Légende d'un dormeur éveillé

Couverture du livre « Légende d'un dormeur éveillé » de Gaelle Nohant aux éditions Heloise D'ormesson
Résumé:

Robert Desnos a vécu mille vies - écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure -, sans jamais se départir de sa soif de liberté et d'amour. Pour révéler cette vie, aussi héroïque qu'engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, des Halles à Montparnasse,... Voir plus

Robert Desnos a vécu mille vies - écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure -, sans jamais se départir de sa soif de liberté et d'amour. Pour révéler cette vie, aussi héroïque qu'engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours, à Cuba ou à Belle Ile. Comme si elle avait écouté les battements de son coeur dans l'atelier de la rue Blomet, s'était assise aux terrasses du Select ou du Flore en compagnie d'Antonin Artaud, de Prévert et d'Aragon ; avait tressailli en écoutant les anathèmes d'André Breton, fumé l'opium avec la chanteuse Yvonne George, et dansé des nuits entières aux côtés de Kiki et de Man Ray.
Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans son oeuvre, sondant les âmes en medium, et comme lui, « parle surréaliste ». S'identifiant à Youki, le grand amour de Robert, elle l'accompagne jusqu'au bout du voyage, au camp de Terezín.
Fabuleuse investigation littéraire, Légende d'un dormeur éveillé ressuscite quinze ans d'histoire, des années 1930 à l'Occupation. Une traversée du XXe siècle, vivante et tumultueuse, sur les traces d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux.

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Avis(37)

  • C'est dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2017 que j'ai lu ce roman en LC avec ma binôme préférée. J'avais beaucoup aimé "La part des flammes" et l'envie de suivre la plume de Gaëlle Nohant était grande, je n'ai pas été déçue bien au contraire.

    C'est une biographie romancée...
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    C'est dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2017 que j'ai lu ce roman en LC avec ma binôme préférée. J'avais beaucoup aimé "La part des flammes" et l'envie de suivre la plume de Gaëlle Nohant était grande, je n'ai pas été déçue bien au contraire.

    C'est une biographie romancée qu'elle nous propose, celle du poète et résistant Robert Desnos, un homme aux mille vies épris de liberté.

    C'est une lecture exigeante, mon rythme de lecture était beaucoup plus lent qu'à l'habitude au début du livre mais c'était nécessaire je pense pour s'imprégner de l'époque, entrer dans l'ambiance et se glisser dans le sillage de Robert Desnos et éprouver le sentiment étrange de vivre avec lui sa vie, ses soirées folles dans Paris. J'ai vraiment eu le sentiment durant toute la lecture qu'il m'accompagnait, de sentir sa présence auprès de moi.

    Quelle vie les amis, ou plutôt devrais-je dire quelles vies incroyables car cette existence était tellement riche en contacts, en amitiés qu'on a le sentiment qu'il en a vécu plusieurs.

    On se plonge au coeur des années 20 jusqu'à la fin de l'occupation. Gaëlle Nohant nous plonge non seulement dans la vie de Robert mais aussi nous conte l'Histoire en majuscule, la situation mondiale, en Espagne, la crise économique, la montée du nationalisme, l'avènement d'Hitler, la guerre..

    Avec Robert on va vivre des soirées folles dans Paris, on côtoie les précurseurs du surréalisme Breton, Crevel, Man Ray, Jeanson mais on participe aussi à des discussions intéressantes avec Prévert, Aragon, Rimbaud, Néruda, Eluard, Garcia Lorca, Picasso. On refait le monde au café des "Deux Magots"...

    On vit avec lui le processus de création, ses nouvelles, poésies, romans, théâtre... , toujours ce besoin d'écrire pour vivre, pour être libre.

    On vit les tensions avec Breton, sa rencontre avec Deharme qui l'amène à devenir animateur de radio, rédacteur puis chroniqueur dans un journal où la rencontre avec Laubreaux déterminera une partie de sa vie.

    Desnos c'est aussi le fêtard, l'amoureux. Deux femmes dans sa vie Yvonne George une célèbre chanteuse et celle qui sera l'Amour de sa vie, Youki Foujita, muse de Montparnasse, collectionneuse d'hommes mais qui au final découvrira l'amour véritable avec Robert.

    Des amis : Foujita, Jean-Louis Barrault, Frankel... J'ai appris énormément de choses sur cette période sur les personnalités artistiques célèbres qui faisaient partie de son quotidien. J'ai adoré ces découvertes.

    Et puis il y a l'autre facette de l'homme toujours généreux, rendant l'espoir et le sourire dans toutes les circonstances, quelle homme généreux qui prit parti durant l'occupation et devint résistant actif. Son engagement était total ne supportant pas l'occupation et étant trop épris de liberté.

    Peu à peu je suis rentrée dans le récit de sa vie, c'est passionnant, enrichissant. Je me suis attachée à lui et surtout à Youki qui grâce à lui a appris à aimer pleinement. Quel amour incroyable, véritable jusqu'à la fin de sa vie. Que d'émotions et de larmes versées je dois bien l'avouer à la fin du récit. La plume est magnifique, ponctuée de la poésie de Robert Desnos. Que de poésie, de passion et d'amour, un choix des mots justes, c'est juste splendide, envoûtant et lumineux.

    Je vous invite vivement à découvrir ce très beau coup de coeur. ♥♥♥♥♥

    Les jolies phrases

    Pour lui, la vie ne saurait se limiter au jour. Il y a trop à faire, tant de musiciens à écouter, de vins à boire et d'amis à saluer !

    Yvonne. Le y qui ouvre son prénom est le delta ondoyant qui l'aimante et le repousse. Yvonne est une étoile de mer. Pour l'aimer, il faut accepter d'être blessé.

    L'amour à sa naissance a la cruauté des bêtes sauvages c'est ainsi depuis la nuit des temps.

    Yvonne et Youki, les soeurs siamoises qui se partagent son coeur et qu'on ne peut détacher l'une de l'autre sans le déchirer.

    Robert n'entend pas limiter sa poésie à un seul support. Pour lui, l'écriture est ce territoire mouvant qui doit se réinventer sans cesse, demeurer une insurrection permanente, une fontaine de lave, des corps joints dans la danse ou l'amour, une voix qui descelle les pierres tombales et proclame que la mort n'existe pas, une expérience sensorielle.

    Robert avait rejoint les surréalistes car l'inconscient, le merveilleux et le rêve étaient son territoire de toujours, le seul dont il se sentait un arpenteur légitime.

    Robert, ce qui me terrifie le plus, c'est de vivre sans amour. Je sais que ce n'est pas un remède facile, qu'il peut être balayé au premier souffle... Mais sans amour rien n'a de sens, rien de nous retient, toutes les nuits se ressemblent.


    Les coeurs qui ont déjà été brisés redoutent l'amour parce qu'il porte sa fin. Ils craignent de ne pouvoir endurer ce coup supplémentaire, l'arrachement et la terre brûlée.

    Toute oeuvre d'art porte une vision du monde, observe Robert que cette discussion passionne même si les traducteurs peinent à en suivre le rythme. Les despotes entendent imposer la leur, et nous leur opposons une multiplicité de regards et de points de vue qui leur est odieuse. Pour eux, il ne peut y avoir qu'une seule vérité, qui devient un catéchisme. La culture est un enjeu. Quand on permet à ceux qui en sont exclus d'accéder à l'art et à la connaissance, on sème une graine de liberté qui peut les soustraire à la toute-puissance des tyrans.

    Il ne chasse plus les mots comme les papillons rares. Il veut que sa poésie sonne clair comme un chant de révolte, qu'elle s'alimente à un réel de chair et de sang.

    La poésie, le théâtre, la peinture et la musique peuvent triompher de la peur et de la haine, créer des ponts entre les hommes.

    -On ne peut dompter la nature qu'avec son consentement, répond Seghers avec un grand sourire. Tous les poètes le savent.
    -Et la nature de l'homme n'est pas de ramper devant les tyrans, murmure Robert. Sans quoi nos genoux seraient couverts d'écailles ...

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/11/legende-dun-dormeur-eveille-gaelle.html

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  • J’avais beaucoup aimé son précédent roman, La part des flammes, et je m’attendais à autant de souffle romanesque.

    Grave erreur : des phrases toutes plates descriptives ; des accumulations de noms illustres ou pas ; des descriptions par le menu des journées de Robert Desnos.

    Le plus...
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    J’avais beaucoup aimé son précédent roman, La part des flammes, et je m’attendais à autant de souffle romanesque.

    Grave erreur : des phrases toutes plates descriptives ; des accumulations de noms illustres ou pas ; des descriptions par le menu des journées de Robert Desnos.

    Le plus rédhibitoire pour moi : des grands éclats de rire.

    Même si la vie de ce poète a été passionnante, l’auteure n’a pas réussi à me passionner.

    http://alexmotamots.fr/tombes-des-mains-4/

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  • Un beau récit sur un homme épris de liberté, tout à tout poète, écrivain, critique de cinéma, journaliste, chroniqueur radio, résistant, engagé, un bel hommage à Robert DESNOS.
    Qui plus est Gaëlle NOHANT réussit le pari de concilier biographie, histoire (la grande) et roman, le tout parsemé...
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    Un beau récit sur un homme épris de liberté, tout à tout poète, écrivain, critique de cinéma, journaliste, chroniqueur radio, résistant, engagé, un bel hommage à Robert DESNOS.
    Qui plus est Gaëlle NOHANT réussit le pari de concilier biographie, histoire (la grande) et roman, le tout parsemé d’extraits de poèmes de cet homme lucide et rêveur, s’emportant parfois sans retenue, engagé, loyal, fidèle en amitié, grand amoureux (respectueux des femmes), émouvant et inoubliable.
    La première partie du récit campe la période surréaliste, la plus légère, trépidante. Robert DESNOS croise Pablo NEDUDA, Federico GARCIA LORCA, André BRETON, Jacques PREVERT et bien d’autres, un foisonnement intellectuel jubilatoire pour le lecteur.
    Pourtant, ce n’est pas ma partie préférée car je vais malgré tout pointer un défaut (le seul) de ce livre : les longueurs ; pour autant, je n’ai pas regretté d’avoir persisté persuadée de tenir un livre rare et j’invite chaque lecteur à en faire de même.
    C’est un livre qui se déguste.
    Ensuite la vie de DESNOS se confond avec la grande Histoire, l’occupation, la résistance et là chacun prend conscience que l’art est aussi une résistance à l’oppression, à la violence. « Ce cœur qui haïssait la guerre, voilà qu’il bat pour le combat et la bataille ».
    Dans la dernière partie, Gaëlle NOHANT se glisse dans la peau de Youki, le grand amour de Robert DESNOS, sa sirène, pages les plus émouvantes, d’autant plus tragiques qu’il décède après la libération du camp où il était détenu.
    Une rencontre merveilleuse avec Robert DESNOS, hélas trop méconnu, qui continuera longtemps à habiter mes pensées, le talent de Gaëlle NOHANT est de faire partager son enthousiasme au lecteur et de laisser une empreinte indélébile.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

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  • J’ai découvert Desnos grâce à ce livre. Gaëlle Nohant a l’art de conter les histoires, déjà pour son précédent livre elle recrée le XIX e siècle. Ici elle restitue les ombres, l’alternance de lumière, d’espoir et la montée de la violence, de l’horreur, de la déshumanisation à travers le...
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    J’ai découvert Desnos grâce à ce livre. Gaëlle Nohant a l’art de conter les histoires, déjà pour son précédent livre elle recrée le XIX e siècle. Ici elle restitue les ombres, l’alternance de lumière, d’espoir et la montée de la violence, de l’horreur, de la déshumanisation à travers le parcours du poète. Elle donne vraiment vie à ce Paris des années 30 à 50 à la fois dans sa folie de la 1ere partie jusqu’à l’Occupation. Elle restitue une âme, une voix, une identité à Desnos en s’infiltrant à travers ses mots et en écrivant à la 1ere personne. Et à chaque fois, elle cite des extraits de poèmes, ce qui donne encore plus de force au récit, à la voix du poète.

    On le découvre cabot, aimant jouer du coup de poing, fasciné par l’Amérique latine, et son métier de journaliste. On chemine avec lui dans les différents quartiers de Paris qu’on redécouvre, on relit l’histoire des surréalistes avec Breton, découvre son amitié avec Barrault, Picasso, Prévert, Eluard. Son engagement envers et contre tous, d’abord discret puis de plus en plus actif dans les réseaux de la Résistance. On apprend à connaître sa face d’homme avec ses amours tourmentés pour Yvonne puis Youkie, plus apaisée pour Bessie. Sa recherche de liberté dans la poésie, son goût pour les voyages, les rêves, la chiromancie. Ses amitiés indéfectibles, ses folles soirées à la rue Mazarine et son inconscience parfois.

    Il semble tellement vivant, présent sous la plume de l’auteur qu’on n’a pas envie de le laisser et même si on sait que les ombres se rapprochent, on espère c’est ce qui est fort chez l’auteur instiller cet espoir.
    La suite sur http://eirenamg.canalblog.com/archives/2017/10/23/35796529.html

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