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Le coeur blanc

Couverture du livre « Le coeur blanc » de Catherine Poulain aux éditions Editions De L'olivier
Résumé:

« Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase - sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier... Voir plus

« Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase - sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s'arrête ».

Pour Rosalinde, c'est l'été de tous les dangers. Dans ce village où l'a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d'autres.

Travailler dans les champs jusqu'à l'épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s'abrutir d'alcool ; tout cela n'est rien à côté de ce qui l'attend.

L'amitié - l'amour ? - d'une autre femme lui donne un moment le sentiment qu'un apaisement est possible.

Mais ce n'est qu'une illusion.

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Avis (10)

  • "Voilà comment j'ai connu Rosalinde. Elle avait l'air nue au fond du bar, nue et seule au milieu des hommes.Tout à coup ses cheveux, c'était un casque de feu avec ses yeux clairs au-dessous, d'une teinte indéfinissable, couleur de mer du Nord j'ai pensé, ses paupières et ses cernes de brume...
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    "Voilà comment j'ai connu Rosalinde. Elle avait l'air nue au fond du bar, nue et seule au milieu des hommes.Tout à coup ses cheveux, c'était un casque de feu avec ses yeux clairs au-dessous, d'une teinte indéfinissable, couleur de mer du Nord j'ai pensé, ses paupières et ses cernes de brume pâle, son air inquiet, sa solitude, et au fond, derrière le silence, une colère, la liberté ? "
    "Rosalinde, c'est Lilith, la soeur d'Eve,son contraire aussi, celle qui a refusé la fatalité et la tyranie des hommes."

    "Je suis Mounia l'impatiente, la fille du harki qui cherche sa terre, celle qui court sous le soleil."
    "Mounia l'infatigable, Mounia l'ardente. Je suis Mounia l'été."

    Rosalinde, Mounia, Acacio le libertaire, le Gitan, Césario et tant d'autres personnages à fleur de peau.
    Le monde des saisonniers, employés à la tâche pour effectuer des travaux agricoles harassants et sous payés.
    "Nous on est bons qu'à travailler et errer dans les rues, et boire dans les bistrots."
    "La terre, sa pesanteur, notre fatigue, et le chagrin de n'être qu'acteurs sous le grand théâtre du ciel, de n'avoir pas choisi la pièce, de n'en être jamais l'auteur, de piètres figurants réutilisés chaque année."
    "Les fruits d'une race increvable, la mauvaise herbe qui ne meurt jamais et très vite il n'y paraît plus."
    "Les purs, les durs, les crados et les rebelles, français, espagnols portugais, hollandais, anglais ou belges... fils de paysans, d'ouvriers, fils de bourgeois ou fils de rien, enfants de la route ou de l'errance."
    "Un peuple efflanqué et dépenaillé."

    Un roman magistral qui sent le soleil brûlant, la sueur, l'alcool mauvais, le désir des hommes, la fierté et la liberté revendiquée des femmes.
    Des personnages blessés par leur passé, leurs origines, leurs conditions...
    Le prix à payer pour revendiquer sa Liberté est terrible mais c'est leur seule fortune !
    Une oeuvre singulière, immense, qui renvoie au "Soleil des Scorta " ...
    Un incroyable moment de lecture !

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  • Un récit dérangeant dont la teneur et la forme m’ont fait passer par divers sentiments : longueur, confusion, intérêt, agacement, compassion…….
    Catherine Poulain fut une de ces saisonniers dont elle nous relate l’histoire avec passion.
    « C’est la fête des saisonniers, les purs, les durs, les...
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    Un récit dérangeant dont la teneur et la forme m’ont fait passer par divers sentiments : longueur, confusion, intérêt, agacement, compassion…….
    Catherine Poulain fut une de ces saisonniers dont elle nous relate l’histoire avec passion.
    « C’est la fête des saisonniers, les purs, les durs, les crados et les rebelles, français espagnols portugais, hollandais anglais ou belges…. Fils de paysans, d’ouvriers, fils de bourgeois ou fils de rien, enfants de la route ou de l’errance. »
    Histoire romancée, bien certainement, mais écrite avec son expérience et ses souvenirs.
    Il ya les saisonniers d’un été et puis les saisonniers professionnels qui reviennent d’année en année au même endroit et forment une communauté plus ou moins bien intégrée à la population.
    Il ya toutes sortes d’individus.
    Des pessimistes, des optimistes, des paumés, des étrangers……..
    Tous plus ou moins shootés ou alcooliques, se retrouvant chaque soir dans les bars pour éponger leur chaude journée de labeur.
    « Tout ça m’a traversé comme une vérité alors que je lançais un fruit difforme dans la caisse à mes pieds ? C’était moi que je jetais. C’était nous. Nous qui finirions dans des cabanons pourris, qui mourrions dans le feu de l’été ou la solitude de l’hiver, dans le travail et dans l’alcool. Ceux dont on ne veut pas dans les douches du camping, des fois qu’on contaminerait le site ou que ça fasse trop mauvais effet pour les touristes, que l’on renvoie au lavoir, crade, avec des boites de Née-Codion défoncées, les canettes vides et les bouteilles de margnat-village éclatées, c’est vrai qu’ils peuvent nous traiter de drogués et d’alcoolos les gens du village quand on voit comment y en a qui laissent le lavoir, oh je sais plus tiens, qui a tort qui a raison, et est-ce que ce n’est pas juste un malentendu - en attendant on est le rebut. »
    Il y a amitiés, des tensions, de la violence…..
    Le récit est mené par deux personnages principaux.
    Rosalinde, jeune femme allemande dont on parle à la troisième personne.
    Mouna, jeune algérienne qui parle à la première personne
    C’est un roman violent où la poésie côtoie le désespoir, d’une plume précise se incisive comme l’est la nature, comme le sont les hommes.
    L’écriture en elle-même retranscrit l’ambiance.
    La longueur, la lenteur, la confusion, la douceur, la répétition, la violence…… sont représentés dans un style compact, cadencé, qui tourne en rond comme l’espoir et le désespoir de tous ces saisonniers.
    Même si la lecture peut parfois sembler longue, difficile, embrouillée, interminable…. je suis impressionnée par la majesté de l’écriture.

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  • J'avais découvert C.Poulain avec "le Grand Marin". Livre qui m'avait fait rêver, dur, très dur mais cette aventure sur les océans, quel plaisir de les lire.
    Avec "le coeur blanc" grosse déception pour moi. .
    Cette histoire de Rosalinde ne m'a pas du tout fait rêver. C'est une vie misérable...
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    J'avais découvert C.Poulain avec "le Grand Marin". Livre qui m'avait fait rêver, dur, très dur mais cette aventure sur les océans, quel plaisir de les lire.
    Avec "le coeur blanc" grosse déception pour moi. .
    Cette histoire de Rosalinde ne m'a pas du tout fait rêver. C'est une vie misérable qu'elle a choisie. Même son ami Ahmed lui dit " si j'avais des papiers, moi, je serais sans doute ailleurs". Comment peut-on choisir une telle vie au milieu de cette faune qui, quand elle quitte le boulot, s'enivre d'alcool et de violence. Ce n'est pas une vie, c'est une fuite que rien ni personne ne peut arrêter, ni ami ni amour.
    il y a quelques moments de grâce dans cette histoire, tel " le soir est là. Le sang du ciel s'est éteint, lentement , s'est dilué par delà les montagnes....."
    Mais trop peu de ces moments là.....globalement j'ai trouvé ce livre déprimant.

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  • Avec ce roman on pénètre dans la vie des saisonniers, qui vont de cueillettes en vendanges, principalement pendant la belle saison, dans le sud de la France, mais aussi à la mauvaise comme pour les olives, tout une communauté de toutes nationalités, qui se côtoient quelques jours, se croisent,...
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    Avec ce roman on pénètre dans la vie des saisonniers, qui vont de cueillettes en vendanges, principalement pendant la belle saison, dans le sud de la France, mais aussi à la mauvaise comme pour les olives, tout une communauté de toutes nationalités, qui se côtoient quelques jours, se croisent, où les informations circulent sur la prochaine embauche, un jour ici, un jour ailleurs.

    Deux femmes prennent la parole : Rosalinde, la trentaine, une rousse allemande flamboyante qui attire bien des regards et des envies. Le soir elle retrouve dans les cafés du village les autres saisonniers mais aussi les locaux. Rosalinde est une femme libre : les hommes la désirent mais elle sait se faire respecter, c’est elle qui choisit avec qui elle partagera un moment.

    Cette faim que j’ai d’aller au bout de moi, jusqu’à en tomber épuisée, rassasiée un moment. Pour un instant je me sens comme ….. anesthésiée ? Je n’ai plus besoin d’autre chose enfin. Les hommes comblent le gouffre en moi. Toi c’est courir sous ton soleil, mais est-ce que ce n’est pas la même chose au fond ? (p140)

    Il y a des rencontres qui la marquent plus que d’autres, de celles qui laissent une cicatrice dans son corps et dans son cœur blanc (pur).

    Et puis il y a Mounia, plus jeune, qui tente de trouver un peu de chaleur humaine, un peu de réconfort, de présence maternelle, loin de sa famille, loin de son pays, de ses racines. Elle va croiser Rosalinde, tomber sous son charme, une attirance physique mais aussi une spirituelle.

    Et puis il y a tous les autres cueilleurs qui apparaissent, disparaissent, les patron(ne)s de bar, quelques villageois, et les chiens, sont les compagnons des journées de chaleur et de fatigue, des bons comme des mauvais jours.

    Je ne sais pas si Catherine Poulain s’est immergée parmi ces saisonniers, mais elle a su retranscrire l’ambiance moite, la chaleur qui colle, le froid qui pique, l’ennui des soirées, l’oubli dans l’ivresse, les rapports entre hommes et femmes, saisonniers et villageois.

    Elle évoque les blessures de chacun, la distance, le manque, les rêves et l’amitié, car entre certains membres de cette communauté, il arrive qu’une relation fraternelle se noue. Mais je suis déçue de ma lecture…….

    Je suis entrée dans le livre avec enthousiasme. Dès les premières lignes je me suis plongée avec plaisir dans une écriture de qualité, mêlant la nature et les êtres, installant le décor et les acteurs avec efficacité, poésie. Mais au fil des pages, j’ai commencé à trouver que tout cela tournait en rond, comme tournent en rond ces saisonniers qui n’ont comme seule occupation, dès que le travail s’achève, que l’ivresse et la drogue.

    Nous buvons et buvons encore puis nous tombons. Etrange jeu de massacre. Nous nous relevons le lendemain, la tête éclatée et les neurones en miettes. Nous rassemblons les morceaux. Le soleil nous torture un peu, remue nos cerveaux mis à nu. Mais nous sommes les fruits d’une race increvable, la mauvaise herbe qui ne meurt jamais et très vite il n’y paraît plus. Le soir même, nous avons remis les compteurs à zéro et sommes prêts à recommencer. Un verre, deux, trois, dix…. (p82)

    La répétition des mêmes scènes, des mêmes événements, des mêmes rencontres, les femmes étant réduites à des objets de convoitise, ce qui est peut-être le cas, pour ces hommes coupés de leurs familles ainsi que des personnages assez stéréotypés : le gitan, l’immigré, le parisien, la patronne du bar etc….. donnent une monotonie à l’ensemble, une perte d’intérêt.

    J’ai malgré tout poursuivi ma lecture (parce que je suis très consciencieuse) car je pensais que tout cela devait bien mener quelque part, on sentait le drame rôdé, ce qui est le cas : La violence et la brutalité vont faire leurs entrées, les esprits et les corps s’échauffent et la fin est finalement assez prévisible.

    Catherine Poulain possède un style, poétique, utilisant les parallèles entre humains et nature, une écriture profonde et immergeante mais l’histoire en elle-même ne m’a pas passionnée, j’ai eu du mal à m’intéresser aux personnages tellement ils étaient prévisibles comme le dénouement.

    Tu sais ce qu’on est pour eux ? On est les abricots du rebut, les vilains petits fruits tout piqués, tavelés, tordus, les invendables qu’on balance dans le cageot pour la pulpe. (p115)

    Je dois avouer que je n’avais qu’une hâte dans la deuxième partie, c’était d’arriver à la fin, vérifier que mes doutes se confirmaient sur l’issue. Je pense que je retenterai ma chance avec cette auteure, la rencontre ne s’est pas faite ici, elle se fera peut-être avec un autre récit d’elle.

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  • De l'alcool,de la violence jusqu'à la nausée!des portraits de femmes qui auraient pû être attachantes mais le monde des saisonniers de la vigne,du Sud est bien âpre,cruel,impitoyable avec les plus faibles.Reste l'écriture,des descriptions précises,imagées,poétiques;un style qui colle à la...
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    De l'alcool,de la violence jusqu'à la nausée!des portraits de femmes qui auraient pû être attachantes mais le monde des saisonniers de la vigne,du Sud est bien âpre,cruel,impitoyable avec les plus faibles.Reste l'écriture,des descriptions précises,imagées,poétiques;un style qui colle à la terre.Rien que pour le plaisir des mots,le rythme des phrases on peut passer outre les personnages souvent misérables,en souffrance au milieu d'une narration peu fournie en péripéties.La langue !

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  • C'est crû, âpre, parfois dérangeant et très violent mais c'est un très beau moment de lecture. Les descriptions sont magnifiques, les personnages bien saisis, et l'urgence dans laquelle ils vivent est remarquablement suggérée. Après avoir mis quelques pages à véritablement rentrer dedans, je me...
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    C'est crû, âpre, parfois dérangeant et très violent mais c'est un très beau moment de lecture. Les descriptions sont magnifiques, les personnages bien saisis, et l'urgence dans laquelle ils vivent est remarquablement suggérée. Après avoir mis quelques pages à véritablement rentrer dedans, je me suis évadée en Provence avec Rosalinde et Mounia dont l'innocence est bien mise à mal et j'ai été saisie par leur force de vie, au milieu d'une nature particulièrement aride et de compagnons de route qui semblent avoir perdu toute humanité. Et quelle richesse de langage, quelle belle écriture! Un très beau livre.

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  • Après m’avoir emmené à la pêche en mer en Alaska, avec Le grand marin, dans des conditions difficilement supportables, conditions vécues par elle-même, Catherine Poulain m’a régalé avec un nouveau roman : Le cœur blanc.
    Cette fois-ci, elle reste en France, dans le sud-est, région qu’elle...
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    Après m’avoir emmené à la pêche en mer en Alaska, avec Le grand marin, dans des conditions difficilement supportables, conditions vécues par elle-même, Catherine Poulain m’a régalé avec un nouveau roman : Le cœur blanc.
    Cette fois-ci, elle reste en France, dans le sud-est, région qu’elle connaît bien aussi, et parle des travailleurs saisonniers, prouvant là encore qu’elle possède parfaitement son sujet.
    Le roman est dense, fort, intense. En lisant Le cœur blanc, j’ai vécu avec Rosalinde, cette femme qui fait les saisons, j’ai ressenti sa fatigue, le froid, la terre et j’ai compris la nécessité du plaisir physique qu’elle prend au hasard de ses rencontres, au cours d’étreintes un peu rapides. Rosalinde est allemande et c’est elle « Le cœur blanc » comme Ahmed la qualifie : « Toi tu es une femme, bien plus femme que la grosse du patron. Tu es maigre parce que tu travailles trop. Trop dur. »
    Asperges, melons, fraises, abricots, tilleul, vendanges, olives, lavande, les travaux saisonniers ne manquent pas mais ces hommes et ces femmes boivent beaucoup, beaucoup trop, se droguent aussi et ils sont très mal vus par les autochtones qui les repoussent mais certains profitent et abusent d’eux.
    Je n’oublie pas Mounia à qui Catherine Poulain donne la parole. Fille de harki, elle rêve de Gibraltar, aime Rosalinde mais n’arrive pas à la garder auprès d’elle. Quant au travail, il permet à l’auteure de livrer des pages magnifiques sur le travail dans les vergers.
    Le cœur blanc est un roman superbe, au vocabulaire riche, sans concession, important à lire pour bien saisir tout le travail accompli par ces travailleurs saisonniers dont nous profitons lorsque nous consommons ce qu’ils ont cueilli, ramassé dans des conditions extrêmement dures.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Ce magnifique roman de Catherine Poulain, son deuxième seulement après Le grand marin, met en scène une dizaine de personnages parmi lesquels émergent deux femmes : Rosalinde, « La Tigresse aux cheveux rouges » et Mounia.
    Ce sont tous des saisonniers qui vont et viennent, allant de la vigne...
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    Ce magnifique roman de Catherine Poulain, son deuxième seulement après Le grand marin, met en scène une dizaine de personnages parmi lesquels émergent deux femmes : Rosalinde, « La Tigresse aux cheveux rouges » et Mounia.
    Ce sont tous des saisonniers qui vont et viennent, allant de la vigne aux champs de lavande, des tilleuls aux oliviers, sans oublier les asperges, les cerises et les abricots auxquels Rosalinde va les comparer : « On est les abricots du rebut, les vilains petits fruits tout piqués, tavelés, tordus, les invendables qu’on balance dans le cageot pour la pulpe. »
    En errance en Provence, ces femmes et ces hommes sont tous plus ou moins hantés par des rêves d’ailleurs. Mais dans cet univers précaire des ouvriers agricoles, immigrés clandestins pour la plupart, et que l’auteure connaît bien pour avoir été saisonnière elle-même, la lutte est âpre et sauvage.
    Catherine Poulain décrit étonnamment bien à la fois la beauté de la nature et la difficulté à supporter la chaleur ou le froid, l’accueil réservé à ces saisonniers, le travail dans les champs jusqu’à l’épuisement avec souvent la plongée dans l’alcool pour récupérer.
    C’est tour à tour sensuel, violent, plein d’émotion, de fragilité. Rosalinde, ce cœur blanc, ce cœur pur, en quête de liberté, fière, insaisissable, résiste au désir des hommes, parfois y cède, Elle va peut-être trouver un peu d’apaisement avec Mounia mais rien n’est joué.
    Le cœur blanc est un roman charnel d’une très grande force poétique, à la fois très sombre et très lumineux. Je n’avais pas été emballée par Le grand marin mais avec celui-ci, j’ai été éblouie !

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