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Les eaux noires

Couverture du livre « Les eaux noires » de Estelle Tharreau aux éditions Taurnada
  • Date de parution :
  • Editeur : Taurnada
  • EAN : 9782372580922
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés.
L'assassin restant introuvable, à l'abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer... Voir plus

Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés.
L'assassin restant introuvable, à l'abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage...
Les révélations d'un corbeau, la détresse d'une mère et le cynisme d'un flic alimenteront l'engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine.
Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?

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Articles (1)

Avis (9)

  • Tout d'abord je remercie les éditions Taurnada pour m'avoir permis de découvrir ce roman.

    C'est mon quatrième livre d'Estelle Tharreau et c'est toujours aussi bien.

    Nous sommes ici dans un espèce de huis clos d'une petite baie où chaque ragots fait tout voler en éclat. Qui sont vraiment...
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    Tout d'abord je remercie les éditions Taurnada pour m'avoir permis de découvrir ce roman.

    C'est mon quatrième livre d'Estelle Tharreau et c'est toujours aussi bien.

    Nous sommes ici dans un espèce de huis clos d'une petite baie où chaque ragots fait tout voler en éclat. Qui sont vraiment vos voisins? Les connaissez vous si bien que ça? Pour chaque personnage on alterne entre la compréhension et la colère. Josefa est la pire. D'un chapitre à l'autre on passe de la profonde empathie envers elle au "mais pourquoi tu fais ça!". Ici aucun personnage n'est tout blanc tout noir. Tout est gris. Et ne parlons même pas des collègues de Josefa. C'est une ambiance malsaine pleine de mensonges et de non dit qui est montré ici. On n'est pas dans une enquête à proprement parler. C'est plutôt l'impuissance d'une mère face à la vérité et à l'absence de preuves. Il y a beaucoup de retournements. Tout est intelligemment mis en place et, malgré la noirceur profonde, le récit vous dévore à l’affût de la moindre bouffée d'oxygène. On ne s'attend pas à une histoire si sombre. Et pourtant on devrait le savoir avec Estelle Tharreau.

    Le thème du deuil est le sujet principal, au delà de l'enquête. Des questions de société sont posés ici. Quel est le comportement qu'une mère doit avoir face au deuil de sa fille? Chacun a son avis et personne ne cherche à la comprendre. A partir de quel moment les gens passent-ils de la pitié au "bon elle arrête de nous ennuyer avec sa fille"? Tant de questions qui font réflechir. Il pose aussi la question des enfants qui grandissent. Cette mère n'a pas vu que sa petite fille devenait une adolescente superbe qui faisait tourner les têtes sur son passage.

    Un bon thriller que je recommande. On passe un bon moment. On voit les ravages qu'un meurtre peut causer dans une petite communauté. "Les eaux noires" est un thriller psychologiquement puissant qui ne vous laisse pas de marbre.

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  • https://colorandbook.blogspot.com/2021/10/les-eaux-noires-de-estelle-tharreau.html?m=1

    J'ai un avis quand même assez mitigé avec ce roman. Il n'est certe pas mauvais loin de la même, mais il ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable. D'un côté le côté psychologique est passionnant...
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    https://colorandbook.blogspot.com/2021/10/les-eaux-noires-de-estelle-tharreau.html?m=1

    J'ai un avis quand même assez mitigé avec ce roman. Il n'est certe pas mauvais loin de la même, mais il ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable. D'un côté le côté psychologique est passionnant et bien travaillé, mais de l'autre côté l'enquête était légèrement trop banale. Je garderai malgré tout un souvenir de cette mère dévastée par la perte de sa fille, prête à tout pour obtenir la justice.

    les +:

    * Je me suis peu attachée à ces personnages car parfois j'avais du mal à les cerner. Mais Josefa m'a quand même touchée de par sa détresse et sa descente aux enfers. Cependant ils sont quand même bien travaillés et intéressants à découvrir.

    * J'ai apprécié découvrir aux côtés de Josefa tous les secrets de la Baie. Entre suspicions, mensonges, faux semblant. Personne ne sera épargné par la tornade émotionnelle de cette mère prête à tout pour découvrir la vérité sur le meurtre de sa fille, quitte à tout détruire autour d'elle.

    * J'ai beaucoup aimé tout le côté psychologique. De voir à quel point Josefa était dévastée par la mort de sa fille et son combat malgré le deuil pour connaître la vérité.

    Les - :

    * Je me suis ennuyée par moment. C'était un peu longuet

    * L'enquête manquait de surprises et de piments. J'aurais apprécié qu'on se concentre un peu plus sur celle-ci !

    * Je n'ai pas du tout accroché à la plume de l'auteure. Je l'ai trouvée trop lourde, répétitive et il y avait un manque de descriptions qui m'a empêché de m'imaginer beaucoup de choses.

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  • Ma rencontre littéraire avec Estelle Tharreau s’est faite l’an dernier par la découverte de « La peine du bourreau ». J’avais eu un coup de cœur pour ce roman en milieu carcéral, saisissant et surprenant. L’annonce de l’arrivée du nouveau bébé de l’autrice fut donc pour moi une excellente...
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    Ma rencontre littéraire avec Estelle Tharreau s’est faite l’an dernier par la découverte de « La peine du bourreau ». J’avais eu un coup de cœur pour ce roman en milieu carcéral, saisissant et surprenant. L’annonce de l’arrivée du nouveau bébé de l’autrice fut donc pour moi une excellente nouvelle.

    Le décor et le contexte sont radicalement différents. Même si ce n’est plus un huis clos intérieur, on reste dans l’ambiance d’un lieu isolé du reste du monde. Cette fois-ci, le récit se déroule dans une bourgade au bord de la mer où vit une petite communauté en quasi autarcie. Leur quotidien se déroule sans accroc, en toute discrétion, jusqu’au jour où un drame remet tout en cause. Dès lors, les habitants sortent de leur réserve. Les langues se délient et les secrets remontent à la surface.

    L’autrice surfe sur la même veine du thriller psychologique dans lequel l’énigme repose sur les comportements et les décisions des protagonistes. Tout se joue entre les membres de ce petit groupe. Devant la peur de l’inconnu et le désir de sécurité, les personnages cherchent à tout prix à désigner un coupable. Une recherche de la transparence est lancée. Les modes de vie sont décortiqués et on laisse libre court aux idées reçues et raccourcis. L’autrice met en marche un engrenage difficile à arrêter.

    La force de ce roman ne repose pas sur l’intrigue, qui est somme toute assez classique. Le comportement des personnages et leur faculté à trahir sont au centre de cette aventure. Grâce à sa magnifique écriture, l’autrice accule ses acteurs afin d’observer leurs réactions. La nature humaine apparaît alors sous son jour le plus intraitable et féroce.

    Moins puissant que le précédent, « Les eaux noires » confirme tout de même l’incroyable talent d’Estelle Tharreau. Je considère qu’elle fait partie des grandes écrivaines du noir. Il ne tient plus qu’à vous de le découvrir !

    https://leslivresdek79.wordpress.com/2021/11/01/703-estelle-tharreau-les-eaux-noires/

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  • Yprat – Baie des naufragés – Petite station balnéaire

    4 maisons, 7 âmes vivent dans la baie des naufragés.

    Depuis la mort de son mari, il y a 8 ans, Josefa élève seule sa fille Suzy âgée de 17 ans. Elle travaille de nuit dans une station-service, laissant Suzy seule.

    La vie de Josefa...
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    Yprat – Baie des naufragés – Petite station balnéaire

    4 maisons, 7 âmes vivent dans la baie des naufragés.

    Depuis la mort de son mari, il y a 8 ans, Josefa élève seule sa fille Suzy âgée de 17 ans. Elle travaille de nuit dans une station-service, laissant Suzy seule.

    La vie de Josefa bascule le jour où le corps sans vie de Suzy est rejeté par les eaux noires de la baie des naufragés. Qui a bien pu assassiner sa fille ? Pour Josefa, c’est le début d’une longue descente aux enfers, où le seul but de sa vie sera de trouver l’assassin de sa fille et de lui faire punir son crime.

    Très vite, Josefa passe du statut de la pauvre mère de la victime, à celui de mauvaise mère, mauvaise employée, mauvaise voisine, mauvaise amie.

    Ne sachant pas comment faire face à ce qui lui arrive, elle va rejeter maladroitement toutes les mains qui vont se tendre pour l’aider et se mettre tout un village à dos. L’opinion publique a tranché : c’est de sa faute si Suzy, la dévergondée, s’est fait tuer.

    On va découvrir la face noire de ce si paisible village, où personne n’est innocent, même pas le plus innocent et sympathique des personnages. Ils ont tous quelque chose à cacher.

    Ce roman n’est pas un thriller comme on a l’habitude de lire, où l’auteur nous dévoile des indices pour découvrir qui est le coupable. L’auteur se focalise sur l’attitude des personnages, leur psychologie, leurs petits secrets inavouables, on en oublierait presque que Suzy est la victime, l’auteur ne la rendant pas particulièrement sympathique. L’atmosphère du roman devient très vite noire, malsaine, étouffante. On a envie de fuir très loin de la baise des naufragées, comme si celle-ci corrompait tous ceux qui s’en approchaient. La jalousie, méchanceté gratuite est d’une banalité pour eux.

    Un excellent roman bien noir, une lecture très prenante, vous ne ferez plus jamais confiance à personne une fois ce livre fermé ! Une lecture coup de cœur.

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  • Encore une auteure française de thrillers/polars/romans noirs talentueuse que je viens de découvrir, emballée par "Les eaux noires".
    Dans la Baie des Naufragés ( nom déjà fort inquiétant...) dans la petite ville balnéaire d'Yprat, dans le Nord, quatre maisons se côtoient à l'écart de tout; dans...
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    Encore une auteure française de thrillers/polars/romans noirs talentueuse que je viens de découvrir, emballée par "Les eaux noires".
    Dans la Baie des Naufragés ( nom déjà fort inquiétant...) dans la petite ville balnéaire d'Yprat, dans le Nord, quatre maisons se côtoient à l'écart de tout; dans l'une d'elle, Josefa, veuve, travaille de nuit sur une aire d'autoroute pour assurer sa subsistance et celle de sa fille, Suzy, 17 ans. Un matin, Suzy a disparu; son corps sera rejeté par les eaux noires de la baie, elle a été assassinée.
    Ce qui rend ce thriller particulier et intéressant, c'est que l'auteure ne se concentre pas sur l'enquête, d'ailleurs bâclée mais sur les habitants de la Baie; chacun a quelque chose à cacher, chacun épie les autres, chacun médit sur les autres. La majeure partie de l'intrigue est narrée du point de vue de la mère dévastée, vengeresse à tout prix, prête à répandre des rumeurs, une sorte de harpie défigurée par la douleur.
    Ce qui m'a frappée, c'est qu'aucun personnage n'est sympathique, même pas la victime. Ils sont tous psychologiquement fouillés, avec leurs lâchetés, leurs mensonges, leurs désirs peu avouables. L'auteure prend un malin plaisir à insister sur les traits disgracieux et sur les caractères détestables.
    Estelle Tharreau installe une atmosphère pesante, malsaine, noire; tout est lugubre : les eaux, la maison de Josefa délabrée, la station-service de nuit, les racontars. Elle livre l'image d'une petite communauté où les rumeurs enflent et peuvent tuer; elle nous englue dans la petitesse poisseuse de cette petite vielle et j'avoue, que le roman terminé, j'ai eu envie de bonnes goulées d'air frais.
    Malgré cette originalité, les codes du thriller sont là : fausses pistes, mensonges, indices habilement distillés, suspense.
    En résumé, un excellent thriller que j'ai dévoré. Comment ai-je pu passer à côté de cette auteure? Nul doute que je vais aller voir du côté de ses précédents romans.

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  • Depuis le décès de son mari Joséfa élève seule sa fille Susy, elle a trouvé un travail de nuit et vivent toutes les deux isolées sur la Baie des Naufragés. Lorsque le corps de la jeune fille est retrouvé sur la plage, Joséfa va sombrer dans la culpabilité, les questions sans réponses mais...
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    Depuis le décès de son mari Joséfa élève seule sa fille Susy, elle a trouvé un travail de nuit et vivent toutes les deux isolées sur la Baie des Naufragés. Lorsque le corps de la jeune fille est retrouvé sur la plage, Joséfa va sombrer dans la culpabilité, les questions sans réponses mais surtout dans l’obsession de trouver l’assassin. Peu à peu quelques informations filtrent et la rumeur se met en route. Entre les messages d’un corbeau, les non- dits et les petits secrets des uns et des autres, la vie au village va devenir infernale, s’apprêtant à broyer quiconque aura le malheur de sortir du rang. La solitude de Jo, son désespoir sont très bien rendu et ses rapports avec ses collègues de travail ont de quoi donné la chair de poule, on a l’impression d’être dans un monde déshumanisé.
    Estelle Tharreau nous propose un enchainement dramatique qui n’est pas sans rappeler le dérapage du cas du petit Grégory. Un engrenage que nul ne peut arrêter se met en marche, sans que l’on parvienne à faire la lumière sur l’assassin. La construction de cette montée en tension est soignée et diablement efficace. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure et sa façon de monter en épingle le moindre événement.
    Les jeux entre les différents personnages sont savoureux, tant de haine, tant de ressentiment. On nage en pleine tragédie et déjà on pressent que la fin sera en apothéose. Les voisins proches de Joséfa seront les premiers touchés par le climat délétère qui s’instaure. La psychologie des personnages est dense et nous donne un bel aperçu du talent de l’auteure pour tous les faire vivre. Géographiquement j’ai eu une impression de bout du monde et d’huis-clos tant l’endroit semble inhospitalier et isolé, ce qui ajoute encore à l’ambiance dramatique. Un excellent thriller qui en dit beaucoup sur la nature humaine. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2021/10/17/39151290.html

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  • Lorsque le corps de sa fille est rejeté par les eaux noires de la Baie des Naufragés, Joséfa n’a plus qu’une obsession du fond de sa détresse : que l’on identifie l’assassin. Mais l’enquête piétine, tandis que ragots et suspicions font rage, aiguillonnés par les insinuations venimeuses d’un...
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    Lorsque le corps de sa fille est rejeté par les eaux noires de la Baie des Naufragés, Joséfa n’a plus qu’une obsession du fond de sa détresse : que l’on identifie l’assassin. Mais l’enquête piétine, tandis que ragots et suspicions font rage, aiguillonnés par les insinuations venimeuses d’un mystérieux corbeau…

    Ce modeste et minuscule quartier, situé à l’écart d’une petite station balnéaire du nord de la France, ne respirait déjà pas vraiment la joie de vivre en temps ordinaire. L’atmosphère y devient carrément poisseuse, lorsque ses quelques habitants se retrouvent l’objet de tous les soupçons. Si la plupart n’ont rien à se reprocher dans cette affaire de meurtre, aucun n’a très envie d’attirer l’attention sur ses petites habitudes et ses travers cachés sous les apparences de la respectabilité. Alors, tout ce petit monde s’observe avec méfiance, dans un climat propice aux pires rumeurs et calomnies. Celles-ci n’exacerbent que davantage une nervosité qu’un rien peut incendier, sans même parler des insidieux messages anonymes agissant comme de l’huile sur le feu.

    Dans ce huis clos méphitique, évoluent des personnages aux multiples failles et zones d’ombre. Tous agissent, avec plutôt moins que plus de bonheur, en fonction d’intérêts et de sentiments mal contrôlés et mal assumés, dans un quotidien étriqué où les frustrations et les rancoeurs, mêlées de honte et de culpabilité, fermentent mesquinement dans la peur du qu’en dira-t-on et le souci de l’acceptation sociale.
    Comble de l’hypocrisie quand son mutisme revient à couvrir un grand crime, cette petite société finit par se donner bonne conscience en se vengeant de ses propres lâchetés et compromissions par le lynchage de ceux qu’elle croit, sans preuve, coupables de petits vices. De même, elle en arrive à se dédouaner de ses responsabilités, en se prenant à douter des bonnes mœurs de la victime et de sa mère, dont le malheur porté avec colère et agressivité dérange. L’on n’aime guère se voir tendre un miroir de ses propres faiblesses, alors, faute d’un vrai coupable, l’on accuse les victimes de l’avoir finalement bien cherché, et l’on prend sa revanche avec d’autant plus de virulence, que l’on s’attaque, à bon compte et sans preuve, à quelque fautif commodément trouvé pour servir de dérivatif.

    Bien plus que l’intrigue elle-même et son suspense somme toute modéré, c’est la manière dont l’auteur réussit à épaissir son ambiance fétide, à décortiquer le processus ravageur de la rumeur, et à faire fermenter les rancoeurs au sein d’un échantillon ordinaire et représentatif de notre société, qui impressionne le lecteur. Car, et c’est bien le plus terrible, tout y est d’une parfaite justesse psychologique et d’une totale crédibilité.

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  • Autant prévenir tout de suite, je suis un grand fan de l'auteure que je lis depuis ses premières publications que j'avais déjà beaucoup appréciées. Je l'ai vu changer de dimension à partir de « Mon ombre assassine », confirmer avec « La peine du bourreau » et s'affirmer avec « Les eaux noires...
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    Autant prévenir tout de suite, je suis un grand fan de l'auteure que je lis depuis ses premières publications que j'avais déjà beaucoup appréciées. Je l'ai vu changer de dimension à partir de « Mon ombre assassine », confirmer avec « La peine du bourreau » et s'affirmer avec « Les eaux noires ».

    J'ai supposé qu'Estelle Tharreau revenait dans ce nouvel opus à une intrigue policière de trame classique avec meurtres et enquêtes. Mais c'était mal connaître cette Franc-Comtoise qui prend un malin plaisir à surprendre son lectorat. Les policiers sont plutôt discrets dans la première partie du récit et leurs investigations restent bien en retrait. le personnage principal est Joséfa, la mère de Suzy, la jeune fille de dix-sept ans retrouvée assassinée. À travers un chaotique cheminement de deuil, dans lequel la culpabilité d'avoir trop souvent laissé sa fille seule cède la place à une grosse colère contre tout le monde, voisins, policiers nationaux et municipaux, elle contribue à créer un malaise profond dans sa petite ville d'Yprat. Lorsqu'un corbeau entre en action en divulguant quelques informations dévastatrices, la situation ne peut que dégénérer, alors que le meurtrier court toujours. Joséfa passe peu à peu du statut de victime, mère de victime, à celui de pestiférée accusée de tous les maux. Même la réputation de Suzy n'est pas épargnée par les rumeurs et les ragots.

    Afin de ramener le calme et de faire avancer une enquête qui s'est plus qu'enlisée, un nouveau chef de la police est nommé. Des méthodes originales, mais surtout un comportement empreint de suffisance que ses collaborateurs ont du mal à accepter, ne lui attirent pas que de la sympathie, sans que cela ne le perturbe beaucoup dans sa quête de la vérité.

    Estelle Tharreau montre à nouveau sa capacité à instaurer une atmosphère pesante, à faire monter la tension dramatique de façon palpable, et à maintenir le lecteur sous pression jusqu'à un dénouement étourdissant.

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