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Le ghetto intérieur

Couverture du livre « Le ghetto intérieur » de Santiago H. Amigorena aux éditions P.o.l
  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818047811
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu'ils ont fuie quelques années plus tôt en bateau ? Difficile d'interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l'un d'entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils... Voir plus

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu'ils ont fuie quelques années plus tôt en bateau ? Difficile d'interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l'un d'entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront deux enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient- elle ? Elle lui écrit une petite dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l'une d'elle, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit.
Heureusement la rue Sienna est restée à l'intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. » Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Tre- blinka II - « ce camp où en un an, les nazis avaient réussi à éliminer près d'un million de personnes. » C'était l'arrière-grand-mère de l'auteur.

Santiago Amigorena écrit le roman du silence, celui de sa famille partie en Argentine pour fuir le nazisme. Il raconte surtout le « ghetto intérieur » de l'exil. La vie mélancolique d'un homme qui crée une famille, s'invente une vie à l'étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours, et de millions de personnes. Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l'auteur qui écrit aujourd'hui : « Il y a vingt-cinq ans, j'ai commencé un livre pour combattre le silence qui m'étouffe depuis que je suis né ». Ce roman est l'histoire de l'origine de ce silence.

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Articles (2)

Avis (31)

  • En 1928, Vicente Rosenberg quitte la Pologne et s’installe à Buenos Aires. Distendre un peu les liens familiaux, prendre un peu de large avec ses racines, se construire un bel avenir. Très vite, Vicente rencontre Sammy et Ariel, juifs polonais comme lui, fréquente les bars, fonde un foyer avec...
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    En 1928, Vicente Rosenberg quitte la Pologne et s’installe à Buenos Aires. Distendre un peu les liens familiaux, prendre un peu de large avec ses racines, se construire un bel avenir. Très vite, Vicente rencontre Sammy et Ariel, juifs polonais comme lui, fréquente les bars, fonde un foyer avec Rosita…

    12 ans plus tard, « le 13 septembre 1940, à Buenos Aires, l’après-midi était pluvieuse et la guerre en Europe si loin qu’on pouvait se croire encore en temps de paix. »
    12 ans plus tard, sa conscience se brise. Depuis son départ, Gustawa sa mère, lui écrivait des lettres auxquelles il ne répondait, mais maintenant, elle lui parle « du grand mur que les Allemands ont construit ». Puis les lettres s’espacent, leur ton est dramatique et, plus de nouvelles. Un ghetto d’un autre type s’érige à l’intérieur de Vicente, qui sera brisé par la culpabilité, les regrets et l'impuissance.

    Une première lecture de l’œuvre de Santiago H. Amigorena que je n’oublierai pas. J’ai rejoint Vicente, petit-fils de l’auteur, au plus profond de sa mélancolie et suis sortie de la lecture extrêmement touchée. Quelques jours plus tard en écrivant ces lignes, je me sens très petite et suis reconnaissante envers l’auteur de communiquer avec habileté, force, pudeur et sensibilité sur la shoah, d’enseigner et de transmettre la mémoire des familles.
    Pour ce petit-fils, l’écriture de ce roman a été l’exutoire « pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ».
    A lire absolument avant de partager largement.

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  • Déçu par la politique et animé par une envie de réussite, Vicente Rosenberg quitte la Pologne en 1928 pour s’installer à Buenos Aires.
    Laissant sa mère et son frère à Varsovie, il fonde une famille et vit heureux jusqu’à l’invasion de la Pologne par les nazis en 1939.
    Car s’il a vécu en...
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    Déçu par la politique et animé par une envie de réussite, Vicente Rosenberg quitte la Pologne en 1928 pour s’installer à Buenos Aires.
    Laissant sa mère et son frère à Varsovie, il fonde une famille et vit heureux jusqu’à l’invasion de la Pologne par les nazis en 1939.
    Car s’il a vécu en oubliant le passé et les siens, la souffrance de la population de Varsovie murée dans le ghetto va le révéler à sa condition de juif et l’enfermer dans un silence dont il ne pourra sortir, comme si les mots ravivaient son remord de ne pas avoir été là où il aurait dû être.
    Ce roman nous interpelle sur la difficile et pesante «appartenance mi-religieuse et mi-ethnique» à ce peuple juif que la douleur a réuni de tous temps.
    Le propos de Santiago H. AMIGORENA est une révélation d’une telle justesse qu’elle est difficile à supporter et l’on se sent coupable de n’être pas plus que les spectateurs de cette catastrophe humaine.
    Une écriture simple et lancinante qui nourrit le malaise du remord et crée une irrépressible empathie pour ces êtres déracinés qui ont vécu l’holocauste emprisonnés dans un «ghetto intérieur».
    L’émotion est au rendez-vous dans ce court roman qui fût une révélation pour moi et que je ne suis pas prête d’oublier.

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  • « […] les mots ne dépendent pas de ce que croit dire celui qui les dit : les mots disent ce qu’ils deviennent, ils racontent toujours une histoire, des histoires. »
    Les mots de Santiago H.Amigorena glissent un pied dans la porte de l’histoire verrouillée de silence de sa famille. Lorsque...
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    « […] les mots ne dépendent pas de ce que croit dire celui qui les dit : les mots disent ce qu’ils deviennent, ils racontent toujours une histoire, des histoires. »
    Les mots de Santiago H.Amigorena glissent un pied dans la porte de l’histoire verrouillée de silence de sa famille. Lorsque Vicente Rosenberg, son grand-père, quitte Varsovie en 1928 pour aller s’installer en Argentine, il n’est pas (et il ne peut pas être, pas encore, pas si tôt !) un juif qui fuit la menace nazie, il n’est qu’un jeune homme comme tant d’autres, gonflé de l’espoir de construire sa vie dans un pays plein d’avenir et, surtout, loin de l’amour étouffant de sa mère. Alors, oui, il répond à ses lettres, mais pas toujours, mais de loin en loin, mais de moins en moins. Jusqu’à ce que des mots terribles, des mots qui seront les derniers, tracent les contours d’une réalité qu’il ne voulait pas voir, qu’il ne pouvait pas croire et contre laquelle il ne peut plus rien. Alors, de douleur et d’impuissance, il se tait.
    L’histoire que racontent les mots de Santiago H.Amigorena est, paradoxalement, celle d’un silence qui se creuse dans le fracas lointain des armes, dans la douleur montante des larmes, dans la terreur sournoise des flammes d’une terre brûlée à venir. Celle d’un silence qui se bâtit, à grand renfort de honte et d’angoisse sur les ruines encore fumantes d’une existence dont on ne soupçonnait pas la valeur, de souvenirs dont on ignorait qu’on les chérissait. Les mots de Santiago H.Amigorena racontent un gouffre qui se creuse, un mur qui se construit, un silence qui se fige peu à peu entre le racontable et l’indicible, entre ce que les mots peuvent traduire et ce qu’aucun d’entre eux, jamais, n’aura le pouvoir de dire avec assez de force, de poids, d’horreur et de justesse. Ils racontent l’histoire du nouveau péché originel, celui de la génération « d’après », entravée pour toujours des chaînes de la culpabilité d’avoir échappé au pire, de n’avoir pas su le voir, le dire et d’avoir osé vivre tandis que tant d’autres mourraient. Les mots de Santiago H.Amigorena racontent le silence coupable de ceux qui n’ont pas voulu croire aux mots qui racontaient et qui donnaient à voir et à hurler, le silence qui enferme et qui tue, le silence qui condamne. Qui « damne avec » ?
    En retrouvant les mots enfouis, les mots qui n’ont pu être dits avant lui, Amigorena dévoile, avec justesse et une douloureuse lucidité, la Genèse d’un silence qui, à votre tour, vous laissera sans voix.

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  • Pourquoi Vicente décide brutalement de se plonger dans le silence ?
    Santiago H. Amigorena raconte le mutisme de son grand-père qui lui pèse depuis tant d’années. Une histoire de famille basée sur des non-dits à propos de l’Holocauste.

    Le ghetto intérieur est un roman court et saisissant...
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    Pourquoi Vicente décide brutalement de se plonger dans le silence ?
    Santiago H. Amigorena raconte le mutisme de son grand-père qui lui pèse depuis tant d’années. Une histoire de famille basée sur des non-dits à propos de l’Holocauste.

    Le ghetto intérieur est un roman court et saisissant par les sentiments ambivalents que nous fait ressentir l’auteur : tant on est fasciné par la complicité et l’amour inconditionnel qui lient Vicente et Rosita, tant on partage avec lui le sentiment d’impuissance face à une famille que l’on détruit à douze mille kilomètres de là.

    Un énième roman sur cette période noire et atroce du génocide juif, mais un nouveau regard : celui d’un exilé impuissant face à ce drame familial.

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  • Dans « Le ghetto intérieur », Santiago Amigorena retrace le drame de son grand-père juif polonais exilé en 1928 en Argentine.
    Il s’en voudra toujours de ne pas avoir assez insisté pour faire venir sa mère et ses frère et sœur en Argentine pendant la 2ème guerre mondiale.
    J’ai été fortement...
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    Dans « Le ghetto intérieur », Santiago Amigorena retrace le drame de son grand-père juif polonais exilé en 1928 en Argentine.
    Il s’en voudra toujours de ne pas avoir assez insisté pour faire venir sa mère et ses frère et sœur en Argentine pendant la 2ème guerre mondiale.
    J’ai été fortement marquée par la plume de cet auteur.
    Il recense les méthodes et les termes employés par les nazis pour désigner les différentes étapes chronologiques du processus d’extermination des juifs.
    Cette lecture nous confronte à la froide réalité des faits historiques, une lecture indispensable pour ne pas oublier.
    L’écrivain met des mots sur le mutisme de son grand-père Vicente Rosenberg qui s’est enfermé dans la douleur de la culpabilité, faute de ne pouvoir traduire sa douleur en paroles.
    Nommer les choses, c’est déjà avancer dans le chemin de la résilience.
    Des années après les faits, Santiago Amigorena soigne ainsi une plaie familiale béante.
    Car nommer, c’est faire exister.
    Le comble étant que pendant les années directes de l’après-guerre, parler des camps, de l’Holocauste, a été impossible. Les gens ne voulaient pas savoir, pas entendre. Celà relevait de l’indicible comme la douleur de ce grand-père.

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  • Ce texte est très riche de réflexions sur la guerre et l'extermination massive de millions de juifs. Mais il questionne aussi la volonté de savoir, ou de se voiler la face pour continuer à vivre dans un semblant de normalité. Il interroge l'identité, sujet très fort dans ce récit : identité du...
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    Ce texte est très riche de réflexions sur la guerre et l'extermination massive de millions de juifs. Mais il questionne aussi la volonté de savoir, ou de se voiler la face pour continuer à vivre dans un semblant de normalité. Il interroge l'identité, sujet très fort dans ce récit : identité du peuple juif, exclusive de toute autre identité et qui porte le poids de la culpabilité et de l'Histoire. Santiago H. Amigorena analyse également le poids des mots, leur signification et leur portée historique. A travers sa propre histoire, il met en lumière le poids de l'histoire familiale également, ce que l'on appelle aujourd'hui la psychogénéalogie et comment le silence d'un aïeul peut affecter l'existence de sa descendance. Les réflexions portées par l'auteur sont très riches et passionnantes.

    Néanmoins, je n'ai pas été touchée par l'émotion. Je n'ai pas ressenti d'empathie pour cet homme qui se laisse emporté par la culpabilité d'avoir abandonné sa mère dans l'oeil du cyclone, un homme qui s'enferme en lui-même pour ne plus avoir à penser à ce que vivent sa mère et son frère au coeur du Ghetto de Varsovie. Emporté par ce qui finit par s'imposer à lui, il ne peut que se couper de tout ce qu'il ressent et du monde qui l'entoure, de sa femme et de ses enfants, pour ne plus avoir à imaginer l'inimaginable. Cette réaction, pour compréhensible qu'elle peut être, m'a laissée distante. Ce silence a finit par m'exaspérer. Cette rengaine incessante de l'auteur autour du silence et de l'introspection, cette façon de toujours y revenir alors que rien n'évolue, ont fini par me lasser. Là où les autres lecteurs ont été touchés par l'émotion, j'ai pour ma part souvent eu envie de sauter quelques pages pour revenir au volet historique. Dommage car cela m'a empêcher d'apprécier réellement cet ouvrage.

    https://itzamna-librairie.blogspot.com/2019/12/le-ghetto-interieur-santiago-h-amigorena.html

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  • Je savais en débutant ce roman de Santiago H. Amigorena, faisant partie de la sélection d'octobre du Grand Prix Elle, que ça n'allait pas être une lecture joyeuse. Bon et bien, déjà je ne me suis pas trompée, c'est effectivement assez triste mais aussi très émouvant.
    Santiago H. Amigorena nous...
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    Je savais en débutant ce roman de Santiago H. Amigorena, faisant partie de la sélection d'octobre du Grand Prix Elle, que ça n'allait pas être une lecture joyeuse. Bon et bien, déjà je ne me suis pas trompée, c'est effectivement assez triste mais aussi très émouvant.
    Santiago H. Amigorena nous offre un point de vue sur la Shoah différent de ceux que l'on a déjà pu lire : la vision qu'il nous présente, c'est celle d'un homme à des milliers de kilomètres de sa mère restée à Varsovie, un homme qui ne sait pas ce qu'il se passe, qui ne peut que l'imaginer et se sentir coupable.
    Cet homme, c'est Vicente, polonais, juif ou argentin, il ne le sait plus trop en ces temps troublés de la Deuxième Guerre Mondiale, pendant que des hommes décident du sort des juifs en Pologne, décident qu'ils n'ont plus le droit de vivre.
    Alors, il se renferme, ne parle à personne de ce qu'il ressent, comme si ça allait suffire à repousser l'horreur loin de lui. Il arrête de parler et s'enferme dans son ghetto intérieur.
    Comment ne pas se sentir concerné par les questions que Vicente se pose, lorsqu'il déjeune en famille et qu'il se sent coupable d'avoir autant à manger alors que sa mère souffre de la faim, lorsqu'il se dit qu'il aurait du insister et la ramener de force en Argentine avec lui ?
    Une lecture poignante servie par une belle écriture.

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  • COUP DE CŒUR

    0https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/09/le-ghetto-interieur-de-santiago-h.html

    Buenos-Aires, 1940. Vicente Rosenberg, trente-huit ans, vit en Argentine depuis qu'il a quitté la Pologne en 1928. Il a épousé Rosita et a trois jeunes enfants. Sa mère avait refusé de le...
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    COUP DE CŒUR

    0https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/09/le-ghetto-interieur-de-santiago-h.html

    Buenos-Aires, 1940. Vicente Rosenberg, trente-huit ans, vit en Argentine depuis qu'il a quitté la Pologne en 1928. Il a épousé Rosita et a trois jeunes enfants. Sa mère avait refusé de le suivre choisissant de rester près de son fils aîné à Varsovie. Vicente a éprouvé du soulagement d'avoir réussi à s'éloigner de sa mère, il se sent maintenant bien plus argentin que juif ou polonais. L'exil a permis à Vicente de devenir indépendant. Sa mère lui écrit des lettres auxquelles il ne répond pas toujours.

    Avec ses amis juifs qu'il retrouve au café, il s'inquiète de ce qui se passe en Europe, ils n'ont qu'une idée très vague de ce qui se passe réellement à 12000 kms de l'Argentine. Les lettres de sa mère deviennent plus rares et de plus en plus alarmantes, les nazis exproprient les juifs, construisent un mur autour des logements dans lesquels ils les confinent, c'est le ghetto de Varsovie dans lequel sont enfermées quatre cent mille personnes sur à peine trois kilomètres carrés. Comment d'Argentine, imaginer ce qu'est réellement la vie à l'intérieur du ghetto? Quelques rares articles évoqueront les camps d'extermination à partir de 1942 mais ils auront peu d'écho... un jour Vicente ne reçoit plus de lettres de sa mère. " S'éloigner de sa mère en 1928 l'avait tellement soulagé - être loin d'elle aujourd'hui le torturait tellement."

    Le jeune homme qui ne s'est jamais vraiment senti juif, qui avait même éprouvé de la honte à être juif se pose des questions sur son identité. Commence à poindre le sentiment de se sentir de plus en plus juif et d'être fier de cette identité. Vicente regrette de ne pas avoir insisté dans les années précédentes pour que sa mère le rejoigne en Argentine avec son frère alors que la montée de l’antisémitisme était flagrante et que des pogroms avaient eu lieu. Il n'a pas insisté mais peut-être n'avait-il pas vraiment eu envie qu'elle le rejoigne dans ce pays où il avait pu devenir lui-même...

    L'inquiétude, la culpabilité de ne rien pouvoir faire pour sauver sa mère et l’impossibilité de continuer à vivre comme il l'avait fait jusque-là entraînent Vicente dans un ghetto intérieur, il s'enferme dans une prison de silence et de jeu, il se désintéresse de tout, de son travail, de sa femme et leurs enfants, passant ses nuits à jouer au poker, jouant pour se punir et pour oublier. "Vicente avait voulu savoir et, en même temps, il avait préféré ne pas savoir."

    Ce récit d'une incroyable force retrace l'histoire du grand-père de l'auteur, c'est une vraie page d'histoire. Ce roman décortique la sidérante descente dans la mélancolie de Vicente, un homme affreusement torturé qui ne veut pas savoir, qui ne veut pas imaginer ce qui se passe en Europe et ce que vit sa famille restée à Varsovie. Il se coupe du monde, son esprit se referme pour pouvoir survivre. Il se réfugie dans un mutisme qu'il transmettra à certains de ses enfants et petits-enfants, dont l'auteur qui dit avoir commencé à écrire pour combattre le silence qui l'étouffe depuis sa naissance. Un récit bouleversant dont l'intensité va crescendo. L'auteur dépeint un homme qui, lorsqu'il apprendra la réalité de la Shoah, se sentira coupable d'avoir manqué à sa destinée, de ne pas avoir été là où il aurait dû être et vivra à partir de ce moment-là "comme un fantôme, silencieux et solitaire." Inoubliable roman sur la culpabilité des survivants...

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