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Le sel de tous les oublis

Couverture du livre « Le sel de tous les oublis » de Yasmina Khadra aux éditions Julliard
  • Date de parution :
  • Editeur : Julliard
  • EAN : 9782260054535
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Lorsqu'une femme claque la porte et s'en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l'apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l'instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de... Voir plus

Lorsqu'une femme claque la porte et s'en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l'apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l'instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l'errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d'affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d'esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu'au jour où il est rattrapé par ses vieux démons.
À travers les pérégrinations d'un antihéros mélancolique, flanqué d'une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu'occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

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Avis (8)

  • Yasmina Khadra nous livre ici un roman tout en profondeur sur le destin d'un homme, Adem, qui après avoir été quitté par sa femme, fait encore assez mal perçu dans certaines éducations, il va tout quitter pour errer seul et changer complètement de vie.
    Sur la route de son errance il va être...
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    Yasmina Khadra nous livre ici un roman tout en profondeur sur le destin d'un homme, Adem, qui après avoir été quitté par sa femme, fait encore assez mal perçu dans certaines éducations, il va tout quitter pour errer seul et changer complètement de vie.
    Sur la route de son errance il va être confronté à plusieurs difficultés et diverses rencontres vont jalonner son chemin dont certaines qui lui laisseront un gout amer et d'autres qui tant bien que mal tenterons de le guider et d'essayer de panser ses blessures.
    Au fil de son périple Adem deviendra aigri, insociable, coléreux et taciturne, ce qui n'arrangera en rien la poursuite de son changement de vie.
    Une rencontre en emmène une autre, jusqu'à celle qui décidera envers et contre tout de son destin.
    Un roman d'émotions, de voyage et d'humanité mais qui me laisse un sentiment d'inaccompli.

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  • En couverture, derrière un voile taché de couleurs froides, se profilent les spectres de don Quichotte et de Sancho Pança. Bien peu de ressemblances entre ces héros et Adem, si ce n’est un brin de folie mais là encore, folie utopiste pour Dom Quichotte épris de Dulcinée, contre la folie...
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    En couverture, derrière un voile taché de couleurs froides, se profilent les spectres de don Quichotte et de Sancho Pança. Bien peu de ressemblances entre ces héros et Adem, si ce n’est un brin de folie mais là encore, folie utopiste pour Dom Quichotte épris de Dulcinée, contre la folie mélancolique de Adem qui a bien compris le non-retour de Dalal.

    « Adem ne voyait pas ce qu’il était possible de réparer. Il est des turpitudes que l’on ne soupçonne pas, des faillites que l’on ne surmonte pas, des prières aussi atroces que les peines perdues. Sa femme venait de le quitter, aucun recours ne semblait en mesure de l’en dissuader ».

    Fuir face à la blessure, abandonner son métier d’instituteur, brûler les souvenirs des jours heureux, se retrouver face à sa solitude au cœur de Blida, la ville où ils s’étaient rencontrés, et décider de se livrer à l’appel des grands espaces : ainsi commence la longue trajectoire de Adem Gaït Gacem. Nous sommes en Algérie, au lendemain de l’ indépendance.

    Aux premières pages, peu de signes n’aiguisaient mon appétit de lectrice admiratrice des ouvrages de Yasmina Khadra. La fin d’une histoire d’un couple rattrapé par l’habitude, un homme désormais sans repère, déshumanisé tel l’ermite incapable de relations sociales. C’est dans une longue déambulation poétique, parfois violente que l’auteur compose une ambiance où se révèlent des sentiments de bienveillance et d’espoir, où il décrit des décors apaisants percutés par les aspérités d’une nature non exemptes des traces d’un passé encore brûlant.

    De cet univers émergent des personnages atypiques, pour la plupart cabossés eux aussi par la vie, pleins d’empathie envers Adem, antipathique voire grossier et ostensiblement figé dans sa position de révolté. De ces êtres, Yasmina Khadra brosse des portraits très beaux et touchants. La présence et l’attitude de Mika, nain passablement handicapé, acteur de toute l’histoire, est remarquable.

    Pourtant, aussi plaisante que soit la lecture, il m’a fallu atteindre la seconde partie du roman pour trouver une accroche plus profonde à l’histoire, là où le conte cède un peu de place à une autre fiction.

    La seconde partie rompt en effet un rythme contemplatif créé par une suite de situations légendaires susceptibles d’apaiser l’homme rebelle. Certes il n’est pas désagréable de se laisser porter par la poésie portée par la plume élégante de l’auteur, mais dans cet opus, les bons sentiments tiennent une place importante.
    Aussi la lecture augmente-t-elle d’intérêt lorsque l’histoire se fond dans les grands problèmes politiques et sociétaux de l’Algérie de 1963 en faisant corps avec l’homme torturé. Ben Bellah est au pouvoir.

    Malgré le style et l’approche psychologique très réussi des personnages , je n’ai pas retrouvé l’originalité de la plupart des romans précédents de Yasmina Khadra. Cependant, « le sel de tous les oublis » trouve sa force dans les cent dernières pages et dans son épilogue surprenant.
    Pour ces raisons et pour l’envie qu’il m’a donnée de me remémorer en documents l’Histoire de la décolonisation, je dirais que ce roman a rempli doubles fonctions : l’évasion et la réflexion. Je vous invite donc vivement à la lecture !

    Et pour garder le ton, petites phrases philosophiques d’un personnage : « La vie est un navire qui ne dispose pas de la marche arrière. Si on n’a pas fait le plein d’amour, c’est la cale sèche garantie au port des soupirs. »

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  • Dalal vient d’annoncer à son mari, Adem Naït-Gacem, qu’elle le quitte. Pour cet instituteur algérien c’est le ciel qui lui tombe sur la tête. Il décide alors de tout quitter, de faire son baluchon et de prendre la route. Nombre d’embûches vont parsemer son chemin mais il va aussi rencontrer...
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    Dalal vient d’annoncer à son mari, Adem Naït-Gacem, qu’elle le quitte. Pour cet instituteur algérien c’est le ciel qui lui tombe sur la tête. Il décide alors de tout quitter, de faire son baluchon et de prendre la route. Nombre d’embûches vont parsemer son chemin mais il va aussi rencontrer plusieurs personnes prêtes à l’accueillir et à l’aider. Une aide qu’il ne cesse de repousser ou en tous les cas pour laquelle il n’exprime aucune gratitude, ancré dans son dégoût de l’humain et dans sa mélancolie.

    Nous sommes en 1963, dans une Algérie qui panse encore les plaies de la guerre et les pérégrinations d’Adem vont aussi le conduire à croiser des personnes qui souffrent des séquelles de cette guerre ou qui ont profité de ces revirements pour prendre le pouvoir. Adem va ainsi affronter la prison, travailler sur des chantiers, redevenir quelques temps instituteur et à chaque fois vivre de nouvelles épreuves.

    Que ce livre est beau mais que cet Adem est antipathique ! Tout au long du livre on attend qu’il soit enfin réceptif à la bonté des gens qui l’aident, qu’il éprouve un peu d’empathie ou qu’il exprime au moins un remerciement. Mais rien. Il s’enfonce dans sa mélancolie et sa misanthropie et ne présente aucun signe de rédemption ou de reconnaissance.

    Yasmina Khadra profite des déplacements de son personnage principal pour dresser un portrait de l’Algérie d’après la guerre, s’interroge sur les rapports humains, expose la condition féminine dans un récit sombre et parfois emprunt d’une certaine violence.

    Ne serait ce personnage profondément égoïste qui finit par nous taper sur les nerfs, ce roman a la faculté de transporter totalement le lecteur.

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  • D’une banale idée d’abandon, d’un amour qui s’est étiolé jusqu’à se désagréger, Yasmina Khadra déroule pour nous un roman bien tortueux.
    Son récit est émaillé de rencontres improbables, enchevêtrées dans des réflexions tantôt historiques, politiques, sociales mais aussi...
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    D’une banale idée d’abandon, d’un amour qui s’est étiolé jusqu’à se désagréger, Yasmina Khadra déroule pour nous un roman bien tortueux.
    Son récit est émaillé de rencontres improbables, enchevêtrées dans des réflexions tantôt historiques, politiques, sociales mais aussi religieuses.
    Néanmoins, un doute demeure, le point de départ de cette histoire est-il finalement si convenu ?
    Est-ce si ordinaire, dans l’Algérie de la décolonisation, qu’une femme, ici Dalal, abandonne son mari, le dit Adem, pour rejoindre un autre homme ? Que la focale soit uniquement placée sur la déshérence de ce mari dont tous les repères ont valsé suite à cette rupture ?
    Cette fiction se voulant bien ancrée dans le réel se transforme très rapidement, trop rapidement au regard de ma sensibilité, en conte philosophique. Même si d’y déceler, au fil des pages, de petits clins d’œil à Candide et Don quichotte, et probablement à d’autres encore qui m’ont échappés, n’a pas été pour me déplaire. Tantôt de façon poétique, tantôt de manière plus pragmatique, nous suivons l’errance de cet homme blasé et misanthrope qui, si je ne m’abuse, pourrait bien être une métaphore de l’Algérie, qui à cause d’elle et malgré elle, est parvenue à retrouver son indépendance.
    Si c’est toujours un bonheur de lire Yasmina Khadra, je suis ressortie moins enthousiaste de cet opus.
    Bien entendu, son écriture est toujours aussi belle, son phrasé demeure fluide, sa langue sans cesse teintée de délicatesse, tout en n’oubliant pas d’être précise est toujours d’une élégance avérée.
    Et pourtant …. Je suis restée hermétique à cette coloration fantastique virant à la fable. A mon goût, ce genre sied moins bien à son style, car si j’apprécie tant cet auteur, c’est précisément pour sa capacité à produire des fictions qui semblent avoir était extraites directement du réel.

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  • Un personnage d'une désespérance entêtée qui se refuse à évoluer...un voyage lent en Algérie où Adem se refuse à toute empathie! une vision de la femme rétrograde mais une errance dans la beauté des mots :un grand écrivain!

    Un personnage d'une désespérance entêtée qui se refuse à évoluer...un voyage lent en Algérie où Adem se refuse à toute empathie! une vision de la femme rétrograde mais une errance dans la beauté des mots :un grand écrivain!

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  • Nous découvrons le personnage d’Adem Naït-Gacem en Algérie dans les années 60 juste à la naissance de l’indépendance. Il est instituteur et brisé car sa femme vient de le quitter alors lui aussi va tout quitter son métier, son quartier, ses amis pour prendre le large et advienne que pourra. Il...
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    Nous découvrons le personnage d’Adem Naït-Gacem en Algérie dans les années 60 juste à la naissance de l’indépendance. Il est instituteur et brisé car sa femme vient de le quitter alors lui aussi va tout quitter son métier, son quartier, ses amis pour prendre le large et advienne que pourra. Il croisera au fil des kilomètres, des figures improbables comme Mika, le nain qui n’en peut plus de sa solitude et d’autres damnés de la terre dont la destinée semble maudite. Pourtant ses rencontres lui sont salutaires car on ne le laisse jamais l’estomac vide ou bien même dormir sans toit. Dans sa besace il emporte un livre et un carnet qui l’accompagnent et le soutiennent. Il semble y avoir des éclaircies dans son chagrin mais à chaque fois, il les repousse pour mieux s’isoler dans son désespoir. Il faut bien dire qu’Adem m’a tapé sur les nerfs à vouloir ne broyer que du noir, à être à ce point asocial en plus il a une opinion des femmes complètement rétrograde. Bref ce n’est pas un personnage sympathique et souvent une petite voix me soufflait qu’après tout on récolte ce que l’on sème. On sent venir le moment où toutes ses désillusions vont devoir laisser la place à autre chose. On peut toujours trouver plus malheureux que soi, la reconstruction, la résilience ne sont pas données à tout le monde. Une nouvelle rencontre sonnera peut-être le glas de cette quête de vérité. N’oublions pas le Don Quichotte de la couverture qui lui s’est battu contre des moulins à vent. Un récit quasi initiatique qui nous emporte sur un chemin ardu mais en même temps nous envoie tout un tas de messages contradictoires et positifs. Une société où l’on sent les espoirs d’une vie nouvelle, l’indépendance tirant un trait sur toutes les tyrannies mais bon le rêve ne fera pas long feu. Un récit toujours aussi bien écrit avec une plume qui fait voyager et des mots souvent poétiques. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2020/09/17/38533631.html

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  • Yasmina Khadra nous offre avec «Le sel de tous les oublis» une version algérienne de «Sur la route» en mettant en scène un instituteur quitté par sa femme et qui décide de fuir son village et son métier d’instituteur.

    Quand Adem Naït Gacem rentre chez lui et découvre la valise préparée par sa...
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    Yasmina Khadra nous offre avec «Le sel de tous les oublis» une version algérienne de «Sur la route» en mettant en scène un instituteur quitté par sa femme et qui décide de fuir son village et son métier d’instituteur.

    Quand Adem Naït Gacem rentre chez lui et découvre la valise préparée par sa Dalal, son épouse, il comprend que sa vie est en train de basculer. Elle en aime un autre et part le rejoindre. Le choc est rude pour l’instituteur qui ne s’imagine pas pouvoir continuer à vivre dans ce village dans l’arrière-pays de Blida. À son tour, il rassemble quelques affaires et s’en va, sans but précis, sans projet, triste et honteux. Ce faisant, il fait pourtant preuve de courage. Car nous sommes en mai 1963, dans une Algérie qui n’a pas fini de panser les plaies de la Guerre et où sévit encore une discrimination forte vis à vis de la femme. À cette époque, la grande majorité des hommes ne comprend d’ailleurs pas sa position, à l’image du charretier qui accepte de le transporter et pour lequel sa décision est totalement incompréhensible.
    Adem va alors tomber de Charybde en Scylla, ne trouvant aucun réconfort auprès de ceux qui vont croiser sa route, même ceux qui lui tendent ostensiblement la main.
    Le garçon de café de Blida aimerait le remettre dans le droit chemin en lui inculquant une philosophie de la vie plus optimiste, mais pour toute réponse il trouvera une misanthropie croissante et un besoin de solitude. Alors il poursuit sa route vers un endroit où il n’aura «pas besoin de sourire lorsqu’il n’en a pas envie, ou de dire bonjour tous les matins à des gens qui l’insupportent ou bien encore de faire confiance à des êtres qui n’en sont pas dignes.» Il est perdu, malheureux et veut être oublié. Sans doute parce qu’il s’oublie lui-même.
    Tout au long de ses pérégrinations, il va se trouver confronté à quelques archétypes de la société de l’époque, ce qui lui permet de dresser un portrait saisissant de l’Algérie postindépendance. Un épicier, le directeur de centre psychiatrique dans lequel il finit par atterrir et avec lequel il parle littérature, un militaire, Mika, un nain qui se cache pour le plus être à nouveau rejeté, et qui va devenir son ange gardien, un couple de fermiers, Mekki et Hadda pour lesquels il va accepter de rédiger un courrier à l’attention de Ben Bella parce qu’ils sont menacés d’expulsion par un commissaire politique, Ramdane Barra, qui veut les expulser et leur prendre leur terre, sans oublier Slim et Arezki, qui lui rappellent Lennie et George, les personnages de Des souris et des hommes et John Steinbeck.
    Les souvenirs de lecture sont d’ailleurs pour l’instituteur un moyen de rester debout, de tenir. En convoquant tour à tour Frantz Fanon, Mohammed Dib, Sennac, Pouchkine, Moufdi Zakaria, ou encore le Gogol des Âmes mortes, il nous présente des personnages qui comme lui et ses interlocuteurs sont tous habités de fantômes, meurtris par une Guerre qui n’a pas fini de cicatriser ses plaies – «Nos têtes sont pleines de vacarme, nos poumons de baroud, nos consciences de traumatismes» – par un amour qui s’est enfui, par une administration qui entend les écraser.
    Et c’est alors qu’il touche le fond que l’espoir renaît: «Lorsqu’il n’y aura pas une goutte d’eau au fond des abysses, lorsqu’il n’y aura que des rochers embrumés au milieu du corail et du sable brûlant, lorsque tout sera blanc devant nous, nous retrousserons nos pantalons par-dessus nos genoux et nous marcherons sur le sel de tous les oublis jusqu’au bout de toute chose en ce monde.»
    https://urlz.fr/e0bV

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  • De retour du travail, Adem a trouvé Dalal assise sur le rebord du lit, une valise et un petit sac à main posés dans le vestibule. Leurs étreintes se sont ramollies, leurs baisers n'ont plus de saveur, la routine a émoussé la passion. Sa femme a décidé de le quitter pour un autre homme. Ne...
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    De retour du travail, Adem a trouvé Dalal assise sur le rebord du lit, une valise et un petit sac à main posés dans le vestibule. Leurs étreintes se sont ramollies, leurs baisers n'ont plus de saveur, la routine a émoussé la passion. Sa femme a décidé de le quitter pour un autre homme. Ne supportant pas cet abandon, Adem ne retourne pas à l'école où il enseigne, il quitte le village le jour même. Il erre comme une âme en peine, sombre et devient presque un clochard alcoolisé avec une barbe de dément et une puanteur qui l'accompagne en permanence.

    La couverture de ce roman avec en filigrane les ombres de Don Quichotte et Sancho Pança, illustre bien ce récit où Adem le lettré, flanqué de Mika le nain disgracieux, erre à travers la campagne d'une Algérie qui vient de se libérer du colonialisme. Yasmina Khadra est un conteur hors pair, avec malice, il glisse ça et là des faits historiques, sociaux, politiques, religieux. Il nous parle à travers les lignes de cette Algérie naissante, des personnes abîmées dans leur tête et dans leur corps par la guerre, du poids des traditions notamment religieuses sur l'éducation des enfants, de l'asservissement de la femme, de la corruption et de la brutalité de certains vainqueurs qui n'hésitent pas à spolier pour s'enrichir davantage.

    Lors de son errance, l'instituteur croise la route de personnages qui vont éclairer par leur souffrance, leurs croyances, leurs rêves, les propos de l'auteur. Plus qu'un récit d'aventures ce roman est une réflexion profonde sur la difficulté de l'Algérie à rompre avec son passé, et réussir à accoucher « aux forceps » d'une nation moderne.

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