Les amers remarquables

Couverture du livre « Les amers remarquables » de Emmanuelle Grange aux éditions Arlea
  • Date de parution :
  • Editeur : Arlea
  • EAN : 9782363081919
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

De son enfance, l'auteur garde le souvenir d'un grand appartement à Berlin, où son père est fonctionnaire international, la naissance d'un frère qui va bouleverser son quotidien de petite fille, des séjours en France pendant les vacances chez des grands-parents aimants, l'accent germanique des... Voir plus

De son enfance, l'auteur garde le souvenir d'un grand appartement à Berlin, où son père est fonctionnaire international, la naissance d'un frère qui va bouleverser son quotidien de petite fille, des séjours en France pendant les vacances chez des grands-parents aimants, l'accent germanique des nurses qui se succèdent. Pourtant, dans toute cette banalité quelque chose détonne. La mère, fantasque, magnifique, amoureuse des rivages qui lui manquent tant, trop à l'étroit dans son rôle d'épouse de diplomate, ne peut s'empêcher de fuguer. Elle part, fuit l'appartement familial, laissant ses enfants et son mari. Elle revient cependant, jusqu'au jour où...
Comment se construire, grandir, trouver des repères lorsque rien n'est jamais sûr, quand la peur de l'abandon plane sur l'impression de sécurité et de normalité.

C'est ce portrait magnifique d'une mère à part qu'Emmanuelle Grangé esquisse aujourd'hui dans ce deuxième livre. On y retrouve ses thèmes de prédilection, la famille, le secret, la force silencieuse des non-dits. Mais aussi le travail du temps qui passe, vous entraîne dans sa course, faisant un jour de vous, le parent de ses parents. Aucun jugement, aucune rancoeur, dans ce texte plein d'amour et de lucidité. Simplement le roman d'une famille, la sienne.

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Avis (9)

  • Une écriture très particulière mais qui est addictive et ne nous laisse pas décrocher!
    c'est un second roman que j'ai découvert grâce aux 68 premières fois. Cette relation fille-mère m'a fait pensé à Mister Bojangles. Il y a de la folie, de la délicatesse, mais aussi beaucoup d'amour. J'ai été...
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    Une écriture très particulière mais qui est addictive et ne nous laisse pas décrocher!
    c'est un second roman que j'ai découvert grâce aux 68 premières fois. Cette relation fille-mère m'a fait pensé à Mister Bojangles. Il y a de la folie, de la délicatesse, mais aussi beaucoup d'amour. J'ai été troublée que ce livre arrive à ce moment là dans ma sélection car je rentrais justement de Berlin où j'avais passé quelques jours en famille, en passant dans les lieux évoqués par la narratrice.
    J'ai été touchée par la façon dont la narratrice fait écho à son éducation, et qui donne à voir ses parents comme des adultes ordinaires.
    Amers/amours les sons sont proches et les deux mots se mêlent

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  • Un second roman, après la parution de "son absence" déjà sélectionné par les fées des 68premières fois. "son absence" était déjà un texte sur la famille, une famille qui a perdu l'un des siens. "les amers remarquables" est un beau et troublant portrait d'une mère par sa fille. Des références, en...
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    Un second roman, après la parution de "son absence" déjà sélectionné par les fées des 68premières fois. "son absence" était déjà un texte sur la famille, une famille qui a perdu l'un des siens. "les amers remarquables" est un beau et troublant portrait d'une mère par sa fille. Des références, en exergue des chapitres, au texte de Jane Eyre de Charlotte Bronté (ce qui m'a donné trés envie de lire ce texte que je viens de recevoir dans une belle édition illustrée). le second texte de Emmanuelle Grangé est un beau texte-hommage à sa mère et nous parle avec délicatesse, tendresse des rapports familiaux, des rapports entre une fille et sa mère. Un beau, délicat et tendre texte.

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  • "Sans une mère, il n'y a point de refuge." - Proverbe polonais

    "Cet été-là je ne vais pas à la piscine avec ma mère, nous n’allons pas en vacances en famille."

    La phrase par laquelle s’ouvre le 2e roman d’Emmanuelle Grangé, paru aux Éditions Arléa, est un modèle de phrase qui, avec une...
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    "Sans une mère, il n'y a point de refuge." - Proverbe polonais

    "Cet été-là je ne vais pas à la piscine avec ma mère, nous n’allons pas en vacances en famille."

    La phrase par laquelle s’ouvre le 2e roman d’Emmanuelle Grangé, paru aux Éditions Arléa, est un modèle de phrase qui, avec une économie de mots, de moyens et d’effets, donne une atmosphère, dessine un décor plus nettement qu’une interminable description. Deux négations, "je", "nous", "ma mère", "la famille" : voilà c’est fait, l’essentiel est là, posé.

    "Les amers remarquables" brosse par touches légères, sans ostentation aucune, le tableau d’une famille des années soixante à nos jours, de Berlin à Paris et retour, de la Bretagne au sud de la côte atlantique. Pourtant, ce récit tient moins de la chronique familiale que du portrait tendre, mais lucide, d’une mère par sa fille devenue mère à son tour.

    Un amer, repère discernable depuis le large, immuable sur la côte pour aider à la navigation maritime, est nécessairement remarquable, sinon il n’est pas. Pour Marie-Emmanuelle, 7 ans, l’amer c’est la mère, Gabrielle, ce point d’ancrage reconnaissable entre tous. Il va toutefois lui falloir admettre qu’il peut être mouvant, susceptible de disparaître un temps (pour toujours ?) au gré des départs inopinés de cette mère fantasque "un jour délirante d’amour, le lendemain, mutique", cette "fuyarde chérie" qui, mariée à Pierre, s’échappe, impuissante à se résigner à une vie corsetée…

    "Mon père n’a jamais rien remarqué, ou il a fait comme si. Il trouve sa femme remarquable, si belle, unique […] Il n’a pas vu venir le jour où elle lui annonce dans une lettre qu’elle ne rentre pas à la maison."

    … avant de revenir et reprendre sa place au sein de sa famille, auprès de son époux, haut fonctionnaire sans fantaisie, tout entier à ses affaires.

    "Vous me manquiez tant […] j’ai bien réfléchi, la famille est plus importante que tout."

    Plus importante que sa liberté ? que sa volonté d’exister par et pour elle-même ? que le poids des conventions sociales ? que cette sensation d’être prisonnière d’un rôle que tous s’attendent à la voir jouer ? que son besoin de légèreté et de fantaisie ?

    Marie-Emmanuelle, qui se rêvait fille unique, fragilisée par la naissance de son frère François, ce "petit bout de viande", est ébranlée par ces départs-surprise et un soupçon de culpabilité se mêle à son sentiment d’abandon,

    "Nous sommes restés ballots, passifs, impuissants. Nous avons attendu le pire, l'annonce de l'hospitalisation, voire la mort de Gabrielle. Nous nous sommes habitués à vivre dans l'angoisse, puis dans la résignation. Gabrielle nous avait quittés pour de bon, je lui en ai voulu un peu, beaucoup…"

    avant qu’un retour tout aussi inopiné que le départ ne signe la ferveur des retrouvailles

    "Dans les minutes qui suivent nos retrouvailles, mon gros chagrin d’enfant abandonnée s’évanouit, il est comme dérisoire, il n’a jamais existé."

    comme si les abandons, les fuites rapprochaient plus qu’ils ne séparaient la mère de la fille qui devra apprendre à grandir avec la crainte quotidienne qu'un jour son amer disparaisse pour de bon.

    Se crée alors dans le récit un mouvement régulier d’éloignement et de rapprochement, imperceptible va-et-vient, qui rappelle celui, lent et sans heurts, des bateaux au mouillage par temps calme. Les personnages sont appelés aussi bien Gabrielle que la mère, Pierre que le père, François que le frère… Ils s’approchent, êtres infiniment familiers, puis s’écartent, drapés dans leur rôle et flous aux yeux du lecteur devenu myope.

    Ils se lient,

    "Il faisait très beau en Bretagne, nous étions une famille."

    se délient, échouent à garder une maison familiale, à semer quelque chose ensemble ne serait-ce que pour entretenir un semblant de jardin, se délestent au passage de tout ce qui encombre jusqu’à ne plus conserver que l’authentique vitrine Boulle. Ils se séparent pour mieux se retrouver, jusque dans les derniers instants d’une vie où la jeunesse et la vitalité cèdent devant la vieillesse et la sénilité, jusqu’à ce jour où Marie-Emmanuelle devient le parent de ses parents, puis la mère de sa mère, l’amer de sa mère.

    Dans son premier roman, "Son absence", publié également aux Éditions Arléa il y a deux ans, Emmanuelle Grangé disait déjà l’histoire d’une famille, les Munch, confrontée à la disparition de l’un des siens dont elle était sans nouvelles depuis vingt ans. Ici aussi, il est question d’absences, intermittentes certes, de ces absences qui peuvent passer pour des crises passagères, mais qui posent tout de même à leur façon la question de l’attachement :

    "Tu m’as menti, je ne veux plus jamais te voir, tu ne m’as jamais aimée, je ne t’aime plus."

    Les extraits de "Jane Eyre" placés en exergue ponctuent chacun des courts chapitres et, donnant le ton de chacun d’eux, renvoyant leur écho, colorent plus largement le récit tout entier.

    "Et maintenant, je sentis que cela ne suffisait pas : en un après-midi, je me lassai de huit années de routine. Je désirai la liberté ; je pantelai après la liberté."

    Emmanuelle Grangé livre ici un roman que l’on devine largement autobiographique, y révèle une histoire familiale sur plusieurs décennies, sans qu’aucun jugement ne soit porté, sans qu’aucune acrimonie ne vienne ternir les souvenirs. Et nous glisse, avec une délicate sagesse, qu’"il faut du temps pour se rappeler les bons souvenirs".

    Ce n’est qu’après avoir refermé ce livre que j’ai pleinement ressenti combien, par la grâce des mots, il est beau, simplement beau, car dénué de tout artifice.

    "Les histoires de Gabrielle sont toujours trop courtes, le sillage de son parfum, infini."

    Pas mieux !

    2e roman,
    Lu pour la session automne des #68premieresfois


    https://www.calliope-petrichor.fr/2019/12/05/les-amers-remarquables-emmanuelle-grangé-arléa/

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  • Dans “Les amers remarquables”, Emmanuelle Grangé retrouve le thème de la famille qu’elle avait déjà exploré avec son premier roman “Son absence”. Cette fois-ci, elle évoque le lien entre les enfants et leurs parents, et, avec une écriture très touchante, elle traduit le regard que les enfants...
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    Dans “Les amers remarquables”, Emmanuelle Grangé retrouve le thème de la famille qu’elle avait déjà exploré avec son premier roman “Son absence”. Cette fois-ci, elle évoque le lien entre les enfants et leurs parents, et, avec une écriture très touchante, elle traduit le regard que les enfants portent sur la relation de leurs parents, sur ce qui les réunit mais aussi ce qui les éloigne, sur l’équilibre parfois fragile de leur couple. Le récit est celui de Marie-Emmanuelle, la fille, qui, avec son regard d’abord d’enfant, puis d’adulte, raconte sa famille et l’assemblage étrange que formaient ses parents, ce qu’elle a perçu des rêves de liberté de sa mère face au modèle familial rigide de son père, et de leur relation complexe et comment elle a évolué au fil des années.
    Des souvenirs d’enfance aux moments douloureux face à la vieillesse de ses parents, Emmanuelle Grangé nous offre un roman sensible et plein d’émotions et qui fera certainement résonner chez de nombreux lecteurs des pans de leur propre histoire personnelle.

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  • Les amers remarquables est une chronique familiale des années soixante à nos jours, mais c'est avant tout le portrait d'une mère fait par sa fille. Gabrielle, maman, ma mère, notre mère, a été amenée insidieusement à renoncer à ses rêves pour privilégier la réussite professionnelle de son mari...
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    Les amers remarquables est une chronique familiale des années soixante à nos jours, mais c'est avant tout le portrait d'une mère fait par sa fille. Gabrielle, maman, ma mère, notre mère, a été amenée insidieusement à renoncer à ses rêves pour privilégier la réussite professionnelle de son mari corseté dans son costume de haut fonctionnaire expatrié à Berlin. Dès lors, Gabrielle, cette mère remarquable devient mélancolique. C'est par la natation qu'elle combattra ce sentiment et lorsque le crawl, l'océan ne suffisent plus, Gabrielle s'accordera un espace de liberté. Quand tout devient insupportable, elle fuit. Elle abandonne les siens, mais toujours elle revient. Marie-Emmanuelle, sa fille, le sait. Elle a beau savoir, elle ne peut grandir autrement qu'avec la peur chevillée au corps. La peur qu'un jour sa mère ne soit plus son amer, son repère, sa référence. Malgré tout, chaque fuite est pardonnée. Chaque abandon rapproche plus qu'il n'éloigne cette mère et sa fille ce, toute leur vie durant.

    Les amers remarquables est une véritable déclaration d'amour d'une fille à sa mère. Il est aussi le témoignage d'une autre époque que l'on souhaiterait révolue, celle où les désirs des femmes étaient sacrifiés au profit du supposé bien-être de leur foyer. Sans pathos, sans jugement ni rancœur, Emmanuelle Grangé nous plonge dans l'intimité d'une famille, dans l'intimité de sa famille. Elle évoque le parcours d'une femme, celui de sa mère, cet être fantasque par survie, cette femme qu'elle aime tant, qu'elle a toujours observé et qu'elle comprend.

    Les amers remarquables est un roman infiniment tendre. Avec beaucoup de subtilité l'auteure pose un regard tantôt mélancolique, tantôt drôle. Le tout est harmonieux, savamment dosé. C'est simple, ce roman nous donne envie d’enfiler une robe verte, d'y épingler des fleurs jaunes puis de tout ôter pour apiquer une tête. Nager pour rejoindre cet amer, Les amers remarquables.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/10/mon-avis-sur-les-amers-remarquables.html

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  • Après Son absence, Emmanuelle Grangé continue sa plongée au cœur des familles.
    Une mère un peu absente à elle même, qui se laisse porter par la vie que son mari lui impose, l’ordre des choses. Quelques soubresauts, quelques épisodes de besoin intense de liberté et vie pour soi qui bien vite...
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    Après Son absence, Emmanuelle Grangé continue sa plongée au cœur des familles.
    Une mère un peu absente à elle même, qui se laisse porter par la vie que son mari lui impose, l’ordre des choses. Quelques soubresauts, quelques épisodes de besoin intense de liberté et vie pour soi qui bien vite avortent et chaque fois le retour auprès des siens, de ses enfants qu’elle aime et de son mari quia besoin qu’elle soit là, à sa place.
    Une vie qui passe et la vieillesse des parents, et toujours les liens forts entre Gabrielle et Marie-Emmanuelle.
    Malgré le sentiment d’abandon ancré très profondément Marie-Emmanuelle reste viscéralement attachée à sa mère qu’elle comprend mieux que son père. Elle en aime la fantaisie et est touchée, à l’âge adulte, par le manque de compréhension qu’a pu vivre sa mère et son manque de liberté.

    Les sentiments sont magnifiquement exprimés sans jamais être autopsiés.

    Un deuxième roman réussi.

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  • « Nous sommes restés ballots, passifs, impuissants. Nous avons attendu le pire, l’annonce de l’hospitalisation, voire la mort de Gabrielle. Nous nous sommes habitués à vivre dans l’angoisse, puis dans la résignation. Gabrielle nous avait quittés pour de bon, je lui en ai voulu un peu, beaucoup…...
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    « Nous sommes restés ballots, passifs, impuissants. Nous avons attendu le pire, l’annonce de l’hospitalisation, voire la mort de Gabrielle. Nous nous sommes habitués à vivre dans l’angoisse, puis dans la résignation. Gabrielle nous avait quittés pour de bon, je lui en ai voulu un peu, beaucoup… »

    Déjà dans son premier roman, Son absence, Emmanuelle Grangé confrontait une famille à la disparition de l’un de ses membres qui n’avait plus donné trace de vie depuis vingt ans. Il est aussi beaucoup question d’’absences dans ce second opus, même si elles sont plus épisodiques. Nous sommes à Berlin dans les années 1960, alors que la narratrice n’est encore qu’une petite fille. Gabrielle a suivi son mari diplomate dans la capitale allemande où elle passe son temps dans les mondanités. Quand elle n’est pas confiée à la fille au pair, la narratrice est envoyée chez les grands-parents à Malakoff. Quant à Pierre, son mari, il aurait pu, au hasard des réceptions où son épouse est chargée de tenir son rang, apprendre ce proverbe allemand qui dit que «l'oisiveté dévore le corps comme la rouille dévore le fer» et comprendre combien sa femme éprouvait le besoin de changer d’air, d’espace, de liberté, de bords de mer.
    Cela lui aurait sans doute aussi évité le désarroi de ne plus la trouver au domicile conjugal et de devoir la supplier de revenir vers lui et sa famille.
    Même la naissance d’un petit frère ne viendra pas contrecarrer ce qui va bientôt devenir une habitude. Après les brouilles conjugales, Gabrielle prend la fuite jusqu’à ce jour où il n’est plus possible de la joindre. «Nous sommes restés ballots, passifs, impuissants. Nous avons attendu le pire, l’annonce de l’hospitalisation, voire la mort de Gabrielle. Nous nous sommes habitués à vivre dans l’angoisse, puis dans la résignation. Gabrielle nous avait quittés pour de bon, je lui en ai voulu un peu, beaucoup… »
    En déroulant l’histoire de cette famille, Emmanuelle Grangé se rend compte combien ces drames à répétition ont aussi un caractère formateur pour la jeune fille et la femme qu’elle devient et finalement, combien elle doit son caractère et sa liberté à ces épreuves. Bouclant la boucle quand elle devient une mère pour sa mère lorsque la vieillesse et la maladie vont avoir raison de ses escapades, elle rend un magnifique hommage à celle qui lui en a tant fait voir!
    Car, au fil des chapitres – qui commencent tous par un extrait de Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë qui les rassemble aussi – le style gagne lui aussi en intensité et en gravité, suivant en quelque sorte la courbe de la vie de Gabrielle. Tout en pudeur et en retenue, mais de plus en plus proche de l’essentiel. C’est beau, fort, prenant.
    https://urlz.fr/bczY

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  • Marie-Emmanuelle est une petite fille qui grandit dans une famille bourgeoise, dans les années 60 à Berlin. Partagée entre un père aimant et une mère mélancolique, elle devra grandir et apprendre à vivre dans ce monde d'adultes...

    Je découvre Emmanuelle Grangé grâce à ce deuxième roman et aux...
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    Marie-Emmanuelle est une petite fille qui grandit dans une famille bourgeoise, dans les années 60 à Berlin. Partagée entre un père aimant et une mère mélancolique, elle devra grandir et apprendre à vivre dans ce monde d'adultes...

    Je découvre Emmanuelle Grangé grâce à ce deuxième roman et aux 68 premières fois.

    Déroutante, l'écriture de l'auteur est incisive, rythmée, cadencée.
    Elle dépeint le quotidien d'une petite fille qui voit son enfance s'effacer... Une petite fille qui doit composer avec les absences d'un père au travail et d'une mère qui s'ennuie... Une petite fille qui va apprendre qu'aimer les autres passent avant par un respect pour soi, pour ses envies, ses besoins...

    Marie-Emmanuelle souffre des fuites de sa mère, lui pardonne à chaque retour mais craint toujours ses nouvelles disparitions. C'est une jeune femme, puis une mère attentionnée, mais toujours sur le qui-vive.

    A l'image de l'écriture de ce roman, l'histoire de cette famille est douce en surface, mais les remous des profondeurs sont parfois perturbants...

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