Les déraisons

Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire
Résumé:

La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur.
Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur... Voir plus

La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur.
Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur d'Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme.
Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s'amuse à triturer dans tous les sens, l'employé modèle est exilé par un plan social aux confins d'un couloir.
Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir?: il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l'altitude.
Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ?
Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort??

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  • Après leur rencontre et leur coup de foudre, Louise va bouleverser la vie d’Adrien comme on pourrait être renversé par le bus.
    Lui bien rangé, bien dans le moule va découvrir la fantaisie, les chemins de traverse et les arrangements qui rendent le quotidien moins pesant.

    Louise va maintenir...
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    Après leur rencontre et leur coup de foudre, Louise va bouleverser la vie d’Adrien comme on pourrait être renversé par le bus.
    Lui bien rangé, bien dans le moule va découvrir la fantaisie, les chemins de traverse et les arrangements qui rendent le quotidien moins pesant.

    Louise va maintenir ce rythme jusqu’au bout de son corps, jusqu’au bout de sa vie et laisser à Adrien une nouvelle vision de l’existence.

    Un roman tout en folie, tout en déraisons qui rappelle l’esprit de « l’écume des jours » d’ « une bouche sans personne » de Gilles Marchand ou « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut.

    Une belle découverte

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  • Il serait déraisonnable de ne pas lire ce roman…..
    Une belle histoire d'un amour infini, inconditionnel entre Adrien agent de liaison discipliné et Louise, peintre, femme fantasque et libre, éternelle optimiste même face à la maladie, qui sait rendre la vie belle.
    Que d'amour entre ces deux...
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    Il serait déraisonnable de ne pas lire ce roman…..
    Une belle histoire d'un amour infini, inconditionnel entre Adrien agent de liaison discipliné et Louise, peintre, femme fantasque et libre, éternelle optimiste même face à la maladie, qui sait rendre la vie belle.
    Que d'amour entre ces deux êtres mais sans tomber dans le roman à l'eau de rose, non, mais plutôt dans de la poésie et le respect, et ils vont affronter les événements, solidaires et amoureux, jamais ils ne se lâcheront la main.
    Même si je le voulais, je ne saurais pas où aller chercher les larmes. Je pleure pour les autres. Pour moi, j'invente. (p62)
    Adrien va nous raconter sa vie avec Louise, il entrouvre pudiquement la porte de leur vie, sa rencontre, leur quotidien par petites touches, pudiquement, encore émerveillé de vivre auprès d'elle, elle qui sait rendre magique chaque journée : dialoguer en finissant chaque phase par la voyelle du jour, colorer le dentifrice suivant l'humeur … Et ses souvenirs il nous les énumère face à un juge, durant le procès qui l'oppose à son employeur. Mais il va trouver des alliés de poids, auxquels il ne s'attendait peut être pas.
    C'est un récit plein d'émotions qui traite de l'amour profond entre deux êtres si différents, mais aussi du monde du travail dans nos Sociétés où l'homme n'est qu'un numéro et que l'on peut parfois oublier ou perdre, comme un objet, sans valeur. Elle est le soleil de sa vie, il sera sa force alors qu'elle perd les siennes, il dépassera ses limites, s'inventera un double invincible (magnifique déclaration page 157 sur la défense d'une espèce en voie de disparition)
    Superbe écriture, directe mais ciselée, recherchée et raffinée, un premier roman qui porte une grâce, une émotion dans presque toutes les lignes, qui ne tombe jamais dans le patos, qui reste digne, pudique, forte et douce à la fois, avec parallèlement à la maladie, le monde professionnel implacable, la justice, des touches d'humour, des personnages secondaires qui deviennent des acteurs de premier plan.
    C'est un livre qui va me rester en mémoire longtemps par son rythme, alternant les moments de tendresse, d'émotion, de révolte et de douleur, une magnifique découverte et je vais guetter un prochain livre de cette auteure avec impatience en espérant y trouver le même plaisir et la même sensibilité.
    Prix de la Closerie des Lilas 2018

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  • Toutes les Déraisons d’y croire

    C’est l’histoire de Louise et d’Adrien. De l’année durant laquelle Louise se bat contre un cancer du poumon, soutenu par Adrien. Un drame plein de fantaisie.

    Quelquefois la vie est si terriblement injuste qu’il vaut mieux en rire. L’humour devient alors le...
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    Toutes les Déraisons d’y croire

    C’est l’histoire de Louise et d’Adrien. De l’année durant laquelle Louise se bat contre un cancer du poumon, soutenu par Adrien. Un drame plein de fantaisie.

    Quelquefois la vie est si terriblement injuste qu’il vaut mieux en rire. L’humour devient alors le stade suprême du désespoir et une manière de nous faire accepter l’inéluctable. Comme la mort d’un être cher. Chose impensable, inimaginable, comme le chantaient les Rita Mitsouko
    Le cancer
    Que tu as pris sous ton bras
    Maintenant
    Tu es en cendres, en cendres
    La mort
    s'est comme une chose impossible
    C’est à cette douloureuse expérience que va être confronté Adrien le jour où il va apprendre que son épouse Louise va devoir lutter contre un cancer du poumon. Mais, à l’image de Marcia Baila, c’est sur un rythme entraînant, plein de poésie et d’inventitvité qu’Odile d’Oultremont nous raconte cette année particulière. Un véritable tour de force qui entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions.
    Tout commence le 3 octobre 2016, alors que s’ouvre un procès devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Les audiences doivent définir si Adrien Bergen a perçu indûment 28400 € de la société AquaPlus qui l’emploie.
    Mais, avec un joli sens de la construction et du suspense, Odile d’Oultremont interrompt son récit, car il faut pour comprendre ce qui se trame dans ce tribunal, remonter une dizaine d’années plus tôt.
    À ce jour d’octobre 2005, lorsqu’Adrien rend visite à Louise Olinger pour lui annoncer une coupure d’eau de trois jours. Habitué aux récriminations, il est surpris par la réaction de Louise, qui est plus attentive à la forme du message qu’à son fond. Le dialogue qui suit donne le ton de tout le roman : « Je suis venu vous prévenir que, malheureusement, à partir du 17 octobre, nous devrons procéder au remplacement de canalisations, ce qui implique que, malheureusement, l’eau sera coupée pendant trois jours. Dans tout le quartier…
    Elle protesta aussitôt.
    – Non, non, non !
    – Laissez-moi vous...
    Je dis non, l’interrompit-elle. Pas pour la coupure d’eau. Je dis non à deux utilisations consécutives de l’adverbe "malheureusement" dans une même phrase. Ça, c’est non!
    – Pardon?
    Ce n’est pas joli, ni raffiné, ni très positif, "malheureusement", alors si en plus vous le dites deux fois...
    Adrien se figea. Quelque chose lui échappait.
    – Ah bon. Excusez-moi.
    – Mais non! Ne vous excusez pas, c’est vraiment la dernière des choses à faire!
    La situation ne s’arrangeait pas. Adrien aspirait à un point d’amarrage, à quelque chose de familier, une réaction normale.
    – Ah bon..., répéta-t-il. Qu’est-ce que je dois faire alors?
    J’en sais rien, agissez, remplacez le mot, que sais-je?
    – OK... je vais le remplacer, d’accord... donc à partir du 17 octobre nous devrons malheureusement procéder au remplacement de canalisations, ce qui implique que l’eau sera coupée... ce qui est très dommage...
    Il lui lança un regard interrogateur.
    – "Ce qui est très dommage... ", ça vous convient?
    Louise éclata de rire.
    – Époustouflant !
    Il soufila, rassembla ses forces, et répéta :
    – Donc... l’eau sera coupée, ce qui est très dommage, pendant trois jours. »
    C’est ainsi que commence leur belle histoire d’amour. Quand Adrien découvre les talents de cette cliente, artiste à l’imagination débordante qui, au fil des heures et des jours qui suivent va lui permettre d’élargir son horizon et de constater que «l’imagination de Louise le propulsait comme un puissant moteur».
    Dès lors, on suit en parallèle ce procès et la chronique des premières années de la vie du couple, revenant aussi sur quelques épisodes marquants de leur jeunesse, comme le traumatisme subi par Louise quand sa mère disparaît, jusqu’à cette funeste année durant laquelle le cancer fait son travail de sape.
    Louise choisit de ne pas se plaindre, mais un peu comme Mathieu Malzieu et son Journal d’un vampire en pyjama de mettre encore davantage de vie «d’élaborer, de rêver, d’imaginer, de peindre, de fonder, de rire, de fabriquer, de concevoir, d’innover, d’écrire, de dessiner, de susciter, de bâtir, de jouer.»
    Adrien se positionne sur le même registre. Il devient «le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste, dont il était le seul soldat.»
    Pendant ce temps son avocat tente de démontrer que son employeur, qui a mis près d’une année avant de constater qu’il était absent, portait aussi une part de responsabilité dans cette «placardisation». Le président Albert Vaxe, dont c’est sans doute l’une des dernières affaires, commence à trouver l’affaire beaucoup plus intéressante que prévue. Et pendant que la camarde aiguise sa faux et qu’une ribambelle de charlatans proposent leurs remèdes miracle, Adrien s’essaie torero à l’assaut des tumeurs ou encore lion pour pousser des rugissements propres à faire reculer les métastases. C’est magnifique et poignant comme tous ces combats que l’on sait perdus d’avance, mais qui sont d’autant plus beaux qu’ils sont inutiles. Il y a la majesté de Don Quichotte dans cette guerre, la poésie fantastique qui se découvre quand sur la plage, il ne reste que L’Ecume des Jours.
    2018 pourrait bien être une année riche en découvertes. Odile d’Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d’y croire ! http://urlz.fr/6sqH

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  • Adrien était un homme simple et sans éclat, traversant la vie sans une éclaboussure, faisant toujours précisément ce que l’on attendait de lui. Puis il a rencontré Louise, par hasard, un beau hasard qui lui a fait entrevoir la possibilité d’une vie différente, où le renversement des codes et de...
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    Adrien était un homme simple et sans éclat, traversant la vie sans une éclaboussure, faisant toujours précisément ce que l’on attendait de lui. Puis il a rencontré Louise, par hasard, un beau hasard qui lui a fait entrevoir la possibilité d’une vie différente, où le renversement des codes et de la bienséance fait loi, où l’imaginaire et le créatif triomphent, où l’optimisme est maître mot. Quand le cancer de Louise se déclare, alors que son entreprise vient de le mettre au placard, le monde d’Adrien s’écroule et rebat les cartes de sa vie rangée. A quoi bon continuer à suivre les règles comme les autres quand on sait l’être aimé condamné ?

    La scène s’ouvre au tribunal : Adrien est jugé pour avoir déserté son travail pendant trois cent soixante-cinq jours, une année entière, pendant laquelle il a soutenu son épouse dans son combat contre le cancer. Alors, innocent ou coupable ? Peut-on condamner un homme récemment veuf ? Peut-on lui reprocher d’avoir préféré soutenir sa femme dans ses derniers instants plutôt que de se rendre à un travail où personne ne se souciait de sa présence? Formidable procédé romanesque que cette imbrication de l’histoire véritable au sein d’une autre histoire, dont le dénouement reste finalement anecdotique, mais qui permet d’aborder tous les détails de la situation inédite rencontrée par le personnage, même avec humour.

    Pendant le procès, Adrien raconte : Louise et ses dents colorées, les journées en O, le chien appelé Le-Chat, les plats dessinés dans la cuisine, toutes les petites anecdotes d’une vie sublimée par l’imagination et la créativité de son épouse. Louise, femme fantasque qui n’a pas reculé devant le cancer, elle l’a laissée ronger son corps sans jamais lui permettre d’atteindre son coeur et son esprit, ces remèdes ultimes à l’absurdité de la vie. Elle flanche parfois, mais Adrien est là pour prendre le relai, pour faire vivre sa femme à travers son imagination à lui, à travers ses créations et ses improvisations.

    C’est avec un style chantant, décalé et poétique que l’auteur nous dépeint la vie commune de deux personnages touchants et attachants de sincérité, leurs épreuves et leurs choix. Odile d’Oultremont livre un récit magnifiquement bien écrit, une sorte d’allégorie aux accents de L’Ecume des jours, une leçon de vie déguisée, une recette pour positiver et aller de l’avant. Les Déraisons, c’est l’histoire d’un amour incroyable et inédit, l’histoire d’une enfant dont l’imagination débordante lui a permis de triompher de son terrible héritage familial, l’histoire d’un homme prêt à tout pour permettre à sa femme de survivre à sa propre mort : une véritable ode à la vie, un coup de cœur.

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  • Les déraisons est l’histoire d’amour de Louise et Adrien, histoire d’abord teintée de la douce folie et excentricité de Louise puis assombrie par le cancer et enfin la mort de celle-ci. Lorsque Louise tombe malade, l’entreprise d’Adrien annonce un plan de restructuration et le met littéralement...
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    Les déraisons est l’histoire d’amour de Louise et Adrien, histoire d’abord teintée de la douce folie et excentricité de Louise puis assombrie par le cancer et enfin la mort de celle-ci. Lorsque Louise tombe malade, l’entreprise d’Adrien annonce un plan de restructuration et le met littéralement « au placard ». Face à cette double épreuve, Adrien choisit de déserter son emploi, cette situation professionnelle absurde et le vide de ses journées et d’accompagner Louise dans sa maladie, ses traitements et son inexorable issue. Mais, un an plus tard, alors que Louise est décédée, l’entreprise qui avait oublié Adrien au fond d’un couloir sans issue, se retourne contre cet employé déserteur et l’assigne en justice. Le livre est construit autour de ce procès au fil duquel Adrien parcourt à nouveau son histoire, sa rencontre avec Louise, leur vie de couleurs et de jeux de mots et l’absurdité de sa situation professionnelle. J’ai beaucoup aimé ce roman, à la fois pour sa gaieté, sa folie et sa sensibilité. Les personnages sont attachants, et Odile d’Oultremont réussit parfaitement le dosage entre réalisme et excentricité. Une très belle lecture.

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  • Certains livres provoquent des doutes !
    Des doutes parce qu'il n'est pas si facile de dire "j'aime ou j'aime pas" quand on a oscillé entre le rêve et la réalité.

    Adrien, j'aime pas son quotidien...trop rempli d'impersonnalité, de mépris, d'incohérence. Et pourtant lui il arrive à y trouver...
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    Certains livres provoquent des doutes !
    Des doutes parce qu'il n'est pas si facile de dire "j'aime ou j'aime pas" quand on a oscillé entre le rêve et la réalité.

    Adrien, j'aime pas son quotidien...trop rempli d'impersonnalité, de mépris, d'incohérence. Et pourtant lui il arrive à y trouver un certain plaisir...j'ai saisi certains de ses arguments mais d'autres m'ont semblé trop en surface, comme s'il n'avait pas de poids dans sa vie, comme s'il ne pouvait rien changer lui dans son quotidien et qu'il acceptait sans rien dire, tout lui glisse dessus en fait.
    Louise, j'aime pas non plus son quotidien...quand la maladie s'invite dans sa vie c'est pas drôle ! Mais Louise a une corde à son arc, celle de la fantaisie. Et ça j'aime bien, je crois que j'aurai même été capable d'aller encore plus loin dans l'écriture si c'était possible.

    Ce premier roman ressemble à d'autres romans contemporains où l'imaginaire prend le dessus sur la vraie vie. Surement parce que parfois il est bien plus simple de poser des mots et de poser des idées farfelues sur ce qui arrive pour de vrai et qui est noir et trop sombre.

    Les déraisons est un roman qui se lit bien si on rentre tout de suite dans l'esprit de Louise et qu'on accepte de voir le côté fantaisie. Si jamais on y voit seulement ce qui est moche et dégueulasse de la maladie alors ce sera compliqué de voir que Louise est une femme forte et courageuse.

    L'auteure propose un ouvrage dans la veine de "En attendant Bojangles" mais je trouve qu'elle a gardé un soupcon de "trop de réalité".

    Peut-être que c'est pour éviter au lecteur de perdre pied complètement entre Adrien et Louise et donc voir ce lien ténu entre leurs perceptions individuelles de la vie ?!

    J'ai trouvé ce livre très intéressant dans la narration entre les deux personnages principaux car ils sont piliers l'un et l'autre dans cet ouvrage mais chacun à leur manière. Louise est bien plus expressive finalement et bien plus ouverte aux mots qui pourraient fâchés habituellement alors que Adrien reste en "observateur" je trouve.

    C'est un roman à découvrir en laissant votre esprit s'ouvrir à la fantaisie !

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/les-deraisons-dodile-doultremont.html

    "Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire" - Flaubert

    Adrien et Louise forment un couple improbable. Adrien est un homme ordinaire élevé par une mère dépressive chronique qui exerce un métier sans...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/les-deraisons-dodile-doultremont.html

    "Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire" - Flaubert

    Adrien et Louise forment un couple improbable. Adrien est un homme ordinaire élevé par une mère dépressive chronique qui exerce un métier sans grand intérêt "observateur atone, mouton bouclé mal assuré... un exécutant un peu raide qui suivait du doigt les paragraphes de son existence pour ne manquer aucun mot, aucune ligne". Louise est une peintre très fantasque; mariés à la suite d'un coup de foudre, ils forment un couple complémentaire. Au contact de cette femme à part Adrien a "appris à pousser des boutons inédits", à inventer la vie au gré de son imagination, il vit "sous perfusion de sa femme". Grâce à lui, elle a pu s'appuyer sur quelqu'un qui accueille son fouillis et donne corps à son désordre.

    Adrien travaille chez AquaPlus, une compagnie des eaux. A la suite d'une restructuration, après dix ans dans l'entreprise, il se retrouve relégué dans un cagibi au bout d'un couloir interminable derrière des armoires d'archives, oublié de tous dans une aile du bâtiment où il est seul à travailler. Il devient un invisible dans un bureau fantôme où il n'a rien à faire. Adrien ne peut pas confier ses angoisses à sa femme car au même moment ils apprennent qu'elle est atteinte d'un cancer.

    Louise ne s'effondre pas et continue à vivre dans la joie, danse avec Adrien et décide de dénommer Honey Pops les cellules cancéreuses qui l'envahissent. "Elle prétendait alors que les molécules des médicaments pénétraient mieux les cellules joyeuses, que l'humour et la légèreté constituaient un terrain favorable aux réactions chimiques escomptées, que l'action de ces remèdes se trouvait décuplée par le tremblement d'un corps qui rit". Lorsque se cheveux tombent, elle remplace le port d'une perruque par un dessin qu'elle se tatoue sur son crâne dénudé. A l'occasion des chansons qu'elle improvise pour raconter ses souvenirs à Adrien, apparaissent son histoire familiale et le traumatisme fondateur de son enfance qui l'a faite basculer dans une autre vie et qui a été à l'origine de sa nouvelle façon de se comporter de façon déraisonnable.

    Adrien soutient sa femme, l'accompagne à l'hôpital, n'obtient pas d'autorisations d’absence de la part des médecins mais dans sa "Sibérie professionnelle" personne ne lui réclame de justificatif car personne ne remarque son absence au bureau, il va alors lui aussi faire preuve de déraison... En quittant la voie du raisonnable, il n'est pas dit qu'Adrien n'entraine pas d'autres personnes sur ce chemin...

    Ce premier roman au ton virevoltant où l'auteure ne se prive pas de quelques jolis coups de griffe sur les médecins, la directrice des ressources humaines, le PDG, le président du tribunal et les avocats en autres est un vrai petit bijou très émouvant qui se lit d'une traite. Le monde impitoyable de l'entreprise qui broie y est décrit avec fantaisie mais de façon implacable.
    J'ai aimé la fantaisie qu'Odile d'Oultremont prête à Louise, une jolie fantaisie suffisamment bien dosée pour ne jamais lasser, un ton décalé mais pas trop déjanté. J'ai aimé la construction de son récit où la mort de Louise est annoncée dès les premières pages, récit ponctué par le procès intenté à Adrien. J'ai aimé sa plume subtile et son univers qui n'est pas sans évoquer celui d'Olivier Bourdeault et de Gilles Marchand. Un récit original et lumineux.

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  • J'ai adoré ce livre tout en nuance très bien écrit. Les personnages sont très touchants, c'est poétique et beau; l'ambiance rappelle un peu "En attendant Bojangles". Là où dans Bojangles est décrite la folie, ici c'est la maladie qui prend beaucoup de place. Adrien ne va plus travailler pour...
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    J'ai adoré ce livre tout en nuance très bien écrit. Les personnages sont très touchants, c'est poétique et beau; l'ambiance rappelle un peu "En attendant Bojangles". Là où dans Bojangles est décrite la folie, ici c'est la maladie qui prend beaucoup de place. Adrien ne va plus travailler pour s'occuper de sa femme lorsqu'il apprend qu'elle est malade. Il y a beaucoup d'amour dans ce livre et cela m'a beaucoup plu.

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  • La lecture de ce roman a été un moment magique, tout en grâce, poésie et légereté. Tout comme son personnage féminin, l’auteur maquille, elle aussi, de toutes les couleurs la réalité pour décrire l’amour et la maladie, pour dépeindre les absurdités du monde du travail et celui de l’hôpital. J’ai...
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    La lecture de ce roman a été un moment magique, tout en grâce, poésie et légereté. Tout comme son personnage féminin, l’auteur maquille, elle aussi, de toutes les couleurs la réalité pour décrire l’amour et la maladie, pour dépeindre les absurdités du monde du travail et celui de l’hôpital. J’ai adoré l’écriture vive, inventive, les jeux de mots et les dialogues cocasses.

    Et si ce roman en évoque d’autres (L’écume des jours ou En attendant Bojangles) , il n’en reste pas moins que cette histoire d’amour m’a profondément touchée car Louise et Adrien sont uniques. De l’un et de l’autre, on en apprend un peu plus au cours du récit par les blessures et les fêlures de leur enfance. Le mensonge des adultes et la chute d’une mère ont transformé Louise à 7 ans en «ouvrière qualifiée de l’imaginaire » ; un père enfui et une mère coupant tout différend par des « je t’aime mon chéri » ont transformé Adrien en « observateur atone, mal assuré.»

    Les déraisons est un roman coup de coeur, pétillant et insolite qui nous invite aussi à laisser jaillir ce petit grain de folie que l’on porte tous en nous mais que notre éducation et que notre peur du regard des autres retiennent en otage. Peut-être suffirait-il alors d’une rencontre ou d’un événement pour que « la Louise » qui sommeille en nous se libère soudain.

    Chronique complète sur mon blog
    https://dingue2livres.wordpress.com/2018/02/19/les-deraisons-dodile-doultremont-editions-de-lobservatoire/

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  • Il faut donner un autre son de la vie pourquoi pas et decouvrir se couple qui part sur des bases peut être un peu loufoques mais je pense qu' il faut le lire avant de juger l histoire a l air de bien tenir la route a suivre

    Il faut donner un autre son de la vie pourquoi pas et decouvrir se couple qui part sur des bases peut être un peu loufoques mais je pense qu' il faut le lire avant de juger l histoire a l air de bien tenir la route a suivre

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