Le coeur blanc

Couverture du livre « Le coeur blanc » de Catherine Poulain aux éditions Editions De L'olivier
Résumé:

« Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase - sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier... Voir plus

« Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase - sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s'arrête ».

Pour Rosalinde, c'est l'été de tous les dangers. Dans ce village où l'a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d'autres.

Travailler dans les champs jusqu'à l'épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s'abrutir d'alcool ; tout cela n'est rien à côté de ce qui l'attend.

L'amitié - l'amour ? - d'une autre femme lui donne un moment le sentiment qu'un apaisement est possible.

Mais ce n'est qu'une illusion.

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Avis(7)

  • Avec ce roman on pénètre dans la vie des saisonniers, qui vont de cueillettes en vendanges, principalement pendant la belle saison, dans le sud de la France, mais aussi à la mauvaise comme pour les olives, tout une communauté de toutes nationalités, qui se côtoient quelques jours, se croisent,...
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    Avec ce roman on pénètre dans la vie des saisonniers, qui vont de cueillettes en vendanges, principalement pendant la belle saison, dans le sud de la France, mais aussi à la mauvaise comme pour les olives, tout une communauté de toutes nationalités, qui se côtoient quelques jours, se croisent, où les informations circulent sur la prochaine embauche, un jour ici, un jour ailleurs.

    Deux femmes prennent la parole : Rosalinde, la trentaine, une rousse allemande flamboyante qui attire bien des regards et des envies. Le soir elle retrouve dans les cafés du village les autres saisonniers mais aussi les locaux. Rosalinde est une femme libre : les hommes la désirent mais elle sait se faire respecter, c’est elle qui choisit avec qui elle partagera un moment.

    Cette faim que j’ai d’aller au bout de moi, jusqu’à en tomber épuisée, rassasiée un moment. Pour un instant je me sens comme ….. anesthésiée ? Je n’ai plus besoin d’autre chose enfin. Les hommes comblent le gouffre en moi. Toi c’est courir sous ton soleil, mais est-ce que ce n’est pas la même chose au fond ? (p140)

    Il y a des rencontres qui la marquent plus que d’autres, de celles qui laissent une cicatrice dans son corps et dans son cœur blanc (pur).

    Et puis il y a Mounia, plus jeune, qui tente de trouver un peu de chaleur humaine, un peu de réconfort, de présence maternelle, loin de sa famille, loin de son pays, de ses racines. Elle va croiser Rosalinde, tomber sous son charme, une attirance physique mais aussi une spirituelle.

    Et puis il y a tous les autres cueilleurs qui apparaissent, disparaissent, les patron(ne)s de bar, quelques villageois, et les chiens, sont les compagnons des journées de chaleur et de fatigue, des bons comme des mauvais jours.

    Je ne sais pas si Catherine Poulain s’est immergée parmi ces saisonniers, mais elle a su retranscrire l’ambiance moite, la chaleur qui colle, le froid qui pique, l’ennui des soirées, l’oubli dans l’ivresse, les rapports entre hommes et femmes, saisonniers et villageois.

    Elle évoque les blessures de chacun, la distance, le manque, les rêves et l’amitié, car entre certains membres de cette communauté, il arrive qu’une relation fraternelle se noue. Mais je suis déçue de ma lecture…….

    Je suis entrée dans le livre avec enthousiasme. Dès les premières lignes je me suis plongée avec plaisir dans une écriture de qualité, mêlant la nature et les êtres, installant le décor et les acteurs avec efficacité, poésie. Mais au fil des pages, j’ai commencé à trouver que tout cela tournait en rond, comme tournent en rond ces saisonniers qui n’ont comme seule occupation, dès que le travail s’achève, que l’ivresse et la drogue.

    Nous buvons et buvons encore puis nous tombons. Etrange jeu de massacre. Nous nous relevons le lendemain, la tête éclatée et les neurones en miettes. Nous rassemblons les morceaux. Le soleil nous torture un peu, remue nos cerveaux mis à nu. Mais nous sommes les fruits d’une race increvable, la mauvaise herbe qui ne meurt jamais et très vite il n’y paraît plus. Le soir même, nous avons remis les compteurs à zéro et sommes prêts à recommencer. Un verre, deux, trois, dix…. (p82)

    La répétition des mêmes scènes, des mêmes événements, des mêmes rencontres, les femmes étant réduites à des objets de convoitise, ce qui est peut-être le cas, pour ces hommes coupés de leurs familles ainsi que des personnages assez stéréotypés : le gitan, l’immigré, le parisien, la patronne du bar etc….. donnent une monotonie à l’ensemble, une perte d’intérêt.

    J’ai malgré tout poursuivi ma lecture (parce que je suis très consciencieuse) car je pensais que tout cela devait bien mener quelque part, on sentait le drame rôdé, ce qui est le cas : La violence et la brutalité vont faire leurs entrées, les esprits et les corps s’échauffent et la fin est finalement assez prévisible.

    Catherine Poulain possède un style, poétique, utilisant les parallèles entre humains et nature, une écriture profonde et immergeante mais l’histoire en elle-même ne m’a pas passionnée, j’ai eu du mal à m’intéresser aux personnages tellement ils étaient prévisibles comme le dénouement.

    Tu sais ce qu’on est pour eux ? On est les abricots du rebut, les vilains petits fruits tout piqués, tavelés, tordus, les invendables qu’on balance dans le cageot pour la pulpe. (p115)

    Je dois avouer que je n’avais qu’une hâte dans la deuxième partie, c’était d’arriver à la fin, vérifier que mes doutes se confirmaient sur l’issue. Je pense que je retenterai ma chance avec cette auteure, la rencontre ne s’est pas faite ici, elle se fera peut-être avec un autre récit d’elle.

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  • De l'alcool,de la violence jusqu'à la nausée!des portraits de femmes qui auraient pû être attachantes mais le monde des saisonniers de la vigne,du Sud est bien âpre,cruel,impitoyable avec les plus faibles.Reste l'écriture,des descriptions précises,imagées,poétiques;un style qui colle à la...
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    De l'alcool,de la violence jusqu'à la nausée!des portraits de femmes qui auraient pû être attachantes mais le monde des saisonniers de la vigne,du Sud est bien âpre,cruel,impitoyable avec les plus faibles.Reste l'écriture,des descriptions précises,imagées,poétiques;un style qui colle à la terre.Rien que pour le plaisir des mots,le rythme des phrases on peut passer outre les personnages souvent misérables,en souffrance au milieu d'une narration peu fournie en péripéties.La langue !

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  • C'est crû, âpre, parfois dérangeant et très violent mais c'est un très beau moment de lecture. Les descriptions sont magnifiques, les personnages bien saisis, et l'urgence dans laquelle ils vivent est remarquablement suggérée. Après avoir mis quelques pages à véritablement rentrer dedans, je me...
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    C'est crû, âpre, parfois dérangeant et très violent mais c'est un très beau moment de lecture. Les descriptions sont magnifiques, les personnages bien saisis, et l'urgence dans laquelle ils vivent est remarquablement suggérée. Après avoir mis quelques pages à véritablement rentrer dedans, je me suis évadée en Provence avec Rosalinde et Mounia dont l'innocence est bien mise à mal et j'ai été saisie par leur force de vie, au milieu d'une nature particulièrement aride et de compagnons de route qui semblent avoir perdu toute humanité. Et quelle richesse de langage, quelle belle écriture! Un très beau livre.

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  • Après m’avoir emmené à la pêche en mer en Alaska, avec Le grand marin, dans des conditions difficilement supportables, conditions vécues par elle-même, Catherine Poulain m’a régalé avec un nouveau roman : Le cœur blanc.
    Cette fois-ci, elle reste en France, dans le sud-est, région qu’elle...
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    Après m’avoir emmené à la pêche en mer en Alaska, avec Le grand marin, dans des conditions difficilement supportables, conditions vécues par elle-même, Catherine Poulain m’a régalé avec un nouveau roman : Le cœur blanc.
    Cette fois-ci, elle reste en France, dans le sud-est, région qu’elle connaît bien aussi, et parle des travailleurs saisonniers, prouvant là encore qu’elle possède parfaitement son sujet.
    Le roman est dense, fort, intense. En lisant Le cœur blanc, j’ai vécu avec Rosalinde, cette femme qui fait les saisons, j’ai ressenti sa fatigue, le froid, la terre et j’ai compris la nécessité du plaisir physique qu’elle prend au hasard de ses rencontres, au cours d’étreintes un peu rapides. Rosalinde est allemande et c’est elle « Le cœur blanc » comme Ahmed la qualifie : « Toi tu es une femme, bien plus femme que la grosse du patron. Tu es maigre parce que tu travailles trop. Trop dur. »
    Asperges, melons, fraises, abricots, tilleul, vendanges, olives, lavande, les travaux saisonniers ne manquent pas mais ces hommes et ces femmes boivent beaucoup, beaucoup trop, se droguent aussi et ils sont très mal vus par les autochtones qui les repoussent mais certains profitent et abusent d’eux.
    Je n’oublie pas Mounia à qui Catherine Poulain donne la parole. Fille de harki, elle rêve de Gibraltar, aime Rosalinde mais n’arrive pas à la garder auprès d’elle. Quant au travail, il permet à l’auteure de livrer des pages magnifiques sur le travail dans les vergers.
    Le cœur blanc est un roman superbe, au vocabulaire riche, sans concession, important à lire pour bien saisir tout le travail accompli par ces travailleurs saisonniers dont nous profitons lorsque nous consommons ce qu’ils ont cueilli, ramassé dans des conditions extrêmement dures.

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  • Ce magnifique roman de Catherine Poulain, son deuxième seulement après Le grand marin, met en scène une dizaine de personnages parmi lesquels émergent deux femmes : Rosalinde, « La Tigresse aux cheveux rouges » et Mounia.
    Ce sont tous des saisonniers qui vont et viennent, allant de la vigne...
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    Ce magnifique roman de Catherine Poulain, son deuxième seulement après Le grand marin, met en scène une dizaine de personnages parmi lesquels émergent deux femmes : Rosalinde, « La Tigresse aux cheveux rouges » et Mounia.
    Ce sont tous des saisonniers qui vont et viennent, allant de la vigne aux champs de lavande, des tilleuls aux oliviers, sans oublier les asperges, les cerises et les abricots auxquels Rosalinde va les comparer : « On est les abricots du rebut, les vilains petits fruits tout piqués, tavelés, tordus, les invendables qu’on balance dans le cageot pour la pulpe. »
    En errance en Provence, ces femmes et ces hommes sont tous plus ou moins hantés par des rêves d’ailleurs. Mais dans cet univers précaire des ouvriers agricoles, immigrés clandestins pour la plupart, et que l’auteure connaît bien pour avoir été saisonnière elle-même, la lutte est âpre et sauvage.
    Catherine Poulain décrit étonnamment bien à la fois la beauté de la nature et la difficulté à supporter la chaleur ou le froid, l’accueil réservé à ces saisonniers, le travail dans les champs jusqu’à l’épuisement avec souvent la plongée dans l’alcool pour récupérer.
    C’est tour à tour sensuel, violent, plein d’émotion, de fragilité. Rosalinde, ce cœur blanc, ce cœur pur, en quête de liberté, fière, insaisissable, résiste au désir des hommes, parfois y cède, Elle va peut-être trouver un peu d’apaisement avec Mounia mais rien n’est joué.
    Le cœur blanc est un roman charnel d’une très grande force poétique, à la fois très sombre et très lumineux. Je n’avais pas été emballée par Le grand marin mais avec celui-ci, j’ai été éblouie !

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/11/le-cur-blanc-de-catherine-poulain.html

    Catherine Poulain met en scène des saisonniers dans le sud de la France. Rosalinde vient du nord, on ne connait pas son histoire mais on sent qu'elle cherche une place, qu'elle porte une colère, un...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/11/le-cur-blanc-de-catherine-poulain.html

    Catherine Poulain met en scène des saisonniers dans le sud de la France. Rosalinde vient du nord, on ne connait pas son histoire mais on sent qu'elle cherche une place, qu'elle porte une colère, un désespoir. Mounia, vient du soleil. Les deux jeunes femmes se complètent comme l'ombre et la lumière, Mounia observe et raconte ce qu'elle voit, tandis que Rosalinde est regardée. Elles se soutiennent et rêvent d'ailleurs.

    Catherine Poulain décrit très bien le côté physique du travail, les sensations, la rudesse du travail sous la chaleur, la souffrance, l'épuisement et la vie des "enfants de la route et de l'errance" et de ces deux femmes dans un monde d'hommes régi par les règles des hommes, des femmes confrontées au désir brut des hommes. Vers le milieu du roman des feux ravagent la région, le récit déjà sombre tourne alors à la tragédie grecque dans une belle montée en puissance.

    Catherine Poulain continue, de roman en roman, à puiser dans son expérience pour alimenter ses récits. Elle situait son intrigue du grand marin sur les bateaux de pêche en Alaska, ici elle nous parle des travailleurs saisonniers en Provence. Autant le monde qu'elle décrivait dans son premier roman m'avait impressionnée autant cette fois je suis restée à distance de ce monde agricole qu'elle décrit sans porter aucun jugement et qu'elle défend parfois avec un peu trop de grandiloquence. La nature sauvage, belle mais impitoyable, le rythme des cultures et les éléments ont une grande place dans le récit mais les personnages, des anti-héros solitaires, comme dans le grand marin, tournent en rond, vont de bar en bar, carburent aux drogues et à l'alcool, c'est certainement une réalité sociale mais cela a fini par me lasser. J'ai trouvé l'histoire globalement très confuse... L'écriture très sèche, heurtée ne m'a pas plu. L'absence de ponctuation dans les dialogues m'a gênée, je n'en ai pas compris l'intérêt. Bref, une déception...

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  • Ils débarquent au village comme un peuple de l'ombre qui cherche de la lumière. Toute une horde de pue-des-pieds, de boit-sans-soif, de crève la faim, les saisonniers c'est sale, ça pue, ça se drogue, ça picole sans arrêt, ils vivent dans des cabanons pourris sans eau ni électricité, dans le feu...
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    Ils débarquent au village comme un peuple de l'ombre qui cherche de la lumière. Toute une horde de pue-des-pieds, de boit-sans-soif, de crève la faim, les saisonniers c'est sale, ça pue, ça se drogue, ça picole sans arrêt, ils vivent dans des cabanons pourris sans eau ni électricité, dans le feu de l'été ou la solitude de l'hiver, dans le travail et dans l'alcool.

    « Tu sais ce qu'on est pour eux ? On est les abricots du rebut, les vilains petits fruits tout piqués, tavelés, tordus, les invendables qu'on balance dans le cageot pour la pulpe. »

    Ils s'appellent Acacio, Thomas, Césario, le Parisien, Delaroche, le Gitan, Paupières de plomb, Yolande, Abdelman et Mounia l'impatiente, la fille de harki, qui cherche sa terre, elle court sous le soleil et rêve de l'amour de Rosalinde.
    Rosalinde la femme aux cheveux de feu, elle a le coeur blanc, le coeur pur, elle est allemande. Elle est maigre parce qu'elle travaille trop dur, la terre grasse et collante, le front baissé sur la butte pour extirper les asperges de l'argile trop compacte. « le poids dans son ventre est parti, ses seins sont tout petits à nouveau, reste comme un grand vide. Un petit têtard qui a préféré mourir avant même de naître. » Les hommes la suivent des yeux quand elle passe, elle a peur de son propre corps, du feu qui est en elle, du désir des hommes. Les hommes c'est comme une meute de loups, ne jamais tomber sinon ils vous sautent à la gorge.
    Les saisons se suivent les récoltes aussi, les asperges, puis le tilleul, les olives, les fruits et les vendanges, planter les lavandes, le travail, et encore le travail et encore les bars et encore les hommes.
    Après « le grand marin » un roman d'apprentissage et d'aventures qui m'avait envoûte, j'attendais avec impatience le nouveau roman de Catherine Poulain. Quel plaisir de retrouver sa plume précise qui sait si bien évoquer les émotions. Cette fois-ci, l'auteur nous embarque dans l'univers précaire des ouvriers agricoles saisonniers qui suivent le cycle naturel des fruits et des légumes. Ils sont portugais, marocains, algériens. Ces solitaires errent au rythme des saisons et des récoltes, de travail en travail, de bar en bar, de bière en bière. Les mots sont d'une rare beauté dans ce roman charnel, où la terre est aussi dure que le coeur des hommes. Des hommes et des femmes dont l'âme et le corps sont épuisés, par la solitude, l'alcool et la dureté du travail quotidien.
    Catherine Poulain met en lumière ces moins que rien qui essayent de survivre dans un roman puissant où la poésie côtoie la sauvagerie des hommes.

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