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Le démon de la colline aux loups

Couverture du livre « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie aux éditions Le Tripode
  • Date de parution :
  • Editeur : Le Tripode
  • EAN : 9782370552570
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance... Voir plus

Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d'amour et de passion, de moments de lumière... Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.

Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C'est surtout un flot ininterrompu d'images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.

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Articles (3)

Avis (14)

  • Le récit introspectif d'un jeune homme dont l'enfance a débuté dans « l'horreur absolue ».
    Reclus dès la naissance avec ses frères et soeurs dans « le nid » sans commodité et à peine nourri, il n'a que ses sens et son esprit pour comprendre qui il est. Il ne connait même pas son prénom ni celui...
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    Le récit introspectif d'un jeune homme dont l'enfance a débuté dans « l'horreur absolue ».
    Reclus dès la naissance avec ses frères et soeurs dans « le nid » sans commodité et à peine nourri, il n'a que ses sens et son esprit pour comprendre qui il est. Il ne connait même pas son prénom ni celui de ses frères et soeurs qu'il découvrira plus tard.
    Sa colère intérieure qu'il nomme « le démon » résultant de cette maltraitance et cette difficulté à faire la différence entre le bien et le mal vont le conduire en prison où il décide d'écrire son histoire à partir de son premier souvenir.
    Un écriture directe, sans ponctuation, sa façon à lui de s'exprimer comme il peut, son « parlement » comme il l'appelle, sont d'une naïveté et d'une pureté extraordinaires. Malgré la noirceur du roman et la dureté des faits, on se surprend parfois à sourire (entre les larmes).
    Un livre difficile à lâcher, rempli d'émotions et qui nous marque profondément

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  • Ce livre est le pourquoi de ce que nous sommes, lecteurs. Nous, les amoureux des mots, fascinés par le pouvoir que provoquent la juxtaposition de caractères, nous qui les lisons pour ce qu’ils nous font éprouver. Ceux de Dimitri Rouchon-Borie ont transpercée ma chair, provoquant la douleur de ce...
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    Ce livre est le pourquoi de ce que nous sommes, lecteurs. Nous, les amoureux des mots, fascinés par le pouvoir que provoquent la juxtaposition de caractères, nous qui les lisons pour ce qu’ils nous font éprouver. Ceux de Dimitri Rouchon-Borie ont transpercée ma chair, provoquant la douleur de ce qui savent ô combien ce qu’il raconte est vrai.

    Nous sommes nos choix. Mais nous sommes ce qu’on nous a donné. Plus que tout, nous sommes ce qu’on nous a pris. Le mal ne s’oppose pas au bien, il fait face à la facilité. Et certains n’ont pas les armes pour résister à ce mal, que l’on peut contenir, que l’on peut répandre. C’est ce que raconte ce texte.

    Il ne s’agit de pas défendre l’indéfendable. Il s’agit de raconter l’humain, sa lumière et sa noirceur. Celle qui ronge et qui dévaste, celle qui fait déposer les armes parce que le combat est trop difficile, trop long et que l’on a besoin d’une trêve, juste une seconde. Il faut du courage pour le faire si justement, sans tomber dans la caricature ou la simplicité.

    Lisez-le. Je ne vous promets pas un coup de cœur. Je vous promets de retrouver ce qui nous pousse à parcourir des centaines d’ouvrages et à ouvrir chacun d’eux avec ce même espoir: chavirer.

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  • Comme beaucoup d'entre vous, il m'a fallu un peu de temps après avoir refermé ce roman pour poser les mots sur ce que je venais de lire et répondre aux questions qui me trottaient dans la tête, notamment une : pourquoi n'ai-je pas succombé au magnétisme quasi-irrésistible de ce roman ?

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    Comme beaucoup d'entre vous, il m'a fallu un peu de temps après avoir refermé ce roman pour poser les mots sur ce que je venais de lire et répondre aux questions qui me trottaient dans la tête, notamment une : pourquoi n'ai-je pas succombé au magnétisme quasi-irrésistible de ce roman ?

    En raison de la prose sans ponctuation restituant le "parlement" d'un homme sans éducation, l'authenticité des émotions ressenties ?
    Non, cette absence de ponctuation, cette enfilade de phrases laissant à peine respirer, ce rythme effréné n'ont pas gêné ma lecture, j'ai même trouvé l'exercice plutôt réussi.

    Parce qu'en terme de violences fictionnelles, j'ai lu pire et mieux traité ?
    Surement. Je pense notamment à Darling de Jean Teulé, à Débâcle de Lize Spit, à Sleepers de Lorenzo Carcaterra, qui m'ont laissé une empreinte plus durable que celle que me laissera Duke.

    Parce que je n'ai pas de cœur ?
    Heureusement, mon enthousiasme de lectrice n'est pas proportionnel au degré de souffrance des personnages, ni même à mon empathie envers eux. Evidemment, j'ai souffert pour Duke, qui pourrait lire ces lignes sans avoir mal pour lui ? Mais j'ai manqué d'émotions, j'ai plutôt ressenti un détachement de la part de Duke, une urgence à livrer son récit : voilà, prenez-le, cette charge n'est plus la mienne.

    En raison de toutes les critiques dithyrambiques que j'avais pu lire partout ?
    Là je pense effectivement qu'on touche au cœur du problème. Comme ça arrive souvent, je me suis créé tellement d'attentes sur cette lecture que la déception était quasi-inévitable.
    Je m'attendais certainement à plus fort, plus noir, plus brut encore.

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  • « Mon père disait ça se passe toujours comme ça à la Colline aux Loups et ça s’était passé comme ça pour lui et pour nous aussi. Maintenant je sais que ça s’est arrêté pour de bon. La Colline aux Loups c’est là que j’ai grandi et c’est ça que je vais vous raconter. Même si c’est pas une belle...
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    « Mon père disait ça se passe toujours comme ça à la Colline aux Loups et ça s’était passé comme ça pour lui et pour nous aussi. Maintenant je sais que ça s’est arrêté pour de bon. La Colline aux Loups c’est là que j’ai grandi et c’est ça que je vais vous raconter. Même si c’est pas une belle histoire c’est la mienne c’est comme ça. »
    L’histoire de ce petit garçon me prend aux tripes, au cœur. « A qui j’écris ce journal alors je ne sais pas. Peut-être à moi-même et à celui que j’étais avant le Démon. »
    Une famille on ne peut plus dysfonctionnelle et le mot est faible. Le père et la mère sont plus occupés à se pochetronner, s’engueuler, faire des gosses, regarder la télévision quand le voisin leur en a donné une ; contre quoi, on ne sait pas
    A chaque naissance, le bébé est mis dans dans une pièce sombre qui sert de chambre, sur une couverture, aux autres frères et sœurs de s’en occuper. D’ailleurs, cette petite chose, le jeune garçon l‘appelle « la Boule » les grands la prenne sur le ventre pour qu’elle sente un peu de chaleur. L’amour parental, l’éducation, les repas équilibrés, ils ne connaissent pas. Ce ne sont même pas des animaux car les femelles s’occupent de leurs petits. A la Colline aux Loups ce ne sont que corrections et sévices, aucune éducation à la propreté, rien, rien, rien que des coups, sévices et viols. Duke subit, s’endurcit pour protéger sa sœur que l’on cache et que la mère veut offrir au père
    Comment voulez-vous qu’un enfant puisse s’épanouir sans un minimum d’attention, d’éducation. Comment avoir du cœur. lorsque personne ne vous a appris que vous en aviez un. Seul le démon est connu car Duke (c’est le nom de l’enfant) l’a tous les jours en face de lui. Il grandit en lui
    Les services sociaux ont forcé le gamin à aller à l’école. Là, il découvre un nouveau monde et c’est lorsque la maîtresse l’appelle par son prénom qu’il sait qu’il s’appelle Duke et qu’il découvre l’humanité, le sourire gratuit.
    « Je crois que c’est ma souffrance qui m’a tué depuis longtemps je ne crois pas que je suis vivant autrement que par mes fonctions biologiques mais dedans je suis mort… Et c’est aussi sans doute ma souffrance qui a fait le lit du Démon et qui a causé la mort de tous ces gens que j’ai tués. »
    Le Démon, il connaît, la maltraitance également. Lorsqu’il découvre la bienveillance et l’amour, il a tendance à fuir parce que cela ne peut durer, un jour ou l’autre le Démon reviendra. Pourtant il y a eu des éclaircies, les policiers venus voir les parents, l’institutrice, le docteur, l’équipe hospitalière qui s’est occupée de le réparer après les viols d’une grande violence de son père, sa sœur, la solitude avec la beauté de la nature, sa découverte de la mer et surtout, Peete et maria, famille d’accueil qui l’a recueilli et considéré comme leur enfant. Duke est continuellement en lutte contre lui-même, une lutte entre le bien et le mal, le bien contre le mal surtout.
    « Je ne pouvais pas me tenir longtemps dans les habitudes des autres car j’aurais explosé un jour et je ne voulais pas que Pete et Maria aient affaire au Démon alors je leur ai écrit tout ça. J’ai écrit une longue lettre pour exprimer une gratitude éternelle et je m’excusais de ne pas avoir les mots pour dire combien je souffrais au-dedans de les quitter et de perdre encore une famille et ils étaient une famille...alors je partais tant que j’étais encore assez innocent. »

    La période dans la profondeur d’une forêt a été une renaissance « Dans la nature je pensais que tant que la chaleur était là le démon ne pouvait rien faire j’étais dans l’origine de choses rien de plus rien de moins que toutes les autres créatures et les fleurs et les herbes. Moins je serais quelqu’un je pensais moins le Démon pourrait être nécessaire pour que je survive ou que mon destin s’accomplisse et que la graine de mon père pousse »
    « Plus je recevais ces détails comme des cadeaux plus j’en cherchais de nouveaux et plus je m’enfonçais dans les plis et les replis de l’univers et j’oubliais tout et je m’oubliais moi et le Démon ».
    En prison, il a trouvé une délicate attention chez un prêtre qui lui a donné à lire Saint Augustin et l’aide, sans juger, dans sa soif de découvrir le pourquoi de Dieu par l’intermédiaire du Démon qui est en lui et qui, en fait, est la figure du père.
    Un texte sans aucune ponctuation autre que le point ; Une écriture faussement naïve, travaillée au plus près du mot pour donner encore plus d’ampleur à la souffrance, la vie et aux quelques émerveillements de Duke.
    Un roman d’une extrême noirceur, dur, poignant où l’humanité permet des respirations. Un uppercut
    Les éditions du Tripode ont le savoir-faire de dénicher des auteurs au talent inclassable et certain


    « vous êtes comme une maison qui tient sur deux parpaings au lieu d'un mur à cause de votre enfance ».

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  • Déception...Alors, oui, c'est une descente aux enfers, c'est d'une noirceur vertigineuse, ça file la nausée, cette plongée dans les souvenirs d'un détenu que son enfance a brisé et condamné à la répétition du mal. C'est une lecture qui fait mal. Seulement. Pas de lumière. Ici la littérature ne...
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    Déception...Alors, oui, c'est une descente aux enfers, c'est d'une noirceur vertigineuse, ça file la nausée, cette plongée dans les souvenirs d'un détenu que son enfance a brisé et condamné à la répétition du mal. C'est une lecture qui fait mal. Seulement. Pas de lumière. Ici la littérature ne transfigure par le réel. Elle le répète. Seulement les maux d'un homme qui marquent de mots. Voilà ce qui m'a empêchée d'apprécier cette lecture: l'écriture, irrespirable car sans ponctuation, orale et confuse car le narrateur manque d'"entendement".

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  • Dimitri Rouchon-Borie est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l’auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires. Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman, publié chez Le Tripode. Il vient de remporter le Prix Première. Pas étonnant ! D'une...
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    Dimitri Rouchon-Borie est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l’auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires. Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman, publié chez Le Tripode. Il vient de remporter le Prix Première. Pas étonnant ! D'une violence rare, traversé de lumières, d'une écriture éruptive, ce livre est un choc. De mon point de vue, il est la révélation de cette rentrée littéraire d'hiver. Quand on sait que Dimitri Rouchon-Borie l'a bouclé en trois (petites) semaines, ne l'a envoyé qu'à une seule maison d'édition, laquelle n'a pas hésité une seconde à le publier, on suppute la singularité du propos et de l'écriture. Le démon de la colline aux loups est un roman coup de poing.

    Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin. Et quel destin !

    Après avoir passé des années avec ses six frères et sœurs pelotonnés sur une veille couverture puante posée à même le sol dans une pièce vide, froide aux volets toujours clos, après avoir été maltraité par ses géniteurs, Duke découvrira son prénom par la voix de ses petits camarades d'école qu'il finira par fréquenter grâce à l'intervention des services sociaux. Mais point de répit pour Duke. N'ayant pas les codes, il est la risée de tous à l'école et à la maison, il devient "le préféré" du père. Duke ne devra sa survie qu'à sa fuite. Arrêtés, les parents seront incarcérés, les enfants placés en famille d'accueil. Ils seront séparés. Une fois le procès achevé, Duke ne résistera pas à l'appel du large. Il suivra sa route qui le mènera derrière les barreaux. Préalablement, il aura découvert la mer et rencontré Billy. D'habitude Duke n'aime pas parler de la colline aux loups. Le Démon est né là et c'est là qu'il l'a pris. Mais s'il devait taire tout ça à jamais, Duke aurait l'impression que ce dernier aurait volé son âme pour de bon et bien plus encore son histoire. Duke espère que nous saurons nous montrer miséricordieux parce qu'il a un parlement bien à lui, ces mots c'est sa façon d'être lui et pas un autre. Et comme il n'a pas fait l'école longtemps à cause du père, du Démon, de la mère et des autres, il manque des cases dans son entendement des choses. Duke n’a pas les mots. La ponctuation, il ne connaît pas. Alors, il invente sa propre langue pour tenter de nommer l’innommable. Tel est Le démon de la colline aux loups.

    Bien que la confidence de Duke soit très sombre, très violente, voire insupportable, il n'en demeure pas moins que Le démon de la colline aux loups est un roman lumineux. Et c'est là tout le talent de Dimitri Rouchon-Borie. En effet, ce livre illumine la noirceur des propos parce que c'est Duke, un enfant devenu homme qui a toujours connu ce qu'il a connu, qui raconte son parcours. Sa norme c'est la violence, la maltraitance. Un enfant devenu homme qui n'a jamais eu et n'aura jamais les codes, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il se retrouvera derrière les barreaux. Toute la lumière de ce récit tient au fait que l'innommable est narré avec une innocence éblouissante, que tout est écrit avec le peu de "parlement" que le narrateur a acquis au cours de son existence. Se mettre au niveau de Duke, endosser son personnage, sa psychologie au point de penser comme lui, d'écrire comme lui, sans s'encombrer des règles de ponctuation est un challenge que Dimitri Rouchon-Borie a relevé haut la main. C'est simple, dès lors que l'on plonge dans l'univers de Duke, il est alors impossible de reposer ce récit certes noir, mais Ô combien haletant.

    Le démon de la colline aux loups rejoint l'univers de La vraie vie d'Adeline Dieudonné, Né d'aucune femme de Franck Bouysse, My absolute darling de Gabriel Tallent et Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock. À l'instar de ces derniers, Le démon de la colline aux loups est un roman puissant, percutant baigné d'une noirceur lumineuse. Entendez ce hurlement sans bruit, lisez, ce roman d'une puissance rare. Quant à moi, Cher Dimitri Rouchon-Borie, j'attends votre second roman avec impatience.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/03/mon-avis-sur-le-demon-de-la-colline-aux.html

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  • "Je sentais bien que j'avais à l'intérieur une trace qui ne partait pas c'était la déchirure de l'enfance c'est pas parce qu'on a mis un pont au-dessus du ravin qu'on a bouché le vide. (p129)"

    Ce premier roman se démarque de tout ce qu'on a pu déjà lire sur une enfance faite de violences, une...
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    "Je sentais bien que j'avais à l'intérieur une trace qui ne partait pas c'était la déchirure de l'enfance c'est pas parce qu'on a mis un pont au-dessus du ravin qu'on a bouché le vide. (p129)"

    Ce premier roman se démarque de tout ce qu'on a pu déjà lire sur une enfance faite de violences, une enfance d'enfant sauvage sans éducation, sans amour, à peine nourri, par l'écriture principalement. Dès les premières lignes on est saisi par le phrasé, on entre dans un autre monde. Afin d'être au plus près de son personnage, l'auteur utilise son langage, ses mots qui font pas toujours partie du langage courant, sans ponctuation car Duke, le narrateur, ne connaît pas la nuance, le rythme, les filtres, les "finesses" de la langue française.

    Alors au début cela surprend, étonne, on s'y reprend à deux fois sur certains passages car on a pas l'habitude, on ne connaît pas, on n'imagine pas et puis peu à peu on s'attache, on s'interroge, on se révolte, on sent qu'il va y avoir des scènes d'une rare brutalité, cruauté, elles arrivent, mais Duke écrit, avoue, il n'a rien à cacher ni à nous ni à lui-même parce qu'il raconte c'est lui, son enfance, sa vie et comment il en est arrivé à se retrouver dans cette cellule.

    Quand on apprend que très tard son nom parce qu'on vous a jamais appelé par celui-ci :

    "Ça paraîtra bizarre à vous tous mais au commencement on n'avait pas de noms. À quoi ça aurait servi on n'avait pas besoin de s'appeler alors on ne s'appelait pas. On savait se trouver comme une évidence. (p14)"

    que l'on dort dans un nid et pas dans un lit, qu'on vit dans la crasse, sous les coups et dans la violence de toutes sortes, comment voulez-vous être autrement qu'une sorte de bête sauvage ne répondant qu'à ses instincts avec le Démon qui est en vous, né lui aussi sur la Colline aux Loups et qui vous habite, monte et se déchaîne. 

    Et pourtant, parfois, il y a des rencontres, des rapprochements, un lien qui se créée qui pourrait ressembler à de l'amour avec Clara, Billy, Pete et Maria mais à chaque fois cette affection, cette chaleur lui est arrachée. Alors la bête tapit en lui se réveille et rend sa justice. Et désormais c'est d'autres rencontres en prison avec un prêtre et Saint Augustin qui vont lui permettre d'ouvrir d'autres portes.

    Un roman éprouvant par moments, que l'on doit refermer pour reprendre son souffle, parce qu'il y a des scènes d'une cruauté sans égal dans un climat familial puant. J'ai failli abandonner mais Duke a su me garder près de lui. J'ai écouté sa confession, tapée sur une machine à écrire dans sa prison, sous sa cape qui l'isole du monde extérieur. Il a besoin de sa solitude, de toute sa concentration pour se libérer et affronter son destin.

    On ressort bouleversé de cette lecture, horrifié par les faits, la violence et par la justesse maladroite utilisée par Duke pour nous parler de lui. Il n'est pas le Démon mais il le porte en lui, à jamais, parce que c'est la seule chose que ses parents ont fait grandir en lui. La même narration faite dans une langue construite, ponctuée, avec des jolis termes n'aurait pas le même force, aurait peut-être un côté artificiel du monde de Duke. Nous sommes en prise directe avec lui, pas d'intermédiaire, c'est du brut et même quand il "pisse" de l'eau par les yeux, qu'il "parlemente", on comprend qu'il nous déverse sa vie telle qu'il l'a vécue.

    Alors ai-je aimé ? Je suis admirative du travail d'écriture, de l'incarnation du personnage par ses mots, ses pensées, ses visions du monde où il fut "élevé", de l'Enfer qu'il a connu et du Purgatoire où il réside désormais avant de rejoindre un ailleurs. Oui c'est violent, très violent parfois, presque animal mais comment ne pas imaginer qu'il y a du vécu de par la profession de l'auteur (chroniqueur judiciaire) en particulier dans la restitution des deux procès. Mais à chaque fois se pose la question : était-il nécessaire d'exposer, de décrire cette violence et je suis toujours partagée sur cette question. Dans le cas présent je pense que oui, peut-être pour comprendre et restituer Duke, tel qu'il est et d'où il vient.

    J'aimerai ne pas avoir aimé, alors oui je n'ai pas aimé cette histoire parce qu'elle me dégoûte par sa noirceur, sa violence mais j'ai beaucoup aimé sa transcription et la volonté de Dimitri Rouchon-Borie de la restituer à la manière de son "héros" Duke lui le Démon de la Colline aux Loups, de lui laisser sa parole et ses pensées.

    "J'aurais dû me méfier il disait des choses pénibles sur ma construction de personnalité et que je sera psychopathique et que mon niveau de langage était faible je l'ai interrompu mais on ne m'a pas laissé dire. Quand j'ai pu avoir mon tour j'ai dit que j'avais un parlement qui n'était pas celui des gens et que je sentais bien que mes idées allaient plus loin que mes mots j'avais l'impression d'un type qui a la tête infatigable alors que ses jambes supportent pas le voyage. (p223)"

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  • Sujet intéressant à défaut d'être spontanément attirant, mais j'ai abandonné au bout de 10 pages et ne le reprendrai pas. Je comprends la volonté de rendre compte au plus près des pensées du personnage principal et le style que cela implique mais c'est illisible pour moi. J'ai l'impression...
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    Sujet intéressant à défaut d'être spontanément attirant, mais j'ai abandonné au bout de 10 pages et ne le reprendrai pas. Je comprends la volonté de rendre compte au plus près des pensées du personnage principal et le style que cela implique mais c'est illisible pour moi. J'ai l'impression d'être en apnée au milieu de ces phrases bancales et sans ponctuation. Une courte nouvelle, je me serais accroché mais là non. Dommage car je suis convaincu (encore plus en lisant les autres avis) que le fond est réellement intéressant.

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