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Le chien de Schrödinger

Couverture du livre « Le chien de Schrödinger » de Martin Dumont aux éditions Delcourt Litterature
Résumé:

Une écriture au couteau, un premier roman à fleur de peau.

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Avis (14)

  • "Le mensonge est parfois une plus grande preuve d'amour que la vérité." - "Ça peut pas rater", Gilles Legardinier

    "Trois jours ensemble, tous les deux, avec la mer autour. le temps file et ces moments sont rares. Je sais bien que c'est l'âge. Les fils grandissent en s'éloignant des pères ;...
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    "Le mensonge est parfois une plus grande preuve d'amour que la vérité." - "Ça peut pas rater", Gilles Legardinier

    "Trois jours ensemble, tous les deux, avec la mer autour. le temps file et ces moments sont rares. Je sais bien que c'est l'âge. Les fils grandissent en s'éloignant des pères ; c'est dans l'ordre des choses."

    Qu'il est pudique ce 1er roman de Martin Dumont pour raconter l'indicible : le fils va s'éloigner du père en effet, mais ce ne sera hélas pas dans l'ordre des choses. Un père, qui quelques années plus tôt a dû faire le deuil de son épouse, va accompagner son unique enfant vers la mort alors que la sidération, la douleur, la colère, l'impuissance lui font perdre pied et que son monde s'écroule, une deuxième fois.

    Pierre et Jean. Jean et Pierre.
    Un monde d'hommes : le père et le fils, seuls tous les deux depuis que Lucille a perdu la vie dans un accident de voiture dont les circonstances laissent planer le doute sur ce qui a réellement fauché cette jeune mère.

    "Je n'ai pas vu le moment où elle a basculé. Avec le recul, je me dis que j'aurais pu faire quelque chose. Au début, en tout cas, quand elle a commencé à m'échapper. Mais j'avais trop de boulot. le môme, même à deux ans, il prenait encore une place terrible. D'ailleurs ce n'était pas aussi distinct. Je veux dire : elle avait toujours été comme ça. Fragile, trop sensible. Pas triste, non, mais mélancolique. Oui, j'aime bien ce mot. Mélancolique. […] Ce penchant pour le malheur, bien sûr que je l'avais senti. Ça lui venait toujours par phase, de longues périodes à soupirer."

    Alors Jean s'est mis à faire le taxi de nuit pour être au plus près de son fils, chaque jour. L'enfant de 2 ans a grandi ; Pierre a aujourd'hui 20 ans, fait des études de biologie, du théâtre, écrit. Entre le père et le fils est née une belle complicité faite d'instants de bonheur partagés autour d'une même passion pour l'apnée.

    "La mer déjà, j'avais du mal à en être si loin. Et puis le silence. Je veux dire, quand je descendais, ce n'était pas seulement le fond que j'allais chercher. L'immensité est aussi à l'intérieur. J'ai toujours aimé l'instant où le coeur s'efface. […] Hors de l'eau, je n'ai jamais été vraiment à l'aise."

    Quand la maladie se dévoile, trop tard, bien trop tard, c'est tout un monde qui vacille, tout leur monde.

    "J'ai regardé la porte et j'ai compris que ça viendrait de là. Je ne savais pas quoi – d'ailleurs je ne voulais pas savoir. Je n'étais pas prêt. Je fixais cette porte et je priais pour qu'elle ne s'ouvre pas. Jamais. J'ai eu soudain envie de me jeter dessus. Pour la bloquer, pour casser la poignée qui brillait sur le fond blanc. C'était stupide, mais tant qu'elle restait close, tout restait possible. Je veux dire, dans le couloir, il y avait encore l'incertitude. Les futurs, ils étaient là ; ils dansaient derrière la porte. Une foule d'éventualités, leur probabilité. Oui, tant qu'on n'ouvrait pas, la réalité restait libre ; elle pouvait filer dans toutes les directions. Des mondes parallèles. Je les voyais distinctement – les beaux, et puis les autres, un peu plus moches. C'est normal, il faut partout de l'équilibre. Non, ce qui compte, c'est l'espoir. Un mot de trop, une expression ou une porte qui s'ouvre – c'est la mort du conditionnel."

    La porte s'est ouverte et la réalité est entrée heurter Jean de plein fouet, envoyant son espoir se cogner contre les murs de la chambre d'hôpital : son enfant est atteint d'un cancer du pancréas, métastasé. Opération, traitement lourd, aucun progrès, aucune rémission. La chute.

    Dans ce récit à la 1re personne qui s'énonce sans façon, égrène des mots simples portés par des phrases courtes, Jean nous fait une place à ses côtés pour suivre au plus près ses journées auprès de Pierre : celles d'avant le diagnostic, celles d'après, celles du deuil avant le deuil.

    "Est-ce que j'avais raté quelque chose ? J'étais son père : les parents doivent pouvoir décrocher la lune."

    Martin Dumont réussit à nous faire éprouver jusqu'au vertige le tourbillon d'émotions qui emporte Jean sans jamais céder sur la douceur des mots, à écrire le roman d'un père désemparé, hébété, ravagé face à la pire des épreuves sans jamais céder sur la délicatesse et la pertinence de la réflexion, congédiant toute révolte tapageuse bien qu'elle sourde pourtant :

    "Je voulais qu'on maintienne sa vie. La qualité, ça viendrait après."

    Tant d'humilité chez Jean, tant de silence chez Pierre et enfin, chez Martin Dumont, ce savoir-écrire l'insondable douleur me laisse admirative de tant d'empathie, vraiment, et je me suis sentie privilégiée d'avoir été invitée à écouter, même dans les silences de ces deux hommes économes de leurs mots, ce qu'ils avaient à se/me dire de ces choses si personnelles et intimes qui portent pourtant en elles toute l'universalité de nos vies.

    Je suis admirative aussi de ce père, à terre, qui se résout à concocter quelques arrangements avec sa conscience et d'autres avec la vérité pour offrir à son fils la vie qui aurait dû être la sienne si le temps ne lui avait pas été confisqué. "Quand la vérité s'embrouille, il faut parfois choisir sa réalité", n'est-ce pas ?

    Jean va s'employer avec la plus tenace des sincérités à mentir à Pierre, à tisser ensemble les fils d'un mensonge, ou mieux, d'une autre réalité, pour baigner ses derniers jours d'une lumière qui bientôt le quittera. Parce que, parfois, les mensonges aident à continuer de vivre.

    "J'étais si fatigué d'être ce type, cette moitié d'homme, ravagé de peur et de chagrin. Et puis cette culpabilité, un truc qui n'en finissait plus. Il fallait bien que ça s'arrête. J'avais menti, d'accord ; mais ce n'était pas ma faute. On me forçait. Pierre, ses yeux, sa souffrance placardée partout."

    Ce livre qu'a écrit Pierre et que la maladie ne lui laisse pas le temps de proposer à un éditeur, Jean tente d'abord de le faire publier avec l'aide de son ami François, allant même jusqu'à trouver une éditrice qui, tout en refusant la publication, accepte d'entrer dans le jeu. Les jours étant désormais comptés, il va faire croire à son fils que, oui, ça y est, lui, Pierre Marès ira sous peu rejoindre d'autres écrivains dans les rayons des librairies.

    "La première fois, je suis entré par hasard. D'ordinaire, je n'allais jamais dans les librairies. […] Je voulais savoir à quoi ça pouvait ressembler, les rêves de mon fils. Il y avait des bouquins partout. le silence, c'était impressionnant – religieux, presque. […] Toutes ces pages, et les siennes au milieu. Pierre Marès. Coincé quelque part entre les grands. Ça avait quand même de la gueule."

    Impuissant, Jean ? Où trouve-t-il donc la force d'avoir ce dernier geste, sublime, pour son fils que la vie déserte chaque jour un peu plus, irrémédiablement ?

    "J'ai frissonné. Je me suis rendu compte comme j'étais fier. Ce môme, c'était mon plus grand succès. Un truc à réussir sa vie. […] J'ai pris sa main. Il a sourcillé légèrement et je me suis dit que peut-être il entendait. Ou alors qu'il me sentait. Ça suffisait. Alors j'ai parlé. Je lui ai dit sa vie. Je lui ai tout raconté. […] J'ai parlé sans m'arrêter. Je lui ai tout dit, tout expliqué. Je lui ai rendu sa vie. Il fallait bien que quelqu'un lui rende."

    Rendre la vie à son enfant est douloureusement beau. Jean l'a fait, non en s'épuisant à livrer une bataille perdue d'avance contre la maladie ni en acceptant ce qui ne peut s'accepter, mais en allant vers la vie, vers les projets à accomplir, parfois avec une pointe d'humour envers et contre tout.

    Au-delà de cette histoire que je ne peux me résoudre à qualifier de tragique tant elle est belle et magnifiquement écrite, Martin Dumont nous fait nous interroger sur les options qui s'offrent quand nous n'avons pas d'autre choix que celui de faire face à l'inacceptable, à une perte qui nous anéantit,

    "Ne jamais aimer, c'est s'épargner en fin de compte."

    pour composer avec la vie, aussi, qui va.

    La fin n'est pas une fin ; l'auteur l'a souhaitée ouverte dans ce premier roman tout simplement beau, car il appartient à chacun de trouver sa voie pour continuer, une voie que Jean avait anticipée du fond de sa douleur, lui qui reste seul à vivre l'après.

    "J'ai marché jusqu'à la plage. À vrai dire, c'était plutôt une crique, un bazar de sable : des roches plantées un peu partout. L'écume fouettait l'ensemble avec acharnement. J'ai écouté les vagues se fracasser. Je les voyais à peine. Une nuit sans lune était tombée, du pétrole sur l'horizon. J'ai inspiré l'odeur de la marée. J'ai compris à quel point ça me manquait, cette histoire d'embruns. J'ai pensé qu'un jour j'y reviendrai à toute cette flotte."

    La mer comme consolation, et peut-être plus.

    Ce printemps, ce roman a été publié en anglais par Other Press dans une traduction de John Cullen, "Schrödinger's Dog". Je suis heureuse qu'il puisse voyager vers d'autres lecteurs de par le monde : il mérite d'être lu.

    1er roman, lu pour la sélection anniversaire 5 ans des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2020/08/20/le-chien-de-schrödinger-martin-dumont-delcourt/

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  • "Il y a eu des philosophes grandement renommés - comme Schopenhauer- qui ont déclaré que notre monde était extrêmement mal fait et triste, et d'autres comme Leibniz- qui l'ont trouvé le meilleur des mondes possibles." Erwin Schrödinger

    Peut-être tout simplement que le monde est ce qu'on en...
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    "Il y a eu des philosophes grandement renommés - comme Schopenhauer- qui ont déclaré que notre monde était extrêmement mal fait et triste, et d'autres comme Leibniz- qui l'ont trouvé le meilleur des mondes possibles." Erwin Schrödinger

    Peut-être tout simplement que le monde est ce qu'on en fait et Jean a choisi résolument son camp ...

    Un court roman plein de délicatesse pour raconter le monde d'un père qui bascule avec la maladie de son fils. Un fils qu'il a élevé seul, travaillant de nuit avec son taxi pour mieux profiter du jour avec lui. Il n'a rien vu venir, il s'en veut. Alors il va essayer de réaliser un des rêves de son fils quitte à prendre des libertés avec la vérité. Y a-t-il de beaux mensonges ? Faut-il toujours dire la vérité... Jean oscille entre la révolte, l'abattement, la culpabilité et l'envie d'embellir ce quotidien qui s'effrite entre ses doigts. Il a tellement envie d'y croire...

    Tout dans ce roman sonne juste, tout est délicat et terriblement poignant sans jamais tomber dans le pathos. Une merveille de pudeur et d'humanité concentrée sur 120 pages.

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  • Un genre souvent repris et l'originalité de celui-ci tient dans le récit d'un père tout en pudeur, sans pathos excessif mais un moment d'émotion très fort. Un cancer fulgurant pour le fils de Jean, chauffeur de taxi au quotidien, déjà endeuillé par la disparition violente de sa compagne pour...
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    Un genre souvent repris et l'originalité de celui-ci tient dans le récit d'un père tout en pudeur, sans pathos excessif mais un moment d'émotion très fort. Un cancer fulgurant pour le fils de Jean, chauffeur de taxi au quotidien, déjà endeuillé par la disparition violente de sa compagne pour laquelle il cultive par ailleurs un profond sentiment de culpabilité et dont sa belle-famille semble lui en faire aussi reproche. Il lui reste peu de temps pour offrir à Pierre un ultime cadeau ; la publication de son manuscrit à tout prix .....mentir, inventer peu importe.

    Dans ce court roman, c'est aussi la relation intime de ces deux êtres à travers la passion de la mer et le soutien moral qu'ils s'offrent respectivement dans cette vie sans mère. De très beaux moments que l'auteur nous fait partager mais aussi ses doutes, le paradoxe de vouloir offrir la seule chose qui maintient Pierre un peu plus longtemps, l'invention d'un mensonge mais aussi la culpabilité de le tromper... et puis que faire après...

    Une belle écriture et une fluidité dans le récit, une très agréable lecture toute en sensibilité et en beauté.

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  • Un roman tout en tendresse et en douleur, l’histoire de l’amour inconditionnel d’un père pour son fils.

    Jean a tissé une grande complicité avec son fils qu’il a élevé seul après le décès de la mère. Sa vie s’organise entièrement autour de lui et que ne ferait-il pas pour qu’il puisse aller...
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    Un roman tout en tendresse et en douleur, l’histoire de l’amour inconditionnel d’un père pour son fils.

    Jean a tissé une grande complicité avec son fils qu’il a élevé seul après le décès de la mère. Sa vie s’organise entièrement autour de lui et que ne ferait-il pas pour qu’il puisse aller au bout de ses rêves. Parmi leurs passions partagées, il y a la plongée en apnée et parmi les rêves de Pierre, il y a ce roman terminé alors que la maladie s’est déjà invitée sans crier gare. Et voilà Jean parti à la rencontre d’éditeurs, prêt à tout pour que le roman de son fils soit édité. Déchiré par le chagrin, il va s’inventer une histoire pour que son fils puisse vivre encore des instants de bonheur. Faire exister un livre qui n’existe pas, c’est la vie face à la mort, c’est choisir sa propre réalité, sa propre vérité, c’est comme un paradoxe de physique quantique et quand on préfère les chiens aux chats, cela devient Le chien de Schrödinger...

    L’écriture de Martin Dumont semble couler de source, elle nous donne le tempo, contient notre respiration dans un maëlstrom d’émotions. L’auteur nous livre un récit émouvant, empli d’humanité, où la douceur et la délicatesse font face à la révolte. Un récit qu’on lit en un souffle, submergé par le drame vécu par Pierre et Jean, emporté dans le sillage de cette relation bouleversante entre un père et un fils que la vie n’épargne pas. Il y a là deux cœurs qui battent à l’unisson et font battre le nôtre et le pouvoir infini de la mer qui sait absorber l’amour et le chagrin. Superbe !

    Merci à Gabrielle Tuloup d’avoir proposé ce très beau roman pour la sélection anniversaire des 68 premières fois ! Une très belle découverte !

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  • Le chien de Schrödinger
    La dernière fois que j’ai été aussi émue par l’amour d’un père pour son fils, c’était avec « l’horloger de Saint Paul », le film de Bertrand Tavernier.
    J'ai retrouvé cette émotion dans ce « Chien de Schrödinger », ses personnages magnifiquement campés et...
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    Le chien de Schrödinger
    La dernière fois que j’ai été aussi émue par l’amour d’un père pour son fils, c’était avec « l’horloger de Saint Paul », le film de Bertrand Tavernier.
    J'ai retrouvé cette émotion dans ce « Chien de Schrödinger », ses personnages magnifiquement campés et impressionnants avec leur douleur, leurs espoirs devant l’inéluctable, les mensonges de l’un, ce que l’autre est prêt à croire pour espérer encore un peu...
    Et j’ai aimé le mélange de délicatesse (les silences...) et de réalisme (la maladie...) qui se trouve partout dans ce beau roman triste, illuminé par l’amour paternel.

    Lu dans le cadre des 68 premières fois, ce livre voyage auprès des lecteurs/lectrices engagé.e.s dans l'aventure

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  • Un texte sensible, touchant. Un père, taxi, veuf, qui accompagne son fils lors des derniers moments de sa vie suite à un cancer terminal. Ni larmoyant, ni déchirant, un hommage doux d'un homme qui parle de ses amours : amour pour Lucille, son épouse, bipolaire, qui est partie et s'est fracassée...
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    Un texte sensible, touchant. Un père, taxi, veuf, qui accompagne son fils lors des derniers moments de sa vie suite à un cancer terminal. Ni larmoyant, ni déchirant, un hommage doux d'un homme qui parle de ses amours : amour pour Lucille, son épouse, bipolaire, qui est partie et s'est fracassée sur un platane, accident, suicide, il ne saura jamais. amour pour son Pierre, son fils, leur passion commune pour la mer et, plus particulier, celui de la plongée, de l'apnée. Des pages sensibles, des moments de doute, de rage, mais toujours, il sera là, tous les matins, entre les murs blancs de la chambre d'hôpital ? Il fera un mensonge pour aider son fils et ses derniers instants, mais est ce si important. le titre est en référence à une théorie de la physique quantique, que ce soit le chien ou le chat, cette référence est une théorie sur le point de vue : peut on être vivant et mort, mi-mort, mi vivant. Que fait on de la vérité, mais peut on mentir lors des derniers instants, donner un peu d'espoir, rêver de sa vie future même lors de l'arrivée de la Faucheuse. Un sujet délicat, sensible mais l'auteur nous mène avec ce taxi et ses "balades" dans les rues avec les clients de passage dans des questionnements essentiels et de belles pages de souvenirs, de rapport simples entre des êtres normaux, simples, confrontés aux aléas de la vie, à la maladie, au cancer. Un beau portrait d'homme, sensible, déchiré, anéanti, broyé mais toujours de bout. Souvenir de lecture avec un personnage aussi taxi, dans "grand frére", l'habitacle du taxi est un sujet très romanesque !!

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  • Que d’émotions dans ce livre ! Une relation très forte entre un père et son fils.
    Jean a perdu sa femme accidentellement et élève seul son fils avec beaucoup d’amour. Ils partagent la passion de la mer et le plongée en apnée. Mais Pierre ne s’aperçoit pas que l’état de santé de son fils se...
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    Que d’émotions dans ce livre ! Une relation très forte entre un père et son fils.
    Jean a perdu sa femme accidentellement et élève seul son fils avec beaucoup d’amour. Ils partagent la passion de la mer et le plongée en apnée. Mais Pierre ne s’aperçoit pas que l’état de santé de son fils se dégrade et que celui-ci se fatigue de plus en plus : la nouvelle tombe, cancer du pancréas avec peu d’espoir de guérir.
    Pierre est bouleversé et culpabilise. Il doit faire face à cette situation, aider son fils, lui apporter de la joie jusqu’à mentir afin de le voir heureux. !! Que faut-il faire ? Dire la vérité ou mentir ? A chacun de juger.
    Je ne suis pas sortie indemne de ce livre, très vite lu. Tout en délicatesse, lumineux même si le sujet ne l’ai pas, une écriture toute en douceur. Un premier roman magnifique !!!
    Lu dans le cadre des «68 première fois ».

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  • Derrière ce titre qui évoque ce paradoxe de la physique quantique, en vertu duquel un chat peut être à la fois mort et vivant, se cache une autre réalité, bien tangible celle-là. Le fils du narrateur vit ses derniers jours. La tumeur dont il est atteint est trop évoluée et a déjà essaimé ,...
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    Derrière ce titre qui évoque ce paradoxe de la physique quantique, en vertu duquel un chat peut être à la fois mort et vivant, se cache une autre réalité, bien tangible celle-là. Le fils du narrateur vit ses derniers jours. La tumeur dont il est atteint est trop évoluée et a déjà essaimé , réduisant à néant l’espoir de guérison. Et pour un homme qui a déjà perdu sa compagne dans des circonstances qui laisseront à jamais planer le doute, c’est quasi insurmontable.

    Dit comme ça, c’est plombant. Et pourtant, les confidences que l’on reçoit, ne le sont pas. Parce que cet homme, même après avoir perdu tout espoir, consacre son énergie à rendre les derniers jours de son fils plus lumineux, allant jusqu’à mettre en place un simulacre de rencontre avec une éditeur, tant ce fils rêvait de voir publier ce roman qu’il venait d’achever.

    Bien sur, il y a de la révolte, mais elle n’est pas conduite par la recherche d’un responsable, voire d’un coupable. Le deuil se passera d’un bouc émissaire.


    Loin d’une acceptation, d’un fatalisme, le combat ne cesse que lorsque l’étincelle s’éteint. Avec une fin ambiguë que chacun interprétera à sa façon.


    C’est un récit de deuil pudique, questionnant, et porté par une écriture à la fois simple et lumineuse. Un cri d’amour éperdu, devenu urgent dans cette course contre la maladie.

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