L'enfant-mouche

Couverture du livre « L'enfant-mouche » de Philippe Pollet-Villard aux éditions Flammarion

4.583333333

12 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081284722
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Le portrait de Marie, une petite orpheline sous l'Occupation, qui vit dans un petit village en Champagne. Le quotidien est fait de bassesse et de violence. Trop jeune, elle doit apprendre à être une adulte. Lorsqu'elle s'aventure du côté allemand, elle découvre un tout autre monde. Inspiré de... Voir plus

Le portrait de Marie, une petite orpheline sous l'Occupation, qui vit dans un petit village en Champagne. Le quotidien est fait de bassesse et de violence. Trop jeune, elle doit apprendre à être une adulte. Lorsqu'elle s'aventure du côté allemand, elle découvre un tout autre monde. Inspiré de l'histoire familiale de l'auteur.

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  • 0.2

    Avril 1944, Anne-Angèle, 60 ans, exerce comme infirmière dans un dispensaire à Casablanca. Un syphilitique rendu fou par sa maladie la mord sauvagement. Anne-Angèle doit se rendre, à Paris, au chevet de sa soeur Mathilde qui est dans le coma suite à un accident. Mathilde décède et Anne-Angèle se...
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    Avril 1944, Anne-Angèle, 60 ans, exerce comme infirmière dans un dispensaire à Casablanca. Un syphilitique rendu fou par sa maladie la mord sauvagement. Anne-Angèle doit se rendre, à Paris, au chevet de sa soeur Mathilde qui est dans le coma suite à un accident. Mathilde décède et Anne-Angèle se trouve dans l'obligation de tenir la promesse de sa jeune soeur de récupérer Marie une enfant renfermée et instable placée dans un orphelinat par sa mère artiste dans un cabaret qui propose des spectacles salaces. Elle s'installe comme dame de compagnie chez une vieillard, ancien fonctionnaire du ministère de la justice. Marie qui est parfaitement éduquée, grâce à sa mémoire prodigieuse fait rapidement des progrès. Après avoir fuit Paris occupé, Anne -Angèle et Marie se retrouve dans un cabinet infirmier à l'abandon en Champagne, dans un village peuplé d'alambics humains. Anne- Angêle ressent les premiers symptômes de la syphilis, une main qui se paralyse, la vue qui baisse, la fièvre, les hallucinations. Marie va devoir se débrouiller seule pour survivre face à l'animosité des habitants et la proximité d'une base allemande.

    L'histoire d'une petite fille qui reste des heures devant la fenêtre à attraper des mouches, une enfant mouche donc qui va devoir survivre à tout prix dans une époque, dans un village, dans une famille et dans une vie où tout est sordide. Une écriture fluide pour un récit pas banal dans lequel on se laisse vite entraîner. L'occupation,le marché noir, le troc, la faim , la collaboration avec les allemands, la résistance, la libération, les représailles, Marie,la petite mouche,va tout traverser avec un seul but trouver de quoi subsister. La guerre vécue à travers les yeux d'une enfant ballottée, écorchée qui va mûrir trop vite, et qui va pouvoir compter que sur elle-même pour s'en sortir. L'auteur nous propose un personnage lumineux au milieu d'une époque sombre où les côtés les plus obscurs de l'humanité se révèlent.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/12/lenfant-mouche-de-philippe-pollet.html

    Nous sommes en 1944 à Casablanca, Anne-Angèle est infirmière dans un dispensaire. Un jour, elle apprend la mort de sa sœur Mathilde à Paris. Arrivée dans la capitale pour s'occuper des obsèques, elle découvre...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/12/lenfant-mouche-de-philippe-pollet.html

    Nous sommes en 1944 à Casablanca, Anne-Angèle est infirmière dans un dispensaire. Un jour, elle apprend la mort de sa sœur Mathilde à Paris. Arrivée dans la capitale pour s'occuper des obsèques, elle découvre par le biais d'une lettre que Mathilde s'était engagée à adopter Marie, une fillette de douze ans contre une certaine somme d'argent. Marie serait la fille d'une strip-teaseuse d'un cabaret. Anne-Angèle et Mathilde ayant été elles-même élevées en orphelinat, elle décide de tenir les engagements de sa défunte sœur. D'abord hébergées dans les beaux quartiers de Paris chez l'ancien officier qui employait Mathilde, Anne-Angèle et Marie sont contraintes de quitter Paris pour rejoindre un village près de Reims où l'infirmière va restaurer un dispensaire.

    Anne-Angèle et Marie vont vivre dans un taudis, subir le froid et la faim. Très vite Marie quitte l'école et se débrouille comme elle peut. Intelligente et ingénieuse elle ne manque pas d'idées mais il lui faut aussi parfois se résoudre à mendier. La vie va devenir encore plus difficile pour elle quand Anne-Angèle, qu'elle appelle sa tante, tombe malade. Mordue par un malade atteint de la syphilis à Casablanca, l'infirmière développe la maladie, devient aveugle et sombre dans la folie. Marie doit trouver les moyens de leur survie tout en s'occupant de sa tante.

    L'histoire se passe dans un village à la campagne, Marie et sa tante feront l'objet de réactions de rejet de la part des villageois qui manifesteront envers elle de la mesquinerie, de la violence voire de la haine lorsque Marie se rapprochera des allemands.

    Sans jamais tomber dans le misérabilisme, Philippe Pollet-Villard nous dresse le portrait de deux femmes inoubliables. Marie est une fillette élevée à la rude sans affection qui croit en son avenir et ne se décourage jamais, elle est touchante dans son désir de trouver une famille auprès du couple improbable formé par Toinette et son mari qui vivent dans une cabane dans la forêt ou auprès de sa chatte Paillassonne. Touchante également dans l'avenir qu'elle s'invente avec Hans le soldat allemand. J'ai aimé cette petite fille astucieuse et pleine de ressources, j'ai aimé son attachement à celle qu'elle appelle sa tante dont elle prend soin quand elle devient très malade.
    Dans ce récit, au travers de multiples anecdotes l'auteur met parfaitement en lumière l'atmosphère de guerre en zone occupée à la campagne et le racisme ordinaire des villageois. Ce roman ne se lâche plus une fois commencé, le récit chronologique écrit d'une plume alerte et très fluide est passionnant sans une ligne de trop. Il nous fait vivre la guerre à hauteur d'enfant et même si l'ambiance est faite de noirceur l'auteur parvient à rendre le récit lumineux et parfois drôle.
    La lecture de ce roman est d'autant plus émouvante que l'histoire est inspirée de la vie de la mère de Philippe Pollet-Villard. Une fois le roman refermé, je me suis mise à rêver d'une suite pour connaitre la suite de la vie de la petite Marie, l'enfant mouche...
    Voilà un roman dont on aurait du plus parler dans la rentrée littéraire de septembre...

  • 0.25

    Marie la mouche qui virevolte au milieu d'une guerre qui s'éternise, qui se retrouve au chevet d'Anne-Angèle, ex-infirmière à Casablanca qui se fait passer pour sa tante et la sort de l'orphelinat pour l'emmener à l'abri dans un patelin paumé de la Marne, en bordure d'un camp militaire...
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    Marie la mouche qui virevolte au milieu d'une guerre qui s'éternise, qui se retrouve au chevet d'Anne-Angèle, ex-infirmière à Casablanca qui se fait passer pour sa tante et la sort de l'orphelinat pour l'emmener à l'abri dans un patelin paumé de la Marne, en bordure d'un camp militaire allemand.

    Marie la mouche qui apprend que les adultes ne sont pas toujours fiables : d'Anne-Angèle qui délire sous l'emprise de la syphillis au garde-forestier qui l'utilise pour voler du carburant aux boches, de Hans au docteur très intéressée par les petites filles...

    Marie la mouche qui découvre que le monde ne tourne pas rond, que les gens oscillent dangereusement du côté de la fourberie et des bassesses, lâches et profiteurs, égoïstes et cruels...

    Drôle de roman !

    Quand a à la manière d'un conte, l'auteur dessine le portrait d'un village écrasé par la veulerie, où on ne donne rien à manger à une enfant "étrangère" qui crève la faim, un village où la misère sociale n'est pas la seule caractéristique, une gamine qui doit survivre, qui finalement trouve presque plus d'humanité à l'ennemi qu'auprès des siens.

    Et pourtant, dans ce roman qui aurait pu verser dans le pathos (et c'est ce qui me retenait de le lire, cette crainte de l'étalage plus ou moins pudique des souvenirs de guerre), ce qui frappe, c'est le ton employé par l'auteur.

    La narration, rythmée et vive, est teintée d'humour, parfois d'allégresse, d'une tendresse infinie et c'est franchement un très chouette roman !! Presque un coup de cœur !

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/10/31/35818642.html

    Avril 1944. Marie-Angèle est infirmière au dispensaire de Casablanca. Un télégramme lui annonce le décès de sa sœur Mathilde. Elle se rend donc à Paris où elle découvre chez son employeur qu’elle avait accepté de s’occuper...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/10/31/35818642.html

    Avril 1944. Marie-Angèle est infirmière au dispensaire de Casablanca. Un télégramme lui annonce le décès de sa sœur Mathilde. Elle se rend donc à Paris où elle découvre chez son employeur qu’elle avait accepté de s’occuper d’une petite fille, Marie. Marie-Angèle finit par recueillir cette enfant qu’elle espère pouvoir rendre à sa mère par la suite. Les circonstances font qu’elles se retrouvent envoyées dans l’est de la France, dans un village de la campagne rémoise. Marie-Angèle est censée s’occuper de l’infirmerie de ce village mais les patients ne viennent pas : elles sont livrées à elles-mêmes, avec la faim qui tort les ventres.

    Malade, Marie-Angèle ne parvient plus à s’occuper de Marie. Cette dernière, très dégourdie et surtout dictée par la faim, fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir de la nourriture ou un travail. C’est sans compter sur la dureté et le manque de compassion des habitants, d’autant plus quand les villageois la voient « traîner » avec Toinette, la « pute » du village et son mari Matesson.

    Plongée dans un monde et un conflit bien plus grands qu’elle, cette enfant-mouche va en découvrir toutes les facettes, des plus humaines aux plus sombres, avec le regard d’une enfant qui a dû grandir trop vite. Rien ne lui échappe, rien ne lui est épargné : les règlements de compte, les hostilités, l’occupation allemande, la résistance, la violence et la méchanceté. Elle est confrontée ainsi à de nombreuses désillusions mais aussi à de l’espoir dans un monde qui est très loin d’être manichéen.

    L’enfant-mouche est un roman brillant, profondément humain, servi par une écriture limpide et une construction forte qui en font un page turner. Les personnages sont attachants notamment la petite Marie qu’on a envie d’aider, d’aimer, de serrer dans les bras. Ce roman est d’autant plus fort que l’on sait que l’histoire de Marie est inspirée de celle de la propre mère de l’auteur.

    Une très très belle découverte en cette rentrée littéraire que je ne peux que vous conseiller !!!

  • 0.2

    1944. Anne-Angèle est infirmière dans un dispensaire de Casablanca ; appelée à se rendre à Paris au chevet de sa soeur Mathilde qui s’est fait renverser par une voiture, elle se retrouve suite à un concours de circonstances en charge de Marie, une orpheline de douze ans. Ensemble, elles quittent...
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    1944. Anne-Angèle est infirmière dans un dispensaire de Casablanca ; appelée à se rendre à Paris au chevet de sa soeur Mathilde qui s’est fait renverser par une voiture, elle se retrouve suite à un concours de circonstances en charge de Marie, une orpheline de douze ans. Ensemble, elles quittent la capitale pour s’installer dans un village à l’est de la France, où les habitants les rejettent quasi immédiatement. Anne-Angèle tombe malade et l’enfant va devoir survivre au jour le jour à coups de combines et de basses collusions…

    J’ai été à la fois très touchée et très perturbée par cette lecture : Philippe Pollet-Villard y raconte une histoire absolument terrifiante alors que pour Marie il s’agit de son quotidien, mais après tout qu’a-t-elle connue d’autre cette petite fille, des horreurs dont sont capables les hommes ; ici des choses terribles sont dites avec douceur alors qu’elles sont tellement révoltantes. Marie m’a brisé le coeur, cette petite fille qui vient d’on ne sait où fait tout son possible pour survivre, et puisque pas un des villageois ne lèvera le doigt pour lui venir en aide, et même au contraire certains abuseront de sa naïveté, c’est vers la caserne allemande qu’elle finira par se tourner, où elle trouvera finalement plus d’attention et de soutien – avec les conséquences qu’on imagine du côté français. Ce sont même les allemands qui la baptiseront la petite mouche.

    Marie est juste une petite fille qui se prend à rêver que chaque personne qui croise son chemin soit sa nouvelle famille, que ce soient Toinette la prostituée, son mari Matesson le garde-forestier et leur bébé Gaston, le(s) chat(s) Paillassonne ou Hans et Schmutzi les cuistots allemands. Elle s’imagine un avenir possible avec chacun ; mue uniquement par sa volonté de survivre et le besoin impérieux de nourrir et d’aider sa tante atteinte de la syphilis et peu à peu gagnée par la folie, alors qu’on la voit se diriger avec innocence droit vers un destin tragique – la fin de la guerre. On tressaille quand elle se fait traiter de petite salope par de « braves » villageois, on tremble sans fin pour cette petite débrouillarde livrée à elle-même et on rêve pour elle d’un avenir plus lumineux.
    Inspiré de l’histoire de sa mère, l’auteur lui offre un véritable conte sombre en guise de tendre hommage, où l’on se prend à espérer que les petites filles poursuivies par les loups de tous bords et forcées de grandir trop vite finissent un jour par retrouver leur chemin.

  • 0.25

    J’ai été touchée par la manière dont l’auteur décrit cette histoire, il s’est inspiré des souvenirs de sa mère. Son écriture au présent rend vivante la petite Marie, on a l’impression de voir avec elle, d’être au dessus de son épaule. On ressent lors des chapitres chacun de ses espoirs, chacune...
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    J’ai été touchée par la manière dont l’auteur décrit cette histoire, il s’est inspiré des souvenirs de sa mère. Son écriture au présent rend vivante la petite Marie, on a l’impression de voir avec elle, d’être au dessus de son épaule. On ressent lors des chapitres chacun de ses espoirs, chacune de ses déceptions. Par moment l’écriture est tendre comme lors des moments à Paris, la déco de la Verrerie, nostalgique quand Anne Angèle évoque Jean Edmond et son passé marocain. Le récit peut être plus cruel avec la vie du cabaret la peste verte, la pauvreté, la faim que ressent la petite. Ou encore la maladie qui peu à peu envahit Anne Angèle après son installation en province.

    La barbarie, la violence des hommes est aussi en filigrane dans le récit, l’horreur est décrite par le vocable de cette petite fille qui interprète à sa manière ce qu’elle voit. Les bombardements, les stratégies de survie, le marché noir tout est passé au crible. De la malhonnêteté du docteur Serraval, du mépris de hobereau de Hubernot, à la bêtise des enfants, un panorama de la nature humaine nous est donné.
    La suite sur http://eirenamg.canalblog.com/archives/2017/10/09/35750735.html

  • 0.2

    1944. Anne Angèle rentre à Paris après la mort de sa sœur, elle découvre que cette dernière voulait adopter Marie âgée de 12 ans en la faisant passer pour sa nièce. Anne Angèle décide de prendre le relai, elle découvre une enfant triste, qui a vécu sans amour. Elles partent dans un village de...
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    1944. Anne Angèle rentre à Paris après la mort de sa sœur, elle découvre que cette dernière voulait adopter Marie âgée de 12 ans en la faisant passer pour sa nièce. Anne Angèle décide de prendre le relai, elle découvre une enfant triste, qui a vécu sans amour. Elles partent dans un village de province mais tout ne se passe pas comme prévu, Anne Angèle tombe malade, Marie est livrée à elle même, elle est face aux habitants hostiles qui ne se reconnaissent dans ces deux étrangères. Son quotidien se résume à trouver de la nourriture, à se méfier des autres et puis un jour elle passe de l'autre côté, du côté des Allemands qui l'embaucheront aux cuisines...Cette histoire à une résonnance particulière puisque qu'elle est tirée de l'histoire familiale de l'auteur. Un livre émouvant reconnu dans cette rentrée littéraire.

  • 0.2

    Ecrit au présent narratif, sous forme de chapitres courts, comme une succession de petits récits, L’enfant-mouche donne l’impression de voir l’histoire de Marie se dérouler sous nos yeux, nous permettant de vivre ses aventures (loin d’être roses) à ses côtés. C’est un roman vraiment très...
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    Ecrit au présent narratif, sous forme de chapitres courts, comme une succession de petits récits, L’enfant-mouche donne l’impression de voir l’histoire de Marie se dérouler sous nos yeux, nous permettant de vivre ses aventures (loin d’être roses) à ses côtés. C’est un roman vraiment très prenant. Les pages se tournent rapidement car l’auteur, autant par la forme que par le fond, nous entraîne avec beaucoup d’intérêt dans l’histoire de Marie, particulièrement touchante et réaliste. Bien qu’évoquant violence et sordide, l’auteur ne porte aucun jugement ou ne tombe dans le pathos. Les choix des uns et des autres ne sont pas toujours acceptables, mais on garde à l’esprit qu’il s’agit surtout d’un récit de survie et on savoure avant tout cette faculté à vouloir s’en sortir coûte que coûte.

    J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette ingénieuse, enfant-mouche et son histoire teintée d’humour et de légèreté. Un grand bravo à Philippe Pollet-Villard pour son discernement, le choix du ton, de la forme, la douceur et la fraicheur (tout en côtoyant l’ignominie et la cruauté humaine) et surtout de ne pas être tombé dans le manichéisme et la facilité. Savoureux !...................................................

    http://libre-r-et-associes-stephanieplaisirdelire.blog4ever.com/philippe-pollet-villard-l-enfant-mouche

  • 0.2

    Partez à la rencontre d'Anne-Angèle et de l'enfant-mouche...

    1944. Infirmière à CASABLANCA, Anne-Angèle ne s'attendait pas, en rentrant à PARIS au chevet de sa soeur mourante Mathilde, à se retrouver avec la charge d'une orpheline sur les bras. Mathilde avait passé un mystérieux contrat avec...
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    Partez à la rencontre d'Anne-Angèle et de l'enfant-mouche...

    1944. Infirmière à CASABLANCA, Anne-Angèle ne s'attendait pas, en rentrant à PARIS au chevet de sa soeur mourante Mathilde, à se retrouver avec la charge d'une orpheline sur les bras. Mathilde avait passé un mystérieux contrat avec Faustina (!), une artiste de cabaret, pour s'occuper de la gamine contre rémunération, mais Mathilde est morte, l'argent a disparu et Anne-Angèle se sent redevable pour sa soeur. La voilà donc responsable de Marie, étrange enfant silencieuse et ignorante, d'autant que Faustina ne tarde pas à disparaître brutalement, recherchée par la Gestapo pour avoir arnaqué un officier allemand. Contraintes de quitter la capitale pour aller s'installer en zone occupée près de REIMS, l'arrivée de la vieille infirmière et de l'enfant ne passe pas inaperçue et elles suscitent méfiance et réprobation chez les habitants des fermes alentour. Personne n'accepte de se faire soigner par cette infirmière, et quand à l'absence de patient s'ajoute la maladie d'Anne-Angèle, de plus en plus faible, les rôles finissent par s'inverser et c'est Marie qui va devoir déployer des trésors d'ingeniosité, de courage et de malice pour assurer sa survie et celle d'Anne-Angèle.

    Je vous mets au défi de ne pas éprouver de tendresse pour les personnages de Philippe POLLET-VILLARD.

    Anne-Angèle d'abord, attendrissante, à la fois maligne de par le pragmatisme que sa vie lui a inculqué, et naïve du fait de son manque d'éducation et de culture. Ses réflexions sans concession sur sa soeur prêtent plus d'une fois à sourire au début du récit.

    Peu à peu, le personnage d'Anne-Angèle cède la place à celui de Marie, cette enfant qui loin d'être dupe sur le lien de parenté tante-nièce que lui a servi Anne-Angèle, ne se pose pas de questions pour autant et joue le jeu de l'adulte. Et du pragmatisme, il en faudra à Marie lorsqu'elle se retrouve confrontée à la démence de sa tante et comprend que sa survie dépendra d'elle seule en ces temps où trouver de quoi manger relève d'une lutte de chaque instant. Mendier auprès des paysans, les voler puisqu'ils ne font preuve d'aucune pitié, échapper aux bas instincts des hommes, aider les Résistants... Marie ne recule devant rien, ne se pose pas de questions et marche sur un fil... jusqu'à basculer de l'autre côté des barbelés, celui du camp d'aviation allemand. Elle devra louvoyer entre ces gens dont aucun ne veut l'aider mais qui tous cherchent, d'une manière ou d'une autre, à l'exploiter.

    Vous tremblerez pour Marie, vous l'admirerez, elle vous fera sourire et pleurer, votre coeur se serrera face à ses rêves d'avenir illusoires.

    Philippe POLLET-VILLARD nous livre un récit tout à tour drôle, mordant et douloureusement cruel.

    Et lorsque l'on sait que son roman est inspiré de l'enfance de sa propre mère, on comprend parfaitement pourquoi, comme il l'écrit au début du livre, son évocation la faisait presque toujours fondre en larmes, et on pressent d'autant mieux le merveilleux hommage que cela représente.

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2017/09/19/35690467.html

  • 0.25

    Pour la première fois j’ai choisi de lire un roman parce que son auteur était annoncé dans une librairie. C’est, en effet, en apprenant que Philippe POLLET-VILLARD rencontrerait ses lecteurs à Annecy que j’ai acheté "L’Enfant-Mouche". Je l’ai lu dans le train le temps d’un aller/retour entre...
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    Pour la première fois j’ai choisi de lire un roman parce que son auteur était annoncé dans une librairie. C’est, en effet, en apprenant que Philippe POLLET-VILLARD rencontrerait ses lecteurs à Annecy que j’ai acheté "L’Enfant-Mouche". Je l’ai lu dans le train le temps d’un aller/retour entre Annecy et Nancy. Il a ainsi bercé mon voyage. Je l’ai goûté, apprécié, savouré, accompagné des bruits de roulement et du crissement des rails.

    Ce roman se déguste qui raconte l’enfance de sa mère, c’est l’auteur qui le dit en note préalable. La petite Marie est recueillie par Anne-Angèle. Nous sommes en 1944 et cette dernière se rend à Paris en provenance du Maroc où elle était infirmière. Elle a, en effet, été informée de l’accident grave dont sa sœur Mathilde vient d’être victime dans la capitale. Elle est d’ailleurs décédée à son arrivée. Il me semble que vous en dévoiler plus, ne serait-ce que par bribes nuirait à l’intérêt de cet ouvrage magnifique. Car le plaisir grandit ligne après ligne, mot après mot, miette après miette, devrais-je dire, doucement.

    L’auteur a ce don de transformer un récit pourtant triste en un conte où les méchants ne sont jamais tout à fait méchants et les gentils parfois malveillants. L’histoire est racontée avec beaucoup de tendresse, un amour pudique, une grande bienveillance. Il faut dire que cette petite fille, élevée dans un village à la fin de la guerre avec toutes les ignominies que cela implique est particulièrement attachante. J’ai tout de suite eu envie de l’aimer, de l’entourer, de la protéger. Tous ses actes sont dictés par le besoin, le besoin de manger, le besoin de se faire pardonner, le besoin de sauver sa "tante" Anne-Angèle. Elle ne réfléchit pas. Pour elle, pas de différence entre Allemands et Français, pas de jugement, pas de regrets. Elle avance dans sa vie difficile avec une maturité et un courage confondants. Elle est intelligente, perspicace, courageuse, émouvante.

    J’ai aimé l’empathie dont l’auteur fait preuve à l’égard de ses personnages, tous ses personnages. Jamais je n’ai senti de sa part quelconque jugement. J’ai aimé la construction linéaire de ce roman qui suit Marie tout au long de la fin de cette deuxième guerre mondiale dans un village français comme il en existe tant, avec ses travers mesquins. J’ai aimé le phrasé, le ton employé tout en douceur. J'ai aimé le talent de peintre de Philippe Pollet-Villard qui décrit la forêt comme personne. J’ai aimé le rythme qui s’accélère vers la fin en un véritable suspens avant de retrouver dans les ultimes phrases le silence et la sérénité. J’ai aimé les dernières lignes qui laissent espérer un avenir meilleur "Alors Marie renonce, ralentit, recule, prend le chemin inverse et se dirige vers la sortie du village. A l’opposé. Elle se dit que cet endroit est peut-être un avant-goût du paradis, qui fait chambre commune avec l’enfer."
    J’ai enfin aimé le titre dont on apprend le sens tardivement. Et je l’aime encore davantage dans la langue de Goëthe.

    memo-emoi.fr

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