Les confessions d'un funambule

Couverture du livre « Les confessions d'un funambule » de Guillaume Sire aux éditions Table Ronde
Résumé:

" Il était une fois un enfant étrange qui n'aimait pas le gâteau au chocolat... ". Tenir en équilibre. Être d'ici et d'autre part, à la fois bon et mauvais, mélancolique et heureux. Jongler avec les fibres du réel et la nébuleuse des rêves. A force de volonté, faire d'une corde un monde... Voir plus

" Il était une fois un enfant étrange qui n'aimait pas le gâteau au chocolat... ". Tenir en équilibre. Être d'ici et d'autre part, à la fois bon et mauvais, mélancolique et heureux. Jongler avec les fibres du réel et la nébuleuse des rêves. A force de volonté, faire d'une corde un monde merveilleux où tout devient possible. C'est ce que le vieux Célestin a enseigné à Robin. Il a légué à l'enfant le sceptre d'un royaume fabuleux. Tout au long de ses confessions, Robin tâche de comprendre ce qui s'est passé entre cet homme et lui. Il essaye de tenir sur la corde de l'existence, d'y danser avec grâce, il se blesse, puis il remonte sur le fil avec acharnement. Le premier amour, les paradis artificiels, la bohème... Comment être heureux aujourd'hui et demain ? Comment trouver l'équilibre dans une réalité où rien ne tient en place ? Enfin, comment rêver les yeux ouverts oe

Donner votre avis

Le courrier des auteurs

Guillaume Sire répond à nos questions ! (25/05/2009)

Chers libraires, Qu'avez-vous mis dans vos boutiques ? sur vos étals ? Pourquoi, lorsque je viens chez vous, mon coeur accélère doucement jusqu'à sourdre là où j'ai l'impression de n'être plus tout à fait moi. J'aperçois ces vies qui ne sont pas les miennes, ces auteurs que je n'égalerai pas. En filigrane : des bateaux en partance, des mondes interdits -autant de drogues que je n'aurai pas assez d'une vie pour m'injecter. Et ces parfums ? Qu'avez-vous fait ? ça sent le souffre, le whisky, le fiel. L'exhalaison tiède et âcre des beaux livres se mêle à la douceur amère des éditions de poche. Ça pue le ballon crevé, l'écrivain maudit et le papier recyclable. J'ai la désagréable impression que chez vous tout est vieux ; car seuls les vieux lisent encore. Aujourd'hui c'est l'époque des iPods, de la télévision, du ciné, des images digitalisées et des chiens-robots ; sûrement pas l'époque des livres. On ne part plus pour ces contrées-là. Les seuls lecteurs sont des vieux, simplement parce qu'ils n'ont pas su passer à autre chose : ils continuent à baguenauder entre ces lignes imprimées, à ressentir ce que personne ne ressent, à croire ce qui n'a pourtant pas été révélé par un animateur télé... Des vieux ! Qui voudraient que le monde soit encore celui de Baudelaire et du choléra ! Les étudiants eux-mêmes, sous vos lumières, ont l'air vieux. Et pervers qui plus est ! Autour de ce peuple rôdent des pensées violées, des amours empruntées à d'autres, et des secrets qui auraient dû mourir dans l'encrier. Et vous, chers dealers, vous faites votre beurre sur le dos de nos actes manqués. Votre beurre oui... Je profite de cette lettre pour vous en informer : je suis ruiné. D'abord parce que ce que j'ai pu gagner comme argent est passé dans vos éditions rares, ensuite parce qu'à cause de vos alchimies, j'ai été atteint d'une maladie qui n'est pas de ce siècle. Oui, à cause de vous ! vous ! Je suis romantique... J'entends le monde autrement. Une feuille qui tombe, le bruit des autobus, un courant d'air à la surface de l'eau...un rien me trouble. J'oublie le temps qui file, mes rendez-vous chez le médecin, j'oublie les Autres, les prétendus contrats, j'oublie de payer ma facture de téléphone -et ma machine à laver est en panne depuis bientôt six mois ! Résultat : je dois démissionner quand je ne suis pas mis à la porte. La grande entreprise ne m'a pas accepté dans ses filets bienveillants. Ni elle ni aucun monstre froid. Je n'ai pas d'argent, trop de temps. J'écris bêtement depuis qu'à quinze ans, puceau libidineux, je composai quatre pathétiques alexandrins sous mon affiche des Doors, juste après avoir lu Le Grand Meaulnes. Depuis ce jour, hélas, je cherche des trésors qui n'existent pas. Je rêve à des ciels immenses dans une cave au plafond bas, entouré d'étudiants en école de commerce, de musique électronique et d'alcools frelatés. C'est l'objet de ma lettre : je souhaite être remboursé dans les plus brefs délais. Je veux recevoir mon poids en romans. Je pèse exactement 68 kilos. Je ne veux pas que vous vous contentiez de me faire parvenir les oeuvres complètes d'Hugo ou Troyat. Non, je veux que vous exerciez votre métier comme vous savez si bien le faire. Surprenez-moi : des romans étrangers, des éditions illustrées, des grandes fresques, des biographies, des drames, des comédies. Je veux aussi des guerres, du porno trash, des insanités, des fous, des homos. Montrez-moi un peu de quoi l'espèce humaine a l'air. Parlez-moi de nous, des Autres, et de ce monde qui tourne bêtement sur lui-même tandis que les étoiles se moquent de lui. Remboursez-moi. Parce que j'ai eu la bêtise d'apprendre à lire. Nourrissez-moi une bonne fois pour toutes ! Gavez-moi comme une outarde ! Ainsi vous ne me verrez plus, je ne vous dérangerai pas... Et vous serez débarrassés enfin de cet amour que je vous porte : haineux, éternel et dévoué. Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie de croire, messieurs les libraires, en l'assurance de mes sentiments les plus terribles et, même si ma lettre semble dire le contraire, les plus respectueux (Je pèse 68 kilos, ne l'oubliez pas). Guillaume Sire

Contenu proposé par lechoixdeslibraires.com

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions