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Le gang des rêves

Couverture du livre « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio aux éditions Slatkine Et Cie
Résumé:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt...

L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s'achève quelques heures plus tard sans qu'on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une... Voir plus

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt...

L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s'achève quelques heures plus tard sans qu'on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté.

Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l'auteur de dix romans.
Deux d'entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

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Le courrier des auteurs

Luca Di Fulvio répond à nos questions ! (15/06/2016)

1) Qui êtes-vous ? ! C'est la question à un million de dollars. Pour le savoir, demandez à mon analyste. J'ai cherché ma voie pendant de nombreuses années. À supposer que je l'aie trouvée, c'est plus par intuition que par intelligence, plus par hasard que par introspection. Et si je pense avoir trouvé un chemin, rien ne m'empêchera d'en trouver d'autres, à l'avenir. Ma vie s'est faite comme ça. Je suis d'abord entré à l'Académie des arts dramatiques ou j'ai rencontré mon mentor, un professeur de mise en scène, Andrea Camilleri, qui à l'époque n'avait pas encore écrit de romans. Je suis devenu acteur, j'ai créé ma propre compagnie de théâtre ainsi qu'un groupe de musique. Nous avons fait un court-métrage, Exit, qui a remporté le Grand prix du festival de San Sebastian, et a été nominé pour les Oscars. Je continuais à faire l'acteur et, un jour, un réalisateur m'a crié : «Arrêtez de changer constamment les textes que vous devez jouer ! Écrivez-en un mais ne ruinez pas le mien !». C'est ce que j'ai fait. J'ai écrit une adaptation théâtrale de Tonio Kröger, de Thomas Mann et je me suis aperçu que l'écriture me plaisait. Pendant dix ans, tous les éditeurs italiens ont refusé les romans que je leur proposais. «Vous n'êtes pas assez italien», m'écrivaient-ils. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Ensuite, j'ai écrit un thriller qui a eu un certain succès. Fabio Conversi l'a lu et en est tombé amoureux. Il l'a fait lire à sa femme, Fanny Ardant, qui l'a gentiment signalé à Gallimard. Le livre est paru sous le titre L'Empailleur dans la Série Noire. Puis, j'ai écrit Le Gang des Rêves qui a eu un succès incroyable en Allemagne, où il a dépassé le million d'exemplaires. 2) Quel est le thème central de ce livre ? J'envie beaucoup les écrivains qui connaissent le sujet de leur livre avec certitude, certains même avant de commencer à l'écrire. Je ne suis pas comme ça. Je suis un peu comme une sage-femme, j'assiste la naissance des personnages et me laisse guider par eux. Lorsque le thème est défini, les personnages vivent leur vie. Rétrospectivement, je peux dire que Le Gang des rêves est un roman d'apprentissage : le protagoniste est un petit garçon qui devient un homme ; sa mère est une jeune fille devenue trop vite femme ; et le troisième personnage, une fillette forcée par la vie à grandir trop vite. En même temps, j'ai voulu peindre une fresque de l'Amérique et essayer d'être le plus précis possible, notamment dans la description de New York. J'avais besoin d'un décor où tout soit possible. J'ai décrit des lieux qui font partie de notre imaginaire. Chacun d'entre nous a en tête des images de Paris ou de New York, même ceux qui n'y sont jamais allé. Et puis, bien sûr, ce livre est un roman d'amour. L'amour qui surmonte toutes les barrières, sociales et personnelles. Avec des rêves sans lesquels on ne peut pas vivre. Et la passion sans laquelle on ne peut pas réaliser ses rêves. C'est l'amour qui anoblit. L'amour qui devient possible quand plus personne n'y croit. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? Oh là ! Me citer moi-même ? Très bien. J'aime quand Cetta, la mère du protagoniste, raconte qu'elle a lu Croc Blanc de Jack London, car cette phrase résume sa sagesse et les conseils de vie qu'elle donne à son fils : «Tu es un loup, mon amour. Et le loup qui est en toi te rendra fort et invincible quand tu seras grand. Mais comme Croc Blanc, il faut que tu écoutes la voix de l'amour. Si tu ignores cette voix, tu deviendras comme tous les jeunes de notre quartier, ces délinquants qui ne sont pas des loups sauvages, mais juste des chiens enragés.» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? La première musique que je serais tenté de citer, c'est Diamond Dogs, de David Bowie, à qui j'ai emprunté le nom dont mon héros baptise son gang. Mais je crois que, si on devait faire une bande originale, Ennio Morricone serait parfait. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Les émotions. Je suis incapable d'intellectualiser, c'est ma plus grande limite et peut-être ma seule qualité. Les plaisirs de l'esprit ne me satisfont pas. J'aime rire, parler marcher. La simplicité, c'est quelque chose qu'on a dans l'estomac plus encore que dans le coeur. On l'a en soi, enfant, et en grandissant, on la perd peu à peu. La société, la culture vous imposent des choix. Mais si vous observez les enfants, vous verrez qu'ils utilisent naturellement des métaphores que les adultes finissent par éliminer de leur discours. Le premier signe de la vieillesse est sans doute d'appeler les choses uniquement pas leur nom. Donc oui, ce sont mes émotions que j'aimerais partager. Ce sont elles qui m'aident à me sentir vivant. 6) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! Les livres qu'on lit nous servent à donner une géométrie à nos vies, à apporter une réponse, à nous faire croire que l'existence à un début, un milieu et une fin. Les écrivains qui les écrivent servent la beauté, comme les poètes ou comme les peintres. Un jour, en Sicile, j'ai vu une gamine maigrichonne avec un énorme panier de fruits sur le dos. Elle grimpait péniblement un escalier, elle a trébuché et fait tomber toute sa cargaison. Une femme l'a aidée à se relever et lui a glissé une fleur dans les cheveux. La gamine est repartie, son sac était plus léger. Quand elle a disparu, j'ai demandé à la femme pourquoi elle lui avait donné cette fleur. Elle m'a répondu : «pour la beauté».

Contenu proposé par lechoixdeslibraires.com

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Avis (44)

  • Ce livre, je l'ai dévoré. Il m'a transporté. Il m'a fait voyagé. Il m'a fait pleurer. Je ne voulais pas l'arrêter.
    Je vivais avec le personnage principal.
    Je vivais dans une époque que je ne connais pas, dans un lieu que je ne connais.
    Magnifique voyage !

    Ce livre, je l'ai dévoré. Il m'a transporté. Il m'a fait voyagé. Il m'a fait pleurer. Je ne voulais pas l'arrêter.
    Je vivais avec le personnage principal.
    Je vivais dans une époque que je ne connais pas, dans un lieu que je ne connais.
    Magnifique voyage !

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  • Voilà, je mets cinq étoiles, parce qu'on ne peut en mettre que cinq.
    Voilà, ça fait deux semaines que j'ai fini la lecture du Gang des rêves et que mes lectures depuis me paraissent bien insipides. Pas la faute des auteurs ou autrices, non, la faute de Luca di Fulvio.
    La faute à ces 944 pages...
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    Voilà, je mets cinq étoiles, parce qu'on ne peut en mettre que cinq.
    Voilà, ça fait deux semaines que j'ai fini la lecture du Gang des rêves et que mes lectures depuis me paraissent bien insipides. Pas la faute des auteurs ou autrices, non, la faute de Luca di Fulvio.
    La faute à ces 944 pages passionnantes, brillantes, noires, tortueuses, flamboyantes.
    1906, Italie, Cetta, une jeune fille de quatorze ans, se fait violer dans le champ où elle travaille. Mais à l'époque, se faire violer ne pose pas de problème, c'est dans les mœurs. Un bébé naît, il s'appelle Natale. Elle va partir. Direction les États-Unis vers son rêve éveillé ; ses promesses de succès et de richesse. Une nouvelle vie, tout simplement.
    Sur le bateau, Cetta fera la putain entre deux tétées.
    Arrivée aux USA, elle fera la putain pour avoir son droit de sol, tandis que son fils sera renommé Christmas par les services d'immigration.
    Puis, elle fera la putain, tout court, tous les jours.
    Son fils, lui, va grandir. Une petite frappe mais qui n'ose pas frapper.
    Un petit ado qui va s'inventer une vie de gangster, pour exister.
    Un bon gars qui va tomber amoureux d'une jeune fille qu'il aura sauvée d'un viol avec coups et blessures.
    Elle s'appelle Ruth, elle est riche, elle est juive.
    Ce bouquin de di Fulvio, c'est une saga entre 1906 et 1929.
    C'est une histoire d'amour, de fierté, d'abnégation.
    C'est une histoire de rêves gardés à portée de main pour devenir un Américain, un vrai, un homme d'honneur, un homme heureux.
    Comme tout bouquin qui m'émeut, j'aimerais le recommencer de zéro.
    Parce que Cetta, parce que Christmas, parce que Ruth, et tous ces personnages qu'il nous semble avoir connus.
    Voilà, j'ai du mal à passer à autre chose.
    Voilà, j'aimerais vous inviter à l'ouvrir, ce livre. À ouvrir grands les yeux, à ne pas éteindre la lumière ce soir, et à vous plonger, à cor et à cri ,dans cette épopée du début du XXe siècle avec amour.

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  • 3,5/5... Ma foi, c'est un bon roman, même si je n'ai pas été aussi transcendé que la grande majorité des lecteurs. C’est une belle fresque historique avec de bons personnages et une ambiance retranscrite réussie. Mais au risque de recevoir quelques tomates, je dirai qu’il m’a manqué de...
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    3,5/5... Ma foi, c'est un bon roman, même si je n'ai pas été aussi transcendé que la grande majorité des lecteurs. C’est une belle fresque historique avec de bons personnages et une ambiance retranscrite réussie. Mais au risque de recevoir quelques tomates, je dirai qu’il m’a manqué de l’intensité émotionnelle, de la densité malgré le nombre de pages.

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  • J’ai beaucoup entendu que le gang des rêves était très cru, avec beaucoup de violence et de sexe, le tout avec une écriture très proche du langage parlé. Que d’éléments qui normalement ne me convienne pas. Quitte à l’avoir chez moi, autant essayé malgré tout et j’ai bien fait. Effectivement...
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    J’ai beaucoup entendu que le gang des rêves était très cru, avec beaucoup de violence et de sexe, le tout avec une écriture très proche du langage parlé. Que d’éléments qui normalement ne me convienne pas. Quitte à l’avoir chez moi, autant essayé malgré tout et j’ai bien fait. Effectivement c’est cru, il y a du sexe et de la violence et pourtant je n’ai jamais pensé l’abandonner avant la fin.
    On est au coeur des quartiers pauvres de New-York, principalement ceux italiens. On suit principalement Luminita et son fils Natale, devenu Christmas au passage de l’immigration de leur arrivée aux Etats-Unis à la fin de l’adolescence de Christmas. Luminita est une jeune fille belle et qui immigre seule. Quand elle arrive sans carte verte, ce qui devait arriver arriva, elle termine au bordel. J’ai beaucoup aimé suivre Luminita qui est d’un positivisme et d’une volonté à tout épreuve. Elle est prête à tout sacrifier pour permettre l’intégration de son fils, pour qu’il soit un vrai américain. J’aurai aimé qu’on la suive plus même si Christmas prend toute la place petit à petit.
    Christmas est un gamin qui a grandi en étant persuadé d’être américain même s’il est le seul à le penser. Pour tous, il reste un immigré. Il est particulièrement intelligent. Sa mère a tout fait pour qu’il soit instruit même s’il ne va pas à l’école très longtemps. Sa plus grande force est qu’il sait inventer des histoires tout en étant très très crédible. Sa première réussite, il s’invente un gang. Il a une façon de faire, de convaincre les gens aussi bien les vrais mafieux que les enfants de rue le croient et le trouvent attachant. Ils vont tout faire pour qu’il s’en sorte même s’il s’attire des problèmes. Sa gouaille rend très visuel la vie des quartiers. Toute la puissance des rêves est très bien retranscrite et illustre le fait que c’est ce qui tient les gens hors de l’eau. Luminita avance car elle veut réussir l’intégration de son fils. Christmas progresse grâce à son amour pour la riche Esther qu’il veut protéger puis retrouver… S’ils sont les personnages principaux, ils ne sont pas seuls. Toute une galerie de personnages secondaires sont présents.
    Toute une galerie de personnages secondaires sont présents, bien construits et assez variés pour avoir une vision globale de la vie à cette période. Il y a juste un des personnage qui m’a particulièrement déplu car c’est le seul sans nuance. Il correspond au cliché du vrai méchant en pleine déchéance. Si son existence est intéressante car elle apporte un plus à l’histoire, le suivre de manière si fréquente et détaille ne m’a pas convaincue. C’était trop dur pour moi. Il y a un autre point très présent, la place de la différence de classes. On oscille entre le fait que tous ont intégré qu’il ne faut pas viser trop haut et le rêve de s’en sortir, de ne pas rester dans la misère.
    Au cours du roman, on découvre toutes les contradictions, les espoirs et l’évolution de la société pendant une époque clé. C’est une tres belle fresque, une belle surprise.

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  • Écriture simple accessible à tous, ce bouquin m'a fait voyager de Sicile à NYC et en Californie et dans une ambiance d'émigrés Italiens ... SUBLIME!!!

    Écriture simple accessible à tous, ce bouquin m'a fait voyager de Sicile à NYC et en Californie et dans une ambiance d'émigrés Italiens ... SUBLIME!!!

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  • Nous sommes au début du XXe siècle. Cetta Luminata vient d’arriver à New-York. Elle a fui son pays natal, la Sicile, car violée par l’employeur de ses parents, elle s’est retrouvée enceinte. Elle décide de garder l’enfant mais comme ils n’auront aucun avenir dans ce pays pourquoi ne pas tenter...
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    Nous sommes au début du XXe siècle. Cetta Luminata vient d’arriver à New-York. Elle a fui son pays natal, la Sicile, car violée par l’employeur de ses parents, elle s’est retrouvée enceinte. Elle décide de garder l’enfant mais comme ils n’auront aucun avenir dans ce pays pourquoi ne pas tenter le rêve américain ?

    Au terme d’une traversée qui a tout du cauchemar, elle se rend compte que le rêve s’écroule, et hélas la conduit à faire faire le trottoir pour nourrir son fils qu’elle a baptisé « Christmas » … mais quel pourra être son avenir, dans cette partie de la ville où règne en maître la maffia ?

    Lorsqu’il est un peu plus grand, il tombe amoureux de Ruth, petite fille juive dont les parents sont riches, habitent une belle maison, où tout semble tomber du ciel facilement.

    La gentille Ruth est victime d’un viol par un des employés de la maison et tout bascule.

    Luca di Fulvio, nous raconte l’histoire de ces deux gamins, la manière dont ils vont évoluer dans la vie, et comment on peut on non prendre son destin en mains.

    Chris est intelligent, même si l’école a été une expérience traumatisante, alors qu’il est né dans ce quartier maffieux, où règne la violence avec les guerres des gangs, les affrontements entre Italiens et Irlandais, avec la complaisance de certains policiers, la prohibition, la pauvreté, pour ne pas dire la misère. Pour un amour d’enfant, il va tourner le dos à cet univers et faire quelque chose de sa vie avec sa belle idée de « gang des rêves », tout en cherchant à retrouver Ruth.

    L’auteur parle extrêmement bien aussi du drame des migrants, qui ont fui la pauvreté dans leur pays natal, pour se retrouver dans la misère une fois de plus, tout en gardant la nostalgie du pays. Il montre sans concession la ségrégation, le racisme sur fond de naissance de « Little-Italy ».

    De son côté, Ruth doit arriver à vivre avec ce traumatisme qui a fait éclater l’innocence de l’enfance, et montrer qu’on n’est à l’abri nulle part, que l’argent et le confort ne protègent pas de tout.

    On traverse pratiquement tout le XXe siècle, les musiques, l’avènement de la radio, le Music-hall, puis du cinéma ainsi que toutes les tragédies.

    L’écriture est belle, le rythme léger, l’histoire va bien au-delà d’une romance à l’eau de rose,et au fur et à mesure que je progressais dans la lecture, je me suis sentie happée et il m’a été impossible de le lâcher.

    J’ai lu énormément de critiques positives sur ce roman et la mienne (même rédigée de mémoire car plusieurs mois après l’avoir lu!) va dans le même sens, car l’atmosphère que crée avec talent Luca di Fulvio est encore omniprésente…

    Bien entendu, d’autres romans de l’auteur m’attendent dans la PAL, notamment « Les enfants de Venise » et « Le soleil des rebelles » …

    Un vrai coup de cœur donc:

    coeur-rouge-

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  • Cetta, quinze ans, travaillant dans les champs en Calabre à la merci de patrons médiévaux est violée par un de ses « maîtres » comme sa mère bien des années avant et se retrouve enceinte. Loin d'abdiquer, fuyant une vie de paria, elle décide de tenter l'aventure américaine comme tant d'Italiens...
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    Cetta, quinze ans, travaillant dans les champs en Calabre à la merci de patrons médiévaux est violée par un de ses « maîtres » comme sa mère bien des années avant et se retrouve enceinte. Loin d'abdiquer, fuyant une vie de paria, elle décide de tenter l'aventure américaine comme tant d'Italiens à l'époque et embarque avec comme seule richesse ce nourrisson Natale espérant des lendemains meilleurs ou tout du moins un espoir de liberté qui lui est interdit dans la Calabre du début du XXème siècle . Bien sûr, elle va très vite comprendre qu'elle tombe de Charybde en Scylla.
    C'est son histoire et celle de Natale son fils rebaptisé Christmas à son passage à Ellis Island qui nous est racontée dans ce gros roman de plus de 700 pages qui commence en Aspromonte en 1907 et se termine en Amérique en 1929.
    De la violence bien sûr, de la peine, de la misère mais aussi des luttes, des victoires, de l'émancipation, de l'intégration, de la solidarité et de l'amour dans les bas-fonds du Lower East Side où tous ces damnés de la terre anonymes, héroïques chacun à sa manière ont créé cette ville et en même temps bâti une épopée modeste qui ne restera pas dans les annales de l'Histoire mais dont ils peuvent être fiers. Au long des pages qu'on avale, qu'on dévore, on découvre aussi l'ancêtre de la Maffia mais aussi la naissance de la radio, du cinéma de masse, de la publicité, du Music Hall sur Broadway, la construction de la skyline… Manhattan!
    Pas une ligne d'ennui, les chapitres courts sont tous passionnants, empreints d'une grande qualité d'écriture romanesque et très cinématographique, un vrai bonheur pour qui connaît un peu la ville et pour tous les amoureux des grands romans historiques, des oeuvres faisant la part belle aux plus humbles.

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  • La Gang des rêves est un roman historique qui mêle fiction et réalité, initialement publié aux éditions Slatikine et Cie :). 

    Petit topo sur l’histoire : Cetta est une jeune mère d’à peine 15 ans qui décide de fuir son Italie natale et les cauchemars qu’elle renferme. Bien décidée à vivre le...
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    La Gang des rêves est un roman historique qui mêle fiction et réalité, initialement publié aux éditions Slatikine et Cie :). 

    Petit topo sur l’histoire : Cetta est une jeune mère d’à peine 15 ans qui décide de fuir son Italie natale et les cauchemars qu’elle renferme. Bien décidée à vivre le rêve Américain, elle tente le tout pour le tout et embarque avec son fils Christmas sur un navire, destination Long Island. Arrivée à New York, Cetta va apprendre à survivre au sein d’une population pauvre et d’une société en plein mouvement. C’est dans cette atmosphère délétère que son fils va grandir, entre guerre des gangs, rêve, amour et espoir.

    Le Gang des rêves est un roman qui se lit d’une traite. L’auteur nous présente l’Amérique des années 20, en plein cœur de la prohibition et de la révolution industrielle. A cette époque, les nouvelles technologies automobiles se frôlent un chemin parmi les dernière calèches et les immigrés arrivent en masse dans ce qu’ils pensent être le pays de la liberté et de tous les possibles. Au cours de cette période de « gloire », les populations se fragmentent en deux clans : les riches et les pauvres. Alors que ces derniers vivent dans des quartiers où la violence est légion, où la prostitution est l’un des moyens les plus efficaces pour espérer gagner quelques pécules pour nourrir ses enfants quand on  ne sait pas encore aligner trois mots d’américains, les riches se complaisent dans les apparences, faisant fi des sentiments et de la réalité, le plus important étant la réussite, peu importe son coût.

    Cetta incarne cette génération d’immigrés qui croient en ses rêves, croient en un monde meilleur et surtout en l’Amérique. Christmas, qui grandit pourtant dans un quartier violent qui mêle tueurs à gage et règlements de compte, continue de rêver, de croire en l’amour et reste lui-même, sûr de lui et de son destin. Charismatique et n’ayant rien à perdre il va réussir à mater les agneaux les plus doux et les loups les plus sauvages, un usant de son bagou et de sa témérité. C’est un personnage intéressant dans la mesure où il passe par plusieurs phases et qui grandit dans une société américaine qui lui proposent différentes portes de sorties, le laissant maître de ses choix. Les protagonistes qui l’entourent incarnent tous une facette de cette nouvelle Amérique, que ce soit la violence, l’espoir, la réussite, la survie ou encore la temporalité. Chacun d’eux possède le destin qu’il mérite.

    L’écriture de Luca Di Fulvio est très accessible, elle mélange une fluidité et une profondeur qui rendent la lecture très agréable. Les chapitres ne traînent pas sur des pages et des pages ce qui permet aux lecteurs de faire le point sur ce qu’il vient de lire. Le langage de la rue est fidèle et adapté aux personnages et l’auteur ne manque pas de présenter les différentes formes d’art (comme la photographie, le cinéma ou encore la radio) qui explosent au cours des années folles.

    Au-delà des histoires de famille et d’amour, l’auteur décrit une société en mal de sensation, une société américaine qui veut toujours aller plus vite, plus loin, plus fort, qui se veut sans limite. Que l’on soit pauvre ou riche chacun en prend pour son grade. La société de consommation n’est pas en reste, le tout Hollywood qui ne rêve que de gloire se retrouve frustré et ne parvient à la catharsis qu’en étant acteur de situations qui frisent la légalité, ne comprenant pas que derrière les paillettes, derrière un jeu d’acteur, se cache le plus terrible des assassins. Cette Amérique que se veut puritaine et glorifie son jeu de prohibition développe en réalité la pègre et la colère, le racisme et la violence envers les femmes. 

    En conclusion, Le Gang des rêves est un roman qui reste agréable à lire, présentant un pan historique certes survolé mais qui donne aux personnages des caractères puissants et des destins atypiques. L’immigration est eu cœur du roman et le destin de milliers d’hommes et de femmes est décrit au travers d’une histoire qui mêle fiction et réalité. J'ai donc apprécié ce roman sans pour autant l'adorer. Les personnages sont assez stéréotypés, images d'une Amérique en plein essor, mais le récit en lui-même, bien que fluide et plutôt bien maîtrisé, est un peu redondant et parfois éloigné de la réalité. En somme, Le Gang des rêves nous entraîne autant qu'il nous laisse dubitatif ;)

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