Les déraisons

Couverture du livre « Les déraisons » de Odile D' Oultremont aux éditions L'observatoire
Résumé:

La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur.
Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur... Voir plus

La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur.
Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur d'Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme.
Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s'amuse à triturer dans tous les sens, l'employé modèle est exilé par un plan social aux confins d'un couloir.
Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir?: il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l'altitude.
Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ?
Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort??

Donner votre avis

Articles (2)

Voir tous les articles

Les derniers avis

  • Certains livres provoquent des doutes !
    Des doutes parce qu'il n'est pas si facile de dire "j'aime ou j'aime pas" quand on a oscillé entre le rêve et la réalité.

    Adrien, j'aime pas son quotidien...trop rempli d'impersonnalité, de mépris, d'incohérence. Et pourtant lui il arrive à y trouver...
    Voir plus

    Certains livres provoquent des doutes !
    Des doutes parce qu'il n'est pas si facile de dire "j'aime ou j'aime pas" quand on a oscillé entre le rêve et la réalité.

    Adrien, j'aime pas son quotidien...trop rempli d'impersonnalité, de mépris, d'incohérence. Et pourtant lui il arrive à y trouver un certain plaisir...j'ai saisi certains de ses arguments mais d'autres m'ont semblé trop en surface, comme s'il n'avait pas de poids dans sa vie, comme s'il ne pouvait rien changer lui dans son quotidien et qu'il acceptait sans rien dire, tout lui glisse dessus en fait.
    Louise, j'aime pas non plus son quotidien...quand la maladie s'invite dans sa vie c'est pas drôle ! Mais Louise a une corde à son arc, celle de la fantaisie. Et ça j'aime bien, je crois que j'aurai même été capable d'aller encore plus loin dans l'écriture si c'était possible.

    Ce premier roman ressemble à d'autres romans contemporains où l'imaginaire prend le dessus sur la vraie vie. Surement parce que parfois il est bien plus simple de poser des mots et de poser des idées farfelues sur ce qui arrive pour de vrai et qui est noir et trop sombre.

    Les déraisons est un roman qui se lit bien si on rentre tout de suite dans l'esprit de Louise et qu'on accepte de voir le côté fantaisie. Si jamais on y voit seulement ce qui est moche et dégueulasse de la maladie alors ce sera compliqué de voir que Louise est une femme forte et courageuse.

    L'auteure propose un ouvrage dans la veine de "En attendant Bojangles" mais je trouve qu'elle a gardé un soupcon de "trop de réalité".

    Peut-être que c'est pour éviter au lecteur de perdre pied complètement entre Adrien et Louise et donc voir ce lien ténu entre leurs perceptions individuelles de la vie ?!

    J'ai trouvé ce livre très intéressant dans la narration entre les deux personnages principaux car ils sont piliers l'un et l'autre dans cet ouvrage mais chacun à leur manière. Louise est bien plus expressive finalement et bien plus ouverte aux mots qui pourraient fâchés habituellement alors que Adrien reste en "observateur" je trouve.

    C'est un roman à découvrir en laissant votre esprit s'ouvrir à la fantaisie !

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/les-deraisons-dodile-doultremont.html

    "Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire" - Flaubert

    Adrien et Louise forment un couple improbable. Adrien est un homme ordinaire élevé par une mère dépressive chronique qui exerce un métier sans...
    Voir plus

    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/les-deraisons-dodile-doultremont.html

    "Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire" - Flaubert

    Adrien et Louise forment un couple improbable. Adrien est un homme ordinaire élevé par une mère dépressive chronique qui exerce un métier sans grand intérêt "observateur atone, mouton bouclé mal assuré... un exécutant un peu raide qui suivait du doigt les paragraphes de son existence pour ne manquer aucun mot, aucune ligne". Louise est une peintre très fantasque; mariés à la suite d'un coup de foudre, ils forment un couple complémentaire. Au contact de cette femme à part Adrien a "appris à pousser des boutons inédits", à inventer la vie au gré de son imagination, il vit "sous perfusion de sa femme". Grâce à lui, elle a pu s'appuyer sur quelqu'un qui accueille son fouillis et donne corps à son désordre.

    Adrien travaille chez AquaPlus, une compagnie des eaux. A la suite d'une restructuration, après dix ans dans l'entreprise, il se retrouve relégué dans un cagibi au bout d'un couloir interminable derrière des armoires d'archives, oublié de tous dans une aile du bâtiment où il est seul à travailler. Il devient un invisible dans un bureau fantôme où il n'a rien à faire. Adrien ne peut pas confier ses angoisses à sa femme car au même moment ils apprennent qu'elle est atteinte d'un cancer.

    Louise ne s'effondre pas et continue à vivre dans la joie, danse avec Adrien et décide de dénommer Honey Pops les cellules cancéreuses qui l'envahissent. "Elle prétendait alors que les molécules des médicaments pénétraient mieux les cellules joyeuses, que l'humour et la légèreté constituaient un terrain favorable aux réactions chimiques escomptées, que l'action de ces remèdes se trouvait décuplée par le tremblement d'un corps qui rit". Lorsque se cheveux tombent, elle remplace le port d'une perruque par un dessin qu'elle se tatoue sur son crâne dénudé. A l'occasion des chansons qu'elle improvise pour raconter ses souvenirs à Adrien, apparaissent son histoire familiale et le traumatisme fondateur de son enfance qui l'a faite basculer dans une autre vie et qui a été à l'origine de sa nouvelle façon de se comporter de façon déraisonnable.

    Adrien soutient sa femme, l'accompagne à l'hôpital, n'obtient pas d'autorisations d’absence de la part des médecins mais dans sa "Sibérie professionnelle" personne ne lui réclame de justificatif car personne ne remarque son absence au bureau, il va alors lui aussi faire preuve de déraison... En quittant la voie du raisonnable, il n'est pas dit qu'Adrien n'entraine pas d'autres personnes sur ce chemin...

    Ce premier roman au ton virevoltant où l'auteure ne se prive pas de quelques jolis coups de griffe sur les médecins, la directrice des ressources humaines, le PDG, le président du tribunal et les avocats en autres est un vrai petit bijou très émouvant qui se lit d'une traite. Le monde impitoyable de l'entreprise qui broie y est décrit avec fantaisie mais de façon implacable.
    J'ai aimé la fantaisie qu'Odile d'Oultremont prête à Louise, une jolie fantaisie suffisamment bien dosée pour ne jamais lasser, un ton décalé mais pas trop déjanté. J'ai aimé la construction de son récit où la mort de Louise est annoncée dès les premières pages, récit ponctué par le procès intenté à Adrien. J'ai aimé sa plume subtile et son univers qui n'est pas sans évoquer celui d'Olivier Bourdeault et de Gilles Marchand. Un récit original et lumineux.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • J'ai adoré ce livre tout en nuance très bien écrit. Les personnages sont très touchants, c'est poétique et beau; l'ambiance rappelle un peu "En attendant Bojangles". Là où dans Bojangles est décrite la folie, ici c'est la maladie qui prend beaucoup de place. Adrien ne va plus travailler pour...
    Voir plus

    J'ai adoré ce livre tout en nuance très bien écrit. Les personnages sont très touchants, c'est poétique et beau; l'ambiance rappelle un peu "En attendant Bojangles". Là où dans Bojangles est décrite la folie, ici c'est la maladie qui prend beaucoup de place. Adrien ne va plus travailler pour s'occuper de sa femme lorsqu'il apprend qu'elle est malade. Il y a beaucoup d'amour dans ce livre et cela m'a beaucoup plu.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • La lecture de ce roman a été un moment magique, tout en grâce, poésie et légereté. Tout comme son personnage féminin, l’auteur maquille, elle aussi, de toutes les couleurs la réalité pour décrire l’amour et la maladie, pour dépeindre les absurdités du monde du travail et celui de l’hôpital. J’ai...
    Voir plus

    La lecture de ce roman a été un moment magique, tout en grâce, poésie et légereté. Tout comme son personnage féminin, l’auteur maquille, elle aussi, de toutes les couleurs la réalité pour décrire l’amour et la maladie, pour dépeindre les absurdités du monde du travail et celui de l’hôpital. J’ai adoré l’écriture vive, inventive, les jeux de mots et les dialogues cocasses.

    Et si ce roman en évoque d’autres (L’écume des jours ou En attendant Bojangles) , il n’en reste pas moins que cette histoire d’amour m’a profondément touchée car Louise et Adrien sont uniques. De l’un et de l’autre, on en apprend un peu plus au cours du récit par les blessures et les fêlures de leur enfance. Le mensonge des adultes et la chute d’une mère ont transformé Louise à 7 ans en «ouvrière qualifiée de l’imaginaire » ; un père enfui et une mère coupant tout différend par des « je t’aime mon chéri » ont transformé Adrien en « observateur atone, mal assuré.»

    Les déraisons est un roman coup de coeur, pétillant et insolite qui nous invite aussi à laisser jaillir ce petit grain de folie que l’on porte tous en nous mais que notre éducation et que notre peur du regard des autres retiennent en otage. Peut-être suffirait-il alors d’une rencontre ou d’un événement pour que « la Louise » qui sommeille en nous se libère soudain.

    Chronique complète sur mon blog
    https://dingue2livres.wordpress.com/2018/02/19/les-deraisons-dodile-doultremont-editions-de-lobservatoire/

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Il faut donner un autre son de la vie pourquoi pas et decouvrir se couple qui part sur des bases peut être un peu loufoques mais je pense qu' il faut le lire avant de juger l histoire a l air de bien tenir la route a suivre

    Il faut donner un autre son de la vie pourquoi pas et decouvrir se couple qui part sur des bases peut être un peu loufoques mais je pense qu' il faut le lire avant de juger l histoire a l air de bien tenir la route a suivre

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2018/les-deraisons.html

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2018/les-deraisons.html

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/03/les-deraisons-de-odile-doultremont.html

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les...
    Voir plus

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/03/les-deraisons-de-odile-doultremont.html

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les pages. Découvrir Louise, et Adrien. Leur rencontre, l’aventure d’une vie.

    Alors qu’il doit prévenir, d’un discours bien rodé, les habitants du quartier qu’une coupure d’eau va avoir lieu, Adrien sonne chez Louise. Un curieux bout de femme haut en couleur, bien loin de réagir comme l’ensemble des autres voisins. Il aurait pu prendre peur face à cette femme déconcertante. Il aurait pu la prendre pour folle. Il aurait pu oui mais il a préféré l’aimer. Car Louise a instantanément remis de la couleur dans le quotidien terne d’Adrien.
    Lumineuse, colorée, Louise danse avec Le-Chat (son chien) au son d’Aretha Franklin. Elle promène ses pinceaux sur des toiles vierges. Elle ajoute une pointe de colorant dans son dentifrice pour mieux faire passer le rituel du brossage. Elle choisit une voyelle par jour comme une ponctuation de fin de phrase. Elle invente pour embellir le monde. Le sien, le leur. Par touches de fantaisie.
    Louise, tableau lumineux, abstrait mais vers lequel nous sommes irrémédiablement attirés. Un tableau tout en nuance, de bleu, de vert, de rouge, de jaune. De vie !

    Il la quitte chaque jour pour se rendre dans cette grande entreprise en restructuration où le bon petit soldat devient peu à peu un numéro. Invisible. Les déraisons de l’entreprise. Alors le jour où la toux de Louise se fait de plus en plus inquiétante, il l’accompagne chez le médecin. Une première fois, puis une seconde. Puis à chaque rendez-vous. Les poumons de Louise sont mal en point. Ne tournons pas autour du pot, c’est le cancer qui grignote. Vicieux. Pourri.
    Alors pour ne pas flancher, pour ne pas que la peur et la peine aient raison d’eux, même si les jambes flanchent, Louise continue de peindre coûte que coûte et Adrien invente à son tour une bulle colorée. Pour un sourire. Celui de Louise. Sa douce folie s’immisce en lui, comme une reprise de flambeau. Une preuve d’amour. La plus belle, la plus juste. La plus puissante. Sans mot, juste le faire, comme une promesse qui signifierait « ne t’inquiète pas mon amour, je suis là, je t’ai entendue. ». La folie douce comme rempart contre la maladie. Jusqu’au bout.


    Publié par L'ivresse littéraire mars 06, 2018
    LES DÉRAISONS DE ODILE D’OULTREMONT : COLORE EN BLEU DE CIEL
    Les déraisons
    Paru aux éditions de L'Observatoire - 224 pages

    On m'avait prévenue, on m'avait dit que je l'aimerais ce roman, que j'y retrouverais cette fantaisie qui me plait, que je succomberais à Louise. On m'avait prévenue mais quand même ...

    Faites entrer l’accusé. Adrien. Cet homme discret a perçu durant un an un salaire alors même qu’il ne se rendait plus au bureau. Comment est-ce possible ?
    Pour le savoir il faut avancer, tourner les pages. Découvrir Louise, et Adrien. Leur rencontre, l’aventure d’une vie.

    “ Peu importe où ça la mènerait. Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l'exacte seconde où les choses se situaient. « Être là », c'était sa came, sa défonce, son jus viscéral. ”
    Alors qu’il doit prévenir, d’un discours bien rodé, les habitants du quartier qu’une coupure d’eau va avoir lieu, Adrien sonne chez Louise. Un curieux bout de femme haut en couleur, bien loin de réagir comme l’ensemble des autres voisins. Il aurait pu prendre peur face à cette femme déconcertante. Il aurait pu la prendre pour folle. Il aurait pu oui mais il a préféré l’aimer. Car Louise a instantanément remis de la couleur dans le quotidien terne d’Adrien.
    Lumineuse, colorée, Louise danse avec Le-Chat (son chien) au son d’Aretha Franklin. Elle promène ses pinceaux sur des toiles vierges. Elle ajoute une pointe de colorant dans son dentifrice pour mieux faire passer le rituel du brossage. Elle choisit une voyelle par jour comme une ponctuation de fin de phrase. Elle invente pour embellir le monde. Le sien, le leur. Par touches de fantaisie.
    Louise, tableau lumineux, abstrait mais vers lequel nous sommes irrémédiablement attirés. Un tableau tout en nuance, de bleu, de vert, de rouge, de jaune. De vie !

    Il la quitte chaque jour pour se rendre dans cette grande entreprise en restructuration où le bon petit soldat devient peu à peu un numéro. Invisible. Les déraisons de l’entreprise. Alors le jour où la toux de Louise se fait de plus en plus inquiétante, il l’accompagne chez le médecin. Une première fois, puis une seconde. Puis à chaque rendez-vous. Les poumons de Louise sont mal en point. Ne tournons pas autour du pot, c’est le cancer qui grignote. Vicieux. Pourri.
    Alors pour ne pas flancher, pour ne pas que la peur et la peine aient raison d’eux, même si les jambes flanchent, Louise continue de peindre coûte que coûte et Adrien invente à son tour une bulle colorée. Pour un sourire. Celui de Louise. Sa douce folie s’immisce en lui, comme une reprise de flambeau. Une preuve d’amour. La plus belle, la plus juste. La plus puissante. Sans mot, juste le faire, comme une promesse qui signifierait « ne t’inquiète pas mon amour, je suis là, je t’ai entendue. ». La folie douce comme rempart contre la maladie. Jusqu’au bout.
    “ - Qu'est-ce que tu fais ?
    Le plus naturellement du monde, elle désigna le flacon.
    - Mon chéri, je te présente Docetaxel. Docetaxel, voici mon mari, Adrien.
    - Salut, Docetaxel.
    - C'est lui qui est chargé de dégommer mes Honey Pops.
    - Bien. On compte sur vous...
    - Tu peux le tutoyer, tu sais. ”

    Et puis le tribunal, parce qu’il a déserté, par amour. Petit soldat, pantin, relégué au placard dont personne ne se souciait. Mais vous comprenez, il a triché. Même par amour.
    En lisant ces déraisons – celles du monde et de l’Homme – on est piqué au vif. Même là la critique sociale est douce, et colorée. Et ces êtres un peu dingues dansent autour de ce monde délavé.

    En lisant ces déraisons - celles qui caractérisent Louise et Adrien - cette folie de vivre en arc-en-ciel, d’aimer fantasque, sans lois, sans limite, sans se soucier des règles, des ordonnances, des diktats, de ce que la société autorise ou non, sans se soucier des autres, irrémédiablement j’ai pensé à lui. A cette chanson, à ces paroles. Peut-être trouverez-vous cela un peu niais, peut-être mais qu’importe. C’est à Brel que j’ai pensé. Quand on n’a que l’amour / Mon amour toi et moi / Pour qu’éclatent de joie / Chaque heure et chaque jour … Quand on n’a que l’amour / Pour vivre nos promesses / Sans nulle autre richesse / Que d’y croire toujours. Je les voyais danser. Je voyais Louise virevolter, ses petites fleurs dessinées sur son crâne nu se mouvoir au même rythme. J’avais envie de lever mon verre, à eux, parce que c’était fou oui mais beau. La folie essentielle pour vivre et rendre vivant. La beauté enchanteresse d’un amour inconditionnel.

    Mais aussi la beauté enchanteresse d’une écriture, qui tournoie, qui avec notre langue est capable de d’inventer un autre langage. Kaléidoscope d’émotions suscité par la poésie et la fantaisie d’une langue éclatante. Les mots dansent le cha-cha-cha dans un univers singulier qui n’appartient qu’à Odile d’Oultremont. Et à nous lecteur, le temps de 210 pages.

    comment Commentaire (1) flag Signalez un abus
  • Quel joli livre ! Sa poésie m'a bercée de la première à la dernière page. L'écriture est percutante et gracieuse et les personnages infiniment attachants.

    Adrien est fou amoureux de Louise, sa femme étourdissante de gaieté. Mais Louise tombe gravement malade et Adrien est mis au placard dans...
    Voir plus

    Quel joli livre ! Sa poésie m'a bercée de la première à la dernière page. L'écriture est percutante et gracieuse et les personnages infiniment attachants.

    Adrien est fou amoureux de Louise, sa femme étourdissante de gaieté. Mais Louise tombe gravement malade et Adrien est mis au placard dans son entreprise. Bien décidé à s'occuper de sa femme, il décide de ne plus du tout se rendre au travail, et personne ne s'en aperçoit. Comment concilier la vie professionnelle avec les drames de la vie privée?

    Avec un grain de folie furieusement joyeuse qui rappelle l’Ecume des jours de Boris Vian et une pointe de drame qui ressemble à du Olivier Bourdeaut (En attendant Bonjangles), Odile d'Oultremont m'a fait passer un magnifique moment de lecture.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Adrien. Louise.
    Deux électrons que tout oppose.
    D’un côté une douce folie.
    De l’autre, un homme effacé.
    Un matricule oublié.
    Écrasé par la machine.

    « Le procès »,
    En lisant le livre d’Odile,
    Des images Kafkaïennes me viennent.
    La solitude de l’homme…

    Je les lis ces personnages.
    Je...
    Voir plus

    Adrien. Louise.
    Deux électrons que tout oppose.
    D’un côté une douce folie.
    De l’autre, un homme effacé.
    Un matricule oublié.
    Écrasé par la machine.

    « Le procès »,
    En lisant le livre d’Odile,
    Des images Kafkaïennes me viennent.
    La solitude de l’homme…

    Je les lis ces personnages.
    Je leur résiste.
    Se teindre les dents,
    Tout ce chaos désordonné…
    Il arrive que l’esprit refuse
    Par peur de ce qu’il va trouver.

    Et puis se lier.

    Parfois rire c’est braver.
    Lever le nez et se rebeller.
    La maladie. Le système.
    S’en foutre !
    Mentir à la vie.
    Trainer des pieds.
    Se lever !
    Refuser d’accepter.

    On ne nous apprend pas la liberté
    À être là, à exister.
    Ne pas se soucier de l’ordre des secondes
    Les déranger
    Leur faire croire qu’elles sont des heures
    Perdre la boussole.

    Que la joie soit !
    Que la vie nous précipite
    Sauter ensemble
    Quitte à tout perdre.

    Il y a des voyages que l’on entreprend qu’à deux
    « Seule avec son fouillis, à la longue, elle ne tiendrait pas. Il lui fallait quelqu’un qui sache accueillir son désordre, le reconnaître, l’apprivoiser et, par la même, lui donner corps. »

    Et si l’on réinventait tout ?!

    « Adrien était le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste. Dont il était le seul soldat. »

    Des gâteaux compotes
    Des verts très rouges

    « J’ai épousé la fille de Dalí et Pol Pot »

    Il y a les lâches, les déserteurs
    L’odeur de la mort
    Celle que l’on refuse de nommer
    La regarder, c’est mourir un peu.
    Puis il y a Adrien.
    Déguiser la maladie de couleurs
    Il est prêt.
    Mourir ensemble, un petit peu.
    Être juste à côté
    La regarder. Là. S’envoler.
    Quand soi, on n’a déjà plus pied.

    Réinventer les langues
    Résister tant que le sang coule encore
    Tout renverser, chambouler.
    Puis vouloir que tout soit normal
    Se réfugier…

    « Il fallait bien laisser sa vie s’écouler jusqu’au bout, ça prenait du temps de mourir, ce n’était pas simple de faire vite, que croyait-il ? »

    Un bateau ivre cet amour.
    Un amour fou.
    Une funambule sur le fil,

    Et cet Adrien,
    Le cœur en tumeur.

    « L’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. »

    Je referme ce livre.
    Et des mots me viennent :
    L’amour est un naufrage.
    Insubmersible.
    Il endure tout.

    Mon avis :

    Un joli récit qui apprivoise la maladie, lui porte un regard que l’on ose rarement poser.
    J’ai beaucoup résisté à cette lecture au début.
    Mon cœur se serrait de savoir que Louise mourrait quoi que je lise, quel que soit le contenu de ses pages qui viendraient.
    Je trouvais Louise trop fantasque. Adrien trop effacé, méprisé.
    Je crois que j’étais en colère au fond que Louise refuse de prendre cette bataille au sérieux.
    J’avais juste envie qu’elle vive encore un peu.
    Finalement en pensant ça, je devenais moi-même ce système, cette raison. Que le livre condamne.
    C’est parfois difficile de se laisser faire sur de tels sujets. Nous sommes tous touchés.
    Nous avons tous perdu un être, ou nous le redoutons plus que tout.
    Et pourtant l’auteur réussi un véritable tour de force. Une écriture qui s’autorise tout.
    Une poésie qui n’essaie pas de ressembler aux autres.
    Des personnages hauts en symbolique.
    Le juge.
    Et cette petite Madame Bénurin dont je garde cette phrase et dont je ne vous dirai rien :

    « Mais un mari qui part c’est plusieurs êtres qui s’en vont. »

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • "Hâte-toi de transmettre
    ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance"
    Ces mots de René Char me paraissent particulièrement correspondre à ma lecture du roman d'Odile D'Oultremont. Cette "part de merveilleux" c'est ce que Louise a transmis à Adrien et lui a appris à chercher sans...
    Voir plus

    "Hâte-toi de transmettre
    ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance"
    Ces mots de René Char me paraissent particulièrement correspondre à ma lecture du roman d'Odile D'Oultremont. Cette "part de merveilleux" c'est ce que Louise a transmis à Adrien et lui a appris à chercher sans relâche, lui qui n'était qu'une miette de vie abandonnée parmi les autres. Et c'est cette part qui le maintient debout alors qu'on le juge pour avoir indûment perçu un salaire de la société qui l'employait. Relégué dans un placard, Adrien a préféré s'abstenir d'une présence que de toutes façons personne, dans son entreprise, ne remarquait, pour rester près de sa femme aux poumons "perforés". Au tribunal, sa présence est tout aussi ondoyante : si son corps est bien assis dans le box des accusés, sa pensée s'échappe pour parcourir le territoire des souvenirs ou pour s'étonner des discours du président et des avocats. Dans les mots, comme dans les actes, comme sur les visages et les corps, Louise lui a appris a discerner les échancrures où viennent se faufiler la fantaisie et la poésie. Louise lui a appris le choix de l'émerveillement.

    Et l'écriture d'Odile d'Oultremont transmet à son tour cette faculté à faire vibrer le réel de mille tressaillements sans cesse réinventés. Elle sait exprimer la clarté joyeuse du bel amour fou tout en la nuançant imperceptiblement de sombre. Et, au gré de ces mots qui papillonnent de jour et de nuit, de ces phrases qui découpent avec brusquerie les instants ou qui les prolongent dans des images chatoyantes, les émotions s'entrechoquent, se percutent, se superposent et s'enchaînent finalement dans le juste reflet de ce qu'est la vie. La lecture donne une impression de légèreté impalpable, de délicatesse dentellière et, exactement dans le même temps, de densité dramatique poignante.
    Ce roman m'a littéralement et littérairement.... enchantée !

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
Voir tous les avis

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Forum de discussion

Afficher plus de discussions