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Le ventre des hommes

Couverture du livre « Le ventre des hommes » de Samira El Ayachi aux éditions Editions De L'aube
Résumé:

A A'Samar. J'aime la nuit. D'ailleurs c'est la nuit que je suis née. C'était un samedi. On s'en souvient tous. Le problème avec la Nuit. C'est que la Nuit y a personne pour emmener maman à l'hôpital. Parce que papa est à la mine, au travail de nuit". Le soir tombe sur les corons du nord de la... Voir plus

A A'Samar. J'aime la nuit. D'ailleurs c'est la nuit que je suis née. C'était un samedi. On s'en souvient tous. Le problème avec la Nuit. C'est que la Nuit y a personne pour emmener maman à l'hôpital. Parce que papa est à la mine, au travail de nuit". Le soir tombe sur les corons du nord de la France, et une fratrie se presse devant l'écran de télévision. Soudain apparaît le visage attendu ? : celui du père.
Qu'y raconte-t-il ? A l'époque, personne ne s'en soucie vraiment. Ce n'est qu'une fois adulte qu'Hannah, devenue enseignante et aux prises avec les règles imposées, découvrira l'histoire incroyable de son père et d'un groupe d'hommes venus du sud du Maroc pour travailler dans les mines de charbon.

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Articles (1)

Avis (9)

  • On a souvent parlé du ventre des femmes, sujet de beaucoup de convoitises, de beaucoup de fantasmes, c'est en quelque sorte l'origine du monde. le ventre des hommes, par contre... C'est pourtant ce que va nous raconter Hannah, le ventre de ces hommes, ces mineurs de fond, venus d'ailleurs pour...
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    On a souvent parlé du ventre des femmes, sujet de beaucoup de convoitises, de beaucoup de fantasmes, c'est en quelque sorte l'origine du monde. le ventre des hommes, par contre... C'est pourtant ce que va nous raconter Hannah, le ventre de ces hommes, ces mineurs de fond, venus d'ailleurs pour la plupart, pour faire un travail dur, pénible, dangereux. Ce sera surtout l'occasion d'évoquer son père, Marocain, venu en France pour travailler, pour améliorer sa vie, et surtout celle de ses enfants (la narratrice "réussira" d'ailleurs très bien comme on dit, elle, la fille d'immigré qui deviendra professeure de français - un cliché?), lui, le mineur de fond marocain qui n'a pas le même statut que les autres et qui peut être renvoyé au pays du jour au lendemain. Il va se battre, montrer ce qu'il a dans le ventre, justement.

    Je ne souhaite pas en dire davantage sur ce roman, préférant laisser le lecteur le découvrir au fur et à mesure. J'avoue aussi que j'aurais beaucoup de mal à résumer davantage ce livre, ne sachant pas trop où il se situe entre la fiction pure, le témoignage (personnel? historique?), la démonstration. L'autrice part d'elle, de sa vie, de ses souvenirs dans le bassin miniers du Nord, ces fameux corons dont Pierre Bachelet parle si bien.

    Je suis moi-même une fille du Nord (même si j'ai grandi à Lille, la "grande ville", la capitale des Flandres, assez loin donc des bassins miniers dont il est question ici, même si, à vol d'oiseau, la distance est courte), et j'ai à peu près l'âge de l'autrice et de la narratrice, à une année près. Donc, oui, ses souvenirs d'enfant, de petite fille, je m'y suis retrouvée, les enfances n'étant finalement pas forcément très différentes les unes des autres (ou en tout cas les souvenirs que nous en gardons à l'âge adulte), et j'ai beaucoup aimé cette partie, l'impression de me redécouvrir en quelque sorte. En gros, j'ai beaucoup aimé l'évocation du passé, des souvenirs, notamment le regard tendre qu'elle porte sur son père dont elle ne connaissait pas tout, notamment son parcours de (com)battant, et surtout très différent de l'homme fruste et illettré que chacun pourrait imaginer.

    J'ai beaucoup moins aimé en revanche les incursions dans le présent, ne comprenant pas du tout où voulait en venir l'autrice, j'ai trouvé son procédé d'accroche grossier, même si plutôt malin et intelligent car on a envie de savoir la raison du pourquoi et du comment. Et quand on connaît le fin mot de l'histoire, on se dit (je me suis dit) "ah oui, tout ça pour ça, vraiment?", ce qui fait que je suis sortie de ma lecture assez mitigée et confuse.

    Il en va de même pour l'écriture, j'ai été très partagée tout au long de ma lecture entre une grande confusion et des fulgurances incroyables qui m'ont presque tordu le ventre et fait monter la larme à l'oeil. J'ai trouvé qu'il y avait parfois beaucoup de poésie dans ce texte, mélangée avec une prose proche de l'oralité, ce qui m'a gênée pour l'appréciation générale du livre.

    En résumé, j'ai trouvé qu'il y avait de très bonnes choses dans ce roman, un hymne à l'éducation, aux livres (le choix de la narratrice d'enseigner en primaire, là où tout commence, m'a beaucoup plu par exemple), l'amour des autres, de son aîné comme de son prochain, la transmission, le devoir de mémoire (avec des archives insérées dans l'ouvrage qui font rire jaune ou font froid dans le dos), une écriture parfois couillue,... mais aussi de plus mauvaises qui m'ont freinée dans mon plaisir de lecture. Au final, je sors assez perplexe mais je pense qu'il peut trouver son public. Je vous ai bien aidés, hein? A chacun de se faire son avis, ce n'est que modestement le mien.

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  • Lens, Méricourt, Oignies, Liévin... ces noms de villes qui résonnent dans chaque ch'ti coeur mais qu'on n'imagine pas retrouver dans un livre, et pourtant, Samira El Ayachi l'a fait et pas pour les dénigrer, au contraire, pour les assumer et les célébrer.

    En effet, "Le ventre des hommes" est...
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    Lens, Méricourt, Oignies, Liévin... ces noms de villes qui résonnent dans chaque ch'ti coeur mais qu'on n'imagine pas retrouver dans un livre, et pourtant, Samira El Ayachi l'a fait et pas pour les dénigrer, au contraire, pour les assumer et les célébrer.

    En effet, "Le ventre des hommes" est un roman qui met en scène une jeune femme, professeure dans l'éducation nationale, qu'on vient arrêter dans son école.

    Qu'a-t-elle fait? On l'ignore de prime abord mais cette garde-à-vue sera l'occasion pour elle de se plonger dans les méandres de ses souvenirs et de réfléchir aux étapes de sa vie qui ont forgé sa personnalité, son identité. Et justement, cette identité est intimement liée à ce dont elle a tout fait pour s'émanciper, pour "échapper" aux corons dans lesquels elle a grandi.

    Ce roman est intense et a beaucoup résonné en moi. Le personnage d'Hannah me renvoyait tantôt mon reflet, tantôt celui de certains visages familiers. Il constitue à mon sens un ouvrage-témoignage tant il crie de vérité.
    Que ce soit sur l'héritage des mineurs, la vie dans les corons, la vie des immigrés qu'on a fait venir pour travailler puis qu'on a dénigrés, l'image céleste que représentait l'Ecole pour ces familles et ce qu'elle est en réalité une fois la barrière franchie, ou encore les relations parentales, tout me semble juste.

    En lisant ce roman, j'ai eu la nette impression que l'auteure se livrait complétement ou du moins qu'elle se faisait le porte-parole de toute une génération d'enfants élevée dans la honte des corons, de ses origines minières, une génération prête à tout pour sortir de cet environnement dévalorisé, dévalué alors qu'en réalité il constitue sa plus grande richesse, inutile donc de renier ses origines.

    Avec le "Ventre des hommes" on a donc envie d'être fier de ses origines, d'être des enfants d'immigrés, des petits-enfants de mineurs et on garde en tête qu'aussi basses soient-elles, ce sont nos origines qui nous élèvent.

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  • Une jeune enseignante issue de l'immigration, Hannah, se retrouve en garde-à-vue sans que l'on sache, avant la fin du récit, les raisons de son arrestation. Elle profite des interrogatoires pour se remémorer son enfance et la vie de son père. Ce roman est centré essentiellement sur la...
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    Une jeune enseignante issue de l'immigration, Hannah, se retrouve en garde-à-vue sans que l'on sache, avant la fin du récit, les raisons de son arrestation. Elle profite des interrogatoires pour se remémorer son enfance et la vie de son père. Ce roman est centré essentiellement sur la narratrice, et son père.
    Comme tant d'autres avant eux, de jeunes marocains ont été recrutés pour venir extraire du charbon dans les mines du Nord de la France. Dans les années 1970 on savait bien que l'extraction minière allait s’arrêter mais eux, les travailleurs marocains, ne le savaient pas. Généralement incultes, ils étaient venus pour sortir de la misère et n'étaient pas conscients qu'ils n'avaient pas le même statut que les autres mineurs. Leurs contrats étaient précaires et aucun regroupement familial n'était prévu. Abandonnés par le gouvernement français comme par le gouvernement marocain, mais solidaires, il leur a fallu se battre pour obtenir des droits et rester en France.
    Samira El Ayachi connaît bien le milieu qu'elle décrit. Issue d'une famille d'origine marocaine, elle est née dans une région minière et y a passé sa jeunesse. J'ai bien aimé la voix d'Hannah enfant, elle me paraît très juste. Une fois adulte j'ai été moins intéressée par la première de classe qui a su profiter de l'enseignement pour s'extirper du monde de la mine. Ça aurait pu être un beau parcours d'émancipation féminine mais les combats du père l'ont trop marquée et elle cache une colère que je n'ai pas bien comprise. J'ai regretté qu'elle ne parle pas du parcours des autres membres de la fratrie. La mère, quant-à-elle, est tout à fait effacée.
    J'ai trouvé le récit un peu répétitif et fouillis. L'écriture est simple, avec quelques lourdeurs, c'est souvent du langage parlé. Le père ne s'exprime pas dans un bon français, utilisant un mélange de ch'ti et de berbère et c'est normal. Pour le reste du texte ça aurait pu être plus soutenu.
    Ce récit émouvant est un bel hommage aux Marocains venus travailler dans nos mines. Je l'ai considéré comme un documentaire bien que ce soit un roman. Pour moi, c'est aussi un hommage au père qui a laissé sa fille libre de ses choix. Il est dommage qu'elle n'ait pu dépasser sa colère.
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2021/09/06/le-ventre-des-hommes-de-samira-el-ayachi/

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  • ’ai adoré le lire, le vivre, c’est un délicieux bouillon de lutte, de résistance, de faits historiques mais aussi de famille, de solidarité, de racine, d’amour de reconnaissance, que j’ai passionnément dévorée.



    Lundi 14 novembre 2016, la police fait une interruption dans une école...
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    ’ai adoré le lire, le vivre, c’est un délicieux bouillon de lutte, de résistance, de faits historiques mais aussi de famille, de solidarité, de racine, d’amour de reconnaissance, que j’ai passionnément dévorée.



    Lundi 14 novembre 2016, la police fait une interruption dans une école primaire où une jeune enseignante d’origine maghrébine est mise en garde à vue. (On ne saura le chef d’inculpation qu’à la fin de livre)

    Lors de cette garde à vue et pendant son audition ;Hannah professeur des écoles franco-marocaine fille de Mohamed ancien mineur au Pas-de-Calais ; se fait submerger par des souvenirs ,elle se voit jeune enfant de 5 ans dans leur petite baraque dans les corons, « Dans la maison des mines, on est tellement les uns sur les autres que la maison des mines n'en peut plus. » au sein d’une famille nombreuse parmi d’autres familles de mineurs marocains , ces mineurs ,ces exilés économiques à qui l’auteure et le narratrice rendent hommage par un récit historique et chronologique de leur longue et hardie lutte pour prévaloir leurs droits , malheureusement méconnue et oubliés par la grande et glorieuse histoire économique de la France .

    Ces mineurs marocains, recrutés dans les années 60 et invités à rentrer chez eux aux fermetures des mines « on était là comme un point, pour faire la transition » et qu’ont reçu comme guise de remerciement et de reconnaissance une aide financière pour le retour au pays. Un pays qu’ils ont fuie fuir la misère économique, la sécheresse pour se retrouver dans une autre misère « nous n’étions pas majeurs, nous étions des lettres et des vies minuscules »

    Le ventre des hommes englobe aussi de nombreux thèmes que l’auteure a mis un point d’honneur à développer ; les efforts de ces enfants d’immigrés à s’intégrer grâce à l’éducation et au savoir , de ne pas être " la bête enfant d'analphabètes" ,les solidarités entres ces travailleurs qui ont contribué au développement d’un pays et qui se retrouve au marge de ce dernier, ces âmes bienveillantes (enseignant , voisine …)qui ont guidés ces enfants vers un avenir loin de des corons mais aussi ces femmes et ces mamans que le regards extérieure voyaient comme soumises et faibles l’auteure leur rend leur dignité en relatant leurs difficultés au quotidien dans une sociétés loin de de leurs mœurs ,la barrière de la langue mais aussi ce courage et cette force de lutter pour leurs foyers et leurs enfants « choisir de rester en France quand personne ne veut de nous et de nos enfants …..C’est à ce moment-là que nos femmes étaient courageuses .nos femmes, elles voulaient rester en France, elles nous ont demandé de nous lever et de nous battre ».

    Je m’arrête et je vous laisse le plaisir de découvrir ce roman plein de tendresse, de courage, d’amour.

    Le ventre des hommes, oui c’est une déclaration d’amour et de reconnaissance à ces mineurs marocains mais aussi une déclaration d’un petit cafard et apaches à son père. (Comme Mohamed aimait appeler ses enfants)

    « Mon père, un homme de la terre, de toutes les terres, en dessous, au-dessus, la terre, il sait que, elle qui le nourrit, elle qui le mangera. C’est elle le ventre des hommes ».

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  • 2016, des parents, des enfants, des curieux, dont les yeux se fixent sur Hannah institutrice qui vient d'être arrêtée par la police, dans sa salle de classe. Pendant son audition au commissariat elle se souvient.

    Retour en 1987, dans le Pas-de-Calais, Hannah a cinq ou six ans, sa famille...
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    2016, des parents, des enfants, des curieux, dont les yeux se fixent sur Hannah institutrice qui vient d'être arrêtée par la police, dans sa salle de classe. Pendant son audition au commissariat elle se souvient.

    Retour en 1987, dans le Pas-de-Calais, Hannah a cinq ou six ans, sa famille habite dans une petite maison des mines. Les bacs en zinc, les toilettes à l'extérieur, le poêle à charbon. Les corons, la solidarité, l'intimité partagée. Madame Vache l'institutrice et la découverte de la langue française. La mine qui tire sa révérence, la dernière remontée des mineurs.

    L'attrait de la télévision, le collège et le temps des copines, la surveillance incessante du père. L'Amérique, le lieu du rêve de tous les possibles. L'horreur du monde, la guerre en Irak à la télévision comme un grand jeu vidéo avec ses frappes chirurgicales et ses dommages collatéraux dans la population civile. Elle ne comprend rien aux dingueries du monde adulte.

    La terminale et la découverte de la philosophie, une science où l'on aime se poser des questions sans fond. La petite fille qui ne se reconnaît plus dans le corps de la femme qu'elle devient. Les études supérieures, la grande ville, elle découvre que tout le monde n'est pas comme elle, elle a honte de sa provenance, elle a mal à sa famille.

    Et puis un jour, elle lit Germinal et quelque chose se passe.

    Le père qui a quitté la terre sèche et brûlante de son village, la femme qu'il vient d'épouser, son enfant qui vient de naître, il a tout quitté, pour creuser un trou dans une mine. Les mots du père retranscrits tels quels dans un cahier pour expliquer l'histoire de trois mille Marocains envoyés dans les mines du Nord de la France avec la complicité du roi Hassan II et jetés comme des pommes pourries à la fermeture des puits. Des hommes déracinés, traités comme des bêtes, le corps et le coeur déchirés en deux parties.

    Une ode à la diversité de la langue française, aux bibliothèques, à la magie des livres. L'admiration d'une fille pour le combat de son père pour faire reconnaître ses droits par la France. Une réflexion sur la désobéissance, sur le métier d'enseignant, sur la montée de l'islamisme et de l'extrême droite sur fond d'attentats terroristes et de la peur qui s'installe dans le pays. Sur le bonheur de ne rien posséder.

    Quelques fac-similés de documents d'époques éclairent le propos, le dernier, de la direction du personnel des houillères, intitulé « conseils à la maîtrise concernant le comportement envers les ouvriers nord-africains » termine ce roman social et engagé, résolument ancré dans notre société, porté par une écriture vivante, militante et émouvante.

    Un merci infini aux éditions de L'Aube et à Babelio de m'avoir permis de lire ce grand roman en avant-première.

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  • Hannah, enseignante, est arrêtée dans sa classe, devant ses élèves.

    Aux policiers qui l’interrogent, elle tente de livrer son histoire pour justifier ce qui l’a amenée à agir comme elle l’a fait.

    Son enfance, fille de marocains, dans une cité minière. Son désir depuis toujours d’enseigner....
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    Hannah, enseignante, est arrêtée dans sa classe, devant ses élèves.

    Aux policiers qui l’interrogent, elle tente de livrer son histoire pour justifier ce qui l’a amenée à agir comme elle l’a fait.

    Son enfance, fille de marocains, dans une cité minière. Son désir depuis toujours d’enseigner. La découverte de sa singularité. Et son père, dont elle découvre après bien des années tout un pan de l’homme qu’il a été.

    Un très beau roman sur une part méconnue de notre histoire de France et, plus généralement, sur l’enfance et la féminité.

    À lire au pied d’un terril.

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  • Chronique du livre !

    Mohand, Jawad, Zyneb, Louisa et… Hanna la narratrice sont les cinq membres d’une fratrie que ce roman d’apprentissage nous fait découvrir. Tout se passe dans le Nord. Dans cette famille marocaine d’origine, le père, Mohammed Khatib, est mineur et la maman est au foyer....
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    Chronique du livre !

    Mohand, Jawad, Zyneb, Louisa et… Hanna la narratrice sont les cinq membres d’une fratrie que ce roman d’apprentissage nous fait découvrir. Tout se passe dans le Nord. Dans cette famille marocaine d’origine, le père, Mohammed Khatib, est mineur et la maman est au foyer.
    Hannah nous plonge fin des années 80 dans le quotidien d’une famille qui doit s’inventer un avenir au gré des heures paternelles à la mine. C’est rondement mené dans un style allant et souple, joyeux et ironique. La relation père-fille est centrale (« l’Œdipe à fond les ballons » p 79) depuis la toute jeune enfance.
    Une incise de début de roman : 2016, pour un motif encore ignoré du lecteur, la DGSI -rien de moins !- vient arrêter Hannah dans l’école primaire où elle enseigne.
    Hannah adulte est devenue professeure de français puis professeure des écoles, elle nous parle de son enfance, déjà folle de la langue et de son amour des mots, elle oscille entre le berbère familial, le français, le polonais ou l’italien des amis et… le picard local, avec des escales essentielles à la bibliothèque (fuir ce Zola sinistre et adorer l’Amérique).
    La famille quitte la cité minière pour une maison plus grande, le père avec la fermeture de la mine, perd son emploi. L’adolescence ouvre des yeux et en ferme d’autres. L’avenir va réserver à cette famille exilée bien des soubresauts, des fracas et plus tard, c’est ce passé qui dicte à Hannah sa quête de justice et la nourrit pour défendre les droits fondamentaux ou lutter contre l’injustice sociale.
    Quitte à ce que son couple avec Nils, père du jeune Soan qu’elle considère comme son quasi fils, fasse naufrage, quitte également à remettre en question le bien-fondé d’être enseignante dans une institution républicaine qui la déconsidère…
    Sans divulgâcher le roman, il y a un parallèle poignant entre la destinée d’Hannah et celui de son père, la fille apprend à découvrir les pages méconnues du passé paternel et comprend l’héritage qui lui revient.
    On plonge dans l’histoire de ces travailleurs de mines marocains, victimes d’injustices connues jusqu’au plus haut sommet de l’Etat mais dont aujourd’hui on connaît peu l’incroyable parcours. Pour donner sens à ce quotidien-là, Samira el Ayachi glisse judicieusement des archives brutes au cours du livre. Ces hommes du sud du Maroc arrivent, en France dans le Nord, pour travailler dans les mines de charbon. Il s’avère qu’ils n’ont pas forcément quitté leurs villages afin de dénicher un emploi mais déjà plutôt car le Sud Marocain est en proie aux premières conséquences de la sécheresse, on dirait aujourd’hui que ce sont les premiers exilés climatiques.
    Un ton et une humanité qui poussent irrésistiblement jusqu’aux 352 pages ! Cette smala-là ne m’a pas laissé indifférent, découvrant certes beaucoup de sombre mais aussi beaucoup de lumière dans ce peuple-là, exilé ou né dans cette région de Lens !
    Hannah, bienvenue, tu fais désormais partie de ma famille à livres, oui, bienvenue à toi. Et accepte que je te garde en mémoire, forte image combattante, tutoyant deux univers culturels, mille langues, séduite par la littérature, en un mot, résistante d’aujourd’hui qui force le respect !

    Escale à la page 100 sur 352
    Mohand, Jawad, Zyneb, Louisa et… Hanna la narratrice sont les cinq membres d’une fratrie que le début de ce roman d’apprentissage nous fait découvrir. Tout se passe dans le Nord. Dans cette famille marocaine d’origine, le père, Mohammed Khatib, est mineur et la maman est au foyer.
    Hannah nous plonge fin des années 80 dans le quotidien d’une famille qui doit s’inventer un avenir au gré des heures paternelles à la mine. C’est rondement mené dans un style allant et souple, joyeux et ironique. La relation père-fille est centrale (« l’Œdipe à fond les ballons » p 79) depuis la toute jeune enfance.
    Une incise de début de roman, 2016 : pour un motif encore ignoré du lecteur, la DGSI vient arrêter Hannah dans son établissement scolaire.
    Hannah adulte est devenue professeur de français, elle nous parle de son enfance déjà folle de la langue et de son amour des mots, elle oscille entre le berbère familial et le français, avec des escales essentielles à la bibliothèque (fuir ce Zola sinistre et adorer l’Amérique).
    La famille quitte la cité minière pour une maison plus grande, le père avec la fermeture de la mine, perd son emploi. L’adolescence ouvre des yeux et en ferme d’autres.
    Un ton et une humanité qui poussent irrésistiblement au-delà de la page 100, c’est avéré !

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  • LES EXPLORATEURS DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2021

    C’est une totale découverte pour moi, je ne connaissais pas du tout l'autrice avant de commencer ce livre. Tout commence en 2016, Hannah est professeure des écoles et est arrêtée par les services de la DGSI. Nous, lecteurs, ne connaissons pas le...
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    LES EXPLORATEURS DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2021

    C’est une totale découverte pour moi, je ne connaissais pas du tout l'autrice avant de commencer ce livre. Tout commence en 2016, Hannah est professeure des écoles et est arrêtée par les services de la DGSI. Nous, lecteurs, ne connaissons pas le motif. On va donc suivre la jeune femme pendant son interrogatoire, elle va remonter dans ses souvenirs et raconter son enfance. Son père est d’origine marocaine, est venu en France pour travailler dans les mines de charbon du Nord, fera venir sa femme et ses enfants par la suite. On suit ainsi Hannah dans sa vie d'enfant, puis d'adolescente, qui ne comprend pas toujours les agissements de son père. Elle va le découvrir une fois adulte, grâce à des enregistrements et des écrits. Elle va ainsi comprendre qui il est, ce qu'il a vécu en arrivant dans le Nord de la France, son travail dans la mine, les grèves, le chômage. Elle va découvrir un pan insoupçonné de son histoire familiale.
    Tout comme moi lectrice. L'autrice lève un voile sur une partie de l'histoire que je ne connaissais pas. Je connais les corons, la pénibilité du travail des mineurs, les terrils, je savais que les dirigeants avaient fait venir des hommes d'autres pays pour leur proposer des contrats de travail, par contre, je ne savais pas à quel point ces Marocains ont été maltraités, laissés, avec aucun droit. Je ne vais pas trop vous en révéler, mais les agissements de ces dirigeants Français m'ont écœurée. Et ce roman a le mérite d’enfin dire la vérité sur ce qu'ont vécu ces hommes. Leurs conditions de travail sont déjà rudes, mais, en plus, ils ont été traités de façon très inhumaine.

    Samira El Ayachi a étayé l’histoire d’Hannah avec des documents d'époque, où l'on peut lire les revendications de ces hommes ou ce qui leur est imposé. Cela fait se rendre compte que tout ce récit est réel et que ces faits ont existé et c’est encore plus glaçant. En plus, c’est assez récent dans notre Histoire, cela s'est passé dans les années 60 jusqu’à la fin 80. Je n’étais encore qu'une enfant, sans doute du même âge que la narratrice, et c’est terrifiant de savoir ce qu'a vécu son père.

    L'autrice raconte tout cela avec beaucoup de franchise, pas de fards, pas de non-dits, elle parle de tout. Et avec un style incisif et à la fois poétique, elle parle de la famille en général d'une très belle façon. Elle a même rajouté de l'humour à certains faits ou propos, ce qui allège parfois une situation plus lourde. Elle a su se remettre à la place d'un enfant, la vision sur le monde change avec lui lorsqu’il grandit. Il n'y a vraiment rien à dire sur son style. La narration est à la première personne du singulier, c’est la forme narrative à laquelle je suis la plus sensible. Elle me permet de rentrer dans la tête du personnage principal et m'aide à ressentir la moindre de ses émotions. Ici, je me suis donc mélangée à Hannah, j’ai pu vivre son histoire et celle de son père à travers elle, et les émotions ont été encore plus décuplées. Je me suis donc très vite attachée à elle, et je l’ai suivie avec grand intérêt.
    Le style des phrases est parfois hachée. Elles sont parfois coupées en plein milieu par un point pour être continuées juste après. Parfois, elles sont courtes ou plus longues. J'ai trouvé que cela donnait beaucoup d’intensité et de rythme à la lecture.

    Ce roman ne peut pas laisser indifférent. Les réflexions sur notre société sont profondes, et il est bon de faire la lumière sur des faits historiques que l’on cache encore, sûrement par honte. Il serait bon de présenter des excuses à ces Marocains qui sont venus plein d'espoir en France. Ce livre véhicule plein de belles valeurs sur la famille, l'amour filial, le respect de l'autre. L'autrice parle avec beaucoup de justesse de l'immigration, des conditions de travail, de l’héritage. Des messages sur la vie indispensables et très beaux.

    J'ai lu ce roman avec beaucoup d’intérêt. La fluidité fait que les pages défilaient facilement. J'ai aussi aimé la construction du livre. Il n'y a pas de chapitres, il est divisé en parties qui ont des noms de rues et correspondent aux différents endroits où à habité la famille d'Hannah. J’ai trouvé cette façon de faire originale. L'addiction est renforcée par cette sorte de suspense autour des raisons de l'arrestation d'Hannah, qu'on ne connaîtra qu'à la fin.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, et je vous le conseille vivement. L'autrice parle beaucoup de Germinal de Emile Zola, je trouve pour ma part, que son roman est un Germinal des temps modernes. Et je vous conseille de découvrir un pan de notre Histoire trop méconnu et qui mérite pourtant toute sa place.
    Je vais suivre Samira El Ayachi de près, elle a écrit un autre roman, Les femmes sont occupées que j'aimerais beaucoup découvrir.
    Je la remercie pour ce très bon moment de lecture ainsi que Lecteurs.com qui m'a permis de la découvrir.


    AVIS DE LA PAGE 100 - Les Explorateurs de la rentrée littéraire 2021

    Je suis très vite rentrée dans ce livre, je me suis laissée embarquer dès les premières lignes. La plume de l'autrice est incisive et moderne, elle raconte sans fards la réalité de cette famille marocaine, installée dans le Nord de la France et dont le père travaille à la mine de charbon. On suit cette famille à travers les yeux de la fille, Hannah, la narratrice. Arrivée à la page 100, on est au moment de l'adolescence et de tous ses bouleversements.
    Je suis agréablement surprise et j'ai hâte de continuer à découvrir Hannah et sa famille, car je sens que cela risque de devenir de plus en plus mouvementé. Le livre est découpé selon le nom des rues où Hannah a habité, j'ai trouvé ce détail original.

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