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Le jeune homme

Couverture du livre « Le jeune homme » de Annie Ernaux aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072980084
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

En quelques pages, à la première personne, Annie Ernaux raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu'elle. Une expérience qui la fit redevenir, l'espace de plusieurs mois, la «fille scandaleuse» de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape... Voir plus

En quelques pages, à la première personne, Annie Ernaux raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu'elle. Une expérience qui la fit redevenir, l'espace de plusieurs mois, la «fille scandaleuse» de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape décisive dans son écriture.Ce texte est une clé pour lire l'oeuvre d'Annie Ernaux - son rapport au temps et à l'écriture.

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Avis (6)

  • Une épure toujours plus pure !
    Le dernier titre d’Annie Ernaux est bref et intense. C’est la clef de toute son œuvre où la mémoire individuelle tricote avec la mémoire collective.
    Son œuvre est d’une cohérence rare.
    Avant de lire Le Jeune Homme, j’ai lu les années concernées dans L’Atelier...
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    Une épure toujours plus pure !
    Le dernier titre d’Annie Ernaux est bref et intense. C’est la clef de toute son œuvre où la mémoire individuelle tricote avec la mémoire collective.
    Son œuvre est d’une cohérence rare.
    Avant de lire Le Jeune Homme, j’ai lu les années concernées dans L’Atelier noir, comme une recherche d’indices sur cette période.
    Elle y écrit ses doute : ne pas faire une auto bio, ce serait le vide ; l’emploi du temps imparfait, choisir le présent pour être plus juste, pour dire de façon impersonnelle et ne pas être trop lyrique…
    Donc l’auteur nous raconte sa liaison avec un jeune homme de l’âge de son fils, trente ans d’écart, c’est à nouveau la jeune fille frondeuse qui resurgit : la transfuge de classe, la femme ménopausée vivant avec un jeune.
    Ce jeune homme est étudiant à Rouen comme elle le fut il y a des décennies.
    « Avec A, j’avais l’impression de rejouer des scènes et des gestes, qui avait déjà eu lieu, la pièce de ma jeunesse. »
    Mais si elle a conscience d’être son « initiatrice », elle concède qu’il lui fait vivre « une expérience initiatique ».
    Mais le jeune homme fougueux est aussi un jaloux. Jaloux d’un futur où il pressent n’avoir aucune place, il a du mal à vivre le présent, la jalousie de son passé à elle, le temps où il n’était pas le dévore.
    Frondeuse elle l’est, pourquoi un homme de son âge peux s’afficher avec une compagne qui pourrait être sa fille et qu’une femme n’aurait pas le même droit sans subir la désapprobation générale.
    D’un homme on dira qu’il est encore « vert » et d’une femme que c’est une « pute ».
    La femme de plus de cinquante ans est invisible sur le marché du sexe, pour elle A est le révélateur d’un mélange « sexe, temps et mémoire ».
    Si cet amour-là a bel et bien existé il a une autre dimension : donner naissance au livre L’Événement.
    Annie Ernaux n’a jamais été aussi claire dans le processus d’écriture.
    « Il n’y a que ce qui est écrit qui est vécu. »

    Elle nous livre comment nait un récit, comment il prend forme avant l’écriture, puis comment l’écriture la façonne, comment il est accouché…
    Avec la sortie des cahiers de L’Herne, son opus L’Atelier noir, ce court texte nous donne envie de relire toute l’œuvre.
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/05/16/le-jeune-homme-annie-ernaux/

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  • C'est un tout petit récit de 38 pages mais quelle intensité ! Un texte écrit entre 1998 et 2000 lorsqu'elle a eu une relation à l'âge de 54 ans avec un homme âgé de trente ans de moins qu'elle !

    Une passion qui en miroir lui a permis de vivre le présent comme un passé dupliqué, de revenir...
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    C'est un tout petit récit de 38 pages mais quelle intensité ! Un texte écrit entre 1998 et 2000 lorsqu'elle a eu une relation à l'âge de 54 ans avec un homme âgé de trente ans de moins qu'elle !

    Une passion qui en miroir lui a permis de vivre le présent comme un passé dupliqué, de revenir vers ses origines sociales, vers son passé... De revivre tous les âges de sa vie... l'effet du temps qui passe, du vieillissement par le regard des autres mais aussi d'avoir le sentiment pour la première fois avec lui d'être un personnage de fiction...

    Ce court et intense récit, minimaliste et intimiste est aussi celui qui lui a permis l'écriture de "L'événement" , il permet de comprendre son rapport à l'écriture et au temps. Il s'agit d'un des éléments clés de son oeuvre.

    Ma note : ♥♥♥♥♥

    https://nathavh49.blogspot.com/2022/05/le-jeune-homme-annie-ernaux.html

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  • Annie Ernaux propose en ce mois de mai 2022 un court roman, Le jeune homme, sur la relation amoureuse d’une femme à la cinquantaine bien présente avec un jeune homme de trente ans plus jeune qu’elle.

    Le jeune homme est accompagné d’une sortie chez l’éditeur l’Herne, au titre de Cahier d’Annie...
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    Annie Ernaux propose en ce mois de mai 2022 un court roman, Le jeune homme, sur la relation amoureuse d’une femme à la cinquantaine bien présente avec un jeune homme de trente ans plus jeune qu’elle.

    Le jeune homme est accompagné d’une sortie chez l’éditeur l’Herne, au titre de Cahier d’Annie Ernaux que je n’ai pas eu en main. Les cahiers de l’Herne sont un condensé de l’œuvre d’un écrivain avec des analyses fouillées suivant plusieurs axes, la participation d’autres artistes et la parution d’inédits

    Volontairement, j’ai remis à plus tard la découverte du Cahier pour me concentrer sur ce nouveau récit, écrit il y a plus de vingt ans et resté inédit.

    Dans Le jeune homme sont décrit les ressentis de l’écrivaine, semblant abolir un dernier tabou, celui de la vieillesse féminine qui vit une passion avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle. Seulement, la société française a changé. Son président de la République s’est affiché pendant son mandat électif, et ça va encore durer, avec une femme encore plus âgée que son héroïne.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2022/05/14/annie-ernaux/

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  • Je dirais en un mot mon ressenti à la lecture de ce mini récit qui m'a laissée indifférente : bof !

    Je dirais en un mot mon ressenti à la lecture de ce mini récit qui m'a laissée indifférente : bof !

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  • Ce texte très court relate une aventure amoureuse de l’autrice alors âgée de 54 ans avec un un homme plus jeune qu’elle de 30ans. Comme dans d’autres livres, le décalage temporel entre le vécu et son rendu littéraire est important et on s’interroge sur ce qui déclenche Chez Annie Ernaux le...
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    Ce texte très court relate une aventure amoureuse de l’autrice alors âgée de 54 ans avec un un homme plus jeune qu’elle de 30ans. Comme dans d’autres livres, le décalage temporel entre le vécu et son rendu littéraire est important et on s’interroge sur ce qui déclenche Chez Annie Ernaux le besoin de raconter avec un tel décalage. On sent bien que ce qui a été vécu ne l’a été vraiment complètement que si une narration littéraire le consacre en le figeant dans l’espace et le temps. L’histoire est banale mais elle fait référence à d’autres épisodes de son œuvre comme des clins d’œil à un passé révolu mais assumé parce qu’il a été écrit.

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  • Quand « Lire au lit » lit debout… Ah, ah, approchez que je vous raconte ma petite mésaventure. Le ridicule ne tue pas paraît-il… Samedi matin, je vais faire mes courses (j’ai une vie passionnante...) Quatre (grands) gosses = caddie, panier, sacs… Bref. Avant d’entrer dans le supermarché...
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    Quand « Lire au lit » lit debout… Ah, ah, approchez que je vous raconte ma petite mésaventure. Le ridicule ne tue pas paraît-il… Samedi matin, je vais faire mes courses (j’ai une vie passionnante...) Quatre (grands) gosses = caddie, panier, sacs… Bref. Avant d’entrer dans le supermarché (avais-je déjà une petite idée en tête ?), j’oblique vers l’Espace Culturel. Le bouquin d’Annie Ernaux est là. Je l’ouvre et commence à le lire. Debout. Le problème avec un bouquin aussi court, c’est que quand t’as commencé à le lire, tu l’as déjà fini. 27 pages de texte, c’est vite lu...
    Je le repose, l’air détaché, reprends mon caddie et commence à arpenter les rayons. Alors, elle rencontre un gars de 30 ans de moins qu’elle. Bon, on en a vu d’autres. (Cela dit, l’essentiel du texte ayant été écrit il y a plus de vingt ans, le sujet était peut-être à l’époque un peu tabou...) La suite est classique : l’impression de revivre sa jeunesse, de se voir donc comme elle était avant, la différence de statut social… Et puis, le regard des autres, le temps qui passe, le corps qui vieillit, la mort etc etc... Bien analysé, écriture au couteau… Du Ernaux pur jus.
    J’avais préféré « Passion simple » mais pourquoi pas... Tiens un poulet pour demain, c’est pas mal. Un poulet ou une pintade ? Un truc me turlupine quand même. Je ne sais pas quoi. J’ai l’impression que je suis passée à côté d’une chose importante… Merde, j’aurais dû acheter le bouquin… Céréales, baguette… Je retournerais bien dans l’Espace Culturel relire deux trois phrases mais bon, pas le temps… Des bananes. Qu’est-ce qu’il m’a demandé Antoine déjà ? Des cordons bleus ? Est-ce qu’elle ne dit pas, à un moment, que dans cette relation, elle est un personnage de fiction ? J’ai bien lu ça ou j’invente ? Je regarde les compotes et là, je comprends, je me dis, attends, en fait, c’est énorme ce qui se passe dans ce bouquin, énorme. L’essentiel, ce n’est pas du tout le jeune homme, évidemment, mais l’écriture. Oui, elle parle de la littérature là. Je ne me souviens plus… qu’est-ce qu’elle emploie comme termes exactement ?
    Je rentre. Je raconte. Les gamins ricanent : tu pouvais pas te l’acheter ton bouquin, hein, pas plus cher qu’un paquet de clopes. Allez les mioches, il n’y a pas de petites économies et puis, je l’avais déjà lu… Je repense à ce truc qui me turlupine. Je rumine, tourne en rond. Je n’ai pas de librairie en bas de chez moi, faut que je reprenne la voiture, fasse vingt bornes... Je raconte à une amie, une vraie, qui me dit : bouge pas, j’y vais, non je l’ai lu, j’y vais je te dis, bah si tu veux...
    Elle revient, je le lis, il est à moi, je le relis, crayonne, retourne en arrière, vérifie. C’est ça et c’est effectivement ÉNORME. Parce que ce qu’elle nous dit, c’est non seulement que sa vie est littérature mais là, on se demande si ça ne va pas plus loin et si cette relation n’a pas été entamée précisément POUR ÊTRE ÉCRITE. Ce qui signifie qu’au moment même où elle était vécue, elle devenait matière littéraire. En fait, chez Ernaux, la vie EST littérature et n’a de sens que si et seulement si elle devient littérature, se transforme en objet littéraire. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la vie mérite d’être vécue : pour être écrite. Sinon, autant mourir. La vie ne doit servir qu’à être écrite. « C’est peut-être ce désir de déclencher l’écriture du livre… qui m’avait poussée à emmener A. chez moi. » Ici , tout se passe comme si Annie Ernaux « PROVOQUAIT » dans le réel un événement afin qu’il DONNE LIEU à une matière susceptible d’être à l’origine d’un texte.
    Si j’osais, j’irais jusqu’à dire qu’elle vit cette relation PARCE QU’ELLE SAIT qu’elle va générer une matière littéraire.
    Jusqu’à présent, elle se servait de son vécu pour écrire. Là, elle « amorce » (et prolongera aussi longtemps que nécessaire) ce qu’on appellera par commodité « l’action » dans le réel, d’où la présence simultanée des deux verbes dans cette citation : « … écrire/vivre un roman dont je construisais avec soin les épisodes.»
    Et cette « construction » n’a pas lieu sur le papier, après les événements, mais AU MOMENT MÊME où l’autrice les vit. Annie Ernaux n’attend pas d’écrire pour lancer son récit, elle le fait naître avant, in real life, le déroule, s’observe, observe les autres EN TANT QUE PERSONNAGES LITTÉRAIRES (de fiction?) prêts à être embarqués pour un récit imminent. C’est pourquoi elle dit : «La principale raison que j’avais à vouloir continuer cette histoire, c’est… que j’en étais le personnage de fiction.» Ainsi, au moment même où elle vit les événements, elle agit en sachant qu’ils vont devenir objets d’écriture. D’ailleurs, la fin de l’écriture du livre coïncidera logiquement avec la fin de la relation.
    (Je ne vous raconte même pas ce que ça doit impliquer comme regard distancié sur ce qu’on vit...)
    Je suis stupéfaite. Je crois que chez aucun écrivain je n’ai senti une telle nécessité absolue d’écrire au point même de provoquer des événements parce qu’ils sont susceptibles de donner lieu à un texte.
    C’est l’impression que j’avais eue en parcourant rapidement le livre, à savoir que, dans le fond, l’essentiel, ce n’était pas le jeune homme (ce qui explique d’ailleurs pourquoi le livre est court : c’est une histoire banale à notre époque… et finalement, il n’y a pas grand-chose à en dire.) Non, l’essentiel apparaît à mon avis dans cinq, six phrases et dans le sublime exergue : « Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues. » Et ce qu’elle dit là est vertigineux. Et terrible : elle exprime l’espèce de fusion, de tissage, d’imbrication que sa vie entretient avec la littérature non seulement parce que ses textes se nourrissent de son existence mais aussi parce qu’ils influencent la trajectoire même de cette existence.
    Et c’est précisément le cas ici parce qu’elle vit quelque chose qu’elle a déjà vécu lorsqu’elle était étudiante (fréquenter un jeune homme, aller au resto U, dormir sur un matelas par terre…) Interviewée pour le Magazine Littéraire, elle dit « Écrire ne se confond pas avec imaginer… Pour moi, écrire, c’est retrouver. » Or, finalement, ici, dans cette expérience précise, il ne lui est pas nécessaire de passer par l’écriture pour « retrouver », elle le fait déjà en le vivant. On comprend mieux alors son impression d’être une actrice et de « rejouer des scènes et des gestes qui avaient déjà eu lieu. » Ce que je veux dire, c’est qu’il me semble ici que « l’acte littéraire », le passage à « la création », « la fiction » a lieu avant même l’écriture. Je ne sais pas si l’on retrouvera cette posture particulière ailleurs, dans d’autres textes d’Annie Ernaux. (sauf peut-être dans l’épisode de la rencontre avec l’officier à Venise qui sera à l’origine du livre « Les Années » : « Parce que j’attends toujours de la vie qu’elle apporte une solution à mes problèmes d’écriture, il me semblait que cette rencontre sur le vaporetto m’avait d’un seul coup rapprochée du livre que je voulais entreprendre. »)
    À la page p 23, l’autrice écrit : « Notre relation pouvait s’envisager sous l’angle du profit. » Il me semble que le principal profit que la romancière ait tiré de cette relation, ce n’est pas forcément le fait de revivre une seconde jeunesse mais celui de donner naissance à une matière fictionnelle. Elle dit d’ailleurs qu’elle a « conscience qu’envers ce jeune homme, cela impliquait une forme de cruauté. » Je veux bien la croire… Elle domine sur le plan matériel et culturel, tient les cordes, joue un rôle (celui de la fille qu’elle était autrefois), sait que tout ça ne débouchera sur rien sinon une séparation… et surtout… un texte.
    Évidemment, on s’en remet d’être transformé à son insu en être de fiction mais j’aimerais mieux, moi, que ça ne m’arrive pas…
    Allez, j’espère que leur histoire fut tout de même une belle histoire…
    En tout cas, « Le jeune homme » me semble être un texte complètement essentiel sur le rapport d’Annie Ernaux à l’écriture.
    Et je suis contente de l’avoir dans ma bib !

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