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Le Néolithique en Anatolie, un patrimoine archéologique aux origines de nos sociétés actuelles

Couverture du livre « Le Néolithique en Anatolie, un patrimoine archéologique aux origines de nos sociétés actuelles » de Martin Godon aux éditions Institut Français D'études Anatoliennes
Résumé:

Peu connue du grand public, encore sujette à un complaisant amalgame de dates en millions d'années, jalonnée de primates plus ou moins inventifs, la Préhistoire reste encore dans l'ima­ginaire collectif une grande et unique période quelque peu rébarbative. De manière générale, cette vision n'a... Voir plus

Peu connue du grand public, encore sujette à un complaisant amalgame de dates en millions d'années, jalonnée de primates plus ou moins inventifs, la Préhistoire reste encore dans l'ima­ginaire collectif une grande et unique période quelque peu rébarbative. De manière générale, cette vision n'a guère changé depuis le dix-neuvième siècle bien que, fort heureusement, la communauté scientifique n'eût cesse d'approfondir les connaissances sur l'Histoire de l'Homme, en se débarrassant rapide­ment d'une approche se résumant à l'accumu­lation de collections archéologiques, eu égard, peut-être, à la nécessité de comprendre les moti­vations humaines au travers d'artefacts qui ne portent pas en eux une dimension artistique ou exceptionnelle se suffisant à elle-même. Ainsi, dans une certaine mesure, l'archéolo­gie préhistorique ne souffrit que peu de ce qui peut être actuellement considéré comme étant une dérive de l'archéologie, à savoir la quête de l'objet ou du monument, isolé de sa significa­tion culturelle. Il en est pourtant ainsi, par exemple, des pyramides égyptiennes ou aztèques comme de la statuaire grecque qui restent pour beaucoup les uniques apanages des sociétés les ayant engendrés, admirés pour leur valeur intrinsè­que hors de leur contexte culturel et social. Au regard de la discipline archéologique en général, les recherches en Préhistoire sont rela­tivement jeunes, et la prise de conscience d'une « pré-histoire » de l'homme, antérieure à l'Anti­quité, est récente. L'histoire de cette discipline souligne à quel point, et malgré le parcours accompli, les recherches archéologiques n'en sont encore qu'à leur début. L'exemple de l'Anatolie est ici pertinent car il synthétise à lui seul des défis actuels et futurs. Sera pris ici en considération la période Néolithique, phase terminale de la Préhistoire, qui débute au Proche-Orient aux alentours du dixième millénaire avant Jésus-Christ pour se terminer dans cette région du monde au cinquième millénaire avant Jésus-Christ alors que ce qu'il y a lieu d'appeler la « révolution Néolithique » ne se propage en Europe qu'à par­tir du septième millénaire avant Jésus-Christ. Cette période de l'histoire correspond à un changement radical du comportement humain face à son environnement naturel. La manière dont les sociétés préhistoriques, alors essentiellement composées de groupes tirant leurs ressources de la chasse et la cueillette, exploi­tent des territoires plus ou moins vastes en fonction des ressources naturelles en présence, vont appréhender la nature, rend compte de mutations culturelles et sociales profondes et variées. De ces mutations, aucun texte n'est dispo­nible pour en témoigner et l'archéologue doit donc s'en remettre aux vestiges matériels de ces cultures passées en cherchant, tant que faire se peut, à fonder ses interprétations sur un raisonnement scientifique, et à les ordonner de manière épistémologique. Ne seront présentées ici ni le point sur les recherches en cours ni l'inventaire précis des connaissances actuelles : le lecteur aura le loisir de trouver en annexe une bibliographie lui présentant les ouvrages de références sur le Néolithique anatolien. Notre propos sera plutôt d'aborder les sites néolithiques comme un patrimoine restant à découvrir et à comprendre, qu'il faut dès à présent préserver des destruc­tions qu'ils subissent. Réitérer des erreurs commises à l'aube des recherches archéologiques, faute d'avoir con­science, alors, du potentiel informatif contenu dans ces sites, refléterait de nos jours un échec de l'indispensable communication entre, d'une part les acteurs de la recherche et, d'autre part, le public et ses élus politiques. Nota Les datations auxquelles nous ferons référence tout au long de cette présentation sont "avant Jésus-Christ" et calibrées soit, dans la terminologie partagée par la communauté scientifique en "cal. BC" (calibrated dates before Christ).

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