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Le quatrième mur

Couverture du livre « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon aux éditions Lgf
  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253179825
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel... Voir plus

L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne. S. C.

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Articles (1)

Avis (43)

  • Le narrateur Georges, un jeune révolté prêt à embrasser toutes les causes qui lui semblent justes rencontre Samuel Akounis, metteur en scène grec qui a dû fuir son pays après s'être opposé à la dictature.
    Georges est un être torturé, frustré parce qu'il n'a pas trouvé de combat à la hauteur...
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    Le narrateur Georges, un jeune révolté prêt à embrasser toutes les causes qui lui semblent justes rencontre Samuel Akounis, metteur en scène grec qui a dû fuir son pays après s'être opposé à la dictature.
    Georges est un être torturé, frustré parce qu'il n'a pas trouvé de combat à la hauteur de sa colère. Sam va lui offrir le combat de sa vie en lui confiant la mise en scène d'Antigone d'Anouilh â Beyrouth. Ce sera son premier vrai combat politique. Un combat à la hauteur de sa rage et de ses idéaux. Une pièce de théâtre pour résister , pour remplir les interstices du conflit de la violence , de moments sublimes où des êtres humains se retrouvent.
    Sublime message. L'art comme acte de résistance, comme un révélateur d'humanité.

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  • Terriblement émouvant. Un livre exceptionnel, que l'on ne peut oublier

    Terriblement émouvant. Un livre exceptionnel, que l'on ne peut oublier

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  • Georges a fait la promesse à Sam de monter "Antigone" d'Anouilh à Beyrouth : nous sommes en 1982, en pleine guerre du Liban. Les acteurs sont issus des différentes communautés ; après les avoir convaincus un par un (on suit les pérégrinations de Georges pour aller chercher son Antigone, son...
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    Georges a fait la promesse à Sam de monter "Antigone" d'Anouilh à Beyrouth : nous sommes en 1982, en pleine guerre du Liban. Les acteurs sont issus des différentes communautés ; après les avoir convaincus un par un (on suit les pérégrinations de Georges pour aller chercher son Antigone, son Hémon, son Créon et ses gardes), il y aura une seule et unique représentation, moment de paix, d'accalmie au milieu du fracas où l'on ne sait plus qui combat qui.
    Mais Georges se retrouve au milieu de l'enfer, il n'échappe pas aux horreurs de la guerre. Meurtri, blessé, il ne peut continuer à vivre pour préserver son "lambeau de bonheur" une fois de retour en France.

    Un roman bouleversant, les mots de la pièce d'Anouilh parcourent le texte de Chalandon véritable ode à la paix, à la fraternité entre les peuples. Un roman qui montre toute la modernité, le côté intemporel du mythe antique.

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  • Un livre des livres essentiels pour moi !

    Un livre des livres essentiels pour moi !

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  • Triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste,...
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    Triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, triste, trop triste!

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  • Un roman qui vient vous arracher des larmes.

    Un roman qui vient vous arracher des larmes.

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  • "C'était vertigineux. J'avais une nouvelle terre et j'avais une nouvelle famille. Jour après jour, des hommes m’offraient un fragment du pays. "

    Il n'est pas au bout de ses surprises, Georges, l'ancien étudiant révolutionnaire, quand il accepte par amour pour son ami mourant, Sam le juif...
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    "C'était vertigineux. J'avais une nouvelle terre et j'avais une nouvelle famille. Jour après jour, des hommes m’offraient un fragment du pays. "

    Il n'est pas au bout de ses surprises, Georges, l'ancien étudiant révolutionnaire, quand il accepte par amour pour son ami mourant, Sam le juif grec, de se rendre à Beyrouth pour prendre le relais d'un projet bien particulier : faire jouer Antigone par une troupe mêlant druzes, chiites, sunnites, chrétiens maronites... Tous ensemble pour offrir un répit à la guerre qui secoue le Liban.

    Il faut convaincre, parfois juste par un silence, parfois à la faveur d'un "incident" presque diplomatique, afin que chacun, dans ses convictions politiques ou religieuses, trouve sa place.
    Avec les balles qui sifflent aux oreilles et les susceptibilités à ménager.

    "C'est le Liban qui tire sur le Liban."

    Il faut composer avec la peur de mourir, avec le désarroi, avec l'incompréhension (les uns contre les autres), avec la barrière de la langue et de la foi.
    Et Sam qui meurt doucement sur son lit d'hôpital.

    "Des avions se jetaient sur la ville. Ils bombardaient la capitale du Liban. C'était incroyable, dégueulasse et immense. J'étais en guerre. Cette fois, vraiment. J'avais fermé les yeux. Je tremblais. Ni la peur, ni la surprise, ni la rage, ni la haine de rien. Juste le choc terrible, répété, le fracas immense, la violence brute, pure, l'acier en tous sens, le feu, la fumée, les sirènes réveillées les unes après les autres, les klaxons de voitures folles, les hurlements de la rue, les explosions, encore,encore, encore."
    Comment trouver les mots justes pour dire à quel point ce roman est fort ? Du genre qui prend aux tripes et qui ne s'oublie pas ! Du genre qui montre comment les guerres bouleversent les hommes (et pour Georges, c'est radical !), obligent à prendre parti, obligent à plonger au cœur de la tourmente...

    Il est difficile pour moi d'émettre une "critique"..Que pourrais-je critiquer ? La folie du monde et la déraison des combattants, la folie d'artistes prêts à presque tout pour monter Antigone au milieu de l'horreur, comme un parallèle absurde entre la tragédie de théâtre et celle du monde ? Dire que tout paraît dérisoire autour ?

    J'avais ce roman depuis sa parution dans ma PAL, il faisait partie de ceux que je voulais absolument lire quand j'en avais découvert un extrait. Et je l'ai laissé tomber, oublié sur une étagère de ma bibliothèque. Il lui fallait sans doute "le bon moment", celui qui permet la rencontre qui marque au cœur.

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  • Une fois de plus, Sorj Chalandon sort de l’ordinaire. Après avoir traité de la mort dans un petit village de Mayenne (Une promesse) puis nous avoir éclairé sur la terrible histoire des indépendantistes de l’Irlande du nord (Mon traitre et Retour à Killybegs), il nous emmène cette fois au...
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    Une fois de plus, Sorj Chalandon sort de l’ordinaire. Après avoir traité de la mort dans un petit village de Mayenne (Une promesse) puis nous avoir éclairé sur la terrible histoire des indépendantistes de l’Irlande du nord (Mon traitre et Retour à Killybegs), il nous emmène cette fois au Liban. L’auteur qui fut journaliste à Libération puis au Canard enchaîné, était présent à Beyrouth en 1982 et a vécu ce qu’il décrit.

    Si l’on commence par une scène dramatique avec un tank syrien qui tire sur un taxi, à Tripoli, le jeudi 27 octobre 1983, le retour en arrière permet de faire connaissance avec Samuel Akounis, Sam, un résistant grec d’origine juive qui se lie d’amitié avec Georges, le narrateur, un double de l’auteur puisque Georges est son second prénom.
    « Lui la gaieté, moi le chagrin. Lui, le cœur au printemps, moi, la gueule en automne. » C’est ainsi que Georges les définit tous les deux, Sam ajoutant : « J’ai trop souffert pour être malheureux. » À 34 ans, Sam a décidé de faire jouer Antigone, de Jean Anouilh, par des acteurs libanais dont les camps se font la guerre et nous apprenons que « le quatrième mur, c’est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public ». Cette paroi invisible sépare la scène de la salle mais certains rôles permettent de la franchir. Dans Antigone, c’est le Chœur qui brise ce quatrième mur.
    Ils sont palestinienne, sunnite, druze du Chouf, maronite du Yemmayzé, chiites, chaldéenne et catholique arménienne. Sam a mis deux ans pour réussir le casting mais la maladie le cloue au lit et il demande à Georges de partir là-bas pour réaliser la mise en scène.
    La violence est présente d’abord avec les batailles d’étudiants militants d’extrême-gauche de la fac de Jussieu dont faisait partie Georges, et les membres d’Ordre nouveau, groupuscule d’extrême-droite. Parallèlement à ça, ce que va vivre le narrateur, au Liban, est d’une horreur incroyable. : « Juste le choc terrible, répété, le fracas immense, la violence brute, pure, l’acier en tous sens, le feu, la fumée, les sirènes réveillées, les unes après les autres, les klaxons des voitures folles, les hurlements de la rue, les explosions, encore, encore, encore. » Terrible description du bombardement de Chatila que complètera Georges par sa visite de ce quartier après le massacre… Le comble de l’horreur.
    Il y croit jusqu’au bout par amitié pour Sam, par fidélité pour ces jeunes Libanais pleins d’espoir mais embourbés dans leurs contradictions et dans les obligations de leur camp. Enfin, la conclusion est d’une froideur terrible lorsque Georges répond : « Personne ne quitte ce monde vivant. »

    Le quatrième mur est poignant, terriblement émouvant. Sorj Chalandon a ramené un sac de pierres du Liban et il en remet une à chacun de ses lecteurs, comme il nous l’avait confié à la Fête du livre de Saint-Étienne. Ce roman faisait partie de l’avant-dernière sélection pour le Prix Goncourt 2013 et a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens, cette même année..
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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