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Le livre de neige

Couverture du livre « Le livre de neige » de Olivier Liron aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072876653
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« J'ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par petites touches, comme des flocons. » Neige a grandi sous la dictature franquiste, puis connu l'exil et la... Voir plus

« J'ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par petites touches, comme des flocons. » Neige a grandi sous la dictature franquiste, puis connu l'exil et la misère des bidonvilles de Saint-Denis. Humiliée, insoumise, elle s'est inventé en France un nouveau destin. Hommage espiègle d'Olivier Liron à sa mère, cette héroïne discrète qui lui a transmis l'amour de la vie et l'idée que les livres sont notre salut, Le livre de Neige raconte aussi, en creux, la naissance d'un écrivain.

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Articles (1)

Avis (9)

  • Neige est attentive au mystère de la vie, curieuse du monde, enfant sensible, intelligente, éveillée. Elle est un électron libre, une inclassable qui vient d'ailleurs, elle dérange, elle est en décalage et ça tombe bien, elle n'a aucune envie d'être madame-Tout-le-Monde. Nous suivons son enfance...
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    Neige est attentive au mystère de la vie, curieuse du monde, enfant sensible, intelligente, éveillée. Elle est un électron libre, une inclassable qui vient d'ailleurs, elle dérange, elle est en décalage et ça tombe bien, elle n'a aucune envie d'être madame-Tout-le-Monde. Nous suivons son enfance en Espagne sous la dictature de Franco, le culte du chef, où les femmes sont réduites à un rôle d'esclave domestique ; son exil en France et un univers devenu opaque ; sa lente reconstruction avec les armes de l'école et des livres et la nationalité française en 1973.

    Ce roman est un bel hommage qu'Olivier Liron rend à sa mère Maria Nieves dit Neige, avec tendresse, pudeur et une plume pleine de délicatesse et de fraîcheur. le portrait d'une jeune fille qui à force de courage et de volonté réussit à surmonter toutes les difficultés pour devenir une femme accomplie. Les chapitres sont très courts, le récit est divisé en deux parties. La première consacrée exclusivement au parcours de sa maman avec l'évocation de la dictature de Franco et les conditions d'accueil des réfugiés espagnols en France, la seconde où l'auteur évoque sa propre enfance, les violences qu'il a subies au collège, l'alcoolisme, la drogue, la dépression ; la littérature et l'écriture qui vont le sortir de cette spirale destructrice.

    Un récit sur une femme exceptionnelle, un témoignage sur le pouvoir de l'école et de la lecture.

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  • COUP DE COEUR

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/03/le-livre-de-neige-dolivier-liron.html

    "J'ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par...
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    COUP DE COEUR

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/03/le-livre-de-neige-dolivier-liron.html

    "J'ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par petites touches, comme des flocons."

    Née en 1954, Maria Nieves, Marie des Neiges en espagnol, la mère de l'auteur a grandi sous la dictature franquiste où les femmes sont réduites au rôle d'esclaves domestiques, elle a fréquenté l'école franquiste où lui a été enseigné "Le Guide de la bonne épouse" dont le sous-titre est " 11 règles pour rendre ton mari heureux. Sois l'épouse dont il a toujours rêvé !".

    A neuf ans elle a quitté son pays natal pour rejoindre seule ses parents Paco et Carmen partis chercher du travail en France. Son arrivée à Paris est une transplantation brutale, un arrachement. "L'exil est une blessure, une condamnation, un bannissement, une destitution, une indignité, un rejet. Maria, prénom de paria." Elle est confrontée à la barrière de la langue, à la honte de ne pas parler le français et vit avec ses parents à Saint-Denis dans les bidonvilles de la Petite Espagne où sont logés des immigrés espagnols, italiens et algériens.

    C'est une petite fille singulière atteinte d'une surdité précoce après avoir frôlé la mort avec une sévère coqueluche. Dès le plus jeune âge, elle a manifesté une extraordinaire curiosité pour le monde qui l'entoure et qui a très vite compris que sa liberté passerait par le savoir et les livres. Elle deviendra une jeune fille passionnée par la littérature et les sciences puis une femme aux fortes convictions politiques, féministes et écologiques qui demandera la nationalité française à dix-neuf ans, décidée à faire sa vie en France.

    Passionnée de mathématiques, elle fera de brillantes études et décidera de devenir professeur de collège dans une ZEP. Neige aime le contact avec les élèves et trouve auprès d'eux un métier dans lequel elle s'épanouira.

    " Je deviens adulte : j'apprends la violence du monde.
    Très vite la colère monte en moi.
    Mais j'ai trouvé une meilleure parade. J'écris. J'écris pour me venger.
    J'écris car l'écriture est une arme.
    J'écris dans le petit cahier que ma mère m'a donné comme seul refuge et comme seul héritage.
    J'écris mes poèmes. J'écris mes rêves. J'écris mes coups.
    J'écris que le monde est ensanglanté. J'écris le sang dans mon chant.
    J'ai dix, onze ans et je n'aime pas les prédateurs. Ceux qui abusent de leur pouvoir pour vous détruire. Je ne veux pas être une proie.
    Je m'évade."

    Ce récit très personnel est un magnifique cadeau que fait Olivier Liron à sa mère qu'il a libérée de la honte de ses origines et de son histoire. Il complète parfaitement son précédent roman "Einstein, le sexe et moi" avec lequel j'avais découvert cet auteur. De sa plume fluide et poétique, Olivier Liron nous brosse le portrait d'une femme à la personnalité et au parcours fort intéressants, "architecte de sa propre joie et de son propre destin", avec en arrière-plan une éblouissante Carmen dont j'aime l'humour, l'éternelle bonne humeur et le bon sens.
    J'ai aimé la fraîcheur des souvenirs d'Olivier, enfant qui a toujours appelé sa mère Neige, la façon dont il raconte comment, élevé par une mère qui lui a donné le goût de lire, il en est venu à l'écriture.
    J'ai été particulièrement touchée par la dernière partie du livre quand, alors qu'Olivier n'a que 10 ans, Neige sombre dans une tristesse qui le hante et le contamine. Olivier Liron aborde la dépression de sa mère et le sentiment d'abandon qu'il a alors éprouvé avec une pudeur et une sensibilité qui m'ont émue. Cette dernière partie du texte, empreinte d'une infinie tristesse, m'a énormément remuée.

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  • Le livre de Neige, autrement dit Maria Nieves, est un hommage de l’auteur à sa mère. « Un livre pour elle, entre vérité et fiction ».

    Maria Nieves est née en Espagne et vivra dans son enfance la guerre civile, puis l’exil, vers la France, le séjour dans les bidonvilles de la Plaine saint...
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    Le livre de Neige, autrement dit Maria Nieves, est un hommage de l’auteur à sa mère. « Un livre pour elle, entre vérité et fiction ».

    Maria Nieves est née en Espagne et vivra dans son enfance la guerre civile, puis l’exil, vers la France, le séjour dans les bidonvilles de la Plaine saint Denis, dans l’atmosphère enfumée des usines qui occupaient alors le site.

    L’enfant est curieuse, avide de comprendre, passionnée par les sciences et aura un parcours scolaire d’autant plus remarquable qu’il faut faire doublement ses preuves lorsque les origines sociales sont toisées par les autorités qui décident. Elle aura la chance de rencontrer des enseignants assez lucides pour repérer ses capacités hors norme et encourager l’enfant hors des routes toutes tracées.

    Viendront le temps des amours et du mariage, d’où naitra l’auteur de ce récit attendrissant. Ses propres souvenirs se mêleront à ce qu’il comprend des forces et des faiblesses de sa génitrice.

    Outre l’intérêt historique du texte et de ce qu’il enseigne sur la guerre civile espagnole, Olivier Liron dresse un magnifique portrait d’une femme dont la clairvoyance sur la condition féminine a été très précoce.

    Roman émouvant d’autant que l’on perçoit la sincérité de cet amour filial sans concession.

    229 pages Gallimard 10 février 2022

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  • Neige. Maria. Maria Nieves. Neige comme Nieves en espagnol. C'est l'histoire d'une jeune fille qui grandit sous la dictature franquiste avant d'atterrir à Saint-Denis, en plein dans la misère des bidonvilles. Une jeune femme qui se créer, se forge à coup d'humiliation, de crainte, de passion, de...
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    Neige. Maria. Maria Nieves. Neige comme Nieves en espagnol. C'est l'histoire d'une jeune fille qui grandit sous la dictature franquiste avant d'atterrir à Saint-Denis, en plein dans la misère des bidonvilles. Une jeune femme qui se créer, se forge à coup d'humiliation, de crainte, de passion, de force, de travail, d'amour.

    "Le livre de Neige", c'est aussi l'histoire d'Olivier Liron, l'histoire de sa famille, l'histoire de sa mère qu'il nous livre à travers une grande déclaration d'amour. Ce roman ne peut se résumer en quelques lignes, il se lit, il se vit, il se ressent, il nous apprend, il nous transmet et il nous touche ! Car malgré les épreuves de la vie, Neige a transmis à son fils la force, le courage, la passion des mots et l'amour de la vie.

    Olivier Liron a les mots beaux et doux, ceux qui savent toucher en plein coeur. Car comment ne pas tomber en admiration devant cette femme ? Une femme brillante, intelligente, forte, où a travers les chapitres et les photographies en sortent une admiration, l'admiration d'un fils envers sa mère.

    Tout est pudeur, tout est intimité, Olivier nous livre sa propre histoire, une histoire lumineuse, mélancolique, ou tout est beau ! Bref, un roman coup de coeur, sublimé par les émotions qui en dégagent, par le regard d'amour et de bienveillance sur cette mère au destin incroyable !

    Entre fiction et réel, entre vérité et douceur, Olivier Liron signe un très beau et grand roman. Une très belle réussite, une mère qui doit être fier !

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  • Quel beau cadeau a fait Olivier Liron à sa mère Maria Nieves, dite Nieves, Neige en espagnol, en lui dédiant ce magnifique roman : Le livre de Neige. C’est un tendre et bel hommage qu’il rend à celle qui a « la pudeur des sensitives » et qui lui a transmis l’amour de la vie et le transport par...
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    Quel beau cadeau a fait Olivier Liron à sa mère Maria Nieves, dite Nieves, Neige en espagnol, en lui dédiant ce magnifique roman : Le livre de Neige. C’est un tendre et bel hommage qu’il rend à celle qui a « la pudeur des sensitives » et qui lui a transmis l’amour de la vie et le transport par la littérature.
    Pour esquisser ce portrait romanesque, Olivier Liron remonte d’abord aux origines, à ce Madrid des années 1930, au quartier de legazpi, au sud de la ville, où vit la petite Carmen de la Fe avec sa famille, famille bientôt confrontée, dès 1936 à la guerre d’Espagne. Quand les franquistes entrent dans Madrid, le 28 mars 1939, Carmen n’a que dix ans.
    Quelques années plus tard, elle va rencontrer Paco. Amoureux ils se marient en 1953.
    « À l’hiver 1954, au moment où, en France, l’abbé Pierre lance son insurrection de la bonté, une petite fille naît à Madrid. » On appelle la petite fille Maria Nieves, Marie des Neiges, peut-être parce qu’il faisait très froid à Madrid cette année-là…
    Bébé, elle attrape la coqueluche et s’en sort in extrémis. Elle en gardera une légère surdité et un farouche instinct de survie ne la quittera plus, peut-être dû au fait d’avoir frôlé la mort.
    À l’école franquiste du quartier où les cours sont pris en charge par l’Église, Nieves sent monter en elle un sentiment de révolte. « Est-ce à l’école franquiste que Nieves a commencé à ne plus croire en Dieu ? Est-ce parce que la religion lui donnait trop de crampes qu’elle est devenue, plus tard, une scientifique ? Est-ce cela qui l’a poussée à se tourner vers une autre religion, celle de la nature ? ».
    En tout cas, elle n’a pas envie de ressembler à ces femmes soumises qu’on lui donne en modèle et elle comprend très tôt que la liberté passe par le savoir et par les livres.
    Au début des années 1960 ses parents partent en France chercher du travail et Nieves restera chez sa tante Bernarda avant de les rejoindre en octobre 1963. Dans cette cohabitation en famille qui dure plus longtemps que prévu, Nieves, fille unique, se retrouve avec ses quatre cousins, intégrée à leur bande et vit les plus beaux mois de son enfance.
    Elle quitte le sol natal en automne donc, vivant là un véritable arrachement.
    Arrivée à Paris, elle connaît la misère des bidonvilles de la Plaine Saint-Denis, la plus grande zone industrielle d’Europe.
    Nieves subit des humiliations et la honte, au début, de ne pas parler français.
    Mais elle n’abandonnera jamais, gravissant tous les obstacles « Il ne faut jamais se décourager ».
    Parlant de mieux en mieux le français, dès le CM2, sous l’impulsion de la nouvelle maîtresse, Madame Blin, Nieves se sent pousser des ailes et travaille comme jamais, finissant son année deuxième au classement général et reçoit le prix d’honneur.
    Quelques années après être arrivée en France sans comprendre un seul mot de la langue, au bac de français elle obtiendra un 17/20 !
    Elle demande en 1973, la nationalité française qui marque la fin de cette lente reconstruction.
    Passionnée par les sciences, elle rencontre en classe préparatoire un garçon fort en maths lui aussi, Gabriel qui deviendra le père de l’auteur.
    La deuxième partie du roman montre comment l’enfant s’est construit avec ce passé, en grandissant dans une famille heureuse. Ce sont ces souvenirs d’enfance et ces moments de tendresse qu’évoque Olivier Liron avec une grande sensibilité. Sa mère lui raconte comment l’écologie, c’est faire sa part pour sauver le monde et comment comprendre la nature peut aider à rendre heureux.
    Sa maman n’évoquant jamais son passé, c’est sa grand-mère Carmen qui lui offre quelques histoires sur ses origines.
    Mais Olivier ne comprend pas tout, ni les moqueries dont il fait l’objet à l’école, et encore moins la tristesse soudaine de sa mère. Triste lui aussi, il voudrait dire tant de choses à cette mère qu’il aime, et, n’y parvenant pas, les écrit dans son cahier...
    Le livre de Neige, écrit entre réalité et fiction, m’a particulièrement touchée.
    J’ai été éblouie par l’histoire de cette enfant qui a grandi sous la dictature franquiste, qui a connu l’exil et l’arrachement à sa terre natale, qui a dû affronter en arrivant en France la xénophobie et la misère et qui, grâce à une grande force morale, a rapidement compris qu’elle devait conquérir sa liberté et que cette liberté, c’était le savoir et les livres.
    Ce n’est pas sans émotion que j’ai découvert cette vie et révisé cette période de l’histoire espagnole. J’ai été à la fois bouleversée de découvrir toutes les difficultés et les douleurs que Nieves a dû affronter et admirative sur la manière dont elle a bravé l’adversité.
    Son analyse des religions : « Toutes lui apparaissent comme un système hiérarchisé, avec un règlement », et son désir : « Elle voudrait inventer sa propre religion, celle des livres. » me conviennent parfaitement.
    De même, je ne peux que souscrire à son engagement pour l’écologie et le féminisme.
    La plume délicate d’Olivier Liron, empreinte de douceur, de chaleur et de poésie donne une force éclatante au portrait de cette héroïne si brillante et pourtant si discrète.
    L’intérêt de ce roman est aussi d’avoir inscrit cette histoire humaine dans la grande Histoire, notamment cette période de l’histoire espagnole qu’a été la dictature franquiste mais aussi, cette période de l’histoire de France dont il est peu fait mention dans les livres, à savoir celle de l’immigration. J’ai trouvé particulièrement pertinentes les questions que posent Olivier Liron : « Pourquoi, en France, les jeunes générations n’ont pas davantage accès à l’histoire de l’immigration ? Pourquoi cette histoire commune , belle et nécessaire, n’est pas inscrite dans les programmes scolaires ? Pourquoi des phénomènes aussi massifs occupent-ils si peu de place dans la mémoire collective ? Quelle amnésie nous constitue ? »
    Le livre de Neige est un hommage d’Olivier Liron à sa mère empreint de délicatesse, de sincérité, de poésie, d’humour aussi où l’émotion transpire à chaque ligne et c’est aussi une ode à la vie, à la nature et à la puissance de la littérature.
    À noter que plusieurs petits clichés de Nieves apportent au fil des pages une authenticité rafraîchissante.
    Mais ce livre n’est-il pas aussi le récit de la naissance, de l’avènement d’un grand écrivain, à qui sa mère a su transmettre ses valeurs ?
    Je remercie les éditions Gallimard pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir la plume d’Olivier Liron en m’offrant ce magnifique livre dédicacé !

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • C'est un énorme coup de coeur et le plaisir de retrouver la plume d'Olivier Liron !

    Ce livre de Neige, c'est l'histoire de sa famille d'origine espagnole, c'est aussi celle d'un peuple qui sous le régime franquiste a souffert et a souvent dû recourir à l'exil.

    C'est l'occasion de revoir ce...
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    C'est un énorme coup de coeur et le plaisir de retrouver la plume d'Olivier Liron !

    Ce livre de Neige, c'est l'histoire de sa famille d'origine espagnole, c'est aussi celle d'un peuple qui sous le régime franquiste a souffert et a souvent dû recourir à l'exil.

    C'est l'occasion de revoir ce pan de l'Histoire trop souvent oublié, l'arrachement des exilés et l'intolérance, le rejet et racisme de notre société.

    C'est à travers Maria Nieves, la maman d'Olivier Liron, devenue Maria pour la France. Nieves qui veut dire Neige à qui Olivier témoigne d'un magnifique cri d'amour envers sa maman.

    Une héroïne, oui, je vous assure, une femme magnifique, que l'on a envie de connaître, une petite fille qui a connu une enfance compliquée, la misère en Espagne et en France, un premier déchirement lorsqu'à peine âgée de six ans ses parents ont quitté l'Espagne dans l'espoir de vivre mieux...

    De six à neuf ans, elle vit trois années éloignées de ses parents chez sa tante Carmen, arrive ensuite Plaine Saint-Denis puis dans le quartier de la "Petite Espagne" que l'on va découvrir par la jolie plume d'Olivier.

    "En Espagne, la famille était très pauvre, c'est vrai, et cette pauvreté était douloureuse, mais ils étaient pauvres comme des millions d'autres gens. Nieves découvre que c'est relatif la pauvreté. Être pauvre là-bas et être pauvre ici, cela n'a rien à voir. Au seizième arrondissement de Paris, c'est différent. Ici, Nieves est une pouilleuse."

    Neige subit le racisme, celle que l'on surnomme "Conchita" , la honte de ne pas connaître la langue de ce nouveau pays, les humiliations nombreuses, va trouver dans sa colère la force, la détermination et s'élever, apprendre en se réfugiant dans les livres. Elle s'affirmera quelques années plus tard en étant la meilleure, une mathématicienne et scientifique.

    Dans la seconde partie du roman, Olivier partage avec nous ses souvenirs d'enfance, il nous confie sa différence, sa grande sensibilité, les humiliations subies comme en miroir de celles subies par sa maman.

    Comme elle il va se réfugier dans le savoir, dans la lecture et surtout dans l'écriture pour créer d'autres univers, pour s'évader et pour vivre. On assiste à la naissance du futur écrivain.

    La plume d'Olivier est magnifique, sensible, fluide, élégante. On apprend des choses, on sourit, on est ému, on rit, on vit pleinement des émotions. Il manie le verbe avec humour et poésie. Sa plume est délicate mais surtout empreinte de sincérité et de véracité.

    Je n'avais aucune envie de quitter Neige, j'avais envie que cela continue encore et encore car ce roman est d'une beauté rare et je vous le conseille vivement.

    Ma note : une immense ♥


    Les jolies phrases

    Elle ne comprend pas la guerre, ou plutôt elle comprend que c'est exactement cela la guerre, ne plus rien comprendre.

    Négliger la méchanceté, privilégier la joie.

    Un rêve, c'est une fiction qui dit la vérité.

    L'arrivée à Paris est épouvantable, l'exil est un arrachement. Une transplantation brutale, violente. Elle se sent comme une plante qu'on aurait extirpée de son sol originel pour la laisser mourir. Transplantation. Action d'extraire de la terre pour replanter ailleurs. De greffer un organe prélevé sur un individu, vivant ou non, dans un autre organisme vivant. Ou encore : De faire passer une personne, un animal d'un pays, d'un lieu, d'un milieu dans un autre, avec la perspective d'un établissement durable. Se transplanter. Quitter un séjour pour s'établir dans un autre.
    Même son prénom, Nieves, est trop compliqué à prononcer. Comme son prénom complet est Maria Nieves, sur la carte de séjour, on l'appelle simplement Maria.
    En Espagne, la famille était très pauvre, c'est vrai, et cette pauvreté était douloureuse, mais ils étaient pauvres comme des millions d'autres gens. Nieves découvre que c'est relatif la pauvreté. Être pauvre là-bas et être pauvre ici, cela n'a rien à voir. Au seizième arrondissement de Paris, c'est différent. Ici, Nieves est une pouilleuse.
    L'exil est une blessure, une condamnation, un bannissement, une destitution, une indignité, un rejet. Maria, prénom de paria.

    Se blinder pour se protéger. Et aussi : beaucoup s'aimer elle-même pour résister à l'exclusion.

    Le HLM est un rêve éveillé. Après toutes ces années de misère, ils vont mener une vie de princesse.

    C'est comme si son enfance était un pays où elle préfère ne pas se retourner. Cela nous lie. Le passé serait-il un pays étranger ?

    Ecrire, c'est s'inventer une nouvelle vie.

    Le Petit Robert contient tous les mots du monde. C'est comme si j'avais à disposition un immense frigo et que je pouvais manger ce qui me fait envie.

    L'écologie, c'est faire sa part pour sauver la planète.

    Il faut protéger la beauté de la nature... La beauté sauvera le monde.

    Elle dit cela : l'éveil du féminin, c'est simplement changer nos émotions en amour.

    La honte, c'est mourir en silence.

    Est-ce qu'on garde en mémoire d'avoir frôlé la mort ? Est-ce à cela qu'elle doit ce farouche instinct de survie qui ne la quittera plus ? Cette joie infinie devant le miracle du vivant ? Ce sentiment d'une force et d'une vulnérabilité mêlées, indissociablement liées en elle, mort et vie tissées dans la même étoffe, la même moire ?

    Sa vie est un marathon d'amour. Moi, je m'inquiète un peu quand je vois qu'elle est fatiguée. Je ne veux pas qu'elle perde tout le soleil de ses yeux d'or.

    C'est en comptant qu'ils se sont rencontrés, il y a plusieurs ères géologiques de cela, en déterminant leur PGCD et leur PPCM, leur plus grand commun diviseur et leur plus petit commun multiple. Ils sont parvenus très jeunes à une équation idéale en résolvant toutes les inconnues. Depuis, ils sont devenus un ensemble arithmétique d'entiers naturels que j'ai rejoint. C'est comme ça que je suis venu au monde, à l'intersection des abscisses et des ordonnées. Là où tout commence.

    Je m'évade... Un livre, ça s'ouvre comme une fenêtre, comme une porte. Une façon de vivre d'autres vies.

    Je ne sais par quelle magie les lettres, assemblées comme les pièces d'un gigantesque puzzle, forment des histoires qui me font voyager. Je suis un être-livre, un être libre.

    J'écris des poèmes. Je crois en la beauté. Je crois que la poésie est une meilleure école que celle de la société. Elle donne des armes pour se battre. Je ne veux pas de leurs savoirs morts. Je veux croire en mes rêves et pour cela j'ai besoin de mots vivants, de mots en mouvement, de mots comme des couteaux, de mots qui dansent.

    Je crois que c'est exactement la définition de la tristesse. Être triste, c'est avoir épuisé toutes les façons possibles de parler à ceux qu'on aime.

    - La tourbe, c'est ce que tu vois. Elle est constituée par des mousses qui se décomposent. Et en même temps, dans cette matière morte les mousses poussent, et la vie renaït ! Cette mousse a traversé tous les cataclysmes et elle est encore là ...
    - Comme toi, maman ? Tous les cataclysmes ?
    - Comme moi, comme nous ! Oui ! C'est cela, la leçon de la nature. La beauté de la nature ! La beauté du vivant ! La vie est parfois surprenante, il y a des crises...

    https://nathavh49.blogspot.com/2022/03/le-livre-de-neige-olivier-liron.html

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  • Olivier Liron est un auteur qui m'est cher pour sa gentillesse et sa sincérité, pour sa poésie et ses mots. Découvert grâce à instagram, j'ai lu son premier puis son deuxième roman. Je suis tombée sous le charme de sa plume. Ses romans restent tous les deux très présents dans mon esprit....
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    Olivier Liron est un auteur qui m'est cher pour sa gentillesse et sa sincérité, pour sa poésie et ses mots. Découvert grâce à instagram, j'ai lu son premier puis son deuxième roman. Je suis tombée sous le charme de sa plume. Ses romans restent tous les deux très présents dans mon esprit.

    J'attendais avec impatience la sortie de son troisième roman. C'est très émue que j'ai tourné les premières pages. Je crois que j'avais peur peur d'être à nouveau chamboulée. Et cela n'a pas raté.

    Le récit débute dans les années 30. C'est dans l'Espagne franquiste des années 50 que nait Maria Nieves, sa mère. La faim, les privations, la religions marquent son enfance, mais aussi la joie, les jeux dans la rue avec les cousins. Et puis vient le départ pour la France. L'immigration. Le rejet, le racisme, l'humiliation sont son quotidien. Elle ne baisse pas les bras. L'école et les livres sont son salut.

    Entre roman et biographie, entre fiction et faits historiques, c'est avec une grande douceur et pudeur qu'Olivier Liron rend hommage à sa maman.

    Un très beau récit qui m'a tour à tour émue, fait rire, sourire, pleurer aussi de joie et de tristesse. Je referme la dernière page avec regret. Regret de quitter Olivier et Neige. Regret et bonheur. Les dernières pages sont une pure beauté.

    Un roman marquant, un coup de coeur.

    "Nieves n'a pas envie de ressembler à ses femmes soumises qu'on lui donne en modèle. Dans ce contexte pesant, elle éprouve un désir de liberté, et comprend que cette liberté passe par le savoir et les livres. Formule de son bonheur : la volupté d'apprendre, du soleil, et le chant des oiseaux."

    "Faire face à l'adversité. Transformer la douleur en force motrice. Se surpasser. En sortir fortifiée. Être architecte de sa propre joie et de son propre destin."

    "Un livre, ça s'ouvre comme une fenêtre, comme une porte. Une façon de vivre d'autres vies."

    "Très vite, à l'ombre de Neige, se produit un mélange de réalité et de fiction. Il n'y a plus de différence entre la littérature et la vie. Je suis l'habitant d'un monde qui n'appartient qu'à moi. Cette réalité augmentée, ce don des nues, cette providence heureuse, cette félicité, c'est à elle que je la dois."

    "J'écris pour me venger.
    J'écris car l'écriture est une arme.
    J'écris dans le petit cahier que m'a mère m'a donné comme seul refuge et comme seul héritage.
    J'écris mes poèmes. J'écris mes rêves. J'écris les coups.
    J'écris que le monde est sanglant. J'écris le sang dans mon chant."

    "Je voudrais dire à ma mère tout cela. Que j'en ai marre d'être le meilleur à l'école. Que je me sens seul et abandonné. Que je me fous de ses études de botanique et d'écologie. Que je préfèrerais qu'elle soit là pour me protéger.
    Je voudrais lui dire mais je ne peux pas, c'est comme si j'avais un grand bâillon sur ma bouche.
    Je crois c'est ça, la honte.
    C'est quelque chose qui s'éteint à l'intérieur de vous, et vous ne pouvez pas en parler, sinon vous mourez.
    La honte, c'est mourir en silence."

    "Être triste, c'est avoir épuisé toutes les façons possibles de parler à ceux que l'on aime."

    "Je ne t'abandonnerai jamais, maman. Si un jour tu es triste à nouveau, je serai là. Toi aussi, tu pourras compter sur moi. Je te porterai quand tu seras fatiguée. On n'est pas éternels comme la mousse, mais on est vivants."

    "Aujourd'hui elle respire à nouveau. Elle respire avec l'eau. Elle respire avec les arbres. Elle repisre avec la forêt. Elle respire quand elle marche. Elle respire comme si elle s'envolent jusqu'à la lune. Elle respire avec le vert. Elle respire avec la verte souveraineté des choses. Elle respire avec l'épaisseur. Elle respire avec la lumière et les heures de lumière. Elle respire avec les promesses. Elle respire avec la présence. Avec le chant soudain du monde. La Dame Blanche est un lointain sou entre. Elle respire avec la transparence. La vie est devant elle."

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  • Maria Nieves dite Neige est née pauvre dans une Espagne Franquiste. Ses parents partent travailler en France où elle les rejoint quelques mois plus tard. Un parcours du combattant commence pour son intégration. Grâce à la rencontre de personnes bienveillantes. Neige pourra poursuivre les études...
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    Maria Nieves dite Neige est née pauvre dans une Espagne Franquiste. Ses parents partent travailler en France où elle les rejoint quelques mois plus tard. Un parcours du combattant commence pour son intégration. Grâce à la rencontre de personnes bienveillantes. Neige pourra poursuivre les études qu’elle souhaite.
    Le livre de Neige est une véritable déclaration d’amour d’un fils, Olivier Liron, à sa mère.
    Dans de courts chapitres et en alternant les souvenirs à l’actualité du jour, l’auteur nous narre avec beaucoup de plaisir et d’entrain la vie difficile des immigrés en France durant les trente glorieuses.
    Il nous transporte avec les histoires de sa grand-mère Carmen, nous donne envie de découvrir l’histoire de la plaine Saint Denis.
    J’ai eu extrêmement de plaisir à tourner les 215 pages de ce roman. J’ai ri, j’ai eu les larmes aux yeux, j’ai ressenti beaucoup d’émotions aux côtés de cette famille d’origine espagnole.
    Le petit plus: les photos tout le long des pages.
    J’ai eu la chance de rencontrer Olivier Liron qui parle tellement bien de ce livre, qui a des étoiles plein les yeux lorsqu’il parle de sa mère et sa grand-mère. Cet auteur est rempli d’amour et cela se ressent dans Le livre de Neige.

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