et ne se place pas sur la plan de la morale, simplement il explore les dérives possibles d’une société conservatrice privant les femmes de leurs droits élémentaires.
    Nous sommes dans une petite bourgade américaine bien banale où certains destins vont être bousculés. En effet, un amendement récent sur l’identité de la personne interdit désormais aux femmes d’avorter, de recourir à la procréation médicalement assistée et limite aux couples mariés la possibilité d’adopter.
    Le lecteur découvre alors le parcours de quatre femmes :
    La guérisseuse, une femme qui vit en ermite dans la forêt et qui apporte une aide désintéressée à d’autres femmes ; une « sorcière » bientôt livrée à la vindicte populaire.
    La biographe, professeur, célibataire, la quarantaine qui désire plus que tout un enfant en dépit de la législation à l’heure où son horloge biologique la place en situation d’urgence.
    L’épouse qui constate amèrement qu’elle a abandonné ses rêves pour se vouer à des enfants capricieux et un mari qui ne rate pas une occasion de la rabrouer. Elle envisage le divorce et plus dangereusement, au suicide en guise de fuite.
    La fille, lycéenne brillante dont l’avenir pourrait être compromis quand elle se découvre enceinte. Elle tente alors de franchir le « mur rose » qui sépare les Etats Unis du Canada afin d’avorter…. à ses risques.
    Le propos est intelligent sans être démonstratif, les situations touchantes. J’ai tourné les pages avec fébrilité et hantise, redoutant l’issue. L’écriture est fluide et ciselée, sans maniérisme.
    Le texte est habilement entrecoupé d’extraits de la biographie d’une exploratrice islandaise du XIX siècle évoluant dans un monde d’hommes.
    A l’heure où des droits fondamentaux pourraient être remis en question, où un certain rigorisme plane dans les discours, ce texte est salutaire et place le lecteur en situation de vigilance.
    Une belle surprise de cette rentrée littéraire à découvrir sans réserve !

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