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Le complexe de la sorcière

Couverture du livre « Le complexe de la sorcière » de Isabelle Sorente aux éditions Lattes
  • Date de parution :
  • Editeur : Lattes
  • EAN : 9782709666268
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d'avoir passé un pacte avec le diable parce qu'un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu'elles n'ont pas le droit d'exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la... Voir plus

« Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d'avoir passé un pacte avec le diable parce qu'un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu'elles n'ont pas le droit d'exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la grêle ou de recracher une hostie à la sortie de la messe. Et moi, je revois le cartable que m'a acheté ma mère pour la rentrée de sixième, un beau cartable en cuir, alors que j'aurais voulu l'un de ces sacs en toile que les autres gosses portent sur une seule épaule, avec une désinvolture dont il me semble déjà que je ne serai jamais capable. Je revois mon père tenant ma mère par la taille un soir d'été, je le revois nous dire, à mon frère et à moi, ce soir, c'est le quatorze juillet, ça vous dirait d'aller voir le feu d'artifice ? Cette contraction du temps qui se met à résonner, cet afflux de souvenirs que j'avais d'abord pris pour un phénomène passager, non seulement ne s'arrête pas, mais est en train de s'amplifier. ».
En trois siècles, en Europe, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont été accusées, emprisonnées ou exécutées. C'est l'empreinte psychique des chasses aux sorcières, et avec elle, celle des secrets de famille, que l'auteure explore dans ce roman envoûtant sur la transmission et nos souvenirs impensables, magiques, enfouis.

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Articles (1)

Avis (6)

  • La narratrice, la quarantaine, est poursuivie par la vision d’une sorcière. Intriguée, elle se lance dans une recherche documentaire sur les persécutions dont furent victimes quantité de femmes en Europe au prétexte de sorcellerie. Simultanément, lui reviennent en mémoire de douloureux souvenirs...
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    La narratrice, la quarantaine, est poursuivie par la vision d’une sorcière. Intriguée, elle se lance dans une recherche documentaire sur les persécutions dont furent victimes quantité de femmes en Europe au prétexte de sorcellerie. Simultanément, lui reviennent en mémoire de douloureux souvenirs de son adolescence, traumatisée par plusieurs années de harcèlement scolaire.

    Dès les premières lignes s’installe le sentiment de parcourir un récit autobiographique, mêlé à une réflexion sur l’hypothèse d’un lien entre une expérience de harcèlement vécue par la narratrice, et les traces qu’aurait laissées la persécution des sorcières, autrement dit des femmes, dans nos esprits modernes.

    J’aurais bien aimé profiter davantage des investigations de l’auteur sur le thème des chasses aux sorcières, et trouver dans ce livre une analyse plus aboutie et mieux argumentée de ce qui a les a motivées. Sur ce point, j’avais trouvé bien plus intéressant l’épilogue de la trilogie des Dames de Brières de Catherine Hermary-Vieille : alors oui, les sorcières ont été inventées par peur de la différence et par volonté de soumettre les femmes trop indépendantes au pouvoir masculin et religieux.

    Et oui, peut-être peut-on, à la rigueur, y voir une vague similarité avec les processus actuels de rejet de la différence au travers du racisme, de l’homophobie, de la misogynie, du harcèlement : la différence n’est toujours pas comprise ni acceptée de tous, elle génère encore des comportements violents et de la persécution.

    Mais de là à affirmer, sans autre argument qu’une vision persistante, que nos comportements actuels sont inconsciemment influencés par les chasses aux sorcières vieilles de quatre siècles, qu’au travers de l’épigénétique nous en avons tous hérité un traumatisme qui impacte nos comportements, qu’en l’homme sévit un inquisiteur en puissance et que les femmes sont désormais conditionnées au rôle de victimes brisées psychologiquement, ce qui expliquerait le harcèlement subi par la narratrice adolescente, il y a un raccourci qui prête presque à rire.

    Les souffrances et les séquelles psychologiques de la protagoniste du livre, son douloureux parcours vers la reconstruction au travers d’une longue psychanalyse, ne peuvent qu’émouvoir et éclairer la nécessité de rompre le silence qui entoure encore souvent les drames du harcèlement, aujourd’hui démultipliés par les réseaux sociaux. L’on comprend le mal-être de l’adulte qui a dû se construire sur cette blessure, mais l’on s’inquiète de le voir s’accrocher à ce qu’on pourrait qualifier d’élucubrations, pour tenter de parvenir à l’équilibre. La narratrice s’intéresse à toutes les théories d’analyse psychologique, dont notamment les très récentes épigénétique et psychogénéalogie, et à toutes les pratiques de développement personnel à la mode, dont la méditation et les retraites sous la férule d’un maître zen. Elle semble avoir tiré de sa quête un étrange salmigondis de convictions parfois fantaisistes qui, à défaut de réalisme, l’aideront peut-être à vivre mieux.

    En tous les cas, ce livre singulier construit sur des raccourcis hasardeux me paraît avoir pour principal intérêt le sujet du harcèlement et des durables blessures psychologiques qu’il occasionne, bien plus que les histoires de sorcières abordées sous un angle à mes yeux trop fantaisiste.

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  • J'ai entamé la lecture de ce livre dans la foulée du roman de Stéphanie Janicot "Le réveil des sorcières" et j'étais curieuse de voir comment un autre auteur femme allait traiter ce sujet très présent actuellement dans la littérature et les essais. En effet, l'image de la sorcière renvoie à des...
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    J'ai entamé la lecture de ce livre dans la foulée du roman de Stéphanie Janicot "Le réveil des sorcières" et j'étais curieuse de voir comment un autre auteur femme allait traiter ce sujet très présent actuellement dans la littérature et les essais. En effet, l'image de la sorcière renvoie à des thèmes actuels : elle était proche de la nature dont elle utilisait les bienfaits pour alléger les souffrances en tant que guérisseuse, elle était libre car en marge de la société et de ses diktats de l'époque et donc une sorte de féministe avant l'heure.
    L'appellation de roman induit le/la lecteur/trice en erreur; en effet, il s'agit d'un essai, d'une auto-fiction thérapeutique, d'une analyse introspective mais pas d'un roman en tant que tel. On trouve un peu de tout : l'histoire des sorcières, des souvenirs traumatiques d'enfance, de la psychanalyse, de la méditation, de la mémoire transgénérationnelle, du féminisme, sans fil directeur apparent et intelligible.
    J'ai rapidement été désorientée par cette sorte de fourre-tout même si les différents éléments constitutifs du livre sont intéressants; j'ai ainsi appris, entre autre, que la période où les sorcières ont été le plus pourchassées a été entre le XVème et XVIIème siècle, juste après l'invention de l'imprimerie ce qui a permis une large diffusion pour l'époque des anathèmes contre les sorcières. J'ai aussi été touchée par le harcèlement scolaire dont a été victime Isabelle Sorente entre 13 et 15 ans, la solitude dans laquelle elle s'est enfermée en ne disant rien et la façon dont ce traumatisme a façonné sa personnalité.
    Mais tous ces éléments juxtaposés n'ont pas suffi à passionner la lectrice que je suis malgré une belle écriture.
    Ma note : 2,5/5

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  • J'ai beaucoup aimé ce livre à la fois très personnel et très universel sur la condition féminine.

    En effet, à travers ses recherches sur les chasses au sorcière mais aussi sa propre psychanalyse, ses souvenirs d'adolescence, etc. Isabelle Sorrente nous invite à nous interroger sur ce que cet...
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    J'ai beaucoup aimé ce livre à la fois très personnel et très universel sur la condition féminine.

    En effet, à travers ses recherches sur les chasses au sorcière mais aussi sa propre psychanalyse, ses souvenirs d'adolescence, etc. Isabelle Sorrente nous invite à nous interroger sur ce que cet épisode historique a laissé comme trace dans la psyché féminine.

    Personnellement j'ai trouvé son travail passionnant. La psychanalyse et notamment les fantômes familiaux sont des sujets qui m'intéressent beaucoup et si le livre est parfois un peu décousu, je trouve qu'il aborde de façon accessible le sujet de la transmission du complexe de la sorcière.

    C'est une réflexion riche sur ce que veut dire être femme aujourd'hui, en portant le poids des générations de femmes qui nous précèdent. C'est aussi une occasion de traiter de la sororité puisque l'auteur comprend que ses amies ont également à gérer ce complexe qui s'exprime différemment pour chacune d'elles mais qui au final rapproche les femmes d'où qu'elles viennent.

    On est pour moi littérairement plus proche de l'essai que du roman, mais ce livre m'a fait beaucoup réfléchir et je recommande sa lecture !

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  • Ce récit d’Isabelle Sorente part d'une enquête sur les chasses aux sorcières qui ont ensanglanté l'Europe pendant trois siècles. Cette partie historique extrêmement documentée est livrée ici très simplement, une pensée synthétisée sur l’histoire des femmes, et de cette particularité qui fait...
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    Ce récit d’Isabelle Sorente part d'une enquête sur les chasses aux sorcières qui ont ensanglanté l'Europe pendant trois siècles. Cette partie historique extrêmement documentée est livrée ici très simplement, une pensée synthétisée sur l’histoire des femmes, et de cette particularité qui fait qu’une certaine forme de féminité a été gravée dans l’histoire à travers la représentation populaire des sorcières. Et dans une seconde partie, nourrie de rêves récurrents dans lesquels la même sorcière lui apparaissait, comme si elle s'adressait à elle, le récit devient intime, autobiographique. Ce récit est une recherche au plus profond d’elle même, en faisant renaître des souvenirs de jeunesse et resurgir une part oubliée d'elle-même, peut-être inscrite dans l'inconscient de toutes les femmes. Ce lien entre représentation des sorcières et écho intime sur sa part de féminité est ainsi tisse de manière évidente et très contemporaine. Ce récit se lit d’une traite, très simplement et presque touchant par le ton de la confidence et du dévoilement utilisé par l’auteur.
    #lecomplexedelasorciere #Netgalleyfrance

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  • Un livre étonnant, étrange parfois dont le titre peut surprendre et qui est difficile à classer dans un genre. Ni vraiment roman, ni essai, peut-être un peu d'autofiction car le personnage s'appelle Isabelle comme l'auteure.
    Le récit aborde, comme le titre l'indique, les sorcières et notamment...
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    Un livre étonnant, étrange parfois dont le titre peut surprendre et qui est difficile à classer dans un genre. Ni vraiment roman, ni essai, peut-être un peu d'autofiction car le personnage s'appelle Isabelle comme l'auteure.
    Le récit aborde, comme le titre l'indique, les sorcières et notamment leur chasse à travers les âges mais en faisant un parallèle avec le présent avec les souffrances et les douleurs de la femme d'aujourd'hui.
    Le thème de la chasse est central avec des formes qui ont évolué avec le temps. Isabelle Sorente prend l'exemple du harcèlement scolaire qui montre parfaitement qu'on peut devenir "chasseur", encore plus dans un effet de regroupement.

    C'est un livre dans lequel j'ai eu du mal à me plonger complètement à l'image du début où une femme est accusée de sorcellerie puis quelques lignes plus loin un ancrage dans le présent. Le livre est également rythmé par des sous-titres (de chapitre ?) qui ont un peu saccadé ma lecture, des mots clés pour aider le lecteur à se repérer ? Certains de ces titres sont sous la forme d'une question : "Mais est-ce que cet ordre est si fort que ça ?", d'autres sous la forme de réflexion ou d'affirmation : "Mais bien sûr qu'il y a un lien entre les régimes totalitaires et les chasses aux sorcières".

    Je n'ai globalement pas accroché complètement sur cette lecture même si je reconnais que le sujet est original et ambitieux pour un sujet qui montre toute son actualité, et c'est là le gros point positif que j'ai retenu.

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  • Avec ce roman un peu autobiographique, Isabelle Sorente nous familiarise avec « Le complexe de la sorcière » qu’elle a découvert au hasard de ses réflexions mais aussi avec le processus de création de ce livre.
    Ses recherches l’orientent vers l’exécution de masse de femmes suite à la...
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    Avec ce roman un peu autobiographique, Isabelle Sorente nous familiarise avec « Le complexe de la sorcière » qu’elle a découvert au hasard de ses réflexions mais aussi avec le processus de création de ce livre.
    Ses recherches l’orientent vers l’exécution de masse de femmes suite à la publication du livre « Malleus Maleficarum » (Marteau aux sorcières) publié en 1487 et qui institua la chasse aux sorcières comme pratique habituelle. Son succès continue à l’époque moderne parmi catholiques et même protestants… Selon cette théorie, les femmes moins intelligentes et plus influençables sont facilement sujettes à l’autorité de Satan. Elles peuvent provoquer des tempêtes, saccager des récoltes, etc. mais aussi en concluant son pacte avec le diable, elles s’adonnent à des pratiques sexuelles jouissives avec les démons. Il fut alors urgent d’éteindre tout désir, toute faculté de pensée et de « voyage intérieur » pour détruire non seulement le désir mais jusquà son souvenir.
    Ce livre fut publié à 30 000 exemplaires en moins de 50 ans (Nombreux écrivains contemporains souhaiteraient ce nombre de diffusion !). 200 000 femmes furent tuées au 15 et 16ème siècle.
    Pour Isabelle Sorente, les traumatismes subis, ou transmis par le spectacle de ces exécutions, font partie de l’histoire des femmes et entraînent une torsion de la conscience ce qui expliquerait leur dépréciation perpétuelle.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2020/01/17/le-complexe-de-la-sorciere-isabelle-sorente/

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