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L'envers du monde

Couverture du livre « L'envers du monde » de Thomas B. Reverdy aux éditions Points
  • Date de parution :
  • Editeur : Points
  • EAN : 9782757841587
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Le chantier de Ground Zero, deux ans après la tragédie du 11 Septembre, est un morceau de néant au milieu du paysage urbain. Un matin, on découvre le corps d'un ouvrier arabe jeté dans un puits de forage. Candice la serveuse, Pete l'ancien policier, ou encore Simon l'écrivain français, croisent... Voir plus

Le chantier de Ground Zero, deux ans après la tragédie du 11 Septembre, est un morceau de néant au milieu du paysage urbain. Un matin, on découvre le corps d'un ouvrier arabe jeté dans un puits de forage. Candice la serveuse, Pete l'ancien policier, ou encore Simon l'écrivain français, croisent les pas du commandant O'Malley qui mène l'enquête. Tous ont été marqués par les attentats, sources de haine ou de désespoir, de perte ou de souvenir, d'obsession ou d'impuissance.

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Articles (1)

  • Portrait de Thomas B. Reverdy, auteur et juré du Prix Orange du Livre 2014
    Portrait de Thomas B. Reverdy, auteur et juré du Prix Orange du Livre 2014

    C’est la première fois que Thomas Reverdy est juré dans un Prix littéraire. Cet agrégé de lettres, dont le dernier roman, Les Evaporés (Flammarion) a été sélectionné pour les Prix Goncourt, Décembre et Fnac, est passé de l’autre côté de la barrière, côté critiques, avec le Prix Orange du Livre.

Avis (2)

  • « Il faudrait une vie pour raconter une vie. Comment savoir à quel moment les choses ont commencé d'être ce qu'elles sont ? A quel moment les choses ont commencé tout court ?
    En ce qui concerne Muhammad Sala, la seule certitude, c'est l'instant précis où elles ont fini. »

    Ainsi débute le...
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    « Il faudrait une vie pour raconter une vie. Comment savoir à quel moment les choses ont commencé d'être ce qu'elles sont ? A quel moment les choses ont commencé tout court ?
    En ce qui concerne Muhammad Sala, la seule certitude, c'est l'instant précis où elles ont fini. »

    Ainsi débute le livre de Thomas B. Reverdy : « L'envers du monde. » C'est un auteur français de plusieurs romans, « Mediapart » a dit de ce livre : « Hymne à New York, L'Envers du monde tente de reconstruire, en entrelaçant six destinées, par avancées et retours en arrière ».

    Pour ma part, c'est plutôt un roman policier (mais aussi un « roman choral » car plusieurs narrateurs interviennent). L'action se passe pendant l'été 2003, un été lourd (comme d'habitude à New York) et on découvre le cadavre d'un ouvrier (que l'on pense « arabe », Muammad Sala), sur le chantier de Ground Zero. C'est que l'on veut combler cet énorme trou où se dressaient les Tours Jumelles (les Twin Towers), qui avaient été détruites après les attentats – suicides du 11 septembre 2001.
    J'ai lu cet ouvrage avec d'autant plus d'intérêt car j'avais eu la chance de monter dans ces Tours Jumelles : elles étaient magnifiques et je les revoie toujours telles qu'elles étaient auparavant, un lieu enchanteur et qui n'existe plus.

    C'est l'inspecteur O'Malley (FBI) qui est chargé de l'enquête. Il y est question de terrorisme, de la religion de l'Islam en Amérique – on suit ainsi les événements concernant également « le gros Pete » (un ancien flic) - Candice (une serveuse rousse – ambrée comme la bière) – Simon (un français qui désire écrire un livre) …

    Leurs particularités :
    * Pete a été témoin de l'effondrement de ces tours – il a même participé aux tentatives de sauvetage de ceux que l'on espérait trouver vivants – il en est resté traumatisé (qui ne le serait pas ?).

    * Candice, elle, a perdu son mari et continue à espérer un coup de fil de sa part et tente de se reconstruire.

    * Simon, écrivain français, a assisté à cette catastrophe, à cette horreur, à la télévision et n'en croyait pas ses yeux. Il rassemble tout ce qui lui est possible sur cet événement.

    Thomas B. Reverdy, avec son style si délicat, nous a ainsi livré un ouvrage bouleversant, sur un événement qui continue à hanter le monde et pour lequel, chaque année, il y a une commémoration.

    D'ailleurs, j'ai relevé ceci en page 230 : « Il n'y a pas de vérité sans lumière, et pas de lumière sans ombre.
    Ce qui rend le récit de ce qu'on a vécu impossible, c'est qu'on y attache toujours une part de culpabilité. Puisque ça nous concerne, il a bien fallu qu'on y soit pour quelque chose. Dès lors, le moindre souvenir devient un aveu.
    On regarde les tours qui s'effondrent en silence dans un écran de télévision tout bleu. »
    Ensuite, on l'appelait « Ground Zero », un « lieu-qui-n'est-le-lieu-de-rien. » ….

    « Deux ans plus tôt un énorme pied invisible avait foulé le sol de l'Amérique, il avait laissé une empreinte large comme un quartier entier. Un trou, si profond qu'on aurait dit que les tours s'étaient comme retournées dans le sol, un simple creux, mais qui était comme l'envers du monde. Et maintenant, il fallait reconstruire, redescendre en cet enfer et le redresser vers le ciel, dans la chaleur écrasante d'août. »

    Mais il ne faut pas oublier l'enquête policière dans laquelle on apprend de nombreux faits et où le terrorisme tient une bonne place « Quand il avait monté son groupe, O'Malley avait improvisé un speech pour les agents qui allaient bosser pour lui. La cellule aurait en charge le site du World Trade, qui devint vite Ground Zero. Tout ratisser, passer au crible , analyser. C'était une chasse et une course contre la montre. Il a été affecté là le jour même des attentats, avec les hommes disponibles sur place. »

    On passe à des faits se passant à l'époque du récit mais aussi à de nombreux flashbacks.

    On reconstitue le tout qui forme un puzzle et on obtient cette histoire touchante que « L'envers du monde » de Thomas B. Reverdy. L'histoire d'un moment impossible d'oublier – devoir de mémoire.

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  • 3 chapitres, 3 personnages.
    Pete l’ancien policier fracassé par le 11 septembre. Il était sur le site, mais… Poussé à la retraite, il fait visiter Ground Zero aux touristes en qualité de victime et d’ancien héros. « Ancien héro, est-que ça existe, ça comme catégorie, est-ce qu’on ne l’est pas...
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    3 chapitres, 3 personnages.
    Pete l’ancien policier fracassé par le 11 septembre. Il était sur le site, mais… Poussé à la retraite, il fait visiter Ground Zero aux touristes en qualité de victime et d’ancien héros. « Ancien héro, est-que ça existe, ça comme catégorie, est-ce qu’on ne l’est pas une fois pour toutes ? »
    Candice, une des nombreuses veuves qui court pour essayer de vivre. Elle a suivi la catastrophe à la télé et a vite su que son amour ne reviendrait jamais « Cela faisait deux ans, déjà, que Candice ne s’en remettait pas ».
    Simon (double de l’auteur ?) écrivain français venu travailler sur la thématique de l’absence et du souvenir. Simon, « étranger dans un monde où plus personne n’était vraiment chez soi »

    Au départ, il y a un mort, Muhammad Sala ; un des nombreux travailleurs illégaux sur le site de Ground Zero. « La victime ? Ecoutez commandant, ce type était un musulman, et sûrement un clandestin, pas une victime. Victime, c’est un mot qu’on réserve ici à tous ceux qui sont morts dans les tours. »
    L’impression d’une ronde infernale autour de Ground Zero. Tout ramène à ce site. Les survivants se cognent sur les parois en verre de la reconstruction comme des insectes sur une vitre. O’Malley enquête et s’ajoute à la ronde.

    Thomas B. Reverdy, dans ce livre, parle beaucoup de l’absence de corps et du souvenir. Pete résume ceci : « La mort me saute au visage ... Cependant, il n’y a rien à voir –des pierres, des ouvriers, des machines–, rien qu’un trou. Mais c’est cela la mort, n’est-ce pas ? – Un vide, une absence qui dure. » New-York est une ville toujours en construction ou en reconstruction, les tours jumelles n’échappent pas à la règle. Il faut remplir le vide et bienvenue à la Freedom Tower. « Pourquoi construit-on un mémorial ? Pour se souvenir, « en mémoire de », c’est-à-dire en hommages aux victimes, et donc d’abord à l’usage de leurs familles. C’est un gros tombeau. Allons plus loin. Cet endroit désigne la mort pour ne pas qu’on l’oublie. » Quelle relation entre l’absence et le souvenir ? absence des corps et le deuil ; absence et la difficulté de se souvenir. Tout le livre tourne autour de ces sujets comme les 3 personnages tournent autour de Ground Zero.
    Toujours ces mêmes souvenirs qui reviennent, ces morts que l’on n’a pas pu enterrer.
    Comment faire pour se recueillir alors que tout concourt à l’oubli. A l’emplacement du trou, se construit un nouvel édifice.
    Ce roman noir est rythmé par les voix distinctes des protagonistes. Chacun donne ses mots pour parler et au détour de paragraphes, nous avons un cycliste, allié à la mafia russe, qui se faufile dans les rues, sur les toits comme l’ange de la mort.

    J’aime l’écriture de Thomas B. Reverdy, puissante, évocatrice que j’avais rencontrée dans « les évaporés ». Il y a, là aussi, cette possibilité de renaissance. Les personnages sont lucides, blessés, mais il y a quand même cette petite étincelle d’espérance, même si…

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