Le courage qu'il faut aux rivières

Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel
Résumé:

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l'une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est... Voir plus

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l'une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l'arrivée d'Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.
Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d'Emmanuelle Favier a la force du mythe et l'impalpable ambiguïté du réel.

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  • Récit de deux femmes des Balkans qui choisissent une vie différentes de leurs congénères. L'une décide de rester vierge et l'autre après des violences sexuelles et un accouchement préfère les femmes. Dans un environnement hostile et masculin il est difficile de ne pas être dévoilé, où...
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    Récit de deux femmes des Balkans qui choisissent une vie différentes de leurs congénères. L'une décide de rester vierge et l'autre après des violences sexuelles et un accouchement préfère les femmes. Dans un environnement hostile et masculin il est difficile de ne pas être dévoilé, où l'homosexualité est bannie.

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  • Adrian, née fille, a été élevée en tant que garçon par son père, lui qui voulait tant un héritier et n’avait que des filles. Un secret bien gardé, jusqu’à ce jour tant attendu où Adrian l’accompagne pour la première fois à la chasse, mais est abusée par un autre chasseur. Choquée, Adrian assomme...
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    Adrian, née fille, a été élevée en tant que garçon par son père, lui qui voulait tant un héritier et n’avait que des filles. Un secret bien gardé, jusqu’à ce jour tant attendu où Adrian l’accompagne pour la première fois à la chasse, mais est abusée par un autre chasseur. Choquée, Adrian assomme l’agresseur avec une pierre (elle le pense mort) et s’enfuit du village.

    Elle entame alors un périple, s’arrête chez une vieille femme quelques mois et y donne naissance à une fille, fruit de son viol. Elle laisse cette enfant à un couple, puis repart, jusqu’à la ville où elle espère se fondre dans la foule. Elle y rencontre Gisela, une prostituée qui lui fera découvrir l’amour, jusqu’à ce que la folie des hommes la lui enlève.

    Elle reprend alors sa fuite, de village en village.

    Elle s’arrête un jour dans l’un d’eux, où elle est accueillie chaleureusement par Enmi, le chef de village. Elle se lie rapidement avec Manusche une femme habillée en homme. C’est une « vierge jurée », qui a refusé un mariage non souhaité en échange du serment de rester à tout jamais loin des hommes et d’oublier sa féminité. Manusche est troublée par cette présence masculine et déstabilisée par le trouble que suscite sa silhouette androgyne, sa proximité, ses silences. Jusqu’au jour où elle découvre sa véritable nature… Mais encore une fois, la réalité les rattrape et elles échappent de peu à la mort…

    J’ai apprécié ce roman dont les personnages interrogent sur la féminité, la liberté d’être femme et d’être soi aussi. Adrian aussi bien que Gisela, Manusche ou encore la jeune fille née du viol et qui partira à son tour à la recherche de son identité, sont des personnages ambigus, aux destins contrariés, et rappellent qu’il n’est pas toujours simple de se trouver. J’ai découvert aussi la réalité des « vierges sous serment », tradition des Balkans. Si l’histoire se lit bien, je n’ai cependant pas été captivée par le récit, agréable mais ce n’est pas un coup de coeur.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2018/12/02/le-courage-quil-faut-aux-rivieres-demmanuelle-favier/

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  • Parler du genre et de ces conséquences sociales, en pleine polémiques Cantat et #balancetonporc est un peu particulier.
    Le roman d’Emmanuelle Favier résonne étrangement au cœur de l’actualité.
    Les deux héroïnes condamnées par la société à nier leur féminité sont, certes, touchantes mais je...
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    Parler du genre et de ces conséquences sociales, en pleine polémiques Cantat et #balancetonporc est un peu particulier.
    Le roman d’Emmanuelle Favier résonne étrangement au cœur de l’actualité.
    Les deux héroïnes condamnées par la société à nier leur féminité sont, certes, touchantes mais je n’ai pas réussi à pénétrer leur univers effroyablement étouffant.
    J’ai trouvé que leur relation était relativement survolée alors qu’elle semble être si vitale à l’une comme à l’autre.
    L’écriture est belle et très travaillée, peut être trop, et m’a empêchée de ressentir les sentiments de ces deux femmes bousculées par la vie.
    Une petite déception donc en ce qui me concerne.

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  • Elles ont prêté serment. Elles sont les vierges jurées. Quel est ce phénomène qui, au cœur des Balkans, est à l'origine de ce roman ?
    Emmanuelle Favier nous embarque au nord de l'Albanie, dans ce premier roman époustouflant " Le courage qu'il faut aux rivières " paru en 2017 aux Editions Albin...
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    Elles ont prêté serment. Elles sont les vierges jurées. Quel est ce phénomène qui, au cœur des Balkans, est à l'origine de ce roman ?
    Emmanuelle Favier nous embarque au nord de l'Albanie, dans ce premier roman époustouflant " Le courage qu'il faut aux rivières " paru en 2017 aux Editions Albin Michel.
    Manushe, âgée de 45 ans, vit dans un village dont les traditions franchement archaïques, ont fait d'elle une vierge jurée.
    p. 17 : " La communauté restait figée dans sa composition et sa structure depuis plusieurs siècles, les fils remplaçant les pères, les filles les mères, en un éternel recommencement de visages et de fonctions. Même les anomalies comme celle que Manushe pouvait représenter étaient coulées dans le moule de la normalité généalogique et de la perpétuation d'un ordre. "
    En ayant renoncé au mariage, elle a renoncé à sa condition de femme.
    p. 23 : " Plus tard, lorsque sa mère lui expliqua que la promise obéissait au code, que c'était comme un jeu, qu'elle faisait semblant de ne pas vouloir quitter sa famille et de résister à ceux qui l'emmenaient vers son futur mari mais qu'elle n'était pas réellement malheureuse, Manushe ne voulut pas y croire. La détresse de la future épouse l'avait tant ébranlée qu'elle n'en dormit pas de la nuit. "
    Elle a donc prêté serment de virginité au sein de la communauté. Habillée comme un homme, elle prétend donc aux mêmes droits qu'eux ainsi qu'aux mêmes responsabilités.
    L'arrivée d'Adrian dans le village va bousculer ces lourdes traditions. Soudain mal à l'aise sous ce costume d'homme, Manushe va remettre en question son statut, incapable de travestir plus longtemps sa féminité, face à l'étranger qui la déstabilise tant.
    p. 33 : " Remontant jusqu'à son visage, elle sentit s'annihiler tous ses efforts d'abstraction, prise au piège de son être social, miroir de sa relation à autrui qui ne pouvait exister en soi. "
    Ne pouvant résister à cette attirance envers Adrian, elle va donc trahir son serment en succombant, incapable d'y émettre la moindre résistance.
    p. 41 : " Une inquiétude agitait Manushe derrière l'exaltation où la mettait cette nouvelle vie. Pour la première fois, elle avait quelque chose à perdre. "
    Mais Adrian cache un passé douloureux... Cette relation cachée sera-t-elle viable dans un village dont les traditions balayent toute notion de liberté et d'émancipation ?
    p. 50 : " Homme ou femme, elle avait besoin de cet être qui avait fait basculer sa vie de manière irrévocable et qui la tenait en son pouvoir, absolument. "
    Peu connu du grand public, ce phénomène des "vierges jurées" en Albanie a attisé ma curiosité tout au long du roman, m'entraînant sur les traces de ces femmes, victimes de traditions patriarcales abominables. Si elles sont respectées par leur statut, elles n'en restent pas moins des êtres humains, et par conséquent des êtres tributaires d'émotions et de sentiments.
    Une histoire d'amour bouleversante, qui tranche littéralement avec l'implacabilité de leurs conditions. Un combat de femmes....pour exister.
    L'utilisation de la métaphore entre l'image de la rivière et la condition de la femme, contribue à une sorte d'intemporalité et d'universalité, fil conducteur de ce roman.
    L'écriture est très sensible, à la fois lyrique et puissante. Maîtrisée, elle alterne entre conte et réalité, dans un souci constant de maintenir une tension qui fait toute la réussite de ce livre.
    Ce premier roman d'Emmanuelle est une très belle surprise, tant par la forme que par le fond. Une auteur prometteuse à suivre...

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  • Un récit sur une catégorie de femmes dont je n'avais jamais entendu parler, les "vierges jurées" que l'on trouve principalement en Albanie. Des femmes font le serment de rester vierges et d'apparaître en tant qu'hommes en faisant disparaître tout signe de féminité extérieure en échange d'un...
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    Un récit sur une catégorie de femmes dont je n'avais jamais entendu parler, les "vierges jurées" que l'on trouve principalement en Albanie. Des femmes font le serment de rester vierges et d'apparaître en tant qu'hommes en faisant disparaître tout signe de féminité extérieure en échange d'un pouvoir au sein de leur communauté.

    Ce serment Manusche l'a fait après le refus d'épouser l'homme qu'on lui destinait. Elle serait un homme, vivrait comme un homme, ressemblerait à un homme et en contrepartie elle possède un pouvoir comme un homme : siège au sein de la communauté, près du chef, participe aux prises de décisions etc...

    Jusqu'à ce jour sa condition elle l'acceptait et d'ailleurs elle ne se posait pas de questions : elle vivait et travaillait comme un homme même si parfois lorsqu'elle se retrouve seule des gestes ou souvenirs restent féminins.

    Mais un jour arrive au village Adrian et cette présence va bouleverser Manusche mais aussi tout le village. Les apparences sont trompeuses, les certitudes s'ébranlent.

    Lecture étrange : captivante et déroutante. Captivante par les personnage et leurs passés, leurs présents et leurs devenir. Captivante car une fois commencé je ne l'ai pas lâché et voulait connaître et comprendre cette communauté : leur fonctionnement, leur ressenti. Etre homme en tant que femme : obtenir leur statut mais comprendre que les sentiments vont bien au-delà d'un statut.

    Déroutante car l'écriture est riche de détails, de vocabulaire et il faut avoir un dictionnaire à portée de mains car certains termes m'étaient totalement inconnus. La présence de la nature, des signes, des apparitions et prémonitions sont également des éléments qui contribuent au climat du récit. Mêlant force et délicatesse, comme les personnages, Emmanuelle Favier distille au compte goutte tout au long du récit les élements qui nous permettent de mieux cerner ces femmes.

    Dans la première partie on découvre la vie de Manusche et sa rencontre avec Adrian. Puis Adrian se raconte, lui aussi a beaucoup à dire et sa vie a été un long chemin de quête identitaire. Un troisième personnage intervient Dirima dont je ne vous dirais rien.....

    Je ne peux et ne veux rien révéler de cette histoire et vous laisser le plaisir, comme je l'ai eu de suivre de destin de ces femmes/hommes, leurs sentiments au plus intime d'elles, leur choix de vie et parfois peut-être leurs regrets. On ne peut rester insensible, et je ne le suis pas restée, à cette condition choisie volontairement ou comme un pire aller de ces femmes devenues des hommes.

    Un premier roman original par son style, son sujet et j'attends un prochain roman pour mieux connaître cette auteure et son univers mais cela promet.....

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  • Manushe est un personnage à part dans le village. Elle fait partie de ces femmes « vierges jurées ». Elle s’est ‘engagée à ne pas se marier, en a fait serment lors d’une cérémonie dans son village pour éviter d’être mariée à un vieux voisin. Elle a les mêmes droits que les hommes, de vivre comme...
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    Manushe est un personnage à part dans le village. Elle fait partie de ces femmes « vierges jurées ». Elle s’est ‘engagée à ne pas se marier, en a fait serment lors d’une cérémonie dans son village pour éviter d’être mariée à un vieux voisin. Elle a les mêmes droits que les hommes, de vivre comme eux et devient, si besoin est, le chef de famille. Un retour en arrière était punissable de mort.
    Je me pensais dans l’Albanie du début du siècle dernier, voire avant. Que nenni, Manushe utilise des sacs plastique, conduit une voiture, c’est donc actuel.
    Or donc, par un beau jour, on toque à la porte de Manushe et elle se trouve nez-à-nez avec un beau jeune homme qui va perturber son quotidien. Adrian entre dans sa vie, tant elle est séduite par le magnétisme que dégage cet homme. Les circonstances, lui sauver la vie, font qu’elle découvre son corps, gelé, il fallait le déshabiller et le réchauffer rapidement.
    A partir de là, l’auteure préfère nous raconter la vie, les antécédents d’Adrian. Pourtant, j’aurais préféré qu’elle raconte la vie de Manushe. Oui, j’aurais aimé que le livre aille dans ce sens, découvrir plus avant les coutumes de ce pays dont j’ignore tout…Mais je ne suis pas écrivain et ma lecture a perdu beaucoup de son intérêt.
    L’écriture d’Emmanuelle Favier peut être belle dans les descriptions. J’ai aimé cette nature sauvage dure et rude. Pourtant, à certains moments, cette même écriture m’a agacée.
    Je reconnais à Emmanuelle Favier un grand talent de conteuse mais pour ce livre j’ai un sentiment mitigé, j’aurais aimé un autre traitement
    « Puis le paysage s’ensauvagea, les reliefs d’une humanité aveugle s’estompèrent, et ce furent des gorges multipliées jusqu’au grand lac, dont la majesté silencieuse et intact saisissait au premier regard. »
    « La langue est de chair mais elle broie tout »
    « Alors Adrian regardant le lynx vit tout autre chose. Dans la robe tachetée où jouaient les ombres, dans les yeux soulignés de blanc, dans la collerette de barbe douce et féminine il vit un salut, une promesse, une exhortation même, qui était aussi un avertissement. Il vit une image de sa solitude et la possibilité d’en faire une liberté. »

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  • Un livre étrange, et aussi beau qu’étrange.
    Dans un pays des Balkans, Manushe vit comme un homme, c’est une « vierge jurée », ayant renoncé à sa vie de femme pour ne pas épouser l’homme choisi par sa famille.
    Un jour, un homme frappe à sa porte, puis s’installe au village.
    Cet homme aussi,...
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    Un livre étrange, et aussi beau qu’étrange.
    Dans un pays des Balkans, Manushe vit comme un homme, c’est une « vierge jurée », ayant renoncé à sa vie de femme pour ne pas épouser l’homme choisi par sa famille.
    Un jour, un homme frappe à sa porte, puis s’installe au village.
    Cet homme aussi, pour de toutes autres raisons a renoncé à sa vie de femme.
    C’est un roman inattendu, inhabituel, surprenant.
    Avec une imagination incisive et intelligente, l’auteur va mêler le destin de ces deux femmes.
    On se croit au Moyen-âge dans une société moderne.
    On s’y perd parfois dans les allers-retours dans le temps, mais cette histoire est d’une grande force, écrite d’une écriture maîtrisée et sensible, réaliste et poétique.
    Un premier roman sur l’identité plus que prometteur qui fut une très belle découverte.

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  • En Albanie, Adrian naît fille mais son père, après trop de naissances de filles, décide que ce sera un garçon, elle, non il, sera élevé comme un garçon, garçon qui deviendra homme. Un matin qu’ils partent chasser avec des amis de son père, la chasse prend une tournure tout particulière,...
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    En Albanie, Adrian naît fille mais son père, après trop de naissances de filles, décide que ce sera un garçon, elle, non il, sera élevé comme un garçon, garçon qui deviendra homme. Un matin qu’ils partent chasser avec des amis de son père, la chasse prend une tournure tout particulière, obligeant Adrian à fuir. Il restera quelque temps dans la capitale où il rencontrera Gisela qui lui permettra d’apprendre à s’accepter. A la mort de celle-ci, il reprendra la route.
    Il échouera dans un petit village où il va se lier à Manushe, une femme pilier du village par le fait qu’elle a renoncé à sa féminité. Grâce à cette rencontre, Adrian va peu à peu se dévoiler et nous révéler son parcours, sa vie.
    Très beau roman à l’écriture fluide sur le genre, l’acceptation de soi, le regard des autres, la difficulté de s’intégrer quand on est différent. Un sujet bien amené, avec de la douleur mais jamais de pathos.

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