Légende d'un dormeur éveillé

Couverture du livre « Légende d'un dormeur éveillé » de Gaelle Nohant aux éditions Heloise D'ormesson
Résumé:

Robert Desnos a vécu mille vies - écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure -, sans jamais se départir de sa soif de liberté et d'amour. Pour révéler cette vie, aussi héroïque qu'engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, des Halles à Montparnasse,... Voir plus

Robert Desnos a vécu mille vies - écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure -, sans jamais se départir de sa soif de liberté et d'amour. Pour révéler cette vie, aussi héroïque qu'engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours, à Cuba ou à Belle Ile. Comme si elle avait écouté les battements de son coeur dans l'atelier de la rue Blomet, s'était assise aux terrasses du Select ou du Flore en compagnie d'Antonin Artaud, de Prévert et d'Aragon ; avait tressailli en écoutant les anathèmes d'André Breton, fumé l'opium avec la chanteuse Yvonne George, et dansé des nuits entières aux côtés de Kiki et de Man Ray.
Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans son oeuvre, sondant les âmes en medium, et comme lui, « parle surréaliste ». S'identifiant à Youki, le grand amour de Robert, elle l'accompagne jusqu'au bout du voyage, au camp de Terezín.
Fabuleuse investigation littéraire, Légende d'un dormeur éveillé ressuscite quinze ans d'histoire, des années 1930 à l'Occupation. Une traversée du XXe siècle, vivante et tumultueuse, sur les traces d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux.

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Avis(37)

  • Voilà un livre qui m’a cueillie là où je ne l’attendais pas, un coup au cœur plus qu’un coup de cœur, pas un roman, une rencontre…surréaliste qui plus est !
    En alignant son tempo sur celui de Desnos, en trempant sa plume dans l’encre de ses mots comme d’autres règlent leur pas sur le pas de...
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    Voilà un livre qui m’a cueillie là où je ne l’attendais pas, un coup au cœur plus qu’un coup de cœur, pas un roman, une rencontre…surréaliste qui plus est !
    En alignant son tempo sur celui de Desnos, en trempant sa plume dans l’encre de ses mots comme d’autres règlent leur pas sur le pas de leur père, Gaëlle Nohant fait un travail magistral d’écriture dont on sent qu’il s’appuie sur des recherches qui ne le sont pas moins : pas une anecdote qui ne trouve écho dans un texte ou un poème, pas un dialogue qui sonne faux entre tous ces amis-artistes multi-talentueux et multiculturels.
    Je pensais m’ennuyer, me perdre entre deux conversations intellectuelles de purs esprits uniquement préoccupés d’eux-mêmes et de leur art, je découvre un groupe de potes inscrits dans une réalité qui les touche, les bouscule, les nourrit, les interroge et dont ils rendent compte à travers leurs mots, leurs pinceaux, leur voix, leur plume.
    Il m’a semblé entre les lignes fluides de Gaëlle Nohant être conviée à leurs conversations, partager leurs coups de gueule et leurs éclats de rire, m’embrumer dans la fumée de leurs cigarettes, me soûler de leur champagne, de leur bon vin puis de leur ersatz de rhum quand il n’est plus resté que ça.
    Je croyais n’entendre parler que de morts, fantômes figés sur leur piedestal d’artistes, je n’ai croisé que des hommes et des femmes vivant haut et fort, investis, engagés, désireux de partager leurs convictions et leur art, non seulement entre eux par-delà les frontières, mais aussi avec chacun de leurs contemporains. J’ai ressenti avec une force accrue la violence absurde de ces guerres venues barbeler des frontières entre ces européens de la première heure, ces frères naturels dans l’art, de cette faucheuse aveugle à la beauté de ces âmes et sourde à la grâce et à l’humour.
    Bien sûr, ce livre n’est pas parfait, « il a les qualités de ses défauts » comme dirait ma belle-mère ! Certes, il est long, rend compte dans le détail d’épisodes historiques ou intimes dont la nécessité pourrait être discutée. Certes, il est parfois bavard, mais allez interrompre une conversation entre un Desnos et un Prévert, un Garcia Lorca ou un Jean-Louis Barrault…
    Ce qui est certain, en tout cas, c’est que cette Légende dégage, au même titre que le dormeur éveillé qu’elle évoque, un charme ou l’humour et l’humanité le dispute à la vivacité et à l’intelligence.

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  • J'ai fermé le livre les larmes aux yeux..enfin pas tout à fait.. c'était la page 522.. après les mots des deux jeunes Tchécoslovaques, si vrais, si neufs et si justes.
    Je l'avais ouvert quatre jours auparavant, pleine d'espoir et d’attente et même de rêves.
    Ce Monsieur, dont le nom ne...
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    J'ai fermé le livre les larmes aux yeux..enfin pas tout à fait.. c'était la page 522.. après les mots des deux jeunes Tchécoslovaques, si vrais, si neufs et si justes.
    Je l'avais ouvert quatre jours auparavant, pleine d'espoir et d’attente et même de rêves.
    Ce Monsieur, dont le nom ne m’était pas inconnu mais pas plus connu que cela non plus était l'un des poètes favoris de mon père, fana de littérature surréaliste de la première moitié du XX eme siècle.. Nous avions été élevés à Georges Fourest et sa tribu de l'OULIPO, Queneau etc..
    Les cent premières pages ont pourtant été difficiles, il fallait s'accrocher, même si tous les noms m'étaient connus et qu'il m'a plu de les re-connaitre : à partir de la deuxième partie , tout a été plus simple, nous étions davantage dans le roman que dans le document, nous commencions à approfondir les personnages, Robert Desnos d'abord, Youki ensuite, Fraenkel aussi, l'histoire prenait forme.
    Et quelle histoire, la grande surtout, celle qui contient les événements marquants, la montée des fascismes, la culture et la contre culture la vie des petits et des grands, les mondes qui se choquent.. les nazis, les pro nazis et les résistants, les français de base, et le passage de rebelle à résistant de fait.
    A plusieurs reprises j'ai noté des phrases qui me paraissaient d'actualité, d'une actualité brûlante, celle des crises de société et les crises politiques, les périodes charnières, la guerre d’Espagne, tournant capital..juste quand la Catalogne vote son indépendance..
    Mais j'ai surtout lu et relu les citations de Desnos lui même, posant et reprenant le livre, vérifiant s'il était possible de se procurer tel ou tel poème et dans quel recueil.. Franchement nous aurons du travail de suite après ce prix !!! Tout relire..tout Desnos, Breton. de triste mémoire pour moi.. je n'ai jamais pu finir «  Nadja » et regarder JL Barrault d'un autre œil.. remarquez, on ne le voit pas si souvent maintenant !!
    Tous ces «  gens » qui sont mes copains de vie et qui le resteront à jamais c'est sûr !!
    Comment terminer sans parler de cette merveilleuse histoire d'amour entre Youki et lui, lui sans cesse rejeté et toujours présent.. au-delà de la mort même puisqu'il la connaissait si bien qu'il savait d'avance qu'elle réagirait comme il l'avait prévu !!

    Quel homme, quelle vie, et quelle mort !

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  • Le roman de Desnos et de Youki, le roman de toute une époque... On y croise d'autres poètes, d'autres surréalistes - dont le pape, Breton fidèle à sa légende d'intransigeance qui excommunie à tour de bras tous ceux qui osent s'affranchir de sa tutelle - les nuits de Paris aussi, les peintres et...
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    Le roman de Desnos et de Youki, le roman de toute une époque... On y croise d'autres poètes, d'autres surréalistes - dont le pape, Breton fidèle à sa légende d'intransigeance qui excommunie à tour de bras tous ceux qui osent s'affranchir de sa tutelle - les nuits de Paris aussi, les peintres et les journalistes, Jean-Louis Barrault... C'est toute une époque que l'on revit avec le poète épris de rêve et de liberté. On tourne les pages appréhendant la fin que l'on connaît, mais si Desnos a eu le courage de s'engager dans la Résistance, ne doit-on pas aller jusqu'au bout de cette histoire dans laquelle on s'est engagée soi-même? On en sort difficilement mais on se précipite sur la poésie de Desnos que Gaëlle Nohant saupoudre généreusement à l'intérieur du roman. Mais on en veut encore...

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  • Dans "Légende d'un dormeur éveillé", Gaëlle Nohant redonne vie au poète Robert Desnos. Elle emprunte ses pas, épouse ses amours, défend avec passion ses combats, écrit avec sa plume, ne fait qu'un avec "ce passant invisible, cette pellicule que tout impressionne."

    Elle rédige même, par la...
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    Dans "Légende d'un dormeur éveillé", Gaëlle Nohant redonne vie au poète Robert Desnos. Elle emprunte ses pas, épouse ses amours, défend avec passion ses combats, écrit avec sa plume, ne fait qu'un avec "ce passant invisible, cette pellicule que tout impressionne."

    Elle rédige même, par la voix des proches de l'artiste, son manifeste : "Robert n'entend pas limiter la poésie a un seul support. Pour lui, l'écriture est ce territoire mouvant qui doit se réinventer sans cesse, demeurer une insurrection permanente, une fontaine de lave, ses corps joints dans la danse ou l'amour, une voix qui descellé les pierres tombales et proclame que la mort n'existe pas, une expérience sensorielle."

    Au fil des pages, elle fait siens ses amis, les connaît intimement et les ressuscite un à un. Antonin Artaud au "visage de dieu grec où brûlent des yeux de prophète libertaire", Jean-Louis Barrault "un être mythologique, visage d'elfe et corps de centaure et dont les yeux semblent avoir capturé le feu d'une terre très lointaine". Sans oublier Prévert, Eluard et d'autres plus anonymes.

    Elle arpente le Paris de Desnos, habité de "gens épatants qui donnent envie de tout casser, d'envoyer bouler la banalité pour révéler le miracle, le merveilleux" comme le décrit Youki Foujita, celle qui partagea les dernières années de sa vie. Son récit fourmille de détails, des lieux emblématiques de l'époque comme La Coupole, le bal nègre ou le Bricktop jusqu'aux modèles de voitures : la Delage de Youki ou La Voisin de Man Ray. L'immersion est complète.

    Elle restitue aussi la fascination de Desnos pour les femmes et emprunte les images poétiques et érotiques qu'elles lui ont inspirées : Yvonne l'étoile de mer, Youki la Sirène ou Anais Nin "qui se tient au milieu des hommes avec la majesté d'une reine des abeilles."

    Au point de se glisser dans la peau de Youki pour décrire par le menu, la fin de Desnos, son arrestation par la Gestapo, sa déportation et sa fin tragique. La déclaration d'amour finale n'est autre que celle de Gaëlle Nohant.

    L'écrivaine ne fait pas que rendre souffle et vie à l'homme de lettres, elle le fait entrer au Panthéon des Grands Hommes.

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