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Les aquatiques

Couverture du livre « Les aquatiques » de Osvalde Lewat aux éditions Les Escales
Résumé:

Le roman d'apprentissage d'une femme africaine au XXIe siècle, entre ombre et lumière.
" Je n'étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N'y avais jamais apporté son repas préféré, de l'huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m'en souvienne,... Voir plus

Le roman d'apprentissage d'une femme africaine au XXIe siècle, entre ombre et lumière.
" Je n'étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N'y avais jamais apporté son repas préféré, de l'huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m'en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c'est ce que l'on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn. " Vingt ans après la mort de sa mère, Katmé Abbia, enseignante, apprend que la tombe doit être déplacée. Son mari, Tashun, préfet de la capitale, voit dans ce nouvel enterrement l'occasion providentielle de réparer les erreurs du passé et surtout de donner un coup d'accélérateur à sa carrière politique. Quand Samy, artiste tourmenté, ami et frère de toujours de Katmé, est arrêté et jeté en prison, les ambitions politiques de son mari entrent en collision avec sa vie et la placent devant un choix terrible.
Porté par une écriture puissante où l'âpreté du réel le dispute à un humour à froid, Les Aquatiques est à la fois le portrait intérieur d'une femme qui se révèle à elle-même et une réflexion profonde sur les jeux de pouvoir dans une société africaine contemporaine.

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Articles (1)

Avis (8)

  • Ce roman pourrait se dérouler dans de nombreux pays subsahariens tant le tableau politique est tristement familier : régime ploutocrate, corruption généralisée, vieux dictateur népotique entourée d'un cour clientéliste, homophobie légalisée. Osvalde Lewat a préféré choisir un pays fictif, le...
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    Ce roman pourrait se dérouler dans de nombreux pays subsahariens tant le tableau politique est tristement familier : régime ploutocrate, corruption généralisée, vieux dictateur népotique entourée d'un cour clientéliste, homophobie légalisée. Osvalde Lewat a préféré choisir un pays fictif, le Zambuena, afin de pouvoir déployer une réflexion fertile et profonde sur la société contemporaine africaine, en toute liberté.

    Sans concession, dès le premier chapitre. L'enterrement bâclé d'une femme, dans un cercueil trop petit, par mesure d'économie car elle n'était pas mariée mais concubine d'un homme riche et puissant. Il est décrit avec un talent évident à maitriser le tragi-comique avec un humour froid très acide dont ne se départira jamais le récit, notamment lors du deuxième enterrement de la même femme qui tourne à la farce pour servir les ambitions de son beau-fils en pleine campagne électorale.

    C'est sa fille, adulte que l'on suivra à l'heure des choix. Katmé ne veut plus vivre au rabais d'elle-même, elle ne veut plus vivre un ersatz de vie mais le faire à la hauteur de ce qu'elle est. Elle qui est écrasée par de lourds compromis qui ont envahi son quotidien de femme entretenue, épouse de préfet, empêtrée dans un patriarcat sournois mais profitant d'un confort de privilégiée largement financé par le gouvernement corrompu. le déclic a lieu lorsque son meilleur ami, Sammy le presque frère, un artiste, est dénoncé et arrêté pour homosexualité ostensible. C'est le déclic.

    Ce bilan de vie suite à une prise de conscience ne pouvait fonctionner que grâce à un personnage fort. C'est le cas avec Katmé, pas nécessairement sympathique d'ailleurs, dont l'auteur brise habilement l'hermétisme en révélant progressivement, par touche, son passé, afin d'éclairer son choix de la convention, de compromis en renoncement, puis les germes de la révolte pour se libérer. L'introspection est sombre et énergique, portée par une écriture âpre et ciselée qui dit parfaitement toute l'urgence de cette quête de soi émancipatrice. le personnage de Samy, dont les oeuvres sont perçues par le gouvernement comme agressives car critiques à l'égard de l'ordre établi, est également très convaincant.

    Un premier roman intelligent qui pose clairement l'univers affirmé d'une auteure à suivre.

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  • Chronique de la page 100
    Ls explorateurs de la rentrée littéraire


    Ambiance africaine contemporaine dès les premières pages, le prologue présentant celle que l’on pressent comme la rebelle qui pourrait bien se distinguer par la suite. Et en effet, Katmé, professeur « Bonne sauce » autrement...
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    Chronique de la page 100
    Ls explorateurs de la rentrée littéraire


    Ambiance africaine contemporaine dès les premières pages, le prologue présentant celle que l’on pressent comme la rebelle qui pourrait bien se distinguer par la suite. Et en effet, Katmé, professeur « Bonne sauce » autrement dit enseignante d’économie ménagère, prend la parole. Elle a dû à regret laisser tomber ses fonctions au lycée pour devenir Madame la Préfète avec la dimension du paraître que cela implique.
    Un personnage sulfureux pointe en filigrane : un artiste engagé, le frère de la narratrice, dont le travail politiquement incorrect pourrait lui jouer quelques tours.



    Alors oui, à la page100, on a envie d’en savoir plus sur ces personnages et l’on pressent une suite mouvementée.

    La langue est riche, les dialogues et les expressions savoureuses accrochent le lecteur, et il y a fort à parier que la suite ne sera pas décevante


    Les explos 2021

    Du haut de ses treize ans, Katmé n’a pas versé une larme le jour lors de l’enterrement de sa mère, témoignant de la rancune envers cette femme qui l’avait (SUPPR) abandonnée. Des années plus tard, dans ce pays imaginaire d’Afrique subsaharienne, elle quitte son poste de professeur « Bonne sauce », autrement dit enseignante d’économie ménagère au lycée, pour revêtir le costume de « Madame Préfète ». Son ambitieux mari envisage de procéder à une nouvelle cérémonie, avec le faste qui avait manqué la première fois aux funérailles bon marché. Derrière cette volonté de réhabilitation, se dessinent les tractations d’une campagne électorale qui pourrait le hisser au rang de gouverneur. Samuel, le frère de coeur de Katmé, l’artiste à la sensibilité exacerbée, pourrait représenter un obstacle sur le chemin de gloire du politicien : dans ce pays où l’homosexualité est sévèrement punie, les moeurs contre nature du jeune homme déchainent les passions.

    Entre tradition et modernité, c’est un portrait de l’Afrique du vingt-et-unième siècle que nous propose Osvalde Lewat. A travers le portrait et les confidences d’une jeune femme qui choisit de rejeter toute forme de compromission, dût-elle pour cette raison subir l’opprobre de ses proches, c’est aussi un état de lieux du fonctionnement politique du pays, et la campagne électorale en exacerbe les aberrations.

    Si le propos est parfois drôle, grâce aux dialogues qui mettent en valeur les expressions imagées et fleuries qui sont un vrai bonheur, le récit est loin d’être mièvre et la violence n’est pas occultée.

    Le message est clair : il est une génération de femmes qui souhaitent se débarrasser du carcan des traditions qui relèguent les épouses au rang de faire-valoir de leur mari, avec une volonté réelle de vivre selon leurs aspirations personnelles.

    Un premier roman au franc-parler remarquable.

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  • Chronique du livre !

    A l’ouverture de son premier roman, Oswalde Lewat enterre Madeleine Lapteu, mère de l’héroïne, Katmé, 13 ans à l’époque. Elle nous fait retrouver cette Katmé adulte devenue « Madame Préfète » épouse de Tashun préfet dans la capitale du Zambuena, mère de deux jumelles....
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    Chronique du livre !

    A l’ouverture de son premier roman, Oswalde Lewat enterre Madeleine Lapteu, mère de l’héroïne, Katmé, 13 ans à l’époque. Elle nous fait retrouver cette Katmé adulte devenue « Madame Préfète » épouse de Tashun préfet dans la capitale du Zambuena, mère de deux jumelles. Elle nous présente Samy Pankeu, un très cher ami d’enfance de Katmé artiste engagé (c’est lui qui a créé « une série de tableaux photographiques baptisée les Aquatiques présentant des visages terrifiés émergeant d’eaux usées, d’inondations, les pièces d’identité surnageant, des mères suspendant à bout de bras au-dessus de leur tête un bébé, une lampe, une valise, la figure tuméfiée d’un noyé » et qui va exposer sous peu.). Elle nous annonce que la tombe de Madeleine doit prochainement être déplacée pour permettre le tracé d’une nouvelle autoroute. Tashun veut prendre les choses en main pour préparer le nouvel enterrement avec faste afin de… gagner de nouveaux électeurs et une nouvelle province pour son parti ! Ambiance !
    Une cabale autour de l’homosexualité de l’artiste entache l’exposition des Aquatiques. L’homosexualité est encore passible de peines de prison au Zambuena comme dans d’autres pays africains réels eux.
    La société que la romancière dépeint est tout à la fois crue, truculente, corrompue, injuste et brutale. La violence plante ses crocs au détour de certaines pages insoutenables, et l’humble lecteur homo que je suis, suffoque. Il faut pourtant découvrir une Katmé - au demeurant longtemps assez peu sympathique même avec sa petite sœur… bonne sœur – ouverte à elle-même pour choisir une existence digne et libre.
    On sort, sonné de ce roman avec l’amertume qu’un destin parfois s’accomplit seulement une fois que le malheur a bien fracassé ce qui semblait durablement établi.
    Que Samy et Katmé soient les bienvenus dans mon antre littéraire.

    Escale à la page 102 sur 327
    En cent premières pages, Oswalde Lewat enterre Madeleine Lapteu, mère de l’héroïne du roman, Katmé, 13 ans à l’époque, elle nous fait retrouver cette Katmé adulte devenue « Madame Préfète » épouse de Tashun préfet à Yaoundé (Cameroun), mère de deux jumelles, elle nous présente Samy Pankeu, un ami d’enfance de Katmé artiste engagé (c’est lui qui a créé « une série de tableaux photographiques baptisée les Aquatiques présentant des visages terrifiés émergeant d’eaux usées, d’inondations, les pièces d’identité surnageant, des mères suspendant à bout de bras au-dessus de leur tête un bébé, une lampe, une valise, la figure tuméfiée d’un noyé » et qui va exposer sous peu.), elle nous annonce que la tombe de Madeleine doit prochainement être déplacée pour permettre le tracé d’une nouvelle autoroute. Elle nous signale alors que Tashun veut prendre les choses en main pour préparer le nouvel enterrement avec faste afin de… gagner de nouveaux électeurs et une nouvelle province pour son parti ! Ambiance !
    Page 102, une cabale autour de l’homosexualité de l’artiste entache l’exposition des Aquatiques.
    La société que la romancière dépeint est tout à la fois crue, truculente, corrompue, injuste et brutale.
    A l’attaque des 225 autres pages !

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  • Chronique finale :

    Katmé est mariée à Tashun, préfet d'Akriba. Ils ont des jumelles et vivent confortablement. Elle a démissionné de sa profession d'enseignante en économie sociale et familiale dans un lycée pour s'occuper de ses filles, de l'organisation du quotidien et du personnel à son...
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    Chronique finale :

    Katmé est mariée à Tashun, préfet d'Akriba. Ils ont des jumelles et vivent confortablement. Elle a démissionné de sa profession d'enseignante en économie sociale et familiale dans un lycée pour s'occuper de ses filles, de l'organisation du quotidien et du personnel à son service, et participer aux réunions du Caz qui regroupent toutes les femmes mariées à un homme d'influence. Elle n'est pas épanouie et a fait beaucoup de compromis pour satisfaire aux pressions sociales de sa famille et de son pays : se marier, avoir des enfants afin d'acquérir un statut social... Heureusement, depuis l'époque du lycée, elle a lié une relation d'amitié très forte avec Samy, un artiste engagé qui prépare sa première exposition. Un jour, Katmé reçoit un courrier l'informant que la tombe de sa mère va devoir être déplacée car le gouvernement a un projet de création d'autoroute à cet endroit. Son mari qui est très ambitieux y voit un moyen de servir ses intérêts politiques car il brigue un poste de gouverneur.
    Mais quelques temps après, son ami Samy est arrêté puis incarcéré car il est accusé d'être gay dans un pays qui pénalise lourdement l'homosexualité. Très vite, Tashun nie le connaître et ne fait rien pour lui venir en aide car il ne veut pas que cet événement porte préjudice à sa carrière politique.
    Katmé va devoir faire des choix, continuer sa vie de femme de préfet qui lui offre un statut et un
    confort financier ou soutenir son ami de toujours ?

    « Les Aquatiques » est un roman engagé qui dénonce les pressions sociales et familiales, les diktats que subissent les femmes ou encore l'homophobie. Il évoque une société inégale dans lequel le gouvernement est corrompu, où les plus riches ne côtoient pas les plus démunis qui vivent dans des quartiers extérieurs, à l'abandon.
    La plume de l'auteure est agréable et fluide. J'ai trouvé la première partie du livre plaisante mais sans plus. Je me suis un peu ennuyée dans la description du quotidien de Katmé qui subit sa vie et dans laquelle il ne se passe pas grand-chose.
    Puis dans une seconde partie, les événements auxquels elle doit faire face l'obligent à réagir, à ouvrir les yeux sur sa vie qui ne lui convient plus, sur l'échec de son mariage et sur la personnalité ambitieuse de son mari prêt à toutes les bassesses pour être élu gouverneur. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à être happée par l'histoire et à apprécier ce récit car j'attendais impatiemment que Katmé se rebelle et qu'elle sorte de sa torpeur, que le récit et la protagoniste prennent enfin de la consistance. La carapace se brise et le personnage se dévoile. Sous son apparente froideur, Katmé se révèle être une personne sensible, attachante et très humaine.
    Cet ouvrage dresse le portrait d'une femme qui s'émancipe dans une société moderne, corrompue et profondément inégalitaire. C'est un livre qui révolte et bouscule.









    Avis page 100 :


    La narratrice Katmé décrit l'enterrement de sa mère Madeleine avec des mots froids. Au moment du décès de celle-ci, elle était alors âgée de treize ans.
    Vingt ans plus tard, elle ne pense plus à sa mère. Elle a une vie bien rangée mais qui ne semble pas la satisfaire. Elle est mariée à Tashun qui est préfet. Elle a abandonné son métier d'enseignante pour s'occuper de ses jumelles, organiser le quotidien au sein de sa grande maison et gérer le personnel travaillant pour sa famille. Katmé aime passer du temps avec son ami de longue date, Samy, un artiste engagé qui prépare sa première exposition.
    Un jour, Katmé reçoit une lettre pour l'informer que la tombe de sa mère doit être déplacée car le gouvernement a le projet de construire une autoroute à cet endroit.

    A la page 100, j'ai du mal à me faire un avis. Je ne suis pas hyper emballée pour le moment mais le roman se lit sans difficulté. J'apprécie l'impertinence du personnage de Katmé et son esprit affûté. J'espère qu'elle va se révolter. Je suis curieuse de découvrir la suite.

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  • Dans ce roman on suit Katmé, d’abord enfant enterrant sa mère, puis devenue femme. Elle a épousé Tashun, préfet de Yaoundé avec qui elle a eu deux filles, des jumelles. Elle vit dans une maison avec du personnel, distribue de l’argent à tous ceux qui viennent frapper à sa porte. Son meilleur...
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    Dans ce roman on suit Katmé, d’abord enfant enterrant sa mère, puis devenue femme. Elle a épousé Tashun, préfet de Yaoundé avec qui elle a eu deux filles, des jumelles. Elle vit dans une maison avec du personnel, distribue de l’argent à tous ceux qui viennent frapper à sa porte. Son meilleur ami, Samy, est comme un frère. Ils se connaissent depuis le lycée. Il est artiste et Katmé finance son atelier afin qu’il puisse vivre de sa passion.
    Un jour Katmé reçoit un courrier lui indiquant qu’elle doit déplacer la tombe de sa mère qui se trouve sur le tracé de la nouvelle autoroute en construction. Son mari prend les choses en main et prépare le nouvel enterrement avec faste. Il y voit le moyen de gagner de nouveaux électeurs et une nouvelle province pour son parti. Tout est magouille et pot de vins. Les ambitions de son mari passeront en premier, laissant Samy en prison accusé d’être homosexuel. Katmé ouvre les yeux sur sa vie et ne veut plus vivre comme son mari le décide. Elle va devoir faire des choix importants. Je vous laisse découvrir la suite de ce roman passionnant qui permet de s’immerger dans une culture et un pays. Il pose beaucoup de questions. C’est aussi un magnifique portrait de femme. Bref j’ai beaucoup aimé ce roman et j’aurais voulu rester encore un peu avec Katmé, découvrir davantage de sa vie après son choix. Un premier roman dont je suivrai avec plaisir les prochains ouvrages de cette autrice franco-camerounaise. « Les aquatiques » sortira le 19 août 2021.
    Merci à Netgalley et aux Escales pour cette lecture.

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  • Quand Katmé Abbia, ou "Madame Préfet", reçoit un courrier l'informant que la tombe de sa mère doit être déplacée pour faire place à une autoroute, c'est toute sa vie qui bascule. D'autant que, Tashun, Monsieur le préfet, son mari, a décidé d'en faire un évènement qui le propulsera à la tête de...
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    Quand Katmé Abbia, ou "Madame Préfet", reçoit un courrier l'informant que la tombe de sa mère doit être déplacée pour faire place à une autoroute, c'est toute sa vie qui bascule. D'autant que, Tashun, Monsieur le préfet, son mari, a décidé d'en faire un évènement qui le propulsera à la tête de la région.

    Oswald Lewat prend le parti de situer "Les aquatiques" de nos jours dans un pays imaginaire qui pourrait être n'importe quel pays d'Afrique, une Afrique pleine de traditions, de tabous, et de coutumes.
    Un monde où les plus riches ne côtoient pas les petits, une Afrique colorée qui vit sous le joug de quelques-uns, où la corruption a une place importante et où chacun doit rester à sa place.

    Katmé a eu une enfance particulière, sans sa maman, elle s'est attachée à ses amis et en particulier à Samy qui va devenir son frère de cœur.

    Elle compartimente sa vie: d'un côté ses amis, de l'autre sa famille avec un mari psychorigide avec une grande ambition politique pour lequel elle doit se comporter en conformité avec son statu de femme de préfet.

    Dans ce contexte, Samy, qui est un peintre torturé aux mœurs non conventionnelles, va poser un sérieux problème à Tashun. Qui de ces/ses deux hommes Katmé va-t-elle préférer ? A qui va-t-elle être fidèle ? Va-t-elle placer son avenir et celui de son couple avant sa fidélité à son frère de cœur, celui qui a toujours été là pour elle ?

    Comment son entourage va-t-il accepter ses choix ? Quelles en seront les implications ?

    Dans Les Aquatiques, Osvalde Lewat nous transporte dans un monde rétrograde, colonial que personnellement j’imaginais révolu. Après cette lecture je me dis qu’en vivant en Europe, nous oublions que dans d’autres pays « moins développés », les habitants ne connaissent pas l’égalité, la liberté de vivre comme ils l’entendent ni d’aimer celui ou celle qui leur plait.

    L’écriture est directe, sans chichi, elle peut heurter certains lecteurs tout comme les évènements relatés heurtent certains protagonistes du roman. Le panel de personnages est assez large pour représenter tous les composants de la société africaine du membre du gouvernement aux expatriés français, en passant par les ouvriers, artistes, valets, cuisinières, etc… Tous avec des priorités différentes qui rendent très précaire l’équilibre de cette société.

    C’est un roman que j’ai apprécié lire, il m’a fait découvrir un univers différent de celui que je connais avec des personnages tous attachants.





    Critique de la p100
    Quand Katmé Abbia, ou "Madame Préfet", reçoit un courrier l'informant que la tombe de sa mère doit être déplacée pour faire place à un autoroute, c'est toute sa vie qui bascule. D'autant que, Tashun, Monsieur le préfet, son mari, a décidé d'en faire un évènement qui le propulsera à la tête de la région.
    Oswald Lewat nous décrit une Afrique pleine de traditions, de tabous, et de coutumes. Un monde où les plus riches ne côtoient pas les petits, une Afrique colorée qui vit sous le joug de quelques uns, où la corruption a une place importante et où chacun doit rester à sa place. J'attends la suite pour compléter cette critique.

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  • **Rentrée littéraire 2021**

    Franco-camerounaise, Osvalde Lewat, publie pour la prochaine rentrée littéraire (19/08/2021), « Les Aquatiques » (Editions Les Escales), « un roman d'apprentissage d'une femme africaine au XXIe siècle, entre ombre et lumière. »
    Atiq Rahimi, auteur de Syngué...
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    **Rentrée littéraire 2021**

    Franco-camerounaise, Osvalde Lewat, publie pour la prochaine rentrée littéraire (19/08/2021), « Les Aquatiques » (Editions Les Escales), « un roman d'apprentissage d'une femme africaine au XXIe siècle, entre ombre et lumière. »
    Atiq Rahimi, auteur de Syngué Saboun (Prix Goncourt », en a dit tout simplement : « MAGNIFIQUE. »

    Le récit est écrit à la première personne et l'héroïne, Katmé Abbia, enseignante, que l'on doit déplacer la tombe de sa mère (Madeleine Lapteu), d'ailleurs, elle la nomme Madeleine et pas « maman ».
    Sa mère avait déjà été enterrée vingt ans auparavant, « quelque part, au milieu de nulle part », dans le Haut-Fènn..
    Le mari de Katmé, Tashun, (préfet qui voit là une occasion de monter plus haut) – il y a aussi Samy, frère de Katmé, (un artiste « tourmenté »). Ce qui est à noter, c'est que la mère, Madeleine, était « partie comme une voleuse à 39 ans ». Roulant à toute vitesse, elle avait eu un terrible accident.

    Si le sujet principal du livre est ce nouvel enterrement, on peut aussi y lire de la poésie – on rencontre de nombreux personnages exotiques (Maman Caramel – Keuna – Mama Récia – Tonton Ambroise et bien d'autres). Mais la peinture y est également bien présente avec les tableaux de Samy, qui a toujours l'habitude d'intégrer des phrases latines. Parmi ses oeuvres, une série de tableaux photographiques « Les Aquatiques », représentant des visages terrifiés, des noyés…. Samy voit sa soeur sceptique, et d'ailleurs, celle-ci finit par lui dire, avec ménagement, que ces photos sont trop crues.
    Nous avons donc :
    - le nouvel enterrement,
    - Les problèmes de Samy et ses tourments,
    - Reste le mari, Tashun, à fond dans la politique,
    - Les traditions et coutumes…..
    Tout cela finit par se rejoindre et oblige Katmé, à faire un choix très difficile, car il lui faut faire un choix.

    Ecriture forte – un peu d'humour – portrait d'une femme – réflexions sur le pouvoir en Afrique contemporaine.
    C'est ici que je me limite pour ne pas trop en raconter, mais chaque page donne des notifications intéressantes ainsi que les réflexions sur l'art et la poésie.
    Il ne me reste plus qu'à souhaiter à Osvalde Lewat, du succès pour ce roman « Les Aquatiques. »

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  • Ancienne enseignante et désormais femme du préfet à Zambuena, pays imaginaire d’Afrique subsaharienne, Katmé Abbia occupe son temps entre la gestion de la maison familiale et les moments passés avec son meilleur ami, son frère de cœur, Samy. Samy est un artiste et Katmé soutient financièrement...
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    Ancienne enseignante et désormais femme du préfet à Zambuena, pays imaginaire d’Afrique subsaharienne, Katmé Abbia occupe son temps entre la gestion de la maison familiale et les moments passés avec son meilleur ami, son frère de cœur, Samy. Samy est un artiste et Katmé soutient financièrement l’exposition qu’il veut présenter. La vie s’écoule à peu près tranquillement même si Katmé a parfois du mal avec son statut de « Madame préfet », avec son statut de femme mariée, probablement trompée. Mais il y a ses filles jumelles, Alix et Axelle, alors Katmé essaie de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

    Le jour où elle reçoit un courrier l’informant que la tombe de sa mère doit être déplacée, son monde vacille ! Sa mère, qu’elle n’a jamais pleurée, cette mère qui l’a abandonnée en mourant dans un accident de voiture. Son mari, Tashun, lui, y voit une opportunité pour sa carrière. On va construire un grand caveau et organiser un grand enterrement, où l’on conviera tout le beau monde, objectif : le poste de gouverneur ! Mais la candidature de Tashun à ce poste aura des conséquences terribles, notamment pour Samy…

    J’ai beaucoup aimé ce roman, cette histoire de femme qui doit faire face à une vie qui, si elle semble confortable, ne l’est pas vraiment ! parce que le confort matériel n’est peut-être pas ce qui compte le plus au final. On la voit évoluer dans ses sentiments, dans ses choix. La relation qu’elle entretient avec Samy, entièrement platonique, est très émouvante. Ce sont vraiment deux âmes sœurs qui n’ont (presque) pas de secrets l’un pour l’autre. Faire du mal à l’un c’est faire du mal à l’autre !

    Le personnage de Samy a autant d’importance que celui de Katmé et son combat pour être reconnu pour ce qu’il est est vraiment touchant. Zambuena est un pays complexe où il ne fait pas bon être différent. À Zambuena on ne divorce pas de son mari, à Zambuena, quand on est une femme on se tait et on accepte son sort ! surtout quand on a la chance d’avoir le ventre plein. Et enfin, à Zambuena on n’est surtout pas homosexuel !

    C’est un roman dur, violent parfois, avec une écriture percutante. C’est aussi une réflexion sur la société africaine subsaharienne où, encore aujourd’hui, l’homosexualité est un crime et où la religion reste omniprésente.

    Un premier roman qui est, de mon point de vue, très réussi !



    Explos de la rentrée littéraire 2021 - Critique de la page 100.
    Katmé Abbia, « Madame préfet » parce qu’elle est mariée au préfet de la capitale, a dû abandonner son métier d’enseignante depuis qu’elle s’occupe de gérer la maison familiale. Elle reçoit un courrier dans lequel on l’informe que la tombe de sa mère doit être déplacée, une nouvelle qui est loin de la réjouir. D’autant plus que son mari veut en faire un événement !
    Dans les 100 premières pages, on fait connaissance avec Katmé et ceux qui l’entourent, notamment son meilleur ami, son presque frère Samy, ses filles jumelles et son mari, fort peu sympathique. Le récit est raconté du point de vue de Katmé, ce qui change peu avant la page 100 où un narrateur extérieur prend la place. Je suis intriguée par ce changement de point de vue et j’ai très envie de poursuivre ce roman, qui, de plus, dépeint un pays et un style de vie qui me sont totalement inconnus.

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