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Les fils conducteurs

Couverture du livre « Les fils conducteurs » de Guillaume Poix aux éditions Verticales
  • Date de parution :
  • Editeur : Verticales
  • EAN : 9782072734977
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

«Quand les enfants crèvent les écrans, quand ils arrachent le plastique et fractionnent les écorces de cette forêt véreuse, quand ils posent les doigts sur les fils conducteurs, les dénudant de leur enveloppe isolante pour atteindre l'âme dont ils jaugent la souplesse, le courant pourrait... Voir plus

«Quand les enfants crèvent les écrans, quand ils arrachent le plastique et fractionnent les écorces de cette forêt véreuse, quand ils posent les doigts sur les fils conducteurs, les dénudant de leur enveloppe isolante pour atteindre l'âme dont ils jaugent la souplesse, le courant pourrait surgir, s'accrocher à leurs phalanges, les mordre - et puis les avaler».

Près du port d'Accra, au Ghana, dans une immense décharge de produits électroniques, Isaac et Moïse initient Jacob à la «fouille». Trois jeunes garçons plongés dans les déchets de l'obsolescence industrielle auxquels Guillaume Poix donne une grâce singulière. Ce premier roman captive tant par son style lyrique et son ambition documentaire que par l'humour impitoyable qui interroge les zones troubles du regard occidental.

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Avis (2)

  • Tout commence par ce mot Agbogbloshie, plus communément nommé " la bosse ".
    C'est une décharge à ciel ouvert, au bord de l'eau, qui se trouve près du port d'Accra au Ghana.
    S'amoncellent sur cette bosse tous les déchets de l'obsolescence programmée de nos équipements consommés puis jetés....
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    Tout commence par ce mot Agbogbloshie, plus communément nommé " la bosse ".
    C'est une décharge à ciel ouvert, au bord de l'eau, qui se trouve près du port d'Accra au Ghana.
    S'amoncellent sur cette bosse tous les déchets de l'obsolescence programmée de nos équipements consommés puis jetés.
    Ces objets ne disparaissent pas.
    Par tonnes, ils se retrouvent là, formant décharge immense que des gamins vont sonder pour récupérer et revendre ce que glané à des plus âgés qu'eux, qui eux-mêmes revendent à des plus malins qu'eux ayant créé leur réseau de récupération, réparation et revente d'objets, matériaux et métaux plus ou moins précieux.
    On suit Isaac, Moïse et Jacob, le tout nouveau-venu, gamins d'à peine douze ans en moyenne qui ont abandonné l'école et se bousillent la santé à gagner à peine de quoi vivre en collectant pour revendre.
    On voit comment Wisdom et Justice, jeunes gens plus âgés qui eux préservent leur santé, gagnent leur vie en faisant travailler les plus jeunes et plus fragiles.
    Et ce, alors qu'eux-mêmes sont à la botte de Daddy Jubilee qui gère tout son business le "cul " posé sur une chaise, d'avoir l'art de magouiller, d'être un mafieux de la pire espèce.
    Et dans ce décors apocalyptique, arrive Thomas, jeune européen photographe qui bénéficie d'une bourse de Total pour donner à voir ce qui se passe là.
    L'ironie est totale.
    Tout dans cet ouvrage est savamment mené pour poser à distance, avec un humour mordant, voire avec violence.
    Rien n'est écrit au hasard.
    La part sombre de notre humanité perçue comme une flaque visqueuse qui s'étend, est passée au crible.

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  • Il est des livres pour lesquels, d’après le titre et la quatrième de couverture, ou ce que l’on a pu lire dans la Presse, on sait en gros, vers quoi on se dirige. Il y a bien sûr des événements imprévus qui se rajoutent – c’est normal car il faut ménager la surprise ou le suspense.
    Mais il est...
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    Il est des livres pour lesquels, d’après le titre et la quatrième de couverture, ou ce que l’on a pu lire dans la Presse, on sait en gros, vers quoi on se dirige. Il y a bien sûr des événements imprévus qui se rajoutent – c’est normal car il faut ménager la surprise ou le suspense.
    Mais il est des livres qui, malgré que l’on connaisse le sujet, ajoutent insidieusement des éléments, en sourdine, qui vont se développer petit à petit, et qui laissent le lecteur abasourdi.
    C’est ce qui m’est arrivé avec « LES FILS CONDUCTEURS » de Guillaume Poix que j’avais à lire pour mon prochain club de lecture.

    Le livre débute avec le jeune photographe Thomas qui se rend à Accra, au Ghana, pour y dénoncer la montagne d’ordures « Agbogbloshie » - surnommée aussi « la bosse » - qui représente une véritable catastrophe écologique et humaine.
    Au milieu de tous ces immondices de l’Occident, Thomas rencontre Jacob qui lui fait découvrir tout ce que recèle ce lieu dantesque où on trouve, non seulement un trafic de métaux mais aussi celui des corps.
    Il faut signaler que le jeune Jacob a pour « instructeurs » Isaac et Moïse qui lui expliquent comment mieux procéder à la « fouille ».

    L’auteur nous emmène tout doucement dans cette histoire déjà bien triste – on a l’habitude de penser, en principe, aux décharges monstrueuses en Inde – et par insinuations, les amis de Jacob lui apprennent qu’il peut gagner encore plus d’argent, d’une autre façon, surtout le soir. On se dit que l’horreur va monter encore d’un cran, que non, ce n’est pas ça, mais Jacob, dans son innocence et pressé par le besoin financier urgent, sans vraiment comprendre de quoi il s’agit, va se laisser entraîner dans cette spirale sans fin.

    Malgré toute cette abomination, cette misère humaine insupportable, l’auteur arrive à garder un certain humour, surtout avec le « parler » des garçons qui nous fait sourire car il faut un peu le déchiffrer. Je prends au hasard la page 157 : « - Eh ben, on se paluchera dans l’après pour se divertir de la mort, lâche Isaac sans bien mesurer la portée de ce qu’il offre à méditer.
    - Idéal, grogne Moïse sans prendre le temps d’étudier la proposition.
    - On se paluchera les bouts pour contrer l’ennui et on voguera sur les nuées qu’on aura cachées nous-mêmes. »
    Et ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres. Cette façon de parler nous amuse un peu mais il ne faut pas oublier le contexte bien tragique.

    Guillaume Poix, pour son premier roman, a frappé fort, touchant le lecteur au plus profond de lui-même qui, tout en connaissant bien ce problème de recyclage des pays modernes et riches, assiste à la débrouille de ces pauvres gamins d’une dizaine d’années, à leur courage, à leur obstination.

    Quand je suis arrivée à la fin du livre, j’étais sidérée par l’autre côté obscur de l’ouvrage, celui qui ressort lentement mais brutalement. J’ai ressenti un grand malaise, à la limite de l’écœurement après avoir lu toutes ces révélations. Au point que, d’habitude, quand je termine une lecture, je fais rapidement la critique. Elle est ce qu’elle est mais je n’ai pas de problème. Par contre, pour « LES FILS CONDUCTEURS », il m’a fallu plusieurs jours (peut-être pour « digérer » cette histoire) avant d’essayer d’en écrire ces quelques lignes et donner mon ressenti.

    Le livre m-a-t-il plu ? Difficile à dire car cela impliquerait que j’aime ce genre de thème alors que lorsque des enfants sont concernés c’est plutôt insupportable. Mais il ne faut non plus se voiler la face quand il s’agit de vérité.
    Je parlerai donc plutôt de l’auteur qui est aussi dramaturge, metteur en scène et qui en est donc à son coup d’essai. Est-ce que ce sera un coup de maître ? Comment va-t-il être jugé dans cette rentrée littéraire ? Difficile à dire.
    Je lui reconnais toutefois le mérite d’avoir mis au grand jour ces faits, d’en parler à sa façon qui fascine le lecteur, le captive. Il faut ajouter également qu’il s’est bien documenté et que cette décharge « Agbogbloshie » existe réellement au Ghana.

    Un gros travail fait dans ce livre pour lequel je cite « Livres Hebdo, Sean J.Rose » : « La force d’un verbe inventif, mêlant énergie argotique et beauté lyrique », qui réussit »à transformer l’ordure en bijou littéraire ».

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