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Le chien de Schrödinger

Couverture du livre « Le chien de Schrödinger » de Martin Dumont aux éditions Delcourt Litterature
Résumé:

Une écriture au couteau, un premier roman à fleur de peau.

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Avis (14)

  • «C’est une tumeur. Il est trop tôt pour en dire l’état d’avancement, mais il faut vite régir.» Après la perte de son épouse, le narrateur de ce premier roman énouvant va se voir confronté au cancer du pancréas qui ronge son fils.

    On pourrait résumer ce court roman en disant que Jean, le...
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    «C’est une tumeur. Il est trop tôt pour en dire l’état d’avancement, mais il faut vite régir.» Après la perte de son épouse, le narrateur de ce premier roman énouvant va se voir confronté au cancer du pancréas qui ronge son fils.

    On pourrait résumer ce court roman en disant que Jean, le narrateur, n’a pas eu de chance. En épousant Lucille, il savait que sa femme était sensible et fragile. «Pas triste, non, mais mélancolique. Oui, j’aime bien ce mot. Mélancolique. Les médecins ne l’ont pas dit pareil. «Une maladie». Ça portait un nom dont je n’ai pas voulu me souvenir. Un souci dans la tête, quelque chose d’invisible en fin de compte.» Et quelques mois après avoir mis au monde leur fils Pierre, un accident de voiture lui coûte la vie. Un décès qui va hanter Jean, qui se rattache alors à l’éducation de son fils, aménageant ses horaires de chauffeur de taxi pour être plus près de lui. Les vacances qu’ils passent ensemble à faire de la plongée les rapprochent indéniablement. Rêvant d’un avenir heureux pour sa progéniture, il lui laisse choisir sa vocation. Pierre, qui aime le théâtre et la littérature, écrit et imagine déjà son œuvre publiée.
    C’est alors que survient un nouveau drame. Après des examens consécutifs à une fatigue inhabituelle, les médecins constatent que les résultats des analyses ne sont pas bons: «C’est une tumeur. Il est trop tôt pour en dire l’état d’avancement, mais il faut vite régir.» Le cancer du pancréas, l’un de ceux qu’il est difficile de guérir, gagne du terrain jour après jour.
    Pour lui remonter le moral, Jean le laisse espérer une réponse positive à l’envoi de son manuscrit. «J’étais si fatigué d’être ce type, cette moitié d’homme, ravagé de peur et de chagrin. Et puis cette culpabilité, un truc qui n’en finissait plus . Il fallait bien que ça s’arrête. J’avais menti, d’accord; mais ce n’était pas ma faute. On me forçait. Pierre, ses yeux, sa souffrance placardée partout.»
    Dès lors Martin Dumont va réussir un vrai tour de force, donner à ce roman si chargé en émotion une dimension métaphysique. Interroger le mal et le bien, le mensonge et la vérité. Dans les choix que l’on fait qu’est ce qui est raisonnable et qu’est ce qui est juste? En mettant ainsi en lumière l’énigmatique titre de son roman. Le paradoxe de Schrödinger est une expérience scientifique – qui n’a jamais été tentée – et dans laquelle, comme nous l’explique Wikipédia «un chat est enfermé dans une boîte avec un dispositif qui tue l'animal dès qu'il détecte la désintégration d'un atome d'un corps radioactif». Cette expérience est censée démontrer que tant que la boîte n’est pas ouverte le chat peut être à la fois mort et vivant et par extrapolation qu’il en est de même de la physique quantique. À chacun alors de tout reconsidérer, selon le point de vue dans lequel on se place. Pour Philippe, la vie qu’il imagine est sans doute plus facile à vivre que celle qui le fait tant souffrir.
    https://urlz.fr/cFFy

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  • Je venais de lire (enfin, tenter de lire) un roman qui débordait de mots au point de provoquer une belle indigestion, alors je me suis décidée à attraper ce petit livre qui attendait son tour depuis un moment. Tout fin, tout sec. De la concision ai-je pensé. De la précision. Voilà qui serait...
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    Je venais de lire (enfin, tenter de lire) un roman qui débordait de mots au point de provoquer une belle indigestion, alors je me suis décidée à attraper ce petit livre qui attendait son tour depuis un moment. Tout fin, tout sec. De la concision ai-je pensé. De la précision. Voilà qui serait bienvenu après cette logorrhée... C'est bien ce que j'ai trouvé. De la précision, des respirations qui laissent passer l'émotion. Des mots justes, choisis, assemblés avec soin. Un bel équilibre pour dire le drame sans jamais plomber ni s'attarder. De la légèreté pour faire ressentir la douleur, la tristesse, l'amour et l'impuissance face à ce que l'on ne maîtrise pas.

    Comment accepter l'inacceptable ? Comment garder l'équilibre alors qu'on avance au bord du précipice ? Le funambule, c'est Jean. Le précipice, c'est la maladie qui consume Pierre, son fils de vingt ans qu'il a élevé seul après le décès accidentel de Lucille. Pour Jean, le monde est désormais brouillé. Le passé heureux a laissé place à un présent qui menace à chaque instant de basculer vers un futur inacceptable...

    "Les futurs, ils étaient là ; ils dansaient derrière la porte. Une foule d'éventualités, leur probabilité. Oui, tant qu'on n'ouvrait pas, la réalité restait libre ; elle pouvait filer dans toutes les directions. Des mondes parallèles. Je les voyais distinctement - les beaux, et puis les autres, un peu plus moches. C'est normal, il faut de l'équilibre. Non, ce qui compte, c'est l'espoir. Un mot de trop, une expression ou une porte qui s'ouvre - c'est la mort du conditionnel".

    Qui n'a jamais vécu ça ? L'attente. L'envie de s'inventer une autre réalité. La peur de savoir. L'auteur s'empare de cet état particulier avec finesse et une empathie désarmante. On est Jean, on épouse son dilemme. Celui d'un père qui veut absolument agir, faire revenir un sourire sur le visage de son fils, même si pour cela il faut tordre la réalité. Un père qui sait qu'un jour, demain, il sera seul face à lui-même et au vide qui le menace.

    Il y a les mots, bien sûr. Qui saisissent la fragilité des moments heureux, la beauté d'un paysage, le réconfort de l'océan, la détresse face à l'injustice. Il y a de la subtilité dans le propos, de la douceur dans le regard et de la justesse dans le ton. Il y a, c'est certain, une plume en devenir que ce premier roman donne envie de suivre.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/12/le-chien-de-schrodinger-de-martin-dumont.html

    Jean a élevé son fils Pierre seul. A la mort de sa femme, il a choisi de changer de métier et de travailler de nuit comme chauffeur de taxi pour avoir du temps à lui consacrer. Il partage avec lui sa...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/12/le-chien-de-schrodinger-de-martin-dumont.html

    Jean a élevé son fils Pierre seul. A la mort de sa femme, il a choisi de changer de métier et de travailler de nuit comme chauffeur de taxi pour avoir du temps à lui consacrer. Il partage avec lui sa passion de la plongée. Mais ce fils de vingt ans, qui est toute sa vie, est de plus en plus fatigué, un jour un terrible diagnostic tombe...

    Jean va devoir faire face à la mort annoncée de Pierre, devoir l'accompagner dans ses derniers mois. Il va décider de réaliser le rêve de son fils quitte à prendre quelques libertés avec la vérité. Pierre, qui ne peut plus quitter son lit d'hôpital, aide son père du mieux qu'il le peut.

    Ce nouveau drame ramène Jean quelques années plus tôt à la mort de sa femme Lucille, le renvoie au sentiment d'impuissance qu'il éprouvait face à la dérive de sa femme qui l'a menée à un accident fatal. Il est à nouveau rongé de culpabilité de n'avoir pas vu la maladie de Pierre arriver, de ne pas avoir réagi à sa fatigue.

    Voilà un premier roman magnifique, riche en émotions où tout sonne juste. Le sujet est infiniment triste bien entendu mais le récit, jamais larmoyant, est empreint d'une exquise douceur. L'auteur ménage le lecteur en glissant dans son récit des moments où il est en plongée en apnée ou dans son taxi. Il nous amène à nous interroger sur les mensonges qui peuvent faire du bien à l'être aimé et décrit avec beaucoup de sensibilité et de pudeur une magnifique relation père-fils. Un auteur est né c'est certain...

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  • Comme il est difficile de poser des mots, sur leurs maux à eux, les maux d’un fils qui souffre et se bat, les maux d’un père qui aime et mène un combat pour lui, le soutenir, au péril de la confiance… Lorsqu’on est atteint, en plein cœur, par un livre qu’on a littéralement dévoré, comme sous...
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    Comme il est difficile de poser des mots, sur leurs maux à eux, les maux d’un fils qui souffre et se bat, les maux d’un père qui aime et mène un combat pour lui, le soutenir, au péril de la confiance… Lorsqu’on est atteint, en plein cœur, par un livre qu’on a littéralement dévoré, comme sous emprise sans pouvoir le lâcher, qu’on est happé par la passion qui les unit, comment trouver le ton juste pour exprimer les sentiments et les émotions provoqués ?
    Donner envie aux autres lecteurs, à beaucoup d’autres lecteurs, de découvrir cette merveille d’amour, cette histoire pourtant si simple et si troublante à la fois ?

    Au détour des premières pages, apparait un nom, qui me parle…
    « Quand j’ai sonné chez Mme Alves, il faisait nuit. Elle m’a ouvert. J’ai d’abord vu le soulagement sur son visage. »
    La complicité et l’amour d’un père pour son fils, savoir prendre soin de l’autre, être là, à ses côtés, partager ses précieux moments qui laissent des souvenirs puissants et ineffaçables. La magie d’un instant, d’un échange, d’un regard, suspendre la course folle du temps qui passe, de l’âge qui avance et métamorphose nos sentiments.

    « Trois jours ensemble, tous les deux, avec la mer autour. Le temps file et ces moments sont rares. Je sais bien que c’est l’âge. Les fils grandissent en s’éloignant des pères ; c’est dans l’ordre des choses. »
    Il suffit de quelques secondes, d’une rude nouvelle pour faire basculer la vie. La vie. Elle, qui est composée de belles choses comme des plus difficiles, savoir y faire face, se rendre compte que l’infiniment simple est si beau et qu’il faut la savourer et y prêter attention.
    « La violence du choc. Je ne réalisais pas. Ou alors si, je le savais déjà. Oui, c’est cela. Un spectre diffus, un souffle glacé. Une vérité qui me suivait partout. Elle était là, tapie derrière moi, cachée dans mon ombre. Je venais juste de me retourner pour la regarder en face. »

    J’aime beaucoup cet extrait : « Au fond, c’est vrai qu’on ne devrait jamais attendre. Toutes ces choses que l’on préserve ; c’est un coup à mourir sans en profiter. » Parce qu’il est très vrai. Nous avons tous un tailleur, une robe ou un costume que l’on garde pour les occasions, les fêtes, mais chaque jour ne serait-il pas déjà une occasion exceptionnelle ? Prendre le risque de partir et tout laisser…

    Faire du rêve de son fils une réalité, lui raconter ce qu’il aurait pu être, lui fabriquer cet avenir… qui aurait été le sien ?
    « La première fois, je suis entré par hasard. D’ordinaire, je n’allais jamais dans les librairies. […] Je voulais savoir à quoi ça pouvait ressembler, les rêves de mon fils. Il y avait des bouquins partout. Le silence, c’était impressionnant – religieux, presque. […] Les livres étaient en pile. […] Toutes ces pages, et les siennes au milieu. Pierre Marès. Coincé quelque part entre les grands. Ca avait quand même de la gueule. »
    Exaucer son voeu, faire de ce rêve une réalité… Pour le garder, encore un peu, le maintenir, comme si l’espoir pouvait faire vivre…

    Poignant. Percutant. D’une puissance incroyable. Je suis encore parcourue de frissons plusieurs semaines après sa lecture. Immense coup de coeur décerné à Mr Martin Dumont !

    https://littelecture.wordpress.com/2019/04/21/le-chien-de-schrodinger-de-martin-dumont/

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  • Jean, chauffeur de taxi de nuit, à la mort de sa femme, s'est occupé seul de son fils. Son travail de nuit lui permet de se consacrer pleinement à son fils.
    Alors qu'un jour ils faisaient de la plongée ensemble, Pierre remonte plus tôt que prévu. Quelques jours plus tard, il prend rendez vous...
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    Jean, chauffeur de taxi de nuit, à la mort de sa femme, s'est occupé seul de son fils. Son travail de nuit lui permet de se consacrer pleinement à son fils.
    Alors qu'un jour ils faisaient de la plongée ensemble, Pierre remonte plus tôt que prévu. Quelques jours plus tard, il prend rendez vous avec un médecin et là, le verdict tombe : la maladie est là !
    Très beau livre sur un amour filial très fort entre un père et son fils qui tentent de faire face à la maladie.
    J'aime beaucoup l'écriture fluide très prenante. Ce livre se lit d'une traite et nous prend aux tripes. On n'en sort pas indemne et on se questionne sur ce que serait notre réaction dans ce type de situation

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  • Jean a un amour dans sa vie, son fils, Pierre, surtout depuis la mort de sa femme Lucille. Peu à peu, elle a sombré dans la folie. Jusqu'à l'accident fatal, qui laisse ce père seul avec ce fils dont il s'occupe, et la relation tendre se noue peu à peu entre ces deux hommes que rien de peut...
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    Jean a un amour dans sa vie, son fils, Pierre, surtout depuis la mort de sa femme Lucille. Peu à peu, elle a sombré dans la folie. Jusqu'à l'accident fatal, qui laisse ce père seul avec ce fils dont il s'occupe, et la relation tendre se noue peu à peu entre ces deux hommes que rien de peut séparer.
    Il est devenu taxi de nuit pour mieux s'occuper de son petit. La relation est belle entre ce père et son fils qui grandi. Pourtant, depuis quelque temps Pierre est fatigué sans raison, enfin, jusqu'au jour où la maladie, sournoise et cruelle s'annonce, fatale. Alors comment réagir face à cette horreur indicible qu'est la mort annoncée d'un enfant, cet adolescent qui a une vie entière à vivre, à aimer, à créer, à rêver ? Jean accompagne Pierre sur son lit de douleur, Pierre accompagne Jean vers la perte.
    C‘est magnifique et pourtant tellement triste, les mots sont justes, les sentiments évoqués avec énormément de pudeur et de douceur, de violence aussi parfois face à cet inéluctable que l'on voudrait chasser au loin. L'auteur évoque avec ses mots choisis le chagrin absolu des perdants, ceux qui restent et doivent vivre après, avec ce vide, cette douleur, cette absence… il y a tant d'humanité, d'amour, d'humour aussi parfois dans ce très beau premier roman, une pépite à découvrir !
    Chronique complète à lire sur le blog Domi C Lire : https://domiclire.wordpress.com/2018/07/04/le-chien-de-schrodinger-martin-dumont/

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