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Les grandes occasions

Couverture du livre « Les grandes occasions » de Alexandra Matine aux éditions Les Avrils
  • Date de parution :
  • Editeur : Les Avrils
  • EAN : 9782491521042
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Sur la terrasse, la table est dressée. Esther attend ses enfants pour le déjeuner. Depuis quelques années, ça n'arrive plus. Mais aujourd'hui, elle va réussir : ils seront tous réunis. La chaleur de juillet est écrasante et l'heure tourne. Certains sont en retard, d'autres ne viendront pas.... Voir plus

Sur la terrasse, la table est dressée. Esther attend ses enfants pour le déjeuner. Depuis quelques années, ça n'arrive plus. Mais aujourd'hui, elle va réussir : ils seront tous réunis. La chaleur de juillet est écrasante et l'heure tourne. Certains sont en retard, d'autres ne viendront pas. Alors, Esther comble les silences, fait revivre mille histoires. Celles de sa famille. Son oeuvre inachevable.

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Articles (1)

Avis (10)

  • Un livre touchant sur la famille, riche en émotions, qui ne vous laissera pas indifférent. Les mots sonnent justes. Tout un chacun pourra y reconnaitre un membre de sa famille. Mais attention ce premier roman est terrible, si vous êtes plutôt dépressif en ce moment, vous n’y trouverez pas de...
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    Un livre touchant sur la famille, riche en émotions, qui ne vous laissera pas indifférent. Les mots sonnent justes. Tout un chacun pourra y reconnaitre un membre de sa famille. Mais attention ce premier roman est terrible, si vous êtes plutôt dépressif en ce moment, vous n’y trouverez pas de réconfort ou de luminosité.
    Je vous livre l’incipit pour vous donner le ton :
    « Aujourd’hui, Esther va mourir. Ou demain. Ou dans quelques jours. On ne sait pas. »
    Le roman s’ouvre sur une famille réunit autour d’un lit d’hôpital. C’est le moment de prendre une décision. Esther est dans un état de mort cérébrale. Elle est âgée. Ses quatre enfants versent des larmes.
    « Longtemps, Esther avait rêvé de revoir sa famille réunie. Devant elle, à présent sans qu’elle puisse le voir, prend forme le tableau rêvé ; la tapisserie secrète devant laquelle elle avait agenouillé sa vie, et dont, du matin au soir, année après année, elle avait tissé les fils de soie colorés. Sa famille était son œuvre inachevable. »
    Le motif de la tapisserie, des liens tissés, reviendra souvent dans le roman. Elle nous emmène alors dans son passé et égrène ses souvenirs. Elle nous parle de son mari Reza, d’origine iranienne. Il est venu faire ses études de médecine en France. Il a vécu une enfance difficile. Elle décrit ses enfants : Carole, Alexandre, Bruno et Vanessa. Mais surtout la dure réalité de se retrouver seule, une fois les enfants partis. Elle pensait pouvoir garder la petite dernière auprès d’elle, Vanessa.
    « Il lui avait fallu trois enfants, trois départs, et la menace d’un quatrième pour comprendre ce que c’était qu’être mère. Le destin d’une mère, c’est de laisser partir ses enfants. De son ventre, de sa maison, de ses bras. Les douleurs de l’enfantement ne sont rien comparées à la douleur éternelle de la séparation. Mettre au monde ce n’est pas accoucher, c’est se laisser abandonner. »
    Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est qu’ensuite nous avons aussi le point de vue de chaque enfant sur son enfance, ses parents, les relations entre frères et sœurs. On ressent toute la pression et le poids de l’héritage familial. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir cette famille, ses secrets, ses fêlures. En tout cas, il ne restera plus que les grandes occasions à Esther pour essayer de réunir toute sa famille.
    La nouvelle maison d’édition Les Avrils commence fort. La rencontre #vleel d’hier soir, nous a montré l’enthousiasme de Sandrine Thévenet, Lola Nicolle et de toute l’équipe pour défendre leurs auteurs et leurs textes. Tous les romans et récits à paraître ont l’air bien tentant. J’aimerais beaucoup lire le deuxième roman de Martin Dumont, « Tant qu’il reste des îles ». Et la charte graphique, simple et colorée, donne effectivement envie de commencer une collection !
    Merci aux 68 premières fois pour cette lecture.

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  • Lu dans le cadre de la sélection 2021 des 68premièresfois.
    Ce premier roman parle des liens familiaux, du point de vue de la mère, qui se retrouve à l'hôpital. L'auteure va alors nous raconter la vie d'Esther, de son époux, Reza et ses quatre enfants.
    Reza, le père, est venu faire des études...
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    Lu dans le cadre de la sélection 2021 des 68premièresfois.
    Ce premier roman parle des liens familiaux, du point de vue de la mère, qui se retrouve à l'hôpital. L'auteure va alors nous raconter la vie d'Esther, de son époux, Reza et ses quatre enfants.
    Reza, le père, est venu faire des études de médecine en France et qui a quitté l'Iran, et la misère qu'il subissait. Il a tourné la page face à ses origines et à réussi sa vie professionnelle, même s'il est devenu un "médecin des pauvres" . Il a donné à sa famille une vie aisée, confortable.
    L'un des principaux soucis de cette mère est de maintenir les liens entre les membres de la famille, des liens comme ceux des fils des tapis, tapis persans qui sont dans l'appartement familial, bien vide après le départ des enfants, qui vivent leur vie de famille plus loin.
    Avec une belle écriture, l'auteure fait un beau et terrible portrait de cette femme, qui se questionne sur son rôle d'épouse, de mère, de grand mère mais aussi de certains de ses enfants. Elle parle très bien des relations entre frères, soeurs, le rôle du père.
    Pourquoi ce titre, "les grandes occasions", car ce sont les seules occasions où justement Esther tente de réunir sa famille et que ceux ci arrivent à tisser des liens mais cela n'est pas facile. Ce texte parle très bien des rapports entre les membres de famille, des non dits, des silences, des préférences entre membres..
    Un premier roman qui est un beau portrait de femme, avec ces questionnements, ses désirs, ses regrets...

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  • "Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon."
    Léon Tolstoï

    Ce livre, c'est son aspect qui m'a attirée, sa sobriété, la charte graphique qui met le texte en avant.
    Je l'ai ouvert et là un éclat de couleur, le dessin d'un parasol, puis...
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    "Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon."
    Léon Tolstoï

    Ce livre, c'est son aspect qui m'a attirée, sa sobriété, la charte graphique qui met le texte en avant.
    Je l'ai ouvert et là un éclat de couleur, le dessin d'un parasol, puis l'écriture d'Alexandra Matine qui me parle dès les premières lignes.

    Ce roman, c'est une voix, celle d'Esther.
    C'est cette photo de famille, prise au mariage d'un de ses quatre enfants, sur laquelle la famille est réunie, un instantané heureux, figé.
    C'est cette tapisserie tissée nœud après nœud par Esther, comme un lien entre elle et ses enfants, comme un moyen de garder sa famille unie.

    Alors qu'elle va mourir, Esther revoit sa vie de mère, de femme, revient sur sa relation avec chacun de ses enfants, éprouve des regrets, peu de remords.
    Peut-être aurait-elle du leur parler plus, prendre leur parti parfois, s'opposer à son mari, les élever autrement ? Une fois adultes, ils se sont éloignés d'elle, même si Esther aurait aimé garder indéfiniment sa "petite dernière".

    En décrivant cette famille qui ne se parle pas, qui ne sait pas "être ensemble", l'auteure exploite avec beaucoup de délicatesse et de justesse la complexité des rapports familiaux.
    Certaines scènes sont très dures tant la violence peut se nicher dans des phrases, dans des non-dits, d'autres sont familières.
    Le roman est poignant, fort de nostalgie et de la tristesse de ce qui ne sera pas. Une belle lecture toute en sensibilité.

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  • Dans la chaleur d'un été caniculaire, Esther septuagénaire, se prépare à recevoir à déjeuner ses quatre enfants, deux filles et deux fils, ainsi que les enfants de ceux qui sont mariés . Elle n'y arrive pas souvent, seulement pour les grandes occasions, surtout depuis une dispute entre les deux...
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    Dans la chaleur d'un été caniculaire, Esther septuagénaire, se prépare à recevoir à déjeuner ses quatre enfants, deux filles et deux fils, ainsi que les enfants de ceux qui sont mariés . Elle n'y arrive pas souvent, seulement pour les grandes occasions, surtout depuis une dispute entre les deux frères. Elle se remémore des moments de l'enfance et de l'adolescence de chacun de ses enfants, de sa jeunesse aussi pendant que Réza son mari et le père de ses enfants peaufine avec lenteur et en râlant les derniers préparatifs.
    Un beau roman sur la famille évoqué du point de vue d'une mère possessive. Un bon moment de lecture.

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  • Esther attend les enfants, les petits enfants pour un déjeuner de famille en ce samedi d'été. Car Vanessa la petite dernière, celle qui vit là-bas loin en Australie est de passage à Paris.
    Ce déjeuner, cette réunion de famille elle l'espère depuis si longtemps. Elle n'aime rien tant que de les...
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    Esther attend les enfants, les petits enfants pour un déjeuner de famille en ce samedi d'été. Car Vanessa la petite dernière, celle qui vit là-bas loin en Australie est de passage à Paris.
    Ce déjeuner, cette réunion de famille elle l'espère depuis si longtemps. Elle n'aime rien tant que de les voir tous, la fratrie, Reza son mari, et les petits enfants qui ont déjà bien grandi réunis pour les grandes occasions.
    Pourtant, depuis le mariage de Bruno, plus jamais elle n'a réussi à les rassembler.
    Elle tente depuis toujours de tisser le fil qui rapprochera les membres de sa famille, qui les fera s'apprécier, s'aimer. Sans y parvenir car jour après jours les fils se défont, les nœuds se cassent, les sentiments se délitent.
    Aujourd'hui elle a une douleur terrible à la tête, la chaleur étouffante sans doute. En finissant de poser les fleurs sur la table, d'organiser les chaises tout autour, elle se remémore sa vie.
    La jeune femme qu'elle était, légère, joyeuse et bondissante sur ses jolis souliers ; l'infirmière qui a rencontré Reza, le médecin iranien venu étudier puis soigner en France.

    Un premier roman étonnant, où les souvenirs s'égrènent, émouvants, désespérants, pour dire une vie vécue, des amours manqués, des silences qui emprisonnent les sentiments plus sûrement que des chaînes et des barreaux. Pour dire la famille désunie, les dissensions entre les enfants, que parfois rien ne peut réparer.

    lire la chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2021/01/31/les-grandes-occasions-alexandra-matine/

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  • Esther, 70 ans, organise un déjeuner, à Paris, en pleine canicule, pour réunir ses quatre enfants avec leur famille; cela n'était plus arrivé depuis fort longtemps. Esther voit ce déjeuner comme un moyen de retisser les liens fort distendus, voire brisés au sein de sa famille. Mais ses enfants...
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    Esther, 70 ans, organise un déjeuner, à Paris, en pleine canicule, pour réunir ses quatre enfants avec leur famille; cela n'était plus arrivé depuis fort longtemps. Esther voit ce déjeuner comme un moyen de retisser les liens fort distendus, voire brisés au sein de sa famille. Mais ses enfants se décommandent un après l'autre à part sa fille aînée qui la rejoint.
    La préparation du repas, l'attente sont l'occasion pour elle, de remonter les fil de sa vie de femme, de ses souvenirs afin d'essayer de comprendre pourquoi une telle incommunicabilité s'est installée entre eux.
    Elle s'est toujours battue pour bâtir une famille unie mais sans succès; son mari, Reza, profondément marqué par la misère en Iran et l'exil, ne comprend pas sa femme avec laquelle il échange peu, ne s'est occupé que de son premier fils, négligeant, voire rejetant ses autres enfants, Esther a dû se consacrer plus à son deuxième fils, chétif et elle a trop investi sa relation avec sa dernière fille, dont le départ à 18 ans, a été vécu comme un arrachement.
    J'ai retrouvé là, en autres, le thème de l'envol du dernier enfant que Philippe Besson a décrit avec tant d'émotion et de sensibilité dans son dernier opus "Le dernier enfant", lu peu de temps auparavant.
    Ce roman nous laisse voir toutes les fêlures de la cellule familiale qui s'agrandissent avec le temps, les non-dits enkystés qui étouffent , les gestes de tendresse qu'on n'ose pas faire de peur de se livrer, de montrer une faiblesse risquant d'être exploitée, les jalousies voire les haines. Il décrit aussi le rôle de la grand-mère dans les plus belles pages de ce roman, apportant douceur, tendresse.
    L'écriture est belle, poétique mais aussi violente. L'auteur file la métaphore des liens familiaux comme étant les différents points colorés d'un tissage où chaque point tire sa cohérence des autres avec lequel il est lié, dont l'harmonie résulte des points solidement tissés entre eux et qui peut être détruit par un point qui craque, qui se distend.
    Ce très beau premier roman émeut car de portée universelle, car il touche à la famille, cocon d'amour mais aussi lieu de profondes blessures qui ne guérissent jamais complètement même si le temps peut les lénifier.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/les-grandes-occasions-dalexandra-matine.html

    Sous la chaleur oppressante de juillet la table est dressée sur la terrasse. Esther attend ses quatre enfants pour le déjeuner. Recevoir tous ses enfants en même temps est pour Esther un événement...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/les-grandes-occasions-dalexandra-matine.html

    Sous la chaleur oppressante de juillet la table est dressée sur la terrasse. Esther attend ses quatre enfants pour le déjeuner. Recevoir tous ses enfants en même temps est pour Esther un événement exceptionnel, une grande occasion. Toute sa vie, Esther s'est appliquée, patiemment, chaque jour, à "tisser sa famille" constituée de deux garçons et deux filles qu'elle a eus avec Reza, un iranien qui est venu s'installer en France pour fuir la misère.

    C'est d'abord Vanessa qui appelle sa mère pour lui dire qu'elle ne viendra pas. Vanessa est sa petite dernière qu'elle voyait comme sa dernière chance, Esther avait vécu son départ, le quatrième et dernier départ, comme un abandon. Même si elle avait alors compris que " le destin d'une mère, c'est de laisser partir ses enfants. De son ventre, de sa maison, de ses bras.... Mettre au monde ce n'est pas accoucher, c'est se laisser abandonner", Esther n'avait pas pu s'empêcher d'en vouloir à sa fille d'avoir une vie en dehors d'elle, qui plus est, de partir vivre sa vie en Australie.

    Puis c'est Alexandre qui appelle pour signifier son absence au repas familial. Alexandre est le fils aîné, le favori du père, celui que le père a choisi, celui qu'Esther a sacrifié le laissant entre les mains de son mari qui transformait cet enfant prodige en singe savant. Cette place d'Alexandre dans la famille est à l'origine de beaucoup de ressentiment envers lui, les autres enfants ont vécu dans l'ombre de cet aîné, le cadet Bruno a vainement multiplié des efforts désespérés pour capter l'attention de son père qui n'a pas su créer de lien avec ses autres enfants, une distance s'est installée entre les deux frères malgré les efforts d'Esther pour qu'ils se rapprochent.

    Ils n'ont pas été réunis tous ensemble depuis le mariage de Bruno qui a marqué la destruction de la famille mais Esther continue à espérer. Pour elle avoir ses enfants ensemble autour d'elle est une obsession, peu importe si on ne se parle pas, si on ne se comprend pas. L'illusion d'une famille soudée lui suffit.

    C'est un roman sur la difficulté pour une mère de voir partir ses enfants, sur les liens qui se distendent, sur l'éclatement d'une fratrie. La famille est joliment symbolisée par l'image de tapisserie tissée de fils de soie colorés par Esther, son œuvre inachevable. Esther s'est employée à tisser tous ensemble les petits nœuds qui resserrent la famille, ce tissage est l’œuvre de sa vie mais elle semble surtout vouloir nouer les uns aux autres pour qu'ils ne s'éloignent pas d'elle, "Les uns forcés contre les autres. Comprimés dans la cage", maintenir les liens coûte que coûte est son obsession.
    Au début du récit j'ai perçu Esther comme une mère exclusive, abusive en particulier vis à vis de sa plus jeune fille Vanessa, j'ai vu en elle une mère qui souffre d'avoir perdu le contrôle sur ses enfants et qui vit dans la solitude et l'attente. Mais au fur et à mesure qu'Esther égrène ses souvenirs, j'ai mieux compris leur histoire, la place de chacun dans la famille et dans la fratrie. Au fil du récit on comprend la construction et l'effondrement de cette famille qui a toujours vécu dans le silence, " On ne parle que de choses. On ne parle jamais de soi" sans aucune démonstration d'affection, une famille qui a toujours pratiqué l'évitement pour ne pas affronter les non-dits. La psychologie de chacun des membres de la famille est bien fouillée, leurs sentiments sont bien développés, en particulier le sentiment de jalousie. Ce roman nous fait nous interroger sur Qu'est-ce qu'être mère? Qu'est-ce qu'être une fratrie ? Qu’est-ce qu'être une famille ? Un premier roman réussi.

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  • Alexandra Matine a choisi de sonder les liens familiaux et plus particulièrement les raisons qui les font se distendre. «Les grandes Occasionns» est un drame intimiste dans lequel es émotions sont à fleur de peau.

    Tout commence par une scène saisissante. Toute une famille réunie autour d'une...
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    Alexandra Matine a choisi de sonder les liens familiaux et plus particulièrement les raisons qui les font se distendre. «Les grandes Occasionns» est un drame intimiste dans lequel es émotions sont à fleur de peau.

    Tout commence par une scène saisissante. Toute une famille réunie autour d'une femme allongée sur un lit d'hôpital. Les médecins viennent d'annoncer la mort cérébrale et laissent la famille prendre la décision quant aux suites du traitement. Les enfants se tournent vers Reza, leur père. Mais tous sont unanimes. Une unanimité qui aurait fait plaisir à Esther. Car à cette occasion, on voit «se resserrer les fils qu'elle a si patiemment noués et que la vie, injuste et acharnée, a distendus, effilochés, cassés.»
    Retour en arrière. Durant ses études d’infirmière à Besançon Esther rencontre Reza. Il va devenir médecin, elle va tomber enceinte. Ils s’installent à Paris où, après avoir effectué des remplacements, Reza installe son cabinet. Même si quelques fissures apparaissent au sein du couple, Esther va donner naissance à quatre enfants. C'est l'histoire de Vanessa, la «petite dernière», qui nous est d'abord racontée. Pour ne pas qu'elle s'éloigne trop, sa mère a l'idée d'engager un jeune australien pour lui donner des cours d'anglais et de math. Mais quand Vanessa décroche son bac, elle annonce à sa mère qu'elle aime Tim et qu'elle va le suivre en Australie. Esther aura bien du mal à se remettre de cette trahison. Même si Vanessa, qui s'est séparée de Tim, revient en France après quelques années, à l'occasion du mariage de son frère Bruno.
    Sur la photo réalisée à l’occasion, aux côtés du marié et de Catherine, son épouse, on voit ses parents, Vanessa, sa sœur Carole et son frère Alexandre. Témoignage trompeur d'une famille unie. Car lorsque Vanessa, qui a rencontré un homme à la noce, annonce qu'elle revient vivre chez eux, son père refuse. Il a déjà fait «assez de sacrifices». Si Esther approuve le choix de son mari, elle va continuer à vouloir rassembler les fils distendus. Tâche ardue.
    Car Alexandre, l'ainé, a aussi pris ses distances. Déjà traumatisé par l'injonction paternelle lui interdisant de jouer du piano alors qu'il s'était patiemment entrainé, il a choisi une épouse, Pénélope, qui a fait de leur cercle de famille sa priorité. Et il n'a pas voulu suivre les plans de son père qui le voyait devenir médecin. Bruno, quant à lui, sera négligé et devra aussi quitter brutalement le domicile familial. Carole, qui elle est devenue médecin, aura-t-elle plus de chance? Pas vraiment.
    Esther imagine alors une grande maison au bord de la mer où elle pourrait accueillir enfants et petits-enfants. Mais s'ils acceptent de venir passer quelques jours, ils évitent soigneusement de se retrouver tous ensemble. Les cicatrices sont trop profondes. Et la tâche d'Esther devient de plus en plus difficile...
    Alexandra Matine sait parfaitement décrire ce mal qui a détruit la famille. À l'intransigeance d'un père encore traumatisé par sa propre histoire familiale et le poids de l'exil vient s'ajouter une incommunicabilité de plus en plus forte. Personne ne veut reconnaître ses torts, chacun se mûre dans ses certitudes et son silence.
    Depuis ce repas qui devait tous les rassembler et qui a tourné au fiasco, jamais les fils n’auront pu être rattachés, jamais le tapis n’aura retrouvé sa splendeur et sa douceur. Si la primo-romancière nous touche au cœur, c’est que chacun d’entre nous a connu des histoires semblables, des brouilles familiales, des incompréhensions qui virent parfois à un éloignement définitif. Entre frères et sœurs, entre parents et enfants. C’est violent et fort. Et en filigrane, c’est aussi un appel à ne pas attendre qu’il soit trop tard pour renouer les liens. Une bonne résolution à prendre en ce début d’année?
    https://urlz.fr/eEu6

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