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Les déracinés

Couverture du livre « Les déracinés » de Catherine Bardon aux éditions Les Escales
Résumé:

À Vienne, en 1932, au milieu du joyeux tumulte des cafés et de l'opéra, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, la femme de sa vie. L'antisémitisme enfle, et, après l'Anschluss, la violence quotidienne les terrifie. Myriam, la soeur de Wilhelm est partie aux États-Unis ; leurs parents, eux, ne... Voir plus

À Vienne, en 1932, au milieu du joyeux tumulte des cafés et de l'opéra, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, la femme de sa vie. L'antisémitisme enfle, et, après l'Anschluss, la violence quotidienne les terrifie. Myriam, la soeur de Wilhelm est partie aux États-Unis ; leurs parents, eux, ne peuvent quitter leur pays natal. Déchiré, mais bien décidé à sauver Almah et leur jeune fils, Wilhelm se résout à fuir l'Autriche.
Suisse, 1939. Dans un camp de réfugiés, le jeune couple et leur petit Frederick sont bloqués, leurs passeports ne sont pas en règle. La situation semble inextricable jusqu'à ce qu'un homme leur offre une porte de sortie : fonder un kibboutz en République dominicaine. Pour complaire aux Américains, le dictateur local, Trujillo, a en effet offert 100 000 visas à des Juifs en provenance du Reich.
Les « exilés volontaires » débarquent sur la côte nord de l'île, au milieu de la jungle tropicale. Là, tout est à construire, une ville et une vie. Wilhelm et Almah devront apprendre à travailler sous un soleil de feu et à jouir d'une vie simple, loin de l'effervescence autrichienne. Ce sera pour eux l'occasion, peut-être, de se réinventer et de prendre racine.

Fondée sur des faits réels et des témoignages, cette fresque au souffle romanesque admirable révèle un pan méconnu de l'histoire mondiale. Elle parle du sort des individus pris dans les turbulences du temps, de la perte des rêves de jeunesse, de la douleur de l'exil et de la quête des racines.

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Avis (32)

  • 1931, Wilhem a 25 ans à Vienne. Il veut être journaliste et non travailler dans l'imprimerie qui devrait lui être transmise par son père. Wilhem rencontre Almah, c'est une évidence, ces deux là s'aiment malgré le fait que la famille d'Almah aie une bien meilleure situation.
    Ils se marient, ont...
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    1931, Wilhem a 25 ans à Vienne. Il veut être journaliste et non travailler dans l'imprimerie qui devrait lui être transmise par son père. Wilhem rencontre Almah, c'est une évidence, ces deux là s'aiment malgré le fait que la famille d'Almah aie une bien meilleure situation.
    Ils se marient, ont un enfant mène une vie aisée mais le nazisme se profile, s'installe, les juifs sont humiliés dépossédés de leurs biens. Il faut se faire violence et quitter cette ville qu'ils aiment tant, quitter les leurs. L'objectif, c'est de s'installer aux Etats-Unis, mais rien ne se passe comme prévu. Et c'est aussi cela que j'ai apprécié dans ce roman rien ne se passe comme prévu, je l'ai trouvé plein de rebondissements. J'ai aimé accompagner ce couple amoureux, déterminé, courageux déraciné dans cette quête d'une nouvelle terre d'accueil.
    C'était une lecture très fluide, agréable pour un roman où l'Histoire s'immisce tristement. Un couple plein de tendresse dont j'ai bien envie de suivre la fille dans un deuxième tome.

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  • Années 1930, Vienne, capitale culturelle et ville de cafés, Wilhelm rencontre Almah, coup de foudre immédiat. Mais ils vivent là les derniers instants d’une époque, et leur histoire d’amour s’étoffe dans une atmosphère qui s’alourdit des relents antisémites et des rumeurs de la guerre. Ils...
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    Années 1930, Vienne, capitale culturelle et ville de cafés, Wilhelm rencontre Almah, coup de foudre immédiat. Mais ils vivent là les derniers instants d’une époque, et leur histoire d’amour s’étoffe dans une atmosphère qui s’alourdit des relents antisémites et des rumeurs de la guerre. Ils attendront, un peu trop peut-être, pour quitter une Autriche envahie par les nazis, ne voulant pas laisser derrière eux leurs parents et un pays qu’ils adorent mais qui ne veut désormais plus d’eux. Commence alors un « interminable voyage vers la liberté, un voyage jalonné de faux départs et de haltes imprévues ».
    Un an dans un camp de réfugiés suisse, puis une traversée de l’Europe pour arriver à Lisbonne et embarquer pour la traversée de l’Atlantique. Passage par Ellis Island où leur rêve américain prend brutalement fin. Ils n’ont d’autre choix que d’aller fonder une colonie agricole, un kibboutz, en République Dominicaine. Ironie du sort, ils ont fui une dictature pour une une autre… «Mais le destin est une chose étrange qui se moque des hommes et s’invente après coup. »

    J’aime les histoires qui racontent l’Histoire. Dans les Déracinés, je retiendrai l’évocation de la conférence internationale d’Evian tenue le 6 juillet 1938 à l’initiative de Roosevelt pour trouver des terres d’accueil pour les réfugiés juifs ( Hitler a envahi l’Autriche en mars). Peu de pays se porteront volontaires et on connaît la suite de l’Histoire… Parmi les rares volontaires, la République Dominicaine, gouvernée par le dictateur Trujillo qui « blanchissait » ainsi sa réputation et y trouvait un intérêt financier de surcroît.

    A travers l’histoire de Wilhelm et Almah, l’exil ce sont aussi les rêves que l’on laisse derrière soi. Wilhem rêvait de devenir un grand journaliste à Vienne d’abord puis à New York.
    Le statut de migrant ôte aux hommes leur identité, leur rêves, leur humanité… en cela rien n’a changé de nos jours sauf que cela se passe en Méditerranée.

    Enfin, il y a un coté plus positif avec le personnage d’Almah dont la « force était qu’elle savait tourner les pages. » car les Déracinés, c’est aussi le voyage d’un couple avec ses épreuves. Une histoire complète.
    « Notre histoire était une histoire d’aventure, d’amitié, d’amour, de celles qui façonnent les hommes et les marquent à jamais. »

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  • Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions des Escales qui m’ont offert la possibilité de télécharger gracieusement « Les Déracinés » durant cette période de confinement.

    Wilhelm et Almah sont autrichiens et juifs. Ils vont se rencontrer, s’aimer, se marier pour le meilleur et pour le...
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    Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions des Escales qui m’ont offert la possibilité de télécharger gracieusement « Les Déracinés » durant cette période de confinement.

    Wilhelm et Almah sont autrichiens et juifs. Ils vont se rencontrer, s’aimer, se marier pour le meilleur et pour le pire, et le pire est vraiment à venir en ces années précédant la deuxième guerre mondiale !!!… Il leur faudra quitter leur pays pour préserver leurs vies et celle de leur petit Frederick : leur destination est encore bien lointaine (la république dominicaine) et le chemin périlleux …

    Catherine Bardon – dont c’est le premier roman – va dérouler l’exil et la vie des protagonistes sur trente années. Un sujet déjà maintes fois traité par nombre d’écrivains (avec plus ou moins de succès). Par contre une découverte pour beaucoup d’entre nous que ce récit des viennois partis vers les Caraïbes et l’histoire de ce pays … Malheureusement, j’ai trouvé que ce très roman « manquait d’âme » : trop factuel, trop narratif, bref trop « journalistique » à mon goût … Un récit qui n’est pas parvenu à me faire vibrer … Je suis passée à côté en regrettant qu’il soit aussi long … Dommage …

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  • J’aime les livres qui tout en nous emportant dans une fresque romanesque nous apprennent des passages de l’Histoire. Et ce livre en fait partie, il nous raconte une Histoire pas si éloignée de nous, mais déjà oubliée ou presque. Wilhelm et Almah vivent heureux et amoureux dans les années 30 à...
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    J’aime les livres qui tout en nous emportant dans une fresque romanesque nous apprennent des passages de l’Histoire. Et ce livre en fait partie, il nous raconte une Histoire pas si éloignée de nous, mais déjà oubliée ou presque. Wilhelm et Almah vivent heureux et amoureux dans les années 30 à Vienne. Ils sont juifs, non pratiquants mais avant tout autrichiens. Il est journaliste, elle est dentiste, ils font partie de la bourgeoisie de Vienne. Ils assistent à la montée du nazisme avec tout d’abord de l’incrédulité jusqu’à ce que les choses empirent et qu’ils doivent tout abandonner et s’exiler. Ils vont alors errer avec leur petit garçon, se voir rejeter et finir par s’installer en République Dominicaine, seul pays à accepter de les recevoir. Ils vont vivre dans un ersatz de kibboutz où Wilhelm l’intellectuel va devoir travailler durement de ses mains. Parallèlement à leur vie, nous suivons les événements internationaux (entrée en guerre des USA, chute de l’Allemagne, création d’Israël…)
    Ce livre est passionnant, il est composé de courts chapitres ce qui rend sa lecture très fluide . Une très belle découverte.

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  • J'ai acheté ce livre après avoir lu de nombreuses chroniques le vantant mais comme il s'agit d'un "pavé" je l'avais gardé pour une envie de lecture d'un roman avec immersion totale sur plusieurs jours. La période de confinement que nous vivons était le moment idéal mais au lieu de m'immerger je...
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    J'ai acheté ce livre après avoir lu de nombreuses chroniques le vantant mais comme il s'agit d'un "pavé" je l'avais gardé pour une envie de lecture d'un roman avec immersion totale sur plusieurs jours. La période de confinement que nous vivons était le moment idéal mais au lieu de m'immerger je me suis un peu noyée.....

    "Nous sommes encore assez jeunes pour prendre vraiment racine dans ce pays. Car sans racines, on n'est qu'une ombre. (p632)"

    Je vais encore une fois être à contre-courant des avis sur cette lecture dont je sais que nombre d'entre vous avez été enthousiasmés mais je vous rassure tout n'est pas négatif et je vais tenter de "disséquer" mon ressenti.

    J'ai trouvé la première moitié du roman particulièrement longue, je veux parler de toute la partie de la rencontre entre Wilhelm (le principal narrateur) et Almah, leur vie à Vienne avec les prémices et le début de la guerre ainsi que les premières exactions envers les juifs. Ayant déjà lu beaucoup sur cette période ce ne fut pas une découverte. J'ai eu le sentiment que cela tournait un peu en rond, des répétitions surtout dans les sentiments de Wilhelm vis-à-vis d'Almah mais vous le savez le côté romance dans certains récits me "fatiguent" assez vite et celui-ci en avait toutes les caractéristiques qui me hérissent le poil. Je me suis accrochée malgré tout car toutes les éloges lues me laissaient entrevoir une possibilité d'intérêt dans la suite.

    A partir de leur fuite vers la République Dominicaine, leur périple pour y arriver et leur installation dans l'île, le contexte politique du pays à l'époque, le récit est plus intéressant, j'ai eu un peu moins le sentiment de longueurs, les personnages étaient un peu plus étoffés, certains apparaissaient mais trop fugacement, l'action se concentrant uniquement sur le couple formé par Wil et Almah, cette dernière se révélant un peu plus en s'affirmant sur les choix de vie.

    La narration est faite de plusieurs manières : Wilhelm est le narrateur principal mais l'auteure y mêle des pages de son journal personnel, reprenant parfois ce qui avait été écrit précédemment mais avec également une narration "off" pour situer le contexte d'ensemble, les attitudes de chacun etc.... Des pages et des pages qui parfois n'apportent rien.

    J'ai été agacée par la fin de certains des "courts" chapitres annonçant le devenir de chacun dans le futur, annonçant ainsi, avant de le découvrir, ce qu'il allait advenir. Et puis Wilheilm (Wil) était parfois dégoulinant d'amour pour sa belle, une écriture comparable à ce que l'on peut trouver dans les romans sentimentaux. L'évocation de Stephan Sweig,  modèle absolu du narrateur, dans presque toutes les pages du début, me donnait l'impression qu'il n'y avait rien d'autres à écrire ou alors voulait donner une sorte de crédibilité culturelle au personnage. Mais Wil n'est pas Stefan.

    Il y a un gros travail de documentation de la part de l'auteure et j'ai découvert à la fois un pays, la République Dominicaine sous la présidence de Rafaël Trujillo, homme d'état des plus douteux, mais aussi appris l'installation de réfugiés juifs durant la seconde guerre mondiale dans ce pays, à la manière de kibboutz. J'ai parfois eu la sensation d'une énumération des événements qu'il fallait glisser dans la narration, souvent en total décalage de ton avec le sentimentalisme de l'ensemble. 

    Toute la partie historique aurait été intéressante si elle n'avait pas été noyée dans une littérature romanesque qui n'apporte rien et à mon avis nuit à l'ensemble. Je n'ai pas eu d'empathie pour les personnages, je les suivais sans rien ressentir émotionnellement.

    Ce type de littérature a son public, il en faut pour tous les goûts, cette chronique n'étant qu'un ressenti personnel de lecture je ne lui porte pas préjudice car il a déjà remporté beaucoup de succès et continuera à plaire. Il est simplement la confirmation d'un type de romans qui n'entrent pas dans ma zone de prédilection. Une histoire d'amour sur un fond historique et qui comporte tous les ressorts du genre.

    Je l'ai malgré tout lu jusqu'au point final, je n'ai sauté aucune page, jamais lu en diagonale et quand j'ai tourné la dernière page j'ai pensé : "Ça y est ! Je l'ai fini".

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  • Au début du roman, nous faisons la connaissance de Wilhelm et Almah deux jeunes juifs dans la Vienne des années 30 et nous allons les suivre dans leur périple, vie de couple et de famille, pendant plusieurs décennies.

    Basé sur les faits historiques nous vivons l'histoire de Vienne, la...
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    Au début du roman, nous faisons la connaissance de Wilhelm et Almah deux jeunes juifs dans la Vienne des années 30 et nous allons les suivre dans leur périple, vie de couple et de famille, pendant plusieurs décennies.

    Basé sur les faits historiques nous vivons l'histoire de Vienne, la belle, la dynamique, la libre Vienne des années 30. Peu à peu c'est l'arrivée du nazisme, les libertés se perdent il va falloir partir.

    C'est un vrai roman d'aventures sur fond historique, où l'on suit les péripéties de ce couple, dans ces pays en guerre, l'interminable voyage, les camps, le sésame pour les US qui ne vient pas et la vie qu'il faut reconstruire loin des siens en République Dominicaine.

    Les personnages sont attachants, Almah dynamique et positive, Wilhelm plus réfléchi. Certains passages sont drôles d'autres dramatiques, l'écriture est fluide et agréable mais on se laisse emporter par cette vie car tout au long du roman la vie est là présente avec ces hauts et ces bas sur fond d'horreur.

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  • Il y a des premières fois particulièrement réussies, Les déracinés est de cette trempe là, vraiment ! Voici un premier roman à découvrir. Tout d'abord, il compte pas loin de huit cents pages (respect !) et surtout c'est une fresque qui vous embarquera de l'Autriche à la République dominicaine,...
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    Il y a des premières fois particulièrement réussies, Les déracinés est de cette trempe là, vraiment ! Voici un premier roman à découvrir. Tout d'abord, il compte pas loin de huit cents pages (respect !) et surtout c'est une fresque qui vous embarquera de l'Autriche à la République dominicaine, en passant par la Suisse, les Etats-Unis, puis Israël. Ce premier roman est palpitant. Faut dire que son auteure, Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Elle y a vécu, a écrit des guides de voyage et un livre de photographies sur ce pays. Autrement dit, elle avait le décor, il ne lui manquait qu'une histoire à nous raconter...

    Autriche, 1931. Lors d'une soirée où se réunissent artistes et intellectuels viennois, Wilhelm, jeune journaliste de 25 ans, a le coup de foudre pour Almah. Mais très vite la montée de l'antisémitisme vient assombrir leur histoire d'amour. Malgré un quotidien de plus en plus menaçant, le jeune couple attend 1939 pour se résoudre à l'exil. Un nouvel espoir avant la désillusion : ils seront arrêtés en Suisse. Consignés dans un camp de réfugiés, ils n'ont qu'un seul choix : faire partie des cent mille Juifs attendus en République dominicaine après l'accord passé par le dictateur local Trujillo avec les autorités américaines. Loin des richesses de l'Autriche, la jungle sauvage et brûlante devient le décor de leur nouvelle vie. Là, tout est à construire et les colons retroussent leurs manches. L'opportunité de se réinventer ?

    Les déracinés débute dans une Vienne moderne en pleine effervescence artistique et intellectuelle. Parmi les deux cent mille Juifs qui y vivent, un jeune journaliste va rencontrer une jeune femme étudiante en dentisterie. Tous deux apprécient l'art, la littérature. D'esprit frivole, ces amoureux transits croquent la vie à pleines dents jusqu'à ce que l’antisémitisme s'invite et que Vienne soit annexée. L'exil s'impose. S'ensuit un périple fait d'épreuves, d'abandons, de désillusions jusqu'à la découverte d'une terre nouvelle. Aride, brûlée par le soleil, il faudra à tous ces déracinés déployer efforts et travail acharné pour la dompter. Grâce à leur instinct de survie, la République dominicaine deviendra la terre d'accueil d’Almah, de Wilhelm et des leurs.

    Inspiré de faits réels, Catherine Bardon a choisi de mettre en lumière un pan de l'histoire de la Seconde guerre mondiale méconnu. Formidablement documenté et particulièrement romanesque, Les déracinés est une vaste fresque qui s'étire sur trois décennies. Ce roman mêle petite et grande histoire, saga familiale et historique. La plume de Catherine Bardon est fluide, son style narratif tantôt classique, tantôt journalistique donne un certain dynamisme à la lecture de cette épopée.

    Les déracinés est un premier roman indéniablement réussi. Puissant et émouvant, je ne peux que vous en recommander sa lecture. Il vous transportera. Pour ma part, je remercie vivement la plateforme NetGalley et les Éditions Les Escales pour cette belle découverte et surtout de me permettre de lire la suite. Et oui, figurez-vous que Catherine Bardon a écrit une suite. Après Les déracinés, place à L'Américaine. Allez zou, je file, j'ai lecture !

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/07/mon-avis-sur-les-deracines-de-catherine.html

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  • On va suivre l’histoire d’un couple et de sa famille dont on fait la connaissance en 1921, alors que Vienne rutile de mille feux, tandis que se profile la montée de l’antisémitisme, du nazisme. Il y a d’abord les moments heureux, la rencontre, de Wilhelm et Almah, leurs familles respectives qui...
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    On va suivre l’histoire d’un couple et de sa famille dont on fait la connaissance en 1921, alors que Vienne rutile de mille feux, tandis que se profile la montée de l’antisémitisme, du nazisme. Il y a d’abord les moments heureux, la rencontre, de Wilhelm et Almah, leurs familles respectives qui ont pignon sur rue : Julius le père d’Almah est un chirurgien renommé, sa mère Hannah, musicienne, le père de Wil Jacob est imprimeur, autoritaire certes, mais qui laissera son fils choisir le métier qu’il veut, alors qu’il rêvait de lui laisser l’imprimerie familiale, dont la femme Esther est en apparence soumise.

    Malgré, les corbeaux noirs qui se profilent à l’horizon, on va assister à leur mariage, à la synagogue ; l’antisémitisme rampant va monter crescendo, les violences, les insultes, et certains commencent à fuir dans l’exil ou le suicide ; les droits se réduisent de plus en plus mais chacun espère que cela va s’améliorer, ils sont là depuis des générations, occupent une place dans la société viennoise…

    Il est difficile de prendre la décision de s’exiler en laissant les parents derrière soi, la culpabilité s’insinue… Un jour, Myriam, la petite sœur de Wil se fait traitée de « sale truie » et cela va précipiter sa décision de partir. Pour Almah, c’est impossible de partir en laissant ses parents à Vienne, mais Julius et Hannah vont décider d’en finir, la libérant de ses hésitations et de sa culpabilité.

    Ainsi commence l’exil, le passage par la Suisse, où ils atterrissent dans un camp où ils vont rester environ un an, puis la traversée de la France direction Lisbonne, où la vie leur sourit un peu plus et enfin l’embarquement vers l’inconnu dans le bateau qui les emmènent en Amérique, où ils espèrent pourvoir rester, Myriam et son époux Aaron habitant New-York : ils découvrent l’humiliation, Ellis Island où les examine comme des animaux… Leur demande est rejetée, ils acceptent alors d’aller avec le groupe à la Dominique.

    Tout construire dans l’île où règne le dictateur Trujillo. Ils vont créer une communauté manière Kibboutz, travaillant la terre, construisant un village sur une usine désaffectée…

    Peu à peu la communauté augmente avec d’autres arrivées, notamment Svenja et son frère Mirawek, arrivés de l’Est, Emil, mais aussi Markus qui sera un ami solide pour Wil. Une belle histoire d’amitié entre Svenja, libre, volage, et Almah et en miroir celle de Markus et Wil… Des liens qui se renforcent autour de la création du journal, car ils ont dû renoncer à une partie de leurs rêves, le journalisme pour Wil, alors que sa femme peut encore exercer son métier de dentiste.

    Almah est le moteur de ce couple extraordinaire qui résiste même s’il doit parfois s’arc-bouter pour tenir ; elle s’accroche à la vie même dans les pires moments…

    Ils élèvent leurs enfants, Frederik, né à Vienne et Ruth, conçue probablement lors du « séjour » à Ellis Island, dans cette atmosphère de liberté et de créativité, mais ne parlent jamais du passé, de ceux qui sont restés à Vienne, voulant à tout prix les protéger dans cette bulle… Ruth est le premier bébé né dans la communauté, ce qui lui donne une aura, parfois dure à assumer pour elle.

    Il faut se battre tous les jours pour faire sortir quelque chose de cette terre, avec des périodes de doute voire de suspicion car les semences sont imposées par … Monsanto (déjà), les vaccins et les antipaludéens par Bayer…

    Un jour, le 23 février 1942, la nouvelle tombe : Stefan Zweig s’est suicidé. C’était le maître à penser de Wil, il l’admirait profondément … Elle connaissait la passion maladive de Wilhelm pour l’écrivain autrichien qu’il avait interviewé avec tant de fierté autrefois. C’était lui qui lui avait donné le goût de la littérature et qui l’avait inspiré par son mode de vie…

    Il va lui rendre hommage en publiant la lettre émouvante laissée par Stefan Zweig dans leur journal…

    Catherine Bardon évoque aussi avec beaucoup de sensibilité les vagues de nostalgie (Sehnsucht) qui parfois remontent avec une odeur, un mot et les ramènent dix ans en arrière…

    Mais peu à peu, la Communauté va s’éloigner des principes qui ont été à la base de sa construction, certains voulant vendre leurs produits directement, faire de l’argent… Et les liens vont se distendre car il y aura la création de l’État d’Israël et certains, comme Svenja et son frère, partiront créer des Kibboutz avec gestion collective, comme si l’expérience de Sosua était le brouillon, la première mouture, mais où se situe la frontière entre réalité et idéal ?

    Catherine Bardon aborde dans ce roman l’histoire de cette famille et de leurs amis, entre 1921 et 1961 (avec le procès de Eichmann) en nous rappelant en parallèle la grande Histoire, sans jamais, tomber dans la facilité, ou la caricature, nous livrant les états d’âme de chacun, en les reliant aux grands évènements, aux grands personnages de l’époque.

    Elle ne nous brosse pas un tableau idyllique de l’île car le dictateur Trujillo (alias « le bouc » à cause de son appétit pour la chair fraiche) y règne avec une poigne de fer et le narcissisme et le culte de la personnalité sont bien là, même si la petite communauté est loin de la capitale.

    Elle ne cherche pas à nous vendre un couple idéal à travers l’histoire de Wil et Almah : c’est un couple qui s’aime très fort car les liens qui se sont tissés entre eux sont basés (et renforcés) par toutes les épreuves qu’ils ont traversées, mais l’amour n’est jamais un long fleuve tranquille et ils auront tous les deux des blessures, des crises à traverser, ce en quoi ils nous ressemblent.

    Un petit mot dur le style : l’auteure a choisi d’alterner le récit des faits et les notes du journal tenu par Wilhelm où il exprime son ressenti, ce qui donne une saveur particulière à son livre.

    Etan donné ma passion pour cette époque de l’histoire, ce livre était pour moi, mais il m’a tellement emballée que j’ai du mal à faire une synthèse et ma critique, comme toujours dans ces cas-là part un peu dans tous les sens, tellement j’ai envie de partager mon enthousiasme.

    J’ai adoré ce roman, volumineux mais qui se dévore, ces héros que je n’avais pas envie de quitter et dont j’ai appris à connaître les états d’âme, les personnalités. Je vais enchaîner avec le tome 2 « L’Américaine ». Je l’ai acheté pour avoir une version papier et revenir sur tous les passages que j’ai soulignés…

    Vous l’avez compris, si vous ne l’avez pas lu, précipitez-vous…

    Un immense merci à NetGalley et aux éditions « Les Escales » qui m’ont permis de découvrir ce livre magnifique.

    #LesDéracinés #NetGalleyFrance

    https://leslivresdeve.wordpress.com/2019/07/02/les-deracines-de-catherine-bardon/

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