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Le prix

Couverture du livre « Le prix » de Cyril Gely aux éditions Albin Michel
Résumé:

« Huit ans qu'elle attendait cette entrevue, qu'elle l'imaginait jour après jour. Elle avec Hahn. Elle contre Hahn. Huit ans. Et ce jour est enfin arrivé. » Le 10 décembre 1946, au Grand Hôtel de Stockholm, Otto Hahn attend de recevoir le prix Nobel de chimie. Peu avant l'heure, il est rejoint... Voir plus

« Huit ans qu'elle attendait cette entrevue, qu'elle l'imaginait jour après jour. Elle avec Hahn. Elle contre Hahn. Huit ans. Et ce jour est enfin arrivé. » Le 10 décembre 1946, au Grand Hôtel de Stockholm, Otto Hahn attend de recevoir le prix Nobel de chimie. Peu avant l'heure, il est rejoint dans sa suite par Lise Meitner, son ancienne collaboratrice avec laquelle il a travaillé plus de trente ans. Mais Lise ne vient pas le féliciter. Elle vient régler ses comptes.
Dans ce huis clos implacable, Cyril Gely, l'auteur de la pièce de théâtre Diplomatie (adaptée à l'écran par Volker Schlöndorff et récompensée par le César de la meilleure adaptation), confronte la vérité de deux scientifiques aux prises avec l'Histoire.

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Avis (12)

  • "Nous étions les deux faces d'une même pièce. Un couple. mais la fission nous a séparés. (p177)"

    Une phrase, quelques mots qui résument parfaitement l'histoire.

    C'est un huis clos  de quelques heures, passionnant et soulevant bien des thèmes que j'ai découvert et beaucoup aimé. Il se...
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    "Nous étions les deux faces d'une même pièce. Un couple. mais la fission nous a séparés. (p177)"

    Une phrase, quelques mots qui résument parfaitement l'histoire.

    C'est un huis clos  de quelques heures, passionnant et soulevant bien des thèmes que j'ai découvert et beaucoup aimé. Il se déroule le 10 décembre 1946, dans le Grand Hôtel de Stockholm où résident Otto Hahn et sa femme Edith alors que le chimiste, découvreur de la fission nucléaire en 1938 va recevoir le Prix Nobel de Chimie (son prix ne lui sera remis qu'en 1946 à la fin de la deuxième guerre mondiale).

    Lise Meitner, physicienne, avec qui il travailla pendant plus de 30 ans en Allemagne, jusqu'à sa fuite en Suède en 1938 en raison de son identité juive qui la mettait en danger, vient lui rendre visite afin de faire une mise au point concernant l'obtention de ce prix, à lui seul, sans même mention de son nom..... Qui peut revendiquer la paternité d'une découverte ?

    Cyril Gely, s'inspirant de cet événement et des personnes ayant réellement existé (et que je ne connaissais pas), imagine une ultime rencontre entre les deux scientifiques, un face à face psychologique et verbal qui va se révéler violent, argumenté des deux côtés, sur le rôle de Otto pendant la guerre vis-à-vis des nazis, mais aussi de la place de Lise qui se sent évincée, frustrée, minorée parce que femme et juive;

    Découpé en deux rounds parties, le roman repose sur un échange entre les deux personnages ayant tout à la fois du respect pour le travail de l'autre mais défendant sa position et son propre travail, se retrouvant tour à tour accusateur et défenseur, l'auteur nous faisant passer d'un camp dans l'autre au fur et à mesure des faits et de leurs interprétations (je dis bien au pluriel car un événement peut avoir plusieurs interprétations).

    Glissant beaucoup d'anecdotes sur la mystification (religion), l'interprétation d'une œuvre (tableau de Turner, concerto de Schubert), ou l'usurpation d'une découverte (allumette), Cyril Gely prouve que l'histoire ne retient que ce que l'on a voulu lui faire croire, comment on peut "s'accommoder" de la réalité et présenter "sa vérité", de l'initiateur, le révélateur du détail ou celui qui le met à jour qui en portera les lauriers ?

    Il aborde également le thème du rôle de ces chercheurs allemands, de leurs prises de position durant la deuxième guerre mondiale vis-à-vis du nazisme et de leur récupération ensuite par les forces alliées pour utiliser leurs connaissances et mettre celles-ci à leur profit, ce qui était haïssable devient acceptable.

    Grâce à une écriture très rythmée, véritable partie de ping-pong entre les deux protagonistes, chacun fort de ses vérités et de ses croyances, de la façon dont il a vécu les événements, l'auteur nous oblige nous-mêmes à prendre le parti de l'un ou l'autre même si je dois avouer que le vent de l'injustice à tout de même souffler sur Lise comme il souffla à une époque sur Marie Curie (avant de lui rendre justice), toutes deux ayant le désavantage d'être femmes et de travailler dans l'ombre d'un savant.

    On ressent parfaitement le lien assez trouble entre eux, amitié, respect, amour et tout ce qui se joue pour l'un comme pour l'autre dans ces quelques heures. Une mise au point nécessaire pour apaiser sa conscience, pour pouvoir avancer ou pour rendre justice.

    Le décor, l'ambiance de cette chambre d'hôtel sont parfaitement rendus, la joute verbale vous tient en haleine, elle est parfaitement maîtrisée jusqu'à sa conclusion, chacun n'hésitant pas à user de subterfuges pour arriver à ses fins.

    Je l'ai lu pratiquement d'une traite, en lectrice silencieuse et attentive, admirative de la construction, du style, du rythme et surtout du fond.

    "Le futur appartient à ceux qui ont une bonne mémoire. (p215)"

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  • https://dubonheurdelire.wordpress.com/2019/08/08/le-prix-de-cyril-gely/

    J’ai eu la chance en participant à un concours du prix Relay de gagner ce roman. Il s’était glissé au milieu de ma PAL et il y a quelques jours, je l’ai lu, que dis-je ?, je l’ai dévoré !
    Voici la présentation de...
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    https://dubonheurdelire.wordpress.com/2019/08/08/le-prix-de-cyril-gely/

    J’ai eu la chance en participant à un concours du prix Relay de gagner ce roman. Il s’était glissé au milieu de ma PAL et il y a quelques jours, je l’ai lu, que dis-je ?, je l’ai dévoré !
    Voici la présentation de l’éditeur – Albin Michel :
    « « Huit ans qu'elle attendait cette entrevue, qu'elle l'imaginait jour après jour. Elle avec Hahn. Elle contre Hahn. Huit ans. Et ce jour est enfin arrivé. » Le 10 décembre 1946, au Grand Hôtel de Stockholm, Otto Hahn attend de recevoir le prix Nobel de chimie. Peu avant l'heure, il est rejoint dans sa suite par Lise Meitner, son ancienne collaboratrice avec laquelle il a travaillé plus de trente ans. Mais Lise ne vient pas le féliciter. Elle vient régler ses comptes.
    Dans ce huis clos implacable, Cyril Gely, l'auteur de la pièce de théâtre Diplomatie (adaptée à l'écran par Volker Schlöndorff et récompensée par le César de la meilleure adaptation), confronte la vérité de deux scientifiques aux prises avec l'Histoire. »
    J’ai beaucoup aimé ce récit pour plusieurs raisons. Tout d’abord je ne connaissais pas ces personnages qui ont marqué l’Histoire de la Science et l’Histoire. Ce roman a donc ouvert le champ de mes connaissances. Mais ce que j’ai absolument trouvé remarquable c’est la réflexion qu’y se tisse au creux de ce roman, celle sur la place des femmes dans la Science. Lise Meitner est l’exemple même de ces femmes qui ont joué un rôle considérable dans le domaine des découvertes et que l’Histoire a oubliées voire même a volontairement ignorées. A travers ce huis clos, Cyril Gély permet à Lise Meitner de trouver une place dans cette découverte qui a bouleversé le monde : le nucléaire à l’origine des bombes nucléaires.
    La relation entre les deux personnages est aussi riche de rebondissements ! Entre amitié, amour, émulation, compétition, complémentarité, les frontières sont minces et Otto et Lise jouent avec ces différents sentiments et émotions.
    On tourne les pages sans pouvoir s’arrêter car nous voulons savoir comment ce huis clos entre complicité et tension va se terminer et si Otto pourra assister à la cérémonie du prix Nobel.
    En résumé : Le prix en aurait mérité un lorsqu’il concourait pour le prix Relay ! Un récit haletant et au sujet intéressant.

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  • 1946, Otto Hahn et Lise Meitner deux brillants scientifiques, anciens partenaires de surcroît, habités par une même passion se retrouvent dans une chambre d'hôtel huit ans après leur séparation forcée. Ici rien de lubrique, juste une conversation ou plutôt une confrontation entre deux amis que...
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    1946, Otto Hahn et Lise Meitner deux brillants scientifiques, anciens partenaires de surcroît, habités par une même passion se retrouvent dans une chambre d'hôtel huit ans après leur séparation forcée. Ici rien de lubrique, juste une conversation ou plutôt une confrontation entre deux amis que la guerre a séparée. Alors qu'Otto s’apprête à recevoir le Prix Nobel de chimie pour la fission nucléaire, Lise réapparaît le temps de quelques heures, le temps de régler ses comptes. Que peut bien lui reprocher son ancienne collaboratrice ? Entre un huis-clos à la tension palpable et la réhabilitation d'une figure scientifique trop méconnue, Cyril Gely a réussit à capter mon attention avec des mots comme noyau et atome et honnêtement, c'est un exploit ! A partir d'éléments réels, l'auteur remonte le fil d'une relation amicale et scientifique sous le regard de l'Histoire. Brillant ! 

    Otto Hahn et Lise Meitner, deux noms qui n'évoquent peut-être pas grand chose aujourd'hui, mais sont à l'origine d'une découverte scientifique majeure : la fission nucléaire. De cette amitié fusionnelle et professionnelle entre ces deux bourreaux de travail, un événement majeur va lentement déliter cette intense relation, la montée au pouvoir d'Hitler et donc la Seconde Guerre mondiale.

    Pourtant, tout avait bien commencé entre les deux amis. Trente ans de brillants travaux les conduisant à une renommée certaine, le soutien indéfectible de la communauté scientifique et d'Edith, femme d'Otto, rien ne pouvait entraver l'avancé de leur future percée. C'était évidemment sans compter le contexte historique, sonnant le glas d'une amitié imparfaite, naissance d'ambitions cachées. Car Lise est Juive et le duo touche du doigts une découverte qui pourrait changer la face du monde.

    Sous l'initiative de la chercheuse, c'est ainsi que l'ancien duo se retrouve avec stupeur après huit ans de séparation. Après huit ans de silences et de non-dits suspendus, Lise peut enfin réclamer justice. Que veut-elle exactement ? Que reproche-t-elle à Otto ? Au-delà du ring où se confronte le passé commun, nulle vengeance est déclamée, mais la recherche d'une reconnaissance professionnelle dans les yeux de son partenaire, reconnu comme unique créateur.

    De cette construction théâtrale, Cyril Gely évoque non seulement l'intérêt scientifique, mais aussi historique en développant le climat de suspicion au sein de la communauté scientifique allemande. La montée de la tension entre les deux personnages coïncident avec celle du regard envers les juifs et l'intérêt grandissant des nazis pour la science. Fluide et glacial, ce roman aux accents de vérité s'empare d'un fait de plus en plus évident, la méconnaissance plus ou moins reconnue de ces femmes de l'ombre, véritables instigatrices de mouvements et de découvertes. Un roman adroit et clairvoyant sur la réalité d'une époque. Coup de cœur !

    Envie de connaître la pâtisserie choisie pour ce roman ? Rendez-vous sur le blog !
    http://bookncook.over-blog.com/2019/07/le-prix-cyril-gely.html

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  • Ce court roman bâti autour de personnages bien réels pose la question de l'appropriation des travaux de la femme dans un couple de chercheurs par l'homme qui a signé,seul,le résultat de la fission nucléaire.Il doit recevoir le prix Nobel;elle vient demander des comptes.Nous sommes le 10 décembre...
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    Ce court roman bâti autour de personnages bien réels pose la question de l'appropriation des travaux de la femme dans un couple de chercheurs par l'homme qui a signé,seul,le résultat de la fission nucléaire.Il doit recevoir le prix Nobel;elle vient demander des comptes.Nous sommes le 10 décembre 1946,l'ombre d'Hitler plane.Elle est juive,il l'a sauvée de la mort,MAIS!La femme de Hahn dans la pièce à côté peut surgir dans cette explication tragique à tout moment,elle qui fut toujours spectatrice consentante de ce couple qui n'est rien l'un sans l'autre...le plaisir de la lecture est trop court tant la construction de l'intrigue nous tient en haleine avec des rebondissements qui les font tour à tour vainqueur ou vaincu de ce duel à fleurets mouchetés.

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  • Emouvant, captivant, prenant, « Le Prix » de Cyril Gely est un récit nécessaire et ultime. Ecrit avec brio, délicatesse et pragmatisme, les mots s’échappent des pages, couronnes d’Epiphanies pour Lise Meitner. « Nul ne sait ce que nous réserve le passé »enclenche un incipit qui ne laissera...
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    Emouvant, captivant, prenant, « Le Prix » de Cyril Gely est un récit nécessaire et ultime. Ecrit avec brio, délicatesse et pragmatisme, les mots s’échappent des pages, couronnes d’Epiphanies pour Lise Meitner. « Nul ne sait ce que nous réserve le passé »enclenche un incipit qui ne laissera aucune chance aux non-dits. Une porte que l’on pousse du pied, des dés lancés dans le contre-jour des silences. Un voile qui s’écarte subrepticement d’une fenêtre embuée par l’injustice trop criante. Ce récit est donc une troublante et véridique page de notre Histoire. Mémoriel, il délivre enfin la vérité sur Le Prix si emblématique et controversé, celui accordé à Otto Hahn en secret en 1944. Ce prestigieux Prix Nobel récompensant un travail de labeur et d’envergure manichéenne pour l’humanité. Il recevra, seul, ce dernier le 10 décembre 1946. Solitaire, en crise de culpabilité mais le regard tourné vers les projecteurs. Lisa Meitner a travaillé avec Otto Hahn de nombreuses années. Binôme perfectionniste, soudé, fusionnant leurs capacités et ténacités pour découvrir qu’un bombardement de neutrons sur un noyau d’uranium produit un noyau de baryum. Elle restera le plus longtemps possible. Mais Lise doit partir et vite. Elle est juive, en danger dans cette Allemagne où les affres antisémites sont omniprésentes. Le vent mauvais souffle trop fort et ne s’arrête pas. Exilée à l’autre bout du monde, elle trouve seule le processus final de la découverte. Ayant foi en la concorde d’Otto en sa loyauté, en sa sincérité, naïve ou combattante scientifique, elle donnera à Otto par courrier la solution. Ce dernier dévoilera à la face du monde cette découverte capitale. Lise revient en Suède ce 10 décembre. Un huis-clos des plus vifs abat les cartes une à une dans une confrontation avec Otto et Lise ou rien, absolument rien ne sera laissé de côté. Les fusionnels d’antan cherchent les failles en l’autre. Les lâchetés, regrets, jalousies sont au paroxysme des paroles exutoires. Lise dans ce récit est digne et ne laisse aucune chance à la rancœur et à la vengeance. Femme scientifique, douée sans aura parce que femme. Otto remporte seul la palme de la Gloire mais sans ce laurier victorieux et honorable. « Il faut toutes les vérités pour faire un monde. »affirme Paul Eluard en ouverture de ce récit. La dualité, le noir, le blanc, la femme et l’homme ne peuvent fusionner dans un prix à l’aube des années 50. Otto aurait pu. Il a refusé de glisser dans son discours le prénom de Lise et de lui accorder cette grâce d’un renouveau. Une femme peut elle aussi être glorifiée par une découverte de renom. Ce récit est poignant, sensible, combattant. Le lire c’est reconnaître Lise en femme scientifique douée. Le faire sien c’est un devoir moral. L’offrir c’est amplifier le combat féministe. Afin de changer les mentalités et accorder à l’égalité les valeurs de l’équité. Brillant, engagé, nécessaire. Publié par Les Editions Albin Michel. En lice pour Le Prix Relay des Voyageurs Lecteurs 2019.

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  • Derrières ses airs de belles retrouvailles se cache une montagne de secrets. Lise profite de son entrevue avec son ancien collègue Otto pour ressortir les vieux dossiers et lui dire ces quatre vérités. Elle aborde avec lui les sujets sensibles qui sont intimement liés à la guerre mais aussi au...
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    Derrières ses airs de belles retrouvailles se cache une montagne de secrets. Lise profite de son entrevue avec son ancien collègue Otto pour ressortir les vieux dossiers et lui dire ces quatre vérités. Elle aborde avec lui les sujets sensibles qui sont intimement liés à la guerre mais aussi au comportement de son collaborateur.

    Dès lors, un échange ardu se met en place. Chacun défend son point de vue et porte des estocades afin de déstabiliser l’adversaire. La vérité de l’un n’est pas la même vécue de l’autre côté. Ils argumentent en mettant en perspective le contexte dans lequel leurs décisions ont été prises. Ils sont emplis de ressentiments et au fil du livre, leur rencontre soit disant impromptue tourne au règlement de compte.

    Dans les reproches faits au chimiste se concentrent tous les maux de l’époque. En effet, au moment de leur séparation, juste avant la guerre, Lise cumulait les handicaps. Elle était une femme et juive de surcroît. Alors, selon ses dires, Otto aurait tiré parti de ces statuts pour s’attribuer toute la gloire de leurs recherches communes. Celui-ci n’est bien sûr pas du même avis et va rétorquer en apportant sa version des choses. Mais je ne vous en dirais pas plus. Je ne veux pas vous gâcher la surprise. Vous découvrirez vous-même cet échange de haute volée qui en dit beaucoup sur la nature humaine.

    Ce huis clos est d’une efficacité terrible. Se basant sur de véritables faits historiques, Cyril Gely met en scène, de manière théâtrale, deux acteurs criants de vérité, reflet d’une société au sortir du conflit mondial. Parlant de la place de la femme dans le monde, de l’antisémitisme et du rôle de la science, ce texte interroge sur une question universelle : Qu’aurions-nous fait si nous avions été à leur place à ce moment de l’Histoire ?

    http://leslivresdek79.com/2019/04/11/449-cyril-gely-le-prix/

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/03/le-prix-de-cyril-gely.html

    " Nul ne sait ce que nous réserve le passé. "

    Nous sommes le 10 décembre 1946, jour où Otto Hahn va recevoir le prix Nobel de chimie qui lui a été décerné deux ans plus tôt pour sa découverte de la fission nucléaire...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/03/le-prix-de-cyril-gely.html

    " Nul ne sait ce que nous réserve le passé. "

    Nous sommes le 10 décembre 1946, jour où Otto Hahn va recevoir le prix Nobel de chimie qui lui a été décerné deux ans plus tôt pour sa découverte de la fission nucléaire en 1938.

    L'ensemble du récit est un huis-clos qui se déroule dans la suite 301 du Grand Hôtel de Stockholm dans laquelle se trouvent Otto et son épouse Edith quelques heures avant la remise du prix. Otto relit son discours avant de revêtir sa tenue de gala, il considère ce prestigieux prix comme un tremplin pour lui et pour son pays, comme le symbole d'une Allemagne qui se redresse. " Après une décennie de déchéance, l'Allemagne toute entière renaît à travers lui."

    C'est alors que son ancienne collaboratrice, Lise Meitner qu'il n'a pas revue depuis huit ans fait irruption dans la suite. Elle ne vient pas le féliciter mais régler ses comptes.

    Otto et Lise ont travaillé ensemble pendant trente ans à Berlin, Lise était directrice du département physique, Otto directeur du département chimie de l'Institut KWI qui regroupait les meilleurs scientifiques allemands. Complémentaires, indissociables ils ont travaillé main dans la main unis par leur passion commune, sans jamais qu'aucun sentiment amoureux n'émerge entre eux. Otto a imposé Lise à une époque où les femmes n'avaient pas leur place dans la communauté scientifique et Lise s'est battue pour exister en tant que femme et physicienne.

    Mais en 1938 avec l'Anschluss, Lise autrichienne devient allemande. Or Lise est juive... Etre femme et juive sont deux défauts majeurs pour les nazis.... Lise s'enfuit en Suède la nuit du 12 juillet 1938. Lise et Otto qui étaient proches de voir leurs recherches aboutir font le point sur leurs avancées par courrier mais cinq mois plus tard c'est Otto qui signe seul la découverte de la fission s'accaparant ainsi leur découverte commune. Et huit ans plus tard, alors qu'il va recevoir seul le Prix Nobel, Otto n'a aucunement prévu de mentionner Lise dans son discours. Lise est-elle victime de l'effet "Matilda" qui désigne le déni de la contribution des femmes scientifiques à la recherche au profit de leurs collègues masculins? Otto l'a-t-il utilisée puis sacrifiée? Pourquoi est-il resté à Berlin alors qu'il subissait des pressions des nazis?

    " La fission nucléaire ce n'est pas moi, ce n'est pas toi, c'est nous. Les deux moitiés d'une pièce...La chimie d'un côté,la physique de l'autre"

    A partir d'un fait historique (Otto Hahn a indiqué dans ses mémoires avoir eu une conversation désagréable avec Lise Meitner ce jour là) Cyril Gely a imaginé un huis-clos mené comme une partie d'échecs. Cyril Gely met en scène des protagonistes qui avancent chacun leur tour leurs arguments comme des pièces sur un échiquier alors qu'Edith se repose dans la pièce voisine, occupant une place symbolique en retrait d'Otto et Lise comme celle qu'elle avait choisi d'occuper dans leur trio. L'auteur maintient une certaine tension pendant tout le récit et fournit au lecteur les éléments pour se faire sa propre opinion car chacun des deux scientifiques a sa propre vérité. D'ailleurs existe-il une seule vérité? Ce récit construit comme une pièce de théâtre constitué de dialogues très réussis est parsemé de symboles comme celui de la fission entre les deux chercheurs indissociables semblable à la fission qu'ils ont découverte.
    J'ai beaucoup aimé ce roman pour son intérêt historique et pour les questions qu'il pose. Cyril Gely évoque les pressions d'Hitler sur les scientifiques allemands pour disposer en premier de la bombe, montre des scientifiques pour qui leur recherche passe avant tout, parle de la place des femmes dans la communauté scientifique, de la responsabilité des scientifiques dans l'usage qui est fait de leurs recherches, du poids que porte un scientifique qui a rendu la bombe possible.

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  • J'ai apprécié de jouer les "explorateurs" pour ce livre surprenant. Merci de me l'avoir fait découvrir. Un beau roman que j'ai dévoré d'une traite. Le sujet est d'emblée traité comme une intrigue à huis clos, un suspens à deux personnages. L'écriture est plus celle d'un scénario de pièce de...
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    J'ai apprécié de jouer les "explorateurs" pour ce livre surprenant. Merci de me l'avoir fait découvrir. Un beau roman que j'ai dévoré d'une traite. Le sujet est d'emblée traité comme une intrigue à huis clos, un suspens à deux personnages. L'écriture est plus celle d'un scénario de pièce de théâtre, mais ce n'est pas gênant car cela donne une côté très visuel à l'histoire. On "voit" les personnages se déplacer, agir, dans les moindres détails, on lit leurs expressions, leurs dérives vers une recherche difficile de leur passé, de leur histoire commune, du sens à y donner. Deux scientifiques éminents, découvreurs (réels) de la fission nucléaire dans les année 30-40, en pleine tourmente : lui est allemand, bien implanté à Berlin, universitaire et chercheur reconnu ; elle est sa collaboratrice de longue date, brillante chercheuse, juive, prise dans les mailles du filet infernal du nazisme, déchirée entre le désir de rester dans son institut de recherche et de poursuivre cette collaboration passionnée et passionnante ou celui de fuir et de faire sa vie ailleurs, loin des persécutions. Lui, après la guerre, reçoit le prix Nobel ; elle, exilée en Suède, va le retrouver à cette occasion, huit ans après. Ils vont se parler, longuement, durement, sans échappatoire, décrypter qui a tort qui a raison, régler leurs compte, et s'accorder au final dans cette symphonie des sentiments en plusieurs mouvements. C'est un livre audacieux et simple à la fois. Simple dans l'écriture, mais vivant dans la forme et audacieux par le sujet. L'inconscient se met à parler, les refoulements, les contradictions se font jour. Mais surtout le poids de la guerre, le nazisme et son incroyable nocivité sur les êtres, sont présents tout au long du livre, et donnent une dimension grave et finalement politique à cette histoire. On entraperçoit comment ces périodes si troublées ont pu interagir sur le monde scientifique, sur le développement de la recherche et des idées. On comprend comment des êtres, faillibles, qui ne sont ni des héros ni des lâches, ont pu tirer tant bien que mal leur épingle de ce jeu sinistre, juste par leur intelligence et la force de leurs convictions.

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